Let the oil flow!
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Let the oil flow!
Dans le Golfe, la stabilité économique se mesure parfois avant même d’être actée diplomatiquement : l’annonce de l’accord entre l’Iran et les Etats-Unis, et surtout la perspective de réouverture du détroit d’Ormuz, a ramené le Brent autour de 80 USD, en baisse hebdomadaire de c. 10 %. Cette réaction des marchés résume l’équilibre implicite du compromis en cours. Pour les Etats-Unis et leurs alliés, l’enjeu prioritaire est de restaurer la fluidité d’un corridor stratégique dont la fermeture aurait prolongé les tensions sur les prix de l’énergie, mais aussi sur les anticipations d’inflation et la trajectoire de croissance des économies golfiques et importatrices. Pour Téhéran, il est d’abord financier, l’accord ouvrant la voie à une reprise des exportations iraniennes, à un possible allègement des sanctions et à des mécanismes de financement destinés à soutenir la reconstruction. Au-delà de sa portée diplomatique, l’accord doit donc être lu, à ce stade, comme un instrument de stabilisation macroéconomique.
La première variable d’ajustement est celle des anticipations de prix. La réaction des marchés ne renvoie pas uniquement à la perspective d’un apaisement militaire, mais à une révision plus large des scénarios d’offre mondiale d’hydrocarbures. Plusieurs banques ont ainsi abaissé leurs prévisions de prix pour les prochains trimestres, en intégrant une probabilité plus élevée de normalisation des flux par le détroit. Citi anticipe désormais un Brent moyen à 70 USD/baril au T4 2026 et à 65 USD en 2027 et Goldman Sachs a ramené sa prévision de Brent au T4 à 80 USD, contre 90 USD auparavant. Ces révisions signalent que le marché ne traite plus le scénario d’interruption durable des flux comme l’hypothèse centrale, même si une décote plus importante de la prime de risque reste conditionnée à la mise en œuvre effective de l’accord.
La temporalité de cette normalisation demeure toutefois déterminante, avec un retour des flux aux niveaux d’avant-guerre qui dépendra surtout de la capacité à reconstituer une chaîne logistique interrompue depuis plusieurs mois. Goldman Sachs retient l’hypothèse d’une normalisation des exportations du Golfe persique dès la fin juillet, tandis que Morgan Stanley adopte une trajectoire plus graduelle, avec 50 % de la production perdue de retour d’ici septembre, 80 % d’ici décembre, puis le solde au début de 2027. Ce calendrier de normalisation est déterminant, car il conditionne la vitesse de transmission de l’accord aux prix de l’énergie et au reste de l’économie, notamment pour les pays du Golfe où l’essentiel des recettes provient de leurs exportations d’hydrocarbures.
Ainsi, pour les producteurs du Golfe, cette détente sécuritaire s’accompagne d’un arbitrage budgétaire plus contraint. Bien que la réouverture du détroit réduise le risque pesant sur les infrastructures, les exportations et les coûts logistiques, elle peut aussi accélérer la normalisation de l’offre régionale et exercer une pression baissière durable sur les cours, au moment où plusieurs économies du Golfe, en premier lieu l’Arabie saoudite, restent dépendantes d’un prix du baril élevé pour financer leurs trajectoires d’investissement public. La baisse des prévisions de Brent par les grandes banques traduit précisément ce changement d’équilibre. La désescalade réduit le risque de rupture, mais elle rouvre aussi le débat sur l’équilibre entre soutien aux prix et parts de marché.
Le cas des Émirats arabes unis illustre plus particulièrement cette tension entre stabilisation régionale et montée potentielle de l’offre. La réouverture du détroit permettrait à Abou Dhabi de mieux valoriser l’investissement réalisé dans ses capacités de production, estimées à 4,85 mb/j et appelées à atteindre 5 mb/j d’ici 2027. Cette trajectoire intervient alors que les EAU ont quitté l’OPEP+ en mai, où leur objectif de production était auparavant nettement inférieur à leur capacité technique. Dans un marché déjà orienté vers une détente des prix, la possibilité pour les EAU d’augmenter leurs volumes, combinée aux hausses graduelles de quotas décidées par les autres membres de l’OPEP+, renforce l’idée d’un basculement de l’équilibre pétrolier vers une offre plus abondante.
À ce stade, l’accord réduit la probabilité d’un choc énergétique plus important, sans lever l’ensemble des incertitudes pesant sur l’équilibre pétrolier. Sa portée macroéconomique dépendra de la vitesse de reprise des flux, de la crédibilité du mécanisme d’allègement des sanctions et de la réponse des producteurs du Golfe face à une offre potentiellement plus abondante. Le marché a déjà ajusté ses anticipations ; il devra désormais vérifier si cette détente des prix repose sur une normalisation durable ou sur un recul temporaire de la prime de risque.
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Pétrole et gaz
Brent 19/6/2026 à 12h00 GST : 80,2 USD/Bbl
Cette semaine, le Brent a poursuivi son repli, perdant plus de 10 % sur la semaine atteignant 80 USD/baril ce vendredi, au plus bas depuis début mars. La détente des cours s’explique d’abord par la signature de l’accord intérimaire entre Washington et Téhéran, qui ouvre la voie à une reprise progressive du trafic dans le détroit d’Ormuz. Le marché est ainsi passé d’un scénario de pénurie prolongée à l’anticipation d’un retour rapide de volumes bloqués, avec un impact immédiat sur les prix du brut et des produits raffinés.
Les premiers mouvements de navires autour du détroit ont renforcé ce signal de normalisation. Plusieurs tankers qui attendaient à proximité du Golfe d’Oman ont commencé à se repositionner vers la région, tandis que des supertankers saoudiens, un méthanier qatari et un tanker de produits pétroliers chinois ont franchi le détroit. Cette reprise reste encore limitée, mais elle suffit à modifier les anticipations. Environ 31 supertankers, représentant près de 62 millions de barils, seraient prêts à quitter le Golfe persique, alors que les raffineurs asiatiques sont déjà largement couverts pour juin et juillet après avoir sécurisé des approvisionnements alternatifs pendant la crise.
Ce basculement se lit aussi dans la structure du marché : les références du Golfe, notamment Dubai et Murban, sont passées en contango, signalant une moindre tension sur les disponibilités immédiates. Les primes physiques se sont également réduites aux États-Unis, avec certains grades du Golfe du Mexique, qui avaient fortement bénéficié de la demande de substitution aux barils golfiques, se traitant désormais à des niveaux nettement inférieurs.
Le marché des produits raffinés suit ainsi la même logique que celui du brut. Pendant la crise, les exportations de carburants de la région avaient fortement diminué, exposant une partie importante du commerce mondial de diesel et de jet fuel. La réouverture du détroit pourrait libérer une vague de produits raffinés issus des méga-raffineries du Golfe. Les marges de raffinage et les prix asiatiques des distillats risquent donc d’être comprimés, surtout dans un contexte où certains pays, comme la Chine, maintiennent encore des restrictions à l’export mais où les autres raffineurs asiatiques tentent de profiter d’une fenêtre de prix encore élevée.
Le marché gazier suit la même logique, avec toutefois une normalisation plus graduelle. Le Qatar prépare le redémarrage du complexe gazier de Ras Laffan, avec un objectif de retour à environ 50 % des capacités un mois après la réouverture d’Ormuz, puis 80 % sous deux mois. Le retour de méthaniers qataris vers la région constitue un signal positif pour les acheteurs asiatiques, notamment le Pakistan, mais les prix du GNL en Europe et en Asie restent au-dessus de leurs niveaux d’avant-guerre. Une partie des capacités endommagées ne pourra être restaurée qu’à plus long terme, ce qui limite pour l’instant l’ampleur de la détente.
L’un des enjeux les plus structurants est que la crise a accéléré le contournement d’Ormuz. Les Émirats arabes unis ont confirmé leur volonté de réduire à terme leur dépendance au détroit, avec l’expansion de Fujairah, Dibba et Khor Fakkan, de nouveaux projets portuaires, des pipelines supplémentaires et un renforcement des connexions ferroviaires et routières vers la côte est. L’Arabie saoudite a, de son côté, accru l’usage de ses infrastructures vers la mer Rouge, et l’Irak et le Koweït explorent également d’autres alternatives. La réouverture d’Ormuz ne signifie donc pas un simple retour au statu quo, elle intervient dans un marché où les producteurs du Golfe ont désormais un intérêt stratégique à pérenniser des routes d’exportation alternatives.
Enfin, la baisse des cours doit être lue à travers ses effets macroéconomiques. Le repli du Brent et de l’essence américaine réduit les pressions inflationnistes qui s’étaient accumulées pendant la crise, au moment où les banques centrales restent attentives à la trajectoire des prix. Pour les marchés, l’enjeu des prochaines semaines sera donc de déterminer si la baisse actuelle correspond à une normalisation ordonnée, ou à un ajustement excessif face à un afflux temporaire de volumes.
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Brèves économiques
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
KAFD obtient un financement de 3,2 Md USD pour soutenir son développement — Le King Abdullah Financial District Development and Management Company (KAFD DMC) a sécurisé un financement de 3,2 Md USD (12 Md SAR) sous forme de facilité murabaha sur 15 ans, auprès de dix banques saoudiennes et régionales. Ce financement, arrangé avec l’appui d’Al Rajhi Capital, rassemble plusieurs institutions financières majeures, dont Al Rajhi Bank, Saudi National Bank et Riyad Bank. Il s’agit du premier financement structuré de manière indépendante par KAFD DMC. Aucun détail n’a été communiqué, à ce stade, sur la répartition des investissements par projet
L’inflation en Arabie saoudite reste modérée à 1,8 % en mai — L’inflation en Arabie saoudite reste modérée malgré des tensions persistantes sur le logement. Selon les données publiées par l’Autorité générale saoudienne des statistiques (GASTAT), l’indice des prix à la consommation a progressé de 1,8 % en glissement annuel en mai 2026. Cette hausse demeure principalement alimentée par l’augmentation des coûts du logement, des services publics et des transports. Les prix du logement, de l’eau, de l’électricité et des carburants ont augmenté de 3,7 % sur un an, sous l’effet notamment d’une hausse de 4,7 % des loyers résidentiels. Les prix des transports (+1,5 %) ainsi que ceux de la restauration et de l’hébergement (+1,7 %) ont également contribué à la progression de l’inflation. En rythme mensuel, l’inflation a progressé de 0,2 % entre avril et mai 2026, principalement sous l’effet de la hausse des coûts de transport (+0,6 %), des dépenses de logement (+0,2 %) et des prix alimentaires (+0,2 %).
Energie, Transport & Infrastructure
L’Arabie saoudite et Russie signent 13 accords pour 1,3 Md USD dans l’agroalimentaire — L’Arabie saoudite et la Fédération de Russie ont signé 13 accords et mémorandums d’entente d’une valeur totale de 1,3 Md USD (4,8 Md SAR), visant à renforcer la coopération commerciale et les investissements, notamment dans les secteurs de l’agriculture et de la sécurité alimentaire. Ces accords ont été signés en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, où l’Arabie saoudite participait en tant qu’invitée d’honneur. Ils couvrent plusieurs axes, dont la localisation de la production de vaccins vétérinaires, le développement de la filière avicole, ainsi que l’exportation de produits saoudiens comme les produits de la mer et le lait de chamelle vers la Russie et d’autres marchés.
Diriyah Company attribue un contrat de 727 M USD pour un complexe hôtelier Waldorf Astoria — Le développeur du mégaprojet Diriyah Company a attribué un contrat de construction de 727 M USD (2,7 Md SAR) au consortium formé par Hassan Allam Construction Saudi et UCC Saudi pour la réalisation du complexe «Waldorf Astoria» au sein de Diriyah. Le projet comprend un hôtel de 200 chambres, 47 résidences, ainsi que des espaces résidentiels, commerciaux et de bureaux. Il sera situé dans le district Boulevard Northwestern de Diriyah Gate 2.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
Le ministère des Finances des EAU a présenté son Strategic Plan 2027-2029, visant à améliorer l’efficacité de la dépense publique, renforcer la soutenabilité budgétaire et développer des politiques financières plus agiles. Le programme prévoit notamment le déploiement de services financiers publics intelligents fondés sur les données et l’IA, dont une plateforme de budgétisation prédictive et des outils de prévision monétaire fédérale.
La Banque centrale des EAU a maintenu son taux directeur à 3,65 %, après la décision de la Fed de laisser inchangé le taux sur les réserves bancaires. Le taux applicable aux facilités de crédit de court terme auprès de la CBUAE reste fixé à 50 points de base au-dessus du taux directeur.
Revolut lance ses activités aux EAU après avoir obtenu l’autorisation de la Banque centrale pour des licences de stored value facilities et de retail payment services. La fintech britannique construira d’abord ses capacités locales avant le lancement effectif, avec des services attendus de comptes multidevises et de paiements et transferts locaux et internationaux.
Alterra, le fonds climat émirien de 30 Md USD, a réalisé son premier investissement direct dans les énergies renouvelables en Amérique latine, en co-investissant avec I Squared Capital dans le péruvien Inkia Energy. L’investissement, dont le montant n’a pas été communiqué, est réalisé via l’Opportunity Fund d’Alterra, doté de 1,2 Md USD, dont 250 M USD apportés par BBVA.
Energie, Infrastructure & Industrie
Malgré la crise, Dubaï se montre rassurant et maintient le rythme de ses grands projets d’infrastructures. Le 15 juin, le prince héritier de Dubaï, Cheikh Hamdan bin Mohammed bin Rashid Al Maktoum, a communiqué sur X et assuré que le projet d’extension de l’aéroport Al-Maktoum de Dubaï se poursuit conformément au calendrier et ouvrira en 2032. Une fois la phase 2 (d’une valeur de 35 Md USD) finalisée, l’aéroport international de Dubaï (DXB) devrait fermer et transférer l’ensemble de ses opérations l’aéroport Al Maktoum. Avec l’objectif d’accueillir 150 M de passagers par an (contre moins de 100 M pour DXB), le projet d’extension de l’aéroport Al Maktoum est au cœur de la stratégie de Dubaï visant à renforcer sa position de hub régional dans le secteur aérien. Alors que la crise a touché de plein fouet le modèle économique de l’émirat, et notamment le hub de l’aéroport international de Dubaï (DXB) qui a vu sa fréquentation chuter, le message du prince-héritier confirme le maintien des ambitions de Dubaï dans le secteur du transport aérien. Depuis le lancement du projet, 13 Md AED (3,5 Md USD) ont déjà été investis, et des contrats d’une valeur de 55 Md AED (13 Md USD) devraient être attribués dans les mois à venir.
La crise rapproche les voisins, et les Émirats arabes unis renforcent leur rôle de premier partenaire commercial d’Oman. Les échanges commerciaux entre Oman et les Émirats arabes unis ont augmenté de 13 % pour atteindre près de 3,8 Md USD au premier trimestre 2026, faisant des EAU le premier partenaire commercial d’Oman, tant pour les importations que pour les exportations. 30 % des importations omanaises proviennent des EAU (2,8 Md USD au T1 2026, en hausse de 10 %), tandis que 23 % des exportations omanaises sont à destination des Émirats (990 M USD, en hausse de 31 %). Le renforcement du commerce bilatéral s’explique en grande partie par la fermeture du détroit d’Ormuz et la mise en place de corridor logistiques et douaniers entre les deux pays, notamment depuis les ports de Sohar et Salalah.
La stratégie d’exportation d’ADNOC via Ormuz pendant la crise dévoilée. Alors que le détroit d’Ormuz était officiellement fermé, les Émirats sont parvenus à exporter plusieurs cargaisons de brut via le détroit entre avril et juin. Alors que la quasi-totalité des compagnies maritimes mondiales étaient réticentes à traverser le détroit d’Ormuz face aux annonces et aux menaces iraniennes, la société d’hydrocarbures émirienne ADNOC a eu recours à une flotte de navires appartenant au géant coréen du transport maritime Sinokor et à deux navires détenus directement en propre, pour exporter par voie maritime. ADNOC a mis en place un système de navette entre les sites de production situés dans le Golfe Persique et les sites de Fujaïrah et Sohar. Une fois le détroit passé de manière clandestine grâce à la désactivation de leur transpondeur, les navires procédaient à un transbordement (STS) avec un autre navire chargé d’acheminer ensuite la cargaison vers les acheteurs en Asie et en Europe. Ce système de navette permettait aux pétroliers de revenir dans le Golfe Persique et de se recharger en quelques jours, laissant le soin aux autres navires d’effectuer le trajet de plusieurs semaines vers l’Asie ou l’Europe. Ce système a permis d’exporter une partie de la production émirienne de pétrole durant la crise, mais la majorité a été exportée grâce au pipeline ADCOP (capacité d’1,8 Mb/j) débouchant à Fujaïrah et à l’écoulement des stocks situés à Fujaïrah.
Qatar
QatarEnergy (QE) prévoit de rétablir rapidement sa production de gaz naturel liquéfié (GNL) une fois la navigation sécurisée dans le détroit d’Ormuz. L’entreprise anticipe un retour à environ 50 % de sa capacité pré-guerre un mois après la réouverture du détroit, puis à 80 % deux mois à compter de la réouverture. Dans le même temps, plusieurs méthaniers font route en direction du Qatar, selon Bloomberg, démontrant ainsi la volonté du Qatar de reprendre ses exportations au plus vite.
La Qatar Development Bank (QDB) et l’agence italienne de crédit export (SACE) ont signé un accord de réassurance destiné à soutenir des projets d’exportation conjoints entre entreprises qatariennes et italiennes sur des marchés tiers. Le dispositif vise à faciliter la réalisation de contrats internationaux de plus grande envergure grâce à un partage structuré du risque. Il prévoit une coordination dans la couverture des opérations, chaque institution soutenant ses exportateurs nationaux. L’accord intègre également une structure conforme à la finance islamique pour la participation de la QDB, une première pour SACE.
La Banque centrale du Qatar (QCB) a émis des obligations souveraines (Sukuk Ijara) pour un montant total de 6,5 Mds de QAR (environ 1,8 Md USD). L’opération a été répartie en deux tranches égales, avec des maturités en 2028 et 2030, toutes deux assorties d’un rendement de 4,45 %. Les souscriptions ont atteint environ 14,5 Mds de QAR, traduisant une forte demande des investisseurs. Cette émission confirme l’intérêt soutenu du marché pour la dette souveraine qatarienne.
Invest Qatar et la banque Qatar National Bank (QNB) ont organisé à Pékin un dialogue de haut niveau avec des investisseurs dans le cadre de l’initiative « Qatar-China Synergy Series ». Les discussions ont porté sur les perspectives de coopération industrielle et financière. Dans le même temps, la Qatar Free Zones Authority (QFZ) s’est également rendue en Chine pour y rencontrer notamment l’entreprise de logistique singapourienne Global Logistic Properties (GLP), très présente en Chine, et sa filiale de capital investissement Hidden Hill Capital. Les échanges ont porté sur des coopérations potentielles dans la logistique, les infrastructures numériques et les énergies renouvelables, ainsi que sur des perspectives de développement industriel durable.
La France, par l’intermédiaire de son ambassadeur, M. Arnaud Pescheux, a remis l’ordre national de la légion d’honneur à Mme. Reem Al-Mansouri, Sous-secrétaire adjointe à l’industrie numérique au ministère des Télécommunications et des technologies de l’information (MCIT). La cérémonie s’est tenue au MCIT, en présence du ministre, M. Mohammed bin Ali Al Mannai.
Koweït
La sécurité hydrique pour survivre l’été koweïtien. Le ministère de l'Électricité, de l'Eau et des Énergies renouvelables soumet six appels d'offres au Bureau d'audit de l'État (SAB), pour un montant total de 159,7 M KD (518 M USD). Ces contrats visent le développement et la modernisation des infrastructures hydrauliques du pays. L'enjeu est d'assurer un approvisionnement continu, notamment en été, lorsque la consommation atteint son pic. Parmi les projets soumis, la construction du complexe de distribution d'eau de Hawally, d'un montant de 42,3 M KD, permettra d'augmenter la capacité de stockage à 249 837 m³/jour et de pompage à 206 305 m³/jour. Le projet le plus significatif porte sur l'installation d'une usine de dessalement par osmose inverse à Doha, pour 114,3 M KD. Avec une capacité de 272 765 m³/jour, elle est destinée à couvrir les besoins en eau des nouvelles zones urbaines et résidentielles.
Al-Zour accélère vers l’hydrogène. La Kuwait National Petroleum Company (KNPC, ex-KIPIC) lance un appel d'offres pour un projet de fourniture d’une matière première alternative, pour l'unité de production d'hydrogène (phase 1) à la raffinerie d'Al-Zour. Le projet couvre l'ingénierie, l'approvisionnement, la construction, la pré-mise en service et les essais de performance. Son envergure se reflète dans les conditions de participation : un acompte préliminaire d'1 M KD, auquel s'ajoutent 10 000 KWD de frais de dossier. Les offres sont attendues pour fin septembre 2025.
La pêche aux investisseurs. Le Conseil des ministres a approuvé, via la résolution n°651 de 2026, un nouveau cadre permettant aux investisseurs étrangers éligibles et à leur famille d'obtenir des titres de séjour allant jusqu'à 15 ans. Le dispositif est piloté conjointement par la Direction générale des affaires de résidence et la Kuwait Direct Investment Promotion Authority (KDIPA). Pour en bénéficier, les entités agréées doivent maintenir un investissement minimum de 5 M KD, exercer une activité commerciale effective au Koweït et respecter les quotas d'emploi de nationaux. Les catégories éligibles incluent les propriétaires d'entités d'investissement, leurs associés, cadres supérieurs et membres de famille proche. La mesure s'inscrit dans l'ambition affichée de faire du Koweït un pôle financier et commercial régional.
Dans KIA il y a IA. La Kuwait Investment Authority (KIA), KKR, Nvidia et Vistra lancent Helix Digital Infrastructure, une plateforme dotée d’environ 10 Mds USD de capital engagé, destinée à financer des infrastructures critiques pour l’intelligence artificielle. Elle couvre l'ensemble de la chaîne : data centers hyperscale, production et gestion d'énergie, réseaux de transmission et connectivité fibre. Nvidia assure le volet technologique, Vistra le volet énergétique. La plateforme est dirigée par Adam Selipsky, ex-CEO d'Amazon Web Services. Le véhicule est ouvert à d'autres investisseurs institutionnels.
Bahreïn
Aluminium Bahrain (Alba) a finalisé l’acquisition majoritaire d’Aluminium Dunkerque, plus grande fonderie d’aluminium de l’Union européenne, auprès d’American Industrial Partners, dans une transaction valorisée à environ 2,2 Md USD. À la clôture, Alba doit acquérir 100 % de l’actif, avec un financement assuré par un consortium de banques partenaires. Dans le cadre d’un MoU signé à Paris le 2 juin, Bpifrance investira 100 M EUR pour prendre une participation minoritaire de 6 % dans Aluminium Dunkerque et obtenir un siège au conseil d’administration.