Club du Golfe : le sport dans le rough
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Club du Golfe : le sport dans le rough
L’engagement croissant dans de nombreuses compétitions sportives de l’Arabie saoudite, du Qatar et, dans une moindre mesure, des EAU a marqué le paysage sportif mondial au cours de la dernière décennie. Depuis plusieurs années, ces trois pays consacrent des ressources considérables à l’ambition de devenir des pôles majeurs du sport mondial (F1, tennis, golf, snooker, etc.). Cette stratégie a toutefois été particulièrement visible dans le football avec les rachats successifs de grands clubs européens (PSG, Manchester City, etc.), l’organisation de Coupes du monde de football (Qatar en 2022, Arabie saoudite en 2034) et l’arrivée de plusieurs stars internationales dans des clubs saoudiens.
Le cas de l’Arabie saoudite est le plus emblématique. Le tourisme, les loisirs, la culture et le sport constituent l'un des piliers de la Vision 2030 saoudienne. L'objectif officiel est de porter la contribution du tourisme à 10 % du PIB, contre 3 % il y a une dizaine d’années, et d'accueillir 150 millions de visiteurs annuels d'ici 2030. Instrument central du soft power saoudien, le sport constitue moins une politique sectorielle qu’un levier de diversification économique, destiné à soutenir l'attractivité du Royaume, les investissements étrangers et le développement du secteur privé.
La guerre déclenchée le 28 février fragilise cette stratégie. Son coût économique pourrait réduire les marges de manœuvre financières nécessaires à la poursuite simultanée des différents projets de diversification et contraindre à des réallocations des ressources publiques. L’Arabie saoudite doit déjà arbitrer entre plusieurs priorités : les mégaprojets de la Vision 2030 (NEOM, Qiddiya, Diriyah Gate), dont l’envergure est en voie de réduction, les dépenses de défense et la poursuite de ses investissements industriels et d’infrastructures essentielles. Le FMI anticipe, par ailleurs, un retour progressif à des déficits budgétaires de 2 à 3 % du PIB en 2025-2026. Devenu un secteur clé de cette stratégie de diversification, il représente un marché potentiel d’environ 22 milliards de dollars à l’horizon 2030 et pourrait contribuer à hauteur de plus de 16 milliards de dollars au PIB annuel. Ces ambitions reposent largement sur le PIF, dont les actifs sous gestion avoisinent 900 milliards de dollars.
De nombreux événements sportifs ont été délocalisés ou annulés depuis le 28 février. L’Esports World Cup initialement prévue en Arabie saoudite, qui aurait généré à elle seule près de 600 M USD de retombées économiques, a été délocalisée à Paris. Les grands prix de F1 du Bahreïn et d’Arabie saoudite, prévus en avril, ont été annulés, et le grand prix de moto du Qatar reporté à novembre. En football, la ‘Finalissima’ 2026, prévue fin mars au Qatar, a été annulée.
Ces annulations ponctuelles semblent s’inscrire dans une évolution plus large des priorités. Le signal le plus notable concerne le secteur du golf, avec l’abandon par le PIF du LIV Golf, circuit créé en 2021, le fonds estimant que « l’investissement substantiel » requis sur le long terme « n’est plus cohérent avec la phase actuelle de la stratégie d’investissement du PIF ». Dans le football, le PIF a également cédé 70 % de sa participation dans le club d’Al Hilal en avril, dans une logique de redéploiement du capital au sein de l’économie nationale. Plusieurs autres initiatives ont été affectées, notamment l’annulation du Saudi Arabia Masters de snooker, la suppression du WTA Finals de Riyad et l’arrêt des financements de la WTA. Par ailleurs, l’Arabie saoudite a renoncé à sa candidature pour la Coupe du monde de rugby 2035, tout en conservant l’organisation de la Coupe du monde de football 2034. Le gouverneur du PIF, Yasir al-Rumayyan, a décrit cette dynamique comme un « réexamen » des investissements et des priorités, lié à la fois aux évolutions du contexte régional et à l’évaluation des performances de certains investissements sportifs.
La guerre n’est toutefois pas la seule explication à la dynamique observée au sein des pays du CCEAG. En les conduisant à recentrer leurs priorités sur des investissements jugés essentiels dans un contexte de crise durable, elle semble surtout accélérer une réorientation déjà à l’œuvre. Après une décennie marquée par la recherche de visibilité internationale et l’affirmation d’un « soft power » ambitieux, les États du Golfe pourraient désormais privilégier davantage les investissements créateurs de valeur économique, de revenus non pétroliers et de résilience stratégique. Le sport demeurera un instrument d’influence important, mais il semble entrer dans une phase où sa contribution économique devra être démontrée avec davantage de rigueur que par le passé.
Quentin PERRET, conseiller développement durable
Pétrole et gaz
Brent 12/6/2026 à 12h00 GST : 87,31 USD/Bbl
Cette semaine, les prix du pétrole sont restés très volatils et orientés à la baisse en fin de semaine, le Brent évoluant dans une large fourchette comprise entre 87 et 98 USD/baril. Les nouvelles frappes américaines contre l’Iran et les menaces récurrentes autour du détroit d’Ormuz ont entretenu une forte prime de risque géopolitique. Toutefois, cette dernière continue d’être partiellement compensée par plusieurs facteurs baissiers : la reprise progressive de certains flux pétroliers du Golfe, la faiblesse persistante de la demande chinoise et le recours aux stocks stratégiques. Le marché reste ainsi partagé entre la perspective d’un choc d’offre durable et les signes d’un rééquilibrage progressif des flux mondiaux.
La première tendance reste la persistance d’un risque géopolitique élevé autour du détroit d’Ormuz. Les nouvelles frappes américaines contre l’Iran ont fragilisé la trêve entre les deux pays, et Téhéran menace de nouveau de bloquer le passage des navires dans le détroit.
Pour autant, la hausse des prix reste contenue par la reprise progressive, bien que partielle, des flux pétroliers transitant par le détroit. Plusieurs tankers en provenance du Golfe, notamment koweïtiens et émiratis, auraient franchi le détroit avec leurs transpondeurs désactivés avant de transférer leurs cargaisons au large d’Oman. Ces « dark transits » auraient permis de porter les flux sortants à environ 2 mbpj, un niveau encore très inférieur à la tendance pré-guerre mais suffisant pour éviter un choc de prix plus important. Bloomberg rapporte que le Koweït propose à nouveau des cargaisons à des acheteurs asiatiques, confirmant également que certains barils parviennent à sortir du Golfe malgré les risques.
Graphique 1 – Transit via le détroit d’Ormuz
Source : Bloomberg
Cette situation accélère aussi la réflexion des producteurs du Golfe sur les routes alternatives au détroit. Le Koweït, entièrement dépendant du détroit pour ses exportations, discute avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour utiliser ou étendre leurs infrastructures de pipelines. Riyad dispose déjà d’un oléoduc vers la mer Rouge, et Abu Dhabi s’appuie sur Fujairah pour exporter une partie de son brut en dehors du détroit. Ces solutions ne remplacent pas le transit via le détroit à court terme, mais elles deviennent un enjeu stratégique central pour limiter la vulnérabilité des producteurs du Golfe en cas de crise prolongée.
La deuxième tendance majeure du marché concerne l’affaiblissement de la demande, en particulier en Chine. Les importations chinoises de brut sont en forte baisse depuis mai, tombant à leur plus bas niveau depuis plusieurs années, sous l’effet de prix élevés, de marges de raffinage sous pression et d’une demande finale plus faible. Cette contraction de la demande a joué un rôle stabilisateur pour le marché pétrolier mondial. Sans elle, les pertes de volumes en provenance du Golfe auraient probablement entraîné une hausse beaucoup plus prononcée des cours.
Graphique 1 – Importations chinoises de pétrole (en barils par jour)
Sources : Vortexa, Bloomberg
Enfin, les fondamentaux d’offre restent fragiles. Les stocks américains de brut ont baissé de 7,2 millions de barils la semaine dernière, prolongeant une série de baisses qui signale une consommation rapide des réserves disponibles. Parallèlement, la production de l’OPEP est tombée à son plus bas niveau depuis au moins 2000, principalement sous l’effet du blocus américain contre l’Iran et des perturbations régionales. Le marché reste donc soutenu par des stocks en baisse et une offre du Moyen-Orient contrainte, même si les exportations américaines, canadiennes, brésiliennes et guyanaises contribuent à compenser une partie du choc.
Au total, le marché pétrolier entre dans une phase d’équilibre instable. Les prix ne reflètent pas une pénurie immédiate, mais plutôt une tension durable entre, d’un côté, un risque géopolitique toujours élevé et des stocks qui se contractent rapidement, et de l’autre, des ajustements de marché qui limitent encore la hausse : baisse de la demande chinoise, mobilisation des stocks stratégiques, exportations hors Golfe et contournements partiels du détroit. La principale incertitude porte désormais sur la durée de ces amortisseurs : s’ils venaient à s’épuiser avant une désescalade durable, le marché pourrait rapidement redevenir beaucoup plus vulnérable à un nouveau choc de prix.
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Brèves économiques
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
Les actifs des marchés de capitaux saoudiens dépassent 320 Md USD en 2025, en hausse de 18 % — Les actifs sous gestion du marché des capitaux en Arabie saoudite ont dépassé 320 Md USD (1 200 Md SAR) en 2025, enregistrant une progression de 18 %, selon les données publiées par la Capital Market Authority. Les fonds immobiliers privés ont enregistré une hausse de 53 % sur un an, tandis que les fonds monétaires publics ont progressé de 57 %. Les fonds de dette publics et privés ont augmenté de 44 %, et les fonds de capital-investissement de 31 %, confirmant la dynamique de développement des classes d’actifs non actions. Les investissements internationaux nets sur le marché principal ont progressé de 54,7 Md USD en 2024 à 60,3 Md USD en 2025, soit une hausse d’environ 5,6 Md USD sur un an. Le nombre d’investisseurs internationaux a également augmenté de 8,8 % pour atteindre environ 161 000. Par ailleurs, les autorités ont poursuivi l’ouverture du marché aux investisseurs étrangers, notamment en autorisant l’investissement dans des sociétés immobilières cotées opérant à La Mecque et Médine, et en élargissant progressivement l’accès au marché principal aux investisseurs non-résidents.
Les émissions obligataires en Arabie saoudite atteignent 4,29 Md USD au T1 2026 — Les émissions de dette finalisées ont atteint 4,29 Md USD (16,13 Md SAR) au T1 2026 en Arabie saoudite, en hausse de 22 % sur un an, selon le bulletin statistique trimestriel de la Capital Market Authority. Les émissions privées ont dominé l’activité avec 4,16 Md USD répartis sur 55 opérations, contre 3,45 Md USD et 46 opérations au trimestre précédent. Les actifs des fonds publics ont atteint 61,7 Md USD au T1 2026, contre 51,5 Md USD au T1 2025. Ces chiffres s’inscrivent dans la poursuite du développement du secteur financier du Royaume, à travers des mesures visant à accroître la liquidité, élargir l’accès au financement et renforcer la participation des investisseurs institutionnels.
Energie, Transport & Infrastructure
L’Arabie saoudite et la Turquie signent deux protocoles d’accord pour renforcer les corridors logistiques et ferroviaires vers l’Europe — Les ministres des Transports saoudien et turc ont signé le 9 juin dernier deux protocoles d’accord couvrant les secteurs des chemins de fer et des services logistiques, visant à renforcer la connectivité régionale et le développement d’un corridor de transport terrestre entre le Golfe et la Turquie. Le premier accord porte sur le renforcement de la coopération logistique, l’exploitation de centres logistiques, le partage d’expertise et le lancement de projets conjoints. Le second concerne le secteur ferroviaire et couvre les infrastructures, la technologie, la formation et le développement des ressources humaines. Ce volet s’inscrit dans une dynamique régionale plus large visant à rétablir une connexion ferroviaire entre la Turquie, la Syrie et la Jordanie jusqu’au Golfe, avec des extensions vers l’Europe via le réseau ferroviaire turc. Ce projet, à l'étude depuis plusieurs mois, suppose la réhabilitation progressive d’infrastructures transfrontalières à l’arrêt depuis plusieurs années et la modernisation des réseaux nationaux concernés.
Riyadh Air lance ses premières opérations commerciales vers Londres — La compagnie aérienne du Public Investment Fund, Riyadh Air, a effectué son premier vol commercial le 10 juin 2026 à destination de Londres Heathrow, soit trois semaines avant la date initialement prévue, grâce à la livraison accélérée de son troisième Boeing 787-9 Dreamliner. La compagnie opérait déjà des vols techniques vers Heathrow Terminal 4 depuis octobre 2025 dans le cadre de son programme de mise en service. Créée en 2023, la compagnie vise un réseau de plus de 100 destinations à l’horizon 2030. Pour ce faire, son carnet de commandes comprend jusqu’à 72 Boeing 787, jusqu’à 60 Airbus A321neo et 50 Airbus A350, constituant la base de son développement long-courrier et moyen-courrier. Pour l’heure, elle a annoncé porter sa flotte à huit appareils d’ici fin juillet 2026 et desservir 22 destinations d’ici mars 2027.
L’Arabie saoudite fournira 150 M USD de produits pétroliers au Yémen - L’Arabie saoudite et le Yémen ont signé un accord de 150 M USD portant sur la fourniture de dérivés pétroliers destinés aux centrales électriques dans plusieurs gouvernorats yéménites. Le financement relève du Saudi Development and Reconstruction Program for Yemen (SDRPY). L’accord a été signé entre le ministre yéménite de l’Électricité et de l’Énergie, Adnan Al-Kaf, et l’ambassadeur saoudien au Yémen et superviseur général du SDRPY, Mohammed bin Saeed Al-Jaber. Il prévoit la fourniture de diesel et de mazout pour alimenter plus de 70 centrales électriques dans le pays.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
2PointZero Group a finalisé la cession de sa participation de 7,29 % dans TAQA à Abu Dhabi Power Corporation, filiale indirecte de L’IMAD. Le groupe disposait de 135 Md AED d’actifs et de 9,5 Md AED de trésorerie à fin T1 2026.
Mubadala a renforcé son activité dans le capital-investissement, participant à 16 transactions au cours des trois derniers mois et pouvant engager jusqu’à 2 Md USD par opération. Soutenue par un fonds souverain de 385 Md USD, sa division private equity maintient un rythme d’investissement stable, avec des tickets généralement compris entre 500 M USD et 1 Md USD. L’activité a notamment été marquée par sa participation à une levée de fonds de 3,5 Md EUR pour Athora Holding Group, l’acquisition d’une participation minoritaire dans Power Factors, ainsi que par la cession d’actions de GlobalFoundries pour environ 1,9 Md USD. Mubadala indique privilégier des prises de participation minoritaires et des opérations de recapitalisation afin de fournir de la liquidité aux acteurs du private equity dans un contexte de ralentissement des sorties d’actifs.
Selon Reuters, les banques des Émirats arabes unis ont renforcé leurs offres de dépôts afin d’attirer l’épargne des particuliers, dans un contexte de concurrence accrue des banques numériques. Emirates NBD propose jusqu’à 5 % de rendement annuel sur certains comptes d’épargne et Dubai Islamic Bank et National Bank of Fujairah offrent respectivement jusqu’à 6,6 % et 6,25 %, contre un taux directeur de la Banque centrale fixé à 3,65 %.
ExodusPoint Capital Management a levé 2 Md USD, portant ses encours à 14,5 Md USD, avec l’Abu Dhabi Investment Council parmi les investisseurs de l’opération.
Blue Owl Capital ouvrira un bureau à Abu Dhabi, qui servira de siège régional, malgré les tensions liées à la guerre avec l’Iran. Le gestionnaire d’actifs alternatifs, qui dispose de 315 Md USD d’encours, renforce ainsi ses liens avec l’émirat, après un partenariat avec Lunate en 2024 et un engagement de 1 Md USD de Mubadala dans sa plateforme de crédit en 2023.
Dubai Islamic Bank a émis un sukuk AT1 de 1 Md USD, au taux de profit de 6,25 %, soit un spread de 191,1 pb au-dessus du Treasury américain. L’opération, sursouscrite 2,3 fois avec un carnet d’ordres de plus de 2,3 Md USD, a été placée à 83 % auprès d’investisseurs MENA et à 77 % auprès de banques et banques privées.
Energie, Transport & Infrastructure
Emirates a annoncé le lancement d’un produit d’assurance afin d’inciter les passagers à se rendre à Dubaï ou à y faire escale. Depuis le début de la crise, de nombreux gouvernements déconseillent de se rendre aux Émirats arabes unis ou dans la région, et les compagnies d’assurance excluent de fait les pays déconseillés au voyage de leur couverture d’assurance. Emirates va ainsi lancer son propre produit en collaboration avec des compagnies d'assurance afin d’inciter les voyageurs à revenir aux Émirats et à transiter par Dubaï. Le président d’Emirates Tim Clark a déclaré avoir l’objectif de garantir « que nous vous ramènerons chez vous, que ce soit avec Emirates ou non ». Cette mesure incitative vise à stimuler le retour des touristes par le hub aérien de l’aéroport de Dubaï (DXB), qui connaît une baisse de fréquentation massive de -60 % depuis le début de la crise, passant de 100 000 personnes/jour à 40 000 désormais. Emirates cherche également à stimuler son activité, alors que la compagnie a annoncé la suppression de 500 000 sièges sur le mois de juin, et la réduction du nombre de départs quotidiens de 237 à 200.
Les Émirats arabes unis, avec Oman, sont en discussion pour soutenir le Botswana à renforcer sa participation de la société De Beers, plus grand producteur mondial de diamants. Détenant déjà 15 % des parts de De Beers, le Botswana se positionne pour racheter le restant des parts (85 %), que la société Anglo America cherche à vendre. Premier producteur mondial de diamants bruts, le rachat des parts du producteur de diamant permettrait au Botswana de renforcer son contrôle sur le secteur du diamant, qui représente 80 % des recettes d’exportations du pays. L’intérêt des Émirats pour soutenir financièrement le Botswana dans l’opération traduit l’intérêt croissant pour le secteur minier et plus généralement pour le continent africain. Alors que les discussions sont en cours, le groupe dubaïote Albaddad a signé un accord d'une valeur d'environ 2 Md USD pour la construction d’un complexe urbain à Gaborone, capitale du Botswana.
Qatar
Visit Qatar, l’agence de promotion du tourisme au Qatar, a signé deux protocoles d’entente stratégiques avec Fliggy (Alibaba) et Huawei Mobile Services, lors d’une visite officielle de son PDG, Abdulaziz Ali Al Mawlawi, en Chine. Ces accords visent à développer des solutions de voyage intégrant l’intelligence artificielle.
Le Qatar a progressé dans le Global Startup Ecosystem Index 2026 de trois places depuis 2025 et vingt places depuis 2023, se situant actuellement à la 73e place dans le Global Startup Ecosystem Index 2026 de StartupBlink, un classement annuel qui évalue les écosystèmes entrepreneuriaux dans le monde. Le Qatar est également entré dans le top 10 du Moyen-Orient et de l'Afrique pour la première fois, passant à la 10e place au niveau régional, et la quatrième place au sein des pays membres du CCG.
Les réserves de la Qatar Central Bank (QCB) ont atteint 262,1 Mds de QAR (soit environ 72 Mds USD) en mai 2026, soit une hausse de 1,52 % en glissement annuel.
L’Union des banques arabes a nommé le Ministre des Finances du Qatar, Ali bin Ahmed Al Kuwari, personnalité de l’année 2026 lors du Sommet arabo-européen à Paris. M. Ali bin Ahmed Al Kuwari a également rencontré à Paris le Secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann. L’entretien a porté sur le renforcement de la coopération dans les domaines de l’investissement, de la finance et des politiques économiques.
QatarEnergy (QE) a annoncé la découverte de réserves pétrolières offshore sur le puits Merlin-1X, au large de la Namibie. Les analyses confirment la présence d'un réservoir de haute qualité, contenant du pétrole léger ainsi que des volumes limités de gaz associés. Cette découverte s’inscrit dans la stratégie d’expansion internationale de QatarEnergy dans l’exploration amont à haut potentiel.
La Qatar Chamber, la principale organisation qui représente le secteur privé au Qatar, a reçu l’ambassadeur de France au Qatar, M. Arnaud Pescheux, accompagné du service économique. Les échanges ont porté sur les relations commerciales et économiques entre la France et le Qatar, ainsi que sur les moyens de développer les partenariats du secteur privé.
La Qatar Investment Authority (QIA) a participé au tour de financement de Séries F de plus d’1 Md EUR de la société finlandaise ICEYE, spécialisée dans l’observation de la terre par satellites. Cette levée de fonds valorise l’entreprise à plus de 10 Mds EUR et vise à accélérer le développement de ses capacités de renseignement spatial et l’expansion de sa présence mondiale.
Koweït
Les pipelines koweïtiens attirent Wall Street. La Kuwait Petroleum Corporation (KPC) poursuit une opération de valorisation de ses infrastructures de transports et d’hydrocarbures. À ce titre, la KPC prépare une levée de 7,5 Mds USD via la cession d’une participation dans son réseau d’oléoducs. Plusieurs investisseurs internationaux ont été présélectionnés, dont GIP (BlackRock), Brookfield, EIG, Apollo et KKR, selon Bloomberg. Le projet est conseillé par JPMorgan et Centerview Partners depuis septembre 2025. Cette opération, initialement estimée entre 5 et 7 Mds USD, porte sur la mise en location de 13 pipelines pour 25 ans.
Mission finalement possible. Le Koweït avait déclaré en avril un cas de force majeure sur ses exportations de brut et de produits raffinés à la suite du blocus du détroit d’Ormuz. Quelques semaines plus tard, deux « superpétroliers » (VLCCs) ont accosté à Mina Al Ahmadi. Ces navires ont coupé leur signal AIS pendant plus d’une semaine durant les opérations de chargement et désactivé leurs transpondeurs lors de leur passage dans le golfe d’Oman. Il s'agit des premières exportations majeures de brut koweïtien depuis plus de deux mois. Les chargements effectués se sont traduits par une contraction des stocks de brut de plus de 7 M de barils entre le 29 mai et le 4 juin au terminal de Mina Al Ahmadi.
C’est stratégique ou ça ne l’est pas. Le Central Tenders Committee (CTC) a approuvé l'attribution d'un contrat de 303,5 M KD (988 M USD) à Larsen & Toubro (L&T), une entreprise indienne. Le projet porte sur la construction d'infrastructures de stockage et d'exportation de brut. Il inclut le développement des installations dédiées au pétrole léger du Jurassique et la modernisation du réseau d'exportation existant. La Kuwait Oil Company (KOC) entamera prochainement les négociations finales avant délivrance de l'ordre de démarrage. Lancé en novembre 2024, le projet avait connu plusieurs reports avant réception des offres finales. Ce choix contraste avec l'annulation d'autres projets sectoriels représentant près de 8 Mds USD pour des raisons budgétaires.
La BCK sort des cartons rouges. La Banque centrale du Koweït (BCK) a infligé des amendes relativement élevées à plusieurs sociétés de change. Cela fait suite à des inspections révélant des manquements aux dispositions anti-blanchiment et de lutte contre le financement du terrorisme (loi n°106 de 2013). Les sociétés concernées ont également été suspendues temporairement d'activité. En parallèle, elles sont contraintes de recruter des cabinets de conseil agréés par la BCK pour auditer leurs dispositifs de conformité et de gouvernance. Des plans de remédiation sont exigés : renforcement du KYC, mise à jour des registres de bénéficiaires effectifs et déploiement de systèmes de surveillance automatisée, notamment sur les transferts vers des juridictions à risque. Ces mesures s'inscrivent dans l'alignement du Koweït sur les standards du GAFI et visent à préserver la réputation de la place financière koweïtienne.
Oman
Les exportations de brut omanais vers la Chine ont chuté à un plus bas historique de 63 kb/j en mai, contre une part habituellement supérieure à 70 % des exportations, dans un contexte de flambée des prix consécutive à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le prix des cargaisons négociées sur le Gulf Mercantile Exchange (GME) a atteint un record de 124,05 USD/b en mars (contre 68,15 USD/b en février), rendant les achats moins compétitifs pour les raffineurs chinois, qui ont réduit leurs achats sans puiser dans leurs stocks, préférant ajuster leurs taux de raffinage. Le vide laissé par la Chine a été compensé par une diversification des acheteurs, notamment l’Inde (324 kb/j, environ 1,24 Md USD) et Taïwan (192 kb/j, environ 738 M USD), tandis qu’un cargo vers Rotterdam marque un retour ponctuel en Europe. Parallèlement, les livraisons domestiques vers la raffinerie de Duqm ont atteint un record de 241 kb/j.
Oman a porté ses livraisons de brut vers la raffinerie de Duqm (255 kb/j) à un niveau record de 165 kb/j, contre 44 kb/j en moyenne l’an dernier, afin de compenser l’arrêt des flux koweïtiens en raison de la fermeture du détroit d’Ormuz. Cette réallocation a remplacé un approvisionnement qui représentait jusqu’à 54 % du panier de brut de la raffinerie, entraînant un recul temporaire des taux de fonctionnement et des exportations de produits (jusqu’à 152 kb/j en mars). Le retour progressif des volumes omanais a permis une remontée à 241 kb/j d’exportations en avril. Dans un contexte de forte hausse des marges de raffinage (diesel et jet fuel jusqu’à 90–95 USD/b de crack spread), cette stratégie permet à Mascate de privilégier la capture de valeur sur les produits pétroliers, malgré une moindre disponibilité de brut à l’export. La raffinerie diversifie par ailleurs ses approvisionnements avec des cargaisons extrarégionales (notamment 2 mb de brut brésilien), afin de réduire sa dépendance et optimiser ses arbitrages de feedstock.
La filiale omanaise du groupe chinois China Energy Engineering Corporation (CEEC) a obtenu le contrat EPC de l’usine de fabrication d’éoliennes Mawarid à Duqm. Le projet, porté par Mawarid Turbine (O-Green), représente un investissement estimé à 70 M OMR et prévoit une capacité de production annuelle comprise entre 800 et 1 000 MW. Cette infrastructure, développée avec le soutien technologique de Shanghai Electric Wind Power, vise à renforcer la localisation industrielle des filières éolienne et hydrogène vert à Oman.
Depuis son lancement en 2024, le Future Fund Oman (l’une des trois poches du fonds souverain OIA) a constitué un portefeuille cumulé de 105 projets d’investissement représentant plus de 1,52 Md USD (583 M OMR), combinant engagements directs du fonds et capitaux publics et privés domestiques et étrangers. Ces investissements s’inscrivent dans les priorités de la Vision Oman 2040 et couvrent les énergies renouvelables, l’industrie manufacturière avancée, la santé, le tourisme et les technologies d’innovation. Le programme affiche un objectif global de 2 302 emplois, dont 568 déjà créés, traduisant une montée en puissance progressive de l’impact socio-économique du fonds. Parmi les projets structurants figurent une unité intégrée de production de cellules et modules photovoltaïques de 6 GW à Sohar, une usine de matériaux pour batteries lithium-fer-phosphate à Salalah (66 000 tonnes/an), ainsi que des investissements dans des plateformes d’innovation et de capital-risque, confirmant la stratégie d’ancrage d’industries à forte valeur ajoutée comme vecteur de développement de l’économie nationale.
La production pétrolière d’Oman a augmenté de 7,5 % sur les quatre premiers mois de 2026, atteignant 127,3 Mb soit 1,06 Mb/j, contre 986 700 b/j un an plus tôt. Les exportations ont progressé plus modestement de 2,7 % à 102,7 Mb, traduisant un écart entre volumes produits et débouchés extérieurs. Le prix moyen du brut a reculé de 15,4 % à 64,2 USD/b sur la période, reflétant des conditions de marché antérieures en raison du mécanisme d’Official Selling Price, qui applique un décalage temporel de trois mois dans la valorisation des cargaisons et ne répercute qu’avec retard les tensions récentes sur les marchés pétroliers. Dans le segment gazier, la production totale a progressé de 4,6 % à 18,77 milliards de m³, portée par le gaz non associé (+5,6 %) et, dans une moindre mesure, par le gaz associé (+1,3 %). La consommation domestique a fortement augmenté dans la production d’électricité (+12,7 %) et dans l’industrie (+5,8 %), tandis que la consommation des champs pétroliers recule de 5,7 %, traduisant une optimisation progressive des usages du gaz au sein du mix énergétique national.
Bahreïn
Le Bahreïn a levé 1 Md USD via une émission obligataire souveraine à 10 ans offrant un rendement de 7,125 %, quelques heures après avoir intercepté trois missiles et plusieurs drones iraniens. L’opération a suscité plus de 3,2 Mds USD de demandes, permettant de resserrer le rendement par rapport à une indication initiale d’environ 7,5 %. Il s’agit de la première émission souveraine publique de la région depuis le début du conflit en février.