La croissance nigériane à 3,9% au T1-2026 ; L’indice PMI en mai à 54,1 ; La CBN lance sa vision stratégique pour les paiements ; L’AFC obtient un prêt de 2 Md USD ; Règlement sur la facturation nette de la NERC ; La CIB soutient le programme d'extension de la connectivité . L’inflation à 3,7% en mai 2026 ; La raffinerie de Tema débutera ses activités en juin ; Accord d'investissement de 215 M GBP avec le Royaume-Uni ; 85% du budget 2026 du ministère de l'Agriculture déjà décaissé.

LE CHIFFRE À RETENIR

23 Md EUR

C’est le montant cumulé des investissements annoncés à l’occasion du Sommet Africa Forward (dont 14 Md EUR d’investissements français en Afrique).

 

Nigeria

La croissance nigériane s’établit à 3,9% au premier trimestre 2026

Le Bureau national des statistiques nigérian (NBS) a publié les résultats de croissance du pays pour le premier trimestre 2026. Le Nigeria enregistre +3,9% de croissance au T1-2026 après +4,2% au T4-2025 (+4,2% au T1-2025) en glissement annuel. Le premier trimestre est généralement une période de ralentissement de l’activité économique au Nigeria, qui correspond à une baisse de la consommation après le pic saisonnier des fêtes de fin d’année, des retards de dépenses publiques et d’une baisse de la demande extérieure.

La croissance nigériane a été notamment portée au premier trimestre par la performance du secteur des services (+4,3% après +4,2% au T4-2025 et +4,3% au T1-2025), et notamment par les services financiers (+8,5%) et de télécommunications (+11,0%), déjà moteurs de la croissance précédemment. L’économie non-pétrolière fait état d’une croissance de +3,9%, proche des +4,0% du T4-2025 et supérieure aux +3,2% du T1-2025.

Alors que le secteur agricole est historiquement sous-performant, celui-ci a connu une croissance robuste de +3,2% au T1-2026 (+4,0% au T4-2025 et +0,1% au T1-2025), tendance similaire à celle déjà observée en fin d’année 2025.

Le secteur pétrolier enregistre en parallèle une croissance modeste de +2,6% au T1-2026, après son rebond notable sur l’année 2025 à +8,5%. La construction fait également partie des principaux secteurs en expansion avec +6,4% au T1-2026 (+5,1% au T4-2025 et +7,4% au T1-2025). Le secteur industriel suit une tendance similaire (+3,5% après +3,9% au T4-2025 et +3,4% au T1-2025).

Les projections du FMI et de la Banque mondiale s’accordent sur une croissance de 4,1% en 2026, revue à la baisse en conséquence du conflit au Moyen-Orient et du renchérissement des prix. Ces prévisions sont en-deçà de la cible gouvernementale de 4,68% (budget 2026) et de la prévision de la Banque centrale du Nigeria (CBN) à 4,49%.

 

Évolution des croissances réelles trimestrielle et annuelle du Nigeria depuis 2019

Évolution des croissances réelles trimestrielle et annuelle du Nigeria depuis 2019

Source : National Bureau of Statistics NBS

Clef de lecture : Croissance du PIB en prix de marché. La croissance réelle du Nigeria s’élève à +3,9% au T1-2026 (courbe bleu foncé), la croissance réelle pour 2025 était de +4,0% (point orange).

 

Évolution des contributions sectorielles à la croissance trimestrielle depuis 2024

Évolution des contributions sectorielles à la croissance trimestrielle depuis 2024

Source : National Bureau of Statistics NBS

Clef de lecture : Croissance du PIB en prix de marché. La croissance réelle du Nigeria s’élève à +3,9% au T1-2026 (courbe noire), et se décompose en 2,5pts de contribution du secteur des services (histogramme bleu), 0,7pt de contribution du secteur agricole (vert) ; 0,6pt lié à l’industrie non pétrolière (orange) et 0,1pt à l’industrie pétrolière (gris).

 

L’indice des directeurs d’achat (PMI) en expansion en mai à 54,1

La banque Stanbic IBTC a publié les résultats pour le mois de mai de son indice sur l’activité des directeurs d’achats. L’indice PMI, à 54,1 en mai, après 52,4 en avril, indique une expansion de l’activité économique pour le quatrième mois consécutif. Un score supérieur à 50 indique une activité économique en expansion par rapport à la période précédente. Janvier 2026 a constitué le premier passage sous le seuil de 50 depuis décembre 2024.

L’étude confirme l’amélioration de la conjoncture économique et la croissance du secteur privé depuis le début de l’année. L’enquête a enregistré une augmentation des commandes et de la production, malgré le regain des pressions inflationnistes. L’augmentation des prix est toutefois moins forte en mai qu’en avril.

Dans le même temps, l’indice BPI de performance des affaires (Business performance index) issu de l’enquête réalisée par le Groupe de conseil économique nigérian (NESG) et Stanbic IBTC s’est élevé à 4,6 en mai, après 2,1 en avril. L’étude indique que l’augmentation de la demande, en période de festivités notamment, a soutenu l’activité économique. L’accès au financement reste une contrainte, au même titre que l’approvisionnement en électricité, l’insécurité et l’inflation.

 

La CBN lance sa vision stratégique pour les paiements

La CBN a lancé un plan stratégique pour les systèmes de paiements du Nigeria, qui vise en particulier à atteindre 95% d’inclusion financière d’ici 2028. Cet objectif correspond ainsi à intégrer 50 millions de Nigérians supplémentaires dans le système financier traditionnel. La CBN cherche ainsi à réduire l’usage de l’argent liquide, pour atteindre moins de 40% d’argent circulant en dehors du système bancaire (90% actuellement). L’intégration régionale est également un pilier de cette stratégie, pour développer les transactions transfrontalières.

Le plan stratégique devrait faire évoluer le système de transactions numériques, renforcer les infrastructures de paiements instantanés et la transition numérique. Le rôle de l’écosystème fintech nigérian est ainsi central, historiquement pionnier dans l’innovation des systèmes de paiements. Le Système de règlement interbancaire du Nigeria (NIBSS), infrastructure centrale des paiements numériques, a mis en place le système de paiements instantanés (NIP) dès 2011.

La CBN prévoit de déployer 10 millions de points de paiements numériques à travers des marchés, hubs de transport, communautés rurales, et renforcer l’usage de l’intelligence artificielle dans le système de prévention contre la fraude. Les améliorations de l’accès à l’électricité et de la connectivité du territoire seront clés dans l’atteinte de ces objectifs ambitieux.

 

L’AFC obtient un prêt syndiqué record de 2 Md USD

La Société financière africaine (AFC), institution financière multilatérale africaine dédiée au financement des infrastructures sur le continent, a levé un prêt syndiqué d’un montant record de 2 Md USD. La transaction témoigne du fort soutien des investisseurs internationaux, dans un contexte d’incertitude géopolitique et de volatilité des marchés. Ces fonds vont permettre à l’AFC de poursuivre son développement et étendre ses activités de soutien à l’industrialisation et à la croissance. L’institution devrait notamment ouvrir un second bureau régional à Nairobi, après celui de Lagos.

 

La NERC met en œuvre le règlement sur la facturation nette

La Commission nigériane de régulation de l'électricité (NERC) a annoncé débuter la mise en œuvre du règlement 2026 sur la facturation nette. Celui-ci établit un cadre permettant aux clients éligibles (prosommateurs, c’est-à-dire producteurs et consommateurs d’électricité) de produire de l'électricité à partir de sources d'énergie renouvelables, principalement des installations solaires photovoltaïques, pour leur propre consommation et de revendre l'énergie excédentaire au réseau de distribution dans le cadre d'un système de facturation nette. Ce nouveau cadre doit favoriser l’adoption des technologies d’énergies renouvelables, renforcer la sécurité et la fiabilité de l'approvisionnement énergétique pour les consommateurs d'électricité, et encourager la participation du secteur privé à la production décentralisée.

En parallèle, la NERC a approuvé une compensation spéciale pour les consommateurs de la bande électrique A pour la période février-mars 2026 en raison des déficits de production importants liés au vandalisme et à un déficit d’approvisionnement en gaz des centrales.

 

La CIB soutient le programme nigérian d'extension de la connectivité numérique

La Banque industrielle de Chine (CIB), en réponse à l’appel à manifestations d’intérêt lancé par le ministère des Communications, de l’Innovation et de l’Économie numérique (dont l’ensemble des appels à manifestations sont consultables ici), a réaffirmé son engagement à soutenir le Nigeria Universal Communication Access Project (NUCAP). Cette initiative vise à renforcer l’inclusion numérique en permettant l’extension de la connectivité à plus de 20 M de Nigérians vivant dans des communautés mal desservies, notamment par le déploiement d’environ 3 700 tours de télécommunications à travers le territoire national.

 

Ghana

L’inflation atteint 3,7% en mai 2026, en hausse pour le deuxième mois consécutif

D’après le Service statistique du Ghana, l’inflation en glissement annuel (g.a.) s’établit à 3,7% en mai 2026, soit le deuxième mois consécutif de hausse. En hausse de 0,3 point de pourcentage par rapport à l'inflation en g.a. d'avril 2026 (3,4%), elle demeure inférieure à son niveau d’avril 2025, où elle s’établissait à 21,2%. En glissement mensuel (g.m.), l’inflation était également en hausse, passant de 1,0% en avril 2026 à 1,1% en mai 2026. Alors que l’inflation était en baisse depuis décembre 2024, cette inversion de tendance pourrait amorcer un rapprochement vers la cible d’inflation de la Banque du Ghana (BoG), à 8 ± 2%.

 

Inflation en glissement annuel du Ghana depuis mai 2024

Inflation en glissement annuel du Ghana depuis mai 2024

Source : Service statistique du Ghana

Clef de lecture : l’inflation du Ghana a atteint 3,7% en g.a. en mai 2026 (courbe bleu foncé), l’inflation alimentaire s’est établie à 3,3% (courbe bleu clair) tandis que l’inflation non alimentaire représentait 4,1% (courbe bleue). Le taux directeur de la BoG a été fixé à 14% en mars 2026.

La hausse des prix alimentaires a constitué le principal facteur de hausse de l’inflation. En mai, l’inflation en g.a. des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées est montée à 3,3%, après 2,2% en avril, contribuant à hauteur de 38% de l’inflation totale. Sur une base mensuelle, l’inflation en g.m. alimentaire a également fortement augmenté, atteignant 2,0%, après 0,8% le mois précédent, ce qui peut être associé aux pressions inflationnistes de la crise au Moyen-Orient se diffusant de l’énergie et des transports à l’alimentation.

À l’inverse, l’inflation en g.a. non alimentaire a légèrement diminué à 4,1 % en mai, après 4,2% en avril, même si les prix de cette catégorie ont continué d’augmenter de 0,4% en g.m.

 

La raffinerie de pétrole de Tema commencera à traiter le pétrole brut ghanéen en juin 2026

À l’occasion d’une allocution adressée à la diaspora ghanéenne à Londres, le président Mahama a déclaré qu'une cargaison de pétrole brut provenant des gisements offshores du Ghana serait livrée à la raffinerie de pétrole de Tema (TOR) en juin pour y être raffinée. Après une longue période de quasi-inactivité depuis 2021, TOR avait publié le 14 mai 2024 un appel d’offres pour la réhabilitation, l’opérationnalisation et l’optimisation de la raffinerie. En 2025, une importante opération de maintenance a été effectuée et un nouveau directeur général ainsi qu’un nouveau conseil d’administration avaient été nommés. Ainsi, TOR avait entamé fin 2025 une reprise progressive. En effet, la raffinerie TOR n’était historiquement pas adaptée au brut léger et peu acide extrait des champs offshore du Ghana.

Selon le Président, cette annonce témoigne d’un retour à de pleines capacités d’exploitation et plus généralement d’un changement de stratégie visant à accroître la valeur ajoutée locale et à réduire la dépendance aux produits pétroliers raffinés importés. En effet, le Ghana exporte pour l’heure l’intégralité de sa production de pétrole brut en raison de contraintes techniques, contractuelles et économiques. Il serait économiquement plus avantageux pour le Ghana d’exporter son brut léger, très recherché sur les marchés internationaux, et d’importer des produits pétroliers ou des bruts plus lourds à moindre coût, afin de les raffiner localement.

Malgré les progrès du raffinage local, dont la production a augmenté de 80,7% entre 2024 et 2025, celle-ci ne couvre que 11,6% de la consommation domestique (9,0% en 2024), le reste étant importé principalement du Nigeria (14,5%), des Émirats arabes unis (12,6%) et des Pays-Bas (12,2%).

L’enjeu prioritaire pour le Ghana, qui demeure importateur net de pétrole (balance négative de -2,51 Md USD en 2025), est donc d’augmenter ses capacités de raffinage afin de réduire ses importations. En janvier 2026, l’Autorité nationale du pétrole a indiqué que les deux raffineries du pays (TOR et le chinois Sentuo) pourraient couvrir ensemble 40% à 45% de la demande nationale de carburants.

 

Le Ghana conclut un accord d'investissement de 215 M GBP avec le Royaume-Uni

Lors du Sommet sur l'investissement Ghana-Royaume-Uni à Londres, les deux pays ont signé un Partenariat pour la croissance, définissant un cadre de coopération bilatéral pour 2026-2028, avec des projets d'une valeur totale de 215 M GBP (248 M EUR). L’accord comprend un investissement de 101 M GBP (117 M EUR) pour la construction d’un chantier flottant et d’un centre de réparation navale au port de Takoradi, qui devrait ainsi devenir le premier site de cale sèche à l’échelle commerciale du golfe de Guinée. Pour le Ghana, ce projet constitue une opportunité d’intégrer une part plus importante de la chaîne de valeur du secteur maritime. En effet, bien que le golfe de Guinée concentre une part importante du trafic de conteneurs et des activités énergétiques offshore de l’Afrique de l’Ouest, les navires opérant dans la région doivent majoritairement se rendre à l’étranger pour les opérations de maintenance et de réparation. Cette problématique n’est pas spécifique au Ghana ; peu après le début du conflit au Moyen-Orient, le trafic maritime transitant par le Cap de Bonne-Espérance avait augmenté de 122%. Toutefois, l’Afrique du Sud, faute de modernisation de ses ports, n’a pas réussi à en tirer pleinement profit. Le projet de dock flottant de Takoradi pourrait permettre au Ghana de créer des emplois et de générer des revenus, tout en soutenant les activités pétrolières et gazières offshore.

Au-delà des infrastructures maritimes, cet accord comprend un fonds de reboisement de 85 M GBP (98 M EUR) ainsi qu’un engagement supplémentaire de 9 M GBP (10 M EUR) en faveur de projets de restauration forestière dans la région d'Oti. Sont également prévus 6 M GBP (7 M EUR) pour soutenir la mise en œuvre de la stratégie nationale d'intelligence artificielle et 4 M GBP (5 M EUR) destinés à la formation spécialisée en génie clinique. Ces investissements s’inscrivent dans la stratégie du Ghana de diversifier son économie, du statut d’exportateur de matières premières (or, cacao, pétrole) vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée tels que les infrastructures logistiques, l’innovation numérique et les services industriels.

 

85% du budget 2026 du ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture déjà décaissé

Le ministère des Finances a versé depuis le début de l'année 1,677 Md GHS (121 M EUR) au ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture, ce qui représente 85% de son budget pour 2026. Ces fonds visent à renforcer la souveraineté alimentaire du pays et à employer une part importante de la population active jeune du Ghana (le taux de chômage des jeunes âgés de 20 à 24 ans s'élève à 36,6%, soit plus du double du taux national de 14,7%). À cet effet, 581 M GHS (42 M EUR) seront consacrés à la mise en place de 50 centres de services agricoles afin de soutenir la mécanisation, tandis que 110 M GHS (8 M EUR) seront investis dans des projets d’infrastructures d’irrigation à travers le pays. Par ailleurs, 515 M GHS (37 M EUR) seront alloués à la fourniture d’engrais et de semences certifiées aux agriculteurs, 244 M GHS (18 M EUR) au projet avicole Nkoko Nkitinkiti (“de la ferme à l’assiette”) et 200 M GHS (14 M EUR) seront injectés via la Société nationale des stocks alimentaires de réserve pour améliorer la distribution et la commercialisation des produits agricoles. Le ministère des Finances a indiqué qu'un système de suivi numérique était en cours de mise en place afin de contrôler le versement et l'utilisation de ces fonds dans le but de réduire les risques de détournement et de renforcer la transparence.