Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 11 mai 2026
Les Présidents Tinubu et Mahama présents au Sommet Africa Forward ; La Banque mondiale lance sa stratégie de santé pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale ; L’inflation augmente en avril à 15,7% ; LeNigeria introduit en bourse 47 Md NGN d’obligations vertes ; Le gouvernement fédéral approuve le lancement d’un fonds national pour la recherche et l'innovation ; Fitch relève la note souveraine du Ghana de B- à B ; Promulgation de la loi sur la création du Bureau de l’optimisation des ressources.
LE CHIFFRE À RETENIR
7,7%
C’est la croissance économique mensuelle en février 2026 au Ghana.
Nigeria et Ghana
Les Présidents Tinubu et Mahama présents au Sommet Africa Forward à Nairobi
Les Présidents nigérian et ghanéen, Bola Tinubu et John Mahama, étaient présents à Nairobi à l’occasion du Sommet Africa Forward, co-organisé par la France et le Kenya les 11 et 12 mai.
Le Sommet « Africa Forward : des partenariats entre l’Afrique et la France pour l’innovation et la croissance » était l’occasion de marquer le renouvellement en actes des relations de la France avec les pays africains et leurs différentes composantes sur le plan politique, économique et culturel.
Parmi les principales annonces figure la signature d’une lettre d’intention entre Accor et Shoreline Group visant à créer la première plateforme hôtelière nationale du Nigeria. Le projet prévoit un investissement de 300 MUSD pour développer 10 hôtels dans 8 villes nigérianes d’ici 2030, ainsi que la création d’une académie de formation aux métiers de l’hôtellerie.
Le Président Tinubu s’est exprimé sur la volonté du Nigeria de renforcer les partenariats africains tout en plaidant pour la réforme de l’architecture financière internationale. Les taux de financement élevés et le niveau important du service de la dette pour les pays du continent représentent de fortes contraintes, alors que ces fonds pourraient être davantage mobilisés pour accompagner l’industrialisation et le développement économique afin de sortir d’un modèle de rente fondé sur l’exportation de matières premières. Il a par ailleurs mis en avant le potentiel du Nigeria en matière d’économie bleue, tout en appelant à davantage d’investissements pour soutenir la modernisation des infrastructures portuaires et la transition numérique et écologique du secteur.
Le Président Mahama s’est également exprimé sur la réforme de l’architecture financière internationale en sa qualité de représentant désigné par l’Union africaine pour les institutions financières africaines. Les discussions ont porté sur les enjeux de transition énergétique et écologique et sur le renforcement des institutions financières africaines.
La Banque mondiale lance sa stratégie de santé pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale
La Banque mondiale a lancé le 4 mai à Accra sa stratégie de santé pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale « En bonne santé pour prospérer », une feuille de route pilotée par les pays et fondée sur le principe de la souveraineté sanitaire. Cette stratégie contribue à l’ambition régionale de la Banque mondiale d’aider les pays à fournir des services de santé de qualité et abordables à 200 millions de personnes d’ici 2030. L’accent a été mis sur les co-bénéfices économiques permis par l’investissement dans la santé, notamment le potentiel de création de plus de 2 millions d’emplois pour remédier à la pénurie de personnel de santé.
Au lendemain de cette déclaration, l'Autorité nationale d'assurance maladie du Ghana (NHIA) a organisé une table ronde pour mettre en place le Pacte national ghanéen pour la santé, devenant ainsi l'un des premiers pays à mettre en œuvre cette nouvelle approche de financement, les premiers pactes ayant été annoncés en décembre 2025.
Le portefeuille régional de la Banque mondiale dans le domaine de la santé comprend actuellement 24 opérations actives dans plus de 20 pays, avec des engagements d’environ 4,4 Md USD et un cofinancement supplémentaire de 340 M USD des États-Unis.
Nigeria
L’inflation augmente de nouveau en avril, à 15,7%
Le Nigeria enregistre 15,7% d’inflation en avril en glissement annuel, de nouveau en augmentation après un rebond à 15,4% en mars, alors qu’elle s’était établie à 15,1% en janvier et février.
Tirée par l’augmentation des prix de l’énergie et leur répercussion sur l’ensemble de l’économie, conséquence du conflit au Moyen-Orient, l’inflation est ainsi en augmentation pour un deuxième mois consécutif après un cycle de désinflation continu initié en mars 2025.
L’inflation d’un mois à l’autre s’est établie à 2,1% en avril, après un pic à 4,2% en mars, taux le plus élevé enregistré en 15 ans.
L’augmentation des prix de l’énergie (15,1% par rapport à février) s’est notamment répercutée sur les prix alimentaires en renchérissant les coûts d’approvisionnement et de transports. L’inflation alimentaire, principal moteur de l’inflation historiquement, s’est ainsi établie à 16,1% en avril en glissement annuel, après 14,2% en mars et 12,1% en février. L’inflation sous-jacente est par contre en légère baisse, à 15,9% après 16,2% en mars et 15,9% en février.
Le Comité de politique monétaire de la Banque centrale du Nigeria doit se réunir les 19 et 20 mai. Le renchérissement de l’inflation devrait a minima freiner le cycle de desserrement monétaire engagé en septembre 2025.
Évolution de l’inflation en glissement annuel au Nigeria depuis 2023
Source : National Bureau of Statistics NBS
Clef de lecture : L’inflation du Nigeria s’élève à 15,7% en avril 2026 (courbe bleu foncé), l’inflation alimentaire à 16,1% (courbe bleue) et l’inflation sous-jacente à 15,9% (courbe bleu clair). Le taux directeur de la CBN (pointillé noir) a été abaissé à 26,5% en février. Le corridor monétaire a été ajusté en novembre à -450/+50pts (aire bleu clair).
Introduction en bourse de 47 Md NGN d’obligations souveraines vertes
Ces obligations sont issues de la troisième émission d’obligations vertes du Nigeria, datant de juin 2025, arrivant à échéance en juin 2030 pour un coupon de 18,95%. La cotation en bourse permettra de renforcer la liquidité du marché obligataire vert nigérian en améliorant la visibilité et l’accès aux titres tout en consolidant la transparence des prix.
Lancement d’un fonds national pour la recherche et le développement de l'innovation
Ce fonds a pour objectif d'améliorer la coordination entre les universités, les instituts de recherche, l'industrie et le gouvernement afin de soutenir les priorités nationales en matière de développement. Le NRIDF financera des bourses de recherche compétitives, des infrastructures d'innovation, la commercialisation des découvertes scientifiques et le développement des compétences dans des domaines scientifiques et technologiques stratégiques.
Cette réforme intervient alors que le système de recherche nigérian continue de faire face à d'importants défis de financement. Selon Science Granting Councils Initiative (SGCI), le pays ne consacre que 0,13% de son PIB à la recherche et au développement, un chiffre inférieur à l'objectif de 1% fixé par l'Union africaine.
Ghana
Fitch relève la notation souveraine du Ghana de B- à B
L'agence Fitch Ratings a relevé la note de défaut d’émetteur à long terme en devises étrangères (LTFC) du Ghana de « B- » à « B ». La perspective du Ghana est également passée de « stable » à « positive ».
L’agence a expliqué cette révision par la forte baisse du ratio dette publique/PIB, soutenue par une croissance robuste du PIB réel, d'importants efforts de consolidation budgétaire, une appréciation de la monnaie et une augmentation marquée des réserves internationales. La perspective positive reflète quant à elle l’anticipation par l’agence de prix de l’or durablement élevés, d’excédents courants encore importants, d’une poursuite de la consolidation budgétaire, d’une amélioration des réserves internationales, d’une croissance réelle solide et d’un environnement de financement devenu plus favorable. L’agence suppose que la bonne tenue du secteur aurifère, y compris la formalisation accrue de l’orpaillage à petite échelle, continuera de soutenir la balance des paiements et l’accumulation de réserves.
À partir de ces hypothèses, Fitch projette les évolutions chiffrées suivantes. Le ratio de dette publique devrait continuer à baisser pour atteindre 46% du PIB en 2027, contre une médiane de 51% pour la catégorie « B » de Fitch. Les réserves internationales non gagées devraient monter à 4,8 mois de paiements extérieurs courants en 2027, après être passées à 3,6 mois fin 2025. L’excédent du compte courant devrait rester élevé en 2026, puis se réduire en 2027 tout en demeurant excédentaire. Sur le plan budgétaire, Fitch anticipe la tenue de l’objectif d’excédent primaire de 1,5% du PIB en 2026 et 2027, après un record de 2,9% en 2025. Le ratio intérêts/recettes devrait rester élevé, autour de 20 % jusqu’en 2027, contre une médiane de 14% pour le groupe « B » en 2027. Les obligations de service de la dette, hors dette de court terme, devraient atteindre 6,8% du PIB en 2027, après 4,6% en 2025 (début de l’amortissement de la deuxième plus importante euro-obligation émise en 2024 et des obligations du Programme d'échange de la dette intérieure : DDEP). L’inflation, tombée à 3,2% sur un an en mars 2026 puis remontée à 3,4% en avril 2026, resterait sur une trajectoire globalement baissière en moyenne annuelle sur 2026 et 2027, avant une légère remontée en fin de période. Enfin, la croissance réelle du PIB devrait rester solide, avec une moyenne d’environ 5% jusqu’en 2027.
La décision de Fitch fait suite à des actions similaires entreprises par ses pairs Moody's et S&P, qui ont également pris des mesures positives concernant la notation souveraine du Ghana, citant sa consolidation budgétaire.
Évolution de la notation souveraine du Ghana des agences Moody’s, Fitch Ratings et S&P
Sources : Moody’s, S&P, Fitch Ratings.
Clef de lecture : la note de crédit du Ghana par Fitch Ratings s’établit à B/Positif en mai 2026 (courbe rouge, échelle de gauche), celle de S&P à B-/Stable (courbe verte, échelle de gauche), et celle de Moody’s à Caa1/Positive (courbe bleue, échelle de droite). Notations à long terme en devises. Les perspectives positives/négatives sont affichées avec un ajustement de +/-0,33 point. La veille de crédit positive/négative est représentée avec un ajustement de +/- 0,67 point.
Promulgation de la loi sur la création du Bureau de l’optimisation des ressources
Le Président Mahama a promulgué la loi créant le Bureau de l’optimisation des ressources (Value for Money Office). Ce nouvel organisme sera chargé de la délivrance de certificats de rapport coût-efficacité pour les grands contrats publics, du suivi de la conformité et de l’application de sanctions le cas échéant afin de lutter contre les contrats surévalués, les dépassements de coûts, les projets abandonnés et les dépenses publiques inefficaces.
À l’issue de la signature, le ministre des Finances a souligné que le bureau serait opérationnel à partir de janvier 2027. Il a également précisé que tous les marchés de gré à gré (single-source procurement) seraient désormais soumis à l'examen du Value for Money Office, une mesure de contrôle plus stricte que la formulation générale du projet de loi initial qui se référait aux « contrats majeurs ».
Le Président a promulgué par la même occasion deux autres lois. La première, la loi sur le Conseil consultatif de gouvernance, établit un organisme indépendant chargé de renforcer la responsabilité publique et de lutter contre la corruption. La seconde, la loi sur l'enseignement juridique, introduit un conseil chargé de réglementer la formation juridique professionnelle et de mettre fin au monopole de l’École de droit du Ghana dans ce domaine.