Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 4 mai 2026
Lancement de Bercy décode ; Lancement de la Nigeria Aircraft Leasing Company et MoU avec Airbus ; La NNPC signe un MoU pour relancer ses raffineries ; Approbation de 3 projets ferroviaires ; Relabellisation de la French Tech Lagos 2026-2028 ; Webinaire d’Africa Forward sur les écosystèmes d’affaires franco-nigérians ; 1er rebond pour l’inflation à 3,4% en avril 2026 ; La Banque du Ghana enregistre des pertes en 2025 ; Association Ghana-Rwanda-Zambie pour l’intégration numérique et financière.
LE CHIFFRE À RETENIR
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Actualité DG Trésor
Lancement de Bercy décode
Face à la multiplication des fausses informations, les ministères économiques et financiers mettent en place un nouveau portail d’information intitulé « Bercy décode ». Ce dispositif a pour objectif de permettre au public d’accéder à des données et dispositifs publics fiables, vérifiables et transparentes. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de clarification et de pédagogie de l’action publique, afin de renforcer la qualité du débat public et le respect du pluralisme des opinions.
Nigeria
Pour soutenir la création de la Nigeria Aircraft Leasing Company, le ministre de l’Aviation signe un MoU avec Airbus
Le Conseil exécutif fédéral a approuvé la création de la Nigeria Aircraft Leasing Company en mai 2026. Cette société doit prendre la forme d’un SPV, entièrement financé par des fonds privés et géré selon des principes commerciaux. Le gouvernement fédéral soutiendra la société en fournissant notamment des garanties souveraines aux bailleurs et fabricants d’avions afin de faciliter l'acquisition ou la location d'avions pour les compagnies aériennes locales. La Nigeria Aircraft leasing Company doit donc servir d’intermédiaire pour le développement de la flotte aérienne du Nigeria qui devrait tripler d’ici 2044.
Cette approbation a précédé de quelques jours la visite du ministre de l'Aviation à Toulouse et Marignane dans les locaux d’Airbus, du 4 au 6 mai, durant laquelle un MoU a été signé entre le ministère et le groupe européen. Selon le ministre Keyamo, cet accord prévoit qu’Airbus contribuera à l’expansion de la flotte aérienne du Nigeria, fournira des conseils pour les opérations de vols, de maintenance et de réparation, et appuiera la formation des pilotes et des ingénieurs nigérians.
La NNPC signe un MoU avec deux entreprises chinoises pour relancer les raffineries de Warri et de Port-Harcourt
Une telle coopération couvrirait l'achèvement des travaux en cours dans les deux raffineries, ainsi que l'exploitation et la maintenance des deux installations
Le Conseil exécutif fédéral a approuvé trois grands projets ferroviaires
Renouvellement du label de la Communauté French Tech Lagos pour la période 2026-2028
La Communauté French Tech Lagos a obtenu le renouvellement de son label en tant que membre du réseau international de la Mission French Tech pour la période 2026-2028. Il s’agit de la deuxième labellisation consécutive de la communauté, qui regroupe plus de 600 entrepreneurs français ou francophiles bénévoles, témoignant du dynamisme croissant de l’écosystème technologique de Lagos.
À travers cette reconnaissance, French Tech Lagos poursuit sa mission de renforcer les liens entre les écosystèmes français et nigérian, en soutenant les entrepreneurs, startups et acteurs de l’innovation, et en favorisant les coopérations économiques et technologiques entre la France et le Nigeria. Pour en savoir plus sur la communauté French Tech Lagos et suivre ses actualités et initiatives : abonnez-vous à son compte LinkedIn.
Webinaire d’Africa Forward sur les écosystèmes d’affaires franco-nigérians
L’Ambassade de France au Nigeria et son service économique régional, en partenariat avec Bpifrance, ont coorganisé un webinaire d'Africa Forward, consacré au renforcement du dialogue entre les écosystèmes entrepreneuriaux français et nigérian. Les témoignages de plusieurs acteurs des secteurs de la tech et de l’agrobusiness, parmi lesquels Claire Lavielle (French Tech Lagos Community), Déborah Gael (Koolboks) et Olawale Rotimi (JR Farms Group), ont permis d’apporter un éclairage sur les enjeux d’accès aux marchés français et nigérians, l’implantation des entreprises et les opportunités de croissance entre la France et le Nigeria. Les échanges ont permis de partager des retours d’expérience inspirants et concrets, de mettre en lumière le dynamisme des deux scènes entrepreneuriales et d’identifier de nouvelles perspectives de partenariats et de développement entre les deux pays. La rediffusion est accessible aux membres de la communauté Africa Forward, dont l’inscription est gratuite.
Ghana
Premier rebond pour l’inflation, à 3,4% en avril 2026
L’inflation en glissement annuel (g.a.) au Ghana a atteint 3,4% en avril 2026, après 3,2% en mars 2026. Elle demeure néanmoins en forte baisse par rapport à avril 2025, où elle s’établissait à 21,2 %, soit un repli de 17,8 points de pourcentage sur un an. Première hausse depuis décembre 2024, elle pourrait amorcer un rapprochement vers la cible d’inflation de la Banque du Ghana, à 8 ± 2%.
L’inflation au Ghana depuis 2025 (en %)
Source : Banque du Ghana
Clé de lecture : Depuis décembre 2024, l’inflation en g.a. (courbe rouge) était en baisse continue, jusqu’en avril 2026. L’inflation en g.m. (courbe bleue) d’avril 2026 est la plus élevée depuis février 2025.
A court terme, l’inflation en g.m. révèle l'apparition de pressions croissantes, possiblement liées à la crise au Moyen-Orient. Entre mars et avril 2026, l’indice des prix à la consommation (IPC) a augmenté de 1%, soit la hausse la plus marquée depuis un an. Cette dynamique semble surtout portée par les prix importés, dont l’inflation est plus de 2 fois supérieure à celle des produits locaux (respectivement 1,5% contre 0,7%). Au niveau sectoriel, les transports enregistrent la plus forte hausse mensuelle, à 3,5%, loin devant le deuxième poste, la restauration et les services, à 1,1%. Ces données confirment les analyses partagées notamment par le FMI et la Banque mondiale qui placent l’énergie, via l’importation de produits pétroliers raffinés, comme premier canal de transmission de la crise.
En termes d’inflation annuelle, l'inflation alimentaire a diminué à 2,2% en avril 2026, après 2,3% en mars 2026, tandis que l’inflation hors produits alimentaires a augmenté à 4,2% en avril, après 3,9% en mars.
L’inflation des biens est passée de 1,7% en mars 2026 à 1,1% en avril 2026 et l’inflation des services a augmenté de 7,2% en mars à 9,6% en avril.
Enfin, les données du Service statistique du Ghana font état de disparités régionales persistantes : l'inflation en g.a. s’étend de -3,5% dans la région Savannah à 9,5% dans la région Nord-Est. L'offre locale, les coûts de transport et l'accès au marché pourraient être à l'origine de ces écarts.
La Banque du Ghana enregistre des pertes en 2025
La Banque du Ghana (BoG) a publié ses états financiers pour 2025. La BoG enregistre en 2025 une perte d’exploitation de 15,63 Md GHS (1,1 Md EUR) et une perte de 19,32 Md GHS (1,4 Md EUR) au titre des autres éléments du résultat global (AER). Elle présente ces pertes comme le coût du redressement macroéconomique observé en 2025 : baisse de l’inflation (de 23,8% fin 2024 à 5,4% fin 2025) et stabilisation de la monnaie.
Comme en 2024, les pertes d'exploitation sont principalement dues aux coûts des opérations d’open market et au programme d'achat d'or domestique (DGPP). Lors des opérations d'open market, la BoG émet des bons, souscrits en cedis, qu’elle cède aux banques afin d’absorber une partie de leur liquidité. En contrepartie, celles-ci perçoivent des intérêts, constituant un coût pour la BoG. Ces opérations ont représenté 93,6 Md GHS (6,6 Md EUR) en 2025, près du triple du niveau de 2024. Les intérêts à verser devraient continuer de peser sur son bilan en 2026 et 2027 mais le coût de ses opérations devrait diminuer avec la baisse du taux directeur. Le DGPP a quant à lui contribué aux pertes d’exploitation, principalement via l'écart de change entre le cours utilisé pour l'achat d'or artisanal et à petite échelle, et le taux de change interbancaire auquel l'or est valorisé dans le bilan.
Les autres pertes (AER) proviennent principalement de l’appréciation du cedi, qui a entraîné des pertes de change et de réévaluation de 23,6 Md GHS (1,7 Md EUR) sur les avoirs libellés en devises (or, droits de tirage spéciaux et titres étrangers). Il s’agit d’un effet de conversion : exprimées en dollars, les réserves internationales brutes ont au contraire augmenté, passant de 9,11 Md USD fin 2024 à 13,83 Md USD fin 2025.
Par ailleurs, en mai 2025, la Banque a révisé à la hausse le cadre du ratio de réserves obligatoires non rémunérées, une autre manière pour la BoG de continuer à inciter les banques à développer les prêts au secteur privé.
En parallèle, le gouvernement et la BoG travaillent à un plan de recapitalisation.
Enfin, la BoG compte sur la transition vers la Politique nationale d'accumulation accélérée des réserves du Ghana (GANRAP) pour modérer le coût de l'accumulation des réserves. Grâce à la GANRAP, entrée en vigueur en avril 2026, elle ne sera plus chargée que de la gestion des réserves. Le rôle opérationnel d'acquisition et les coûts associés incombe désormais au Conseil de l'or du Ghana (GoldBod), créé en 2025. Afin de soutenir la mise en œuvre de la GANRAP, le gouvernent a réuni cette semaine les dirigeants des grandes compagnies minières du Ghana pour s’assurer de leur participation.
L’année 2025 a également été marquée par le rééquilibrage de la structure des réserves de la BoG. Alors que les réserves en or avaient fortement augmenté depuis 2021, sous l’effet combiné des achats réalisés dans le cadre du DGPP et de la hausse des cours (+ 62% entre janvier et octobre 2025), l’or représentait plus de 40% des réserves internationales brutes en octobre 2025, contre une référence internationale d’environ 20%. La BoG a ainsi procédé à la vente à un prix spot de 22,24 tonnes d’or (3,02 Md USD), réalisant un bénéfice et une réallocation de ses réserves.
Le Ghana s’associe au Rwanda et à la Zambie en faveur de l’intégration numérique et financière
Lors du sommet 3i Africa (Innovation, Investment and Impact) à Accra, le Ghana a annoncé s’associer au Rwanda, à la Zambie et à d’autres pays africains pour lancer un "corridor continental de commerce numérique". Ce projet pilote s’inscrit dans la volonté du pays de devenir un acteur central de l’intégration financière du continent, en réduisant les coûts, les délais et les dépendances aux systèmes de paiement situés hors d’Afrique. Cette initiative se concentrera sur l'interopérabilité de l'argent mobile, la reconnaissance mutuelle de l'identité numérique pour l’échange d’information international et la facturation électronique harmonisée.
Le gouverneur de la Banque du Ghana a rappelé ses précédents travaux sur les actifs virtuels, le crédit numérique, le système bancaire ouvert (ouverture de l’accès aux données bancaires à d’autres acteurs que les seuls établissements de crédit) et la fintech transfrontalière. De son côté, l’organisme des Systèmes interbancaires de paiement et de règlement du Ghana (GhIPSS) modernise actuellement l’infrastructure de paiement ghanéenne en adoptant le standard ISO 20022, afin de renforcer l’interopérabilité internationale.