Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Make it Here, Make it Great 

« Investing at home, or Direct Domestic Investment, is no longer an option, it is a priority ». C’est par ces mots que Sultan Al Jaber, ministre de l'Industrie et des Technologies avancées et directeur général d'ADNOC, a ouvert le 4 mai 2026 la cinquième édition du forum Make it in the Emirates. Il précisait que cet effort constituait « un investissement dans notre stabilité, notre souveraineté économique, et le futur des générations à venir ». Cette formule programmatique résume une orientation stratégique dont les dernières semaines ont fourni des preuves concrètes. Elle révèle une nouvelle dynamique qui se profile dans le paysage émirien, celle d'une souveraineté économique revendiquée, assumée et désormais institutionnalisée sur tous les fronts simultanément. Un message dont la portée a symboliquement été renforcée par la présence du président des EAU au salon, Mohammed ben Zayed (MBZ), venu en personne marquer son engagement. Un geste fort, qui transforme cette priorité en cause nationale, portée au plus haut sommet de l’État.

Le retrait des EAU de l’OPEP et de l’OPEP+ le 1er mai 2026 constitue un premier signe révélateur de cette orientation. Sous l'OPEP+, les Émirats produisaient environ 3,4 mbpj, soit 30 % en deçà de leur capacité installée de 4,85 mbpj (+40 % par rapport à 2020). ADNOC cible aujourd’hui 5 mbpj d'ici 2027, un objectif structurellement incompatible avec les quotas conçus autour de la préférence saoudienne pour la défense des prix plutôt que des volumes. La fermeture du détroit d'Ormuz a simplement précipité une rupture qui couvait de longue date. Bien qu’à court terme, l’effet de marché reste limité, à moyen terme, les EAU entendent réconcilier eux-mêmes leurs objectifs de diversification économique et de fournisseur énergétique.

Cette souveraineté énergétique repose également sur la capacité à acheminer les flux en dehors des points de vulnérabilité régionaux. L’intérêt renouvelé pour Fujairah doit être lu dans ce cadre. Déjà stratégique du fait de sa position hors du détroit d’Ormuz et de son rôle dans les exportations de Murban (pétrole brut émirien) via l’oléoduc Habshan-Fujairah, l’émirat pourrait devenir un troisième pilier portuaire national, aux côtés du port de Jebel Ali (Dubaï) et d’Abu Dhabi Ports. Dans un environnement régional marqué par les tensions maritimes, et alors que 90 % du commerce maritime émirien passe par Ormuz, l’enjeu devient aussi logistique et énergétique. Renforcer Fujairah revient à accroître la profondeur stratégique du pays, en diversifiant ses points de sortie et de transbordement et ses capacités de stockage.

Récemment, la mesure la plus révélatrice de cette dynamique reste la refonte du programme In-Country Value. Ce programme, qui mesure la contribution économique locale des entreprises, conditionne leur accès à une partie croissante de la commande publique et parapublique. Désormais bien plus qu’un cadre incitatif, il devient un critère structurant d’accès aux marchés des entités fédérales et des grandes entreprises à participation publique. Depuis son lancement, le programme aurait déjà redirigé plus de 473 Md AED vers l’économie nationale, tandis que les autorités émiriennes prévoient de porter les opportunités d’achats industriels de 168 Md AED à 180 Md AED sur la prochaine décennie et de localiser environ 5 000 produits dans des secteurs jugés stratégiques. Pour un groupe comme ADNOC, qui a présenté plus de 200 Md AED de projets sur les deux prochaines années dans le cadre de Make it with ADNOC, cette logique devient déterminante. La compétitivité prix ne suffit plus si elle ne s’accompagne pas d’une capacité à produire, sourcer ou investir localement.  Cette exigence est renforcée par la création récente du Industrial National Resilience Fund, doté d’un capital d’1 Md d’AED, conçu pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement et renforcer la capacité industrielle locale. En rendant le programme ICV plus contraignant, les autorités incitent mécaniquement les acteurs étrangers à relocaliser une part croissante de leur chaîne de valeur sur le territoire national. C’est, en pratique, une politique de localisation industrielle, sans en porter le nom.

La logistique constitue un autre pilier essentiel de cette stratégie de souveraineté. Au-delà des infrastructures portuaires, les Émirats investissent massivement dans le développement de nouvelles plateformes aéroportuaires, terrestres et ferroviaires. Au cœur de cette dynamique, Etihad Rail, opérateur fédéral, poursuit le déploiement de son réseau national d’environ 900 km reliant les principaux hubs industriels, logistiques et portuaires du pays, de la frontière saoudienne jusqu’à Fujairah sur la côte Est. Mis en service pour le fret depuis 2023, le réseau est en phase de montée en charge et transporte déjà des volumes significatifs de marchandises industrielles (granulats, soufre, hydrocarbures et conteneurs), estimés à plusieurs dizaines de millions de tonnes en 2024 et 2025. L’objectif est d’atteindre 60 millions de tonnes par an à l’horizon 2030. Parallèlement, le lancement d’un projet de construction de ligne à grande vitesse, dont les travaux doivent débuter en 2026 et dont le premier tronçon entre Dubaï et Abu Dhabi devrait être mis en service à l’horizon 2030, vise à renforcer la connectivité inter-émirats. Conjuguée à l’expansion de l’aéroport international Al Maktoum de Dubaï (ouverture prévue en 2033) et au développement de nouvelles lignes de métro à Dubaï (dont la Gold Line, attendue en 2032), cette dynamique contribue à la constitution d’un réseau intégré articulant mobilité urbaine, pôles immobiliers, zones d’affaires et corridors nationaux. Elle s’inscrit ainsi dans une logique élargie de souveraineté économique, où la fluidité des flux devient un facteur clé de compétitivité, de sécurité et d’attractivité.

L’enjeu pour les EAU sera désormais de préserver l’efficacité de l’allocation du capital dans un modèle où l’État joue un rôle de plus en plus structurant. Le renforcement des politiques de contenu local, la mobilisation des fonds souverains et l’orientation des grands groupes publics vers les priorités nationales peuvent accélérer la montée en capacité industrielle du pays. Ils comportent toutefois un risque de concentration des ressources autour d’un nombre limité d’acteurs et de secteurs, au détriment de projets potentiellement plus productifs mais moins directement alignés avec les priorités publiques. Cette problématique est d’autant plus importante que le tournant industriel émirien dépendra aussi de sa capacité à générer des gains de productivité et une innovation plus endogène, encore limitée dans un modèle largement fondé sur l’importation de technologies, de compétences et de savoir-faire. La soutenabilité du modèle dépendra donc de sa capacité à maintenir un équilibre entre intervention stratégique, discipline de marché et attractivité pour les capitaux privés. Les annonces récentes sont donc à interpréter comme une volonté de mieux contrôler les conditions de son insertion dans les chaînes de valeur mondiales.

Au total, les annonces récentes traduisent une volonté claire de reprendre le contrôle stratégique du modèle d’ouverture émirien. Les EAU cherchent désormais à sécuriser les conditions matérielles de leur diversification, via la production énergétique, les infrastructures logistiques, la commande publique, le capital national et les capacités industrielles locales. Cette inflexion peut renforcer la résilience du pays dans un environnement mondial plus fragmenté, mais elle soulève aussi une question centrale d’efficacité économique : la souveraineté recherchée produira-t-elle un approfondissement du tissu productif, ou seulement une allocation plus administrée du capital autour de quelques priorités de l’État ?

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

Pétrole et gaz

Brent 7/5/2026 à 14h00 GST : 99,19 USD/Bbl

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Les prix du pétrole ont oscillé cette semaine entre la reprise des attaques iraniennes contre les infrastructures énergétiques du Golfe et les signaux de désescalade liés aux discussions entre Washington et Téhéran. Le début de semaine s’est ouvert sur une hausse des cours après la frappe contre un terminal pétrolier à Fujairah, avant un net reflux à la suite du retrait par Donald Trump de son plan initial d’escorte des navires dans le détroit d’Ormuz. Le Brent, qui avait clôturé lundi à 114 USD/baril, a reculé jusqu’à 98 USD/baril en fin de semaine, signe d’un marché toujours pris en étau entre risque géopolitique immédiat et perspective de normalisation graduelle des flux.

La volatilité des prix reflète d’abord la persistance d’un choc d’offre physique. Depuis le début de la guerre, le Brent reste en hausse de 50 à 60 % en raison de la quasi-paralysie des flux du Golfe persique. Selon les estimations du Trésor américain, le déficit d’approvisionnement mondial lié au conflit atteindrait 8 à 10 mbpj, tandis que plus d’1 550 navires commerciaux restaient bloqués dans le Golfe. Le détroit d’Ormuz demeure le principal nœud de tension. Le trafic commercial y reste très limité, avec seulement quelques transits observés lundi, principalement de navires liés à l’Iran ou à des flux régionaux. L’annonce par Téhéran d’une extension de sa « zone de contrôle » jusqu’aux abords de Fujairah et d’Umm al-Quwain a accru l’incertitude, provoquant déjà le déroutement d’au moins 13 navires.

Graphique 1 – Navires transitant par le détroit d’Ormuz

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Source : Bloomberg

L’attaque contre Fujairah ce lundi, après un mois de cessez-le-feu, marque un seuil supplémentaire dans la régionalisation du risque. Le terminal VTTI, détenu notamment par Vitol et Taqa, a été touché par une attaque aérienne ayant provoqué un incendie dans une zone industrielle pétrolière. Fujairah occupe une place stratégique aux EAU car le port se situe hors du détroit d’Ormuz et constitue l’un des principaux points de sortie alternatifs pour le brut et les produits raffinés émiriens. Cette attaque signifie donc que dans ce contexte, le contournement d’Ormuz ne suffit plus – ce qui renforce mécaniquement la prime de risque à l’ensemble des flux du Golfe.

Sur le plan diplomatique, les États-Unis cherchent à internationaliser la réponse à la fermeture du détroit. Washington a présenté au Conseil de sécurité des Nations unies un projet de résolution appelant l’Iran à cesser ses attaques contre les navires commerciaux, à retirer les mines marines et à garantir la libre circulation dans le détroit. Le texte invoquerait le chapitre VII de la Charte des Nations unies, ouvrant théoriquement la voie à des sanctions ou à l’usage de la force. Ses chances d’adoption restent néanmoins incertaines, la Russie et la Chine ayant déjà bloqué en avril une résolution appelant à coordonner les efforts défensifs dans le détroit. L’équilibre diplomatique entre grandes puissances semble désormais tout aussi important que les capacités navales américaines. 

La décision de l’OPEP+ d’augmenter symboliquement ses quotas de 188 000 b/j en juin a une portée essentiellement politique. L’augmentation effective de l’offre restera conditionnée à la réouverture du détroit et à la reprise des capacités d’avant-guerre. Avec le retrait des EAU de l’OPEP, le pays dispose désormais d’une plus grande flexibilité pour augmenter sa production lorsque les conditions logistiques le permettront. ADNOC prévoit ainsi d’accélérer 55 Md USD de projets entre 2026 et 2028, dans le cadre d’un programme d’investissement de 150 Md USD d’ici 2030. À court terme, l’effet sur l’offre est limité par le blocage d’Ormuz, mais à moyen terme cette décision affaiblit la capacité de coordination de l’OPEP et pourrait accroître la concurrence intra-Golfe.

La crise accélère enfin le retour des politiques de sécurité énergétique dans les économies importatrices. Christine Lagarde a souligné que l’Europe, qui importe environ 60 % de son énergie, doit réduire sa dépendance aux combustibles fossiles importés afin de limiter son exposition aux risques de cette ampleur. L’Australie a annoncé un plan de 10 Md AUD pour renforcer ses réserves de carburant et d’engrais, avec l’objectif de porter les stocks de diesel et de kérosène à 50 jours de consommation. À l’inverse, le Canada bénéficie d’un effet prix favorable, avec un excédent commercial de 1,8 Md CAD en mars, porté par une hausse de 15,6 % des exportations d’énergie et de 18,9 % des exportations de brut.

À ce stade, la baisse des prix observée cette fin de semaine ne traduit pas une normalisation du marché, mais une révision de la probabilité d’un scénario extrême. Tant que le détroit d’Ormuz restera partiellement paralysé et que les infrastructures de contournement, comme Fujairah, pourraient être ciblées, le marché restera exposé à des corrections rapides dans les deux sens. Cette semaine encore, la prime de risque ne dépend plus seulement du volume de barils indisponibles, mais aussi de la capacité des États à sécuriser durablement les routes d’exportation.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

Brèves économiques 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Le déficit budgétaire saoudien atteint 33,5 Md USD au 1er trimestre 2026, son plus haut niveau depuis 2018 — L'Arabie saoudite a enregistré au 1er trimestre un déficit de 125,7 Md SAR (33,5 Md USD), soit plus du double du 4ème trimestre 2025 et déjà supérieur à la prévision annuelle de 17 Md USD communiquée par le ministère des Finances en décembre dernier. Les recettes ont reculé de 1% (recettes pétrolières -3%) tandis que les dépenses bondissaient de 20% à 103 Md USD, tirées par les dépenses économiques (+52%), militaires et d'infrastructure (+26% chacune). Le PIB a parallèlement ralenti à +2,8% en glissement annuel (plus bas niveau depuis mi-2024, contre +5,0% au 4ème trimestre 2025), pénalisé par les dommages aux infrastructures pétrolières et le blocage du détroit d'Ormuz liés au conflit américano-iranien. Pour l'Arabie saoudite, ces chiffres traduisent une équation budgétaire en recomposition : le royaume maintient à plein régime ses dépenses Vision 2030 et absorbe en parallèle le surcoût militaire lié au conflit, tout en composant avec une base de recettes pétrolières fragilisée par les perturbations sur Ormuz. Le matelas des prix élevés du brut et le reroutage des exportations via la mer Rouge offrent une marge d'amortissement à court terme, mais l'écart entre la trajectoire effective du T1 et la prévision annuelle établie en décembre dessine un profil budgétaire 2026 sensiblement différent de celui anticipé par le ministère des Finances.

Les banques saoudiennes affichent un bénéfice trimestriel record de 6,4 Md USD au 1er trimestre 2026 — Les 10 banques cotées du royaume ont enregistré un bénéfice net combiné de 6,4 Md USD (23,95 Md SAR) au 1er trimestre, en hausse de 7,6% en glissement annuel et de 1,26% par rapport au 4ème trimestre 2025, porté principalement par Al Rajhi Bank (+14,3%, plus forte progression du secteur), Saudi National Bank (+6,66%) et Riyad Bank (+5,1%). Les analystes identifient quatre moteurs structurels : des taux d'intérêt élevés soutenant les marges, la croissance du crédit hypothécaire et corporate liée aux mégaprojets (Neom en tête), l'amélioration de la qualité des actifs, et les dépenses publiques Vision 2030 qui génèrent un flux continu d'opportunités de financement. Pour l'Arabie saoudite, ces résultats illustrent un contraste marquant avec la dégradation des comptes publics : alors que l'État accuse un déficit record de 33,5 Md USD sur le même trimestre, le secteur bancaire profite directement du choc — l'envolée des dépenses publiques alimente la demande de crédit, et les taux élevés maintenus dans un contexte d'incertitude géopolitique élargissent les marges. Le secteur pourrait franchir le cap des 100 Md SAR (environ 26,7 Md USD) de bénéfices sur l'ensemble de 2026, contre 95 Md SAR en 2025.

Energie, Transports & Industrie

Cinq consortiums se positionnent pour le partenariat public-privé du train à grande vitesse de Qiddiya — La Commission royale pour la ville de Riyad, Qiddiya Investment Company (QIC) et le Centre national pour la privatisation et les partenariats public-privé ont reçu le 30 avril les dossiers de présélection pour le contrat en partenariat public-privé du projet ferroviaire à grande vitesse de Qiddiya (Q-Express) à Riyad. Cinq groupements se sont déclarés candidats, dont trois incluent des entreprises françaises : un consortium piloté financièrement par Macquarie et incluant Keolis, un autre autour de Plenary/Siemens avec Freyssinet, et un troisième mené par Mada International avec Alstom — les deux autres consortiums comprenant respectivement Vision Invest (avec le chinois CRRC) et Lamar Holding (avec l'espagnol Talgo), entre autres. Le français Egis est par ailleurs déjà désigné comme conseiller technique du projet, aux côtés d'Ernst & Young (conseiller transactionnel) et d'Ashurst (conseiller juridique). Pour l'Arabie saoudite, ce projet de 84 km reliera en 30 minutes l'aéroport international King Salman et le quartier financier King Abdullah au cœur de Riyad à la ville de Qiddiya, à une vitesse de 250 km/h, en desservant cinq gares — confirmant la montée en puissance de Qiddiya comme pôle de divertissement et de loisirs majeur du royaume, et la volonté de structurer un réseau ferroviaire moderne autour de la capitale.

Nouvelle date limite au 2 juin pour le tronçon de Riyad du Saudi Landbridge — La Saudi Arabia Railways (SAR) a fixé au 2 juin la nouvelle date limite de remise des offres pour un contrat de conception-construction du Riyadh Rail Link, une nouvelle ligne ferroviaire de 35 km à double voie traversant Riyad du nord au sud, qui reliera le réseau ferroviaire Nord-Sud au réseau Est. L'appel d'offres avait été lancé le 29 janvier avec une première date limite fixée au 29 avril, et le contrat couvre également la fourniture et l'installation des infrastructures associées (viaducs, ouvrages de génie civil, réseaux, systèmes de signalisation). Pour l'Arabie saoudite, ce tronçon constituera un maillon clé du Saudi Landbridge, mégaprojet ferroviaire de 26,6 Md USD et plus de 1 500 km de nouvelles voies — incluant notamment une ligne de 900 km entre Riyad et Djeddah pour relier la capitale au port de King Abdullah sur la mer Rouge — que la SAR a décidé en janvier de relancer selon un « nouveau mécanisme » et en plusieurs phases d'ici 2034, après l'échec des négociations avec un consortium chinois qui ne respectait pas les exigences de contenu local. Annoncé dès 2004 puis suspendu et relancé à plusieurs reprises en raison de désaccords sur les tracés, les droits de passage et les coûts, le Saudi Landbridge reste l'un des programmes ferroviaires les plus attendus du royaume.

L'Arabie repousse au 30 juin la date limite des offres pour quatre projets solaires (7ème tour du NREP) — La société saoudienne d'achat d'électricité (SPPC) a prolongé de deux mois la date limite initiale du 30 avril pour quatre projets solaires lancés dans le cadre du 7ème tour d'appels d'offres du programme national des énergies renouvelables (NREP) : Tabjal 2 (1 400 MW), Mawqqaq (600 MW), Tathleeth (600 MW) et South Al-Ula (500 MW), soit 3 100 MW cumulés sur les 5 300 MW de ce 7ème tour (les projets éoliens de Bilgah et Shagra, également inclus dans ce tour, restent dus au 14 mai). Pour l'Arabie saoudite, ce report s'inscrit dans une dynamique régionale de décalages — Dubaï a également repoussé un appel d'offres solaire majeur — et concerne 16 développeurs présélectionnés, dont les Français EDF Power Solutions, Engie (via sa filiale Kahrabel) et TotalEnergies Renewables, aux côtés d'acteurs saoudiens, chinois, coréens et japonais, dans le cadre de l'objectif de 50% d'électricité d'origine renouvelable visé à l'horizon 2030.

Aramco signe des accords-cadres avec deux nouveaux groupes de prestataires — Le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco a signé le 30 avril à Dhahran des accords long terme (5 ans, prolongeables de 3 ans) avec deux groupes d'entreprises sélectionnées : 11 firmes pour le conseil en gestion de projet et services d'ingénierie, et 18 entreprises pour les travaux de modification et d'extension d'installations existantes, répartis sur 7 zones géographiques de la Province Orientale et de Shaybah. Technip Energies est la seule entreprise française retenue, présente dans les deux groupes, aux côtés notamment des Américains Fluor et KBR, des Espagnols Tecnicas Reunidas, ou encore des Chinois Sinopec, pour les travaux. Pour l'Arabie saoudite, ces accords sécurisent jusqu'à 8 ans de capacités d'ingénierie pour moderniser et étendre les sites pétroliers et gaziers déjà en exploitation — un signal clair qu'Aramco privilégie désormais l'optimisation de son parc existant plutôt que la construction de nouveaux sites.

Humain lance un appel d'offres pour l'infrastructure de son méga-campus de centres de données IA de 6 GW — La société saoudienne d'infrastructures d'IA Humain, détenue par le fonds souverain PIF, a fixé au 8 mai la date limite de remise des offres pour le développement des infrastructures de son futur campus hyperscale dédié à l'IA, d'une capacité de 6 GW, sur un site de 24 km² à l'est de Riyad — incluant réseau électrique haute tension, deux postes de transformation, réseaux d'eau et d'assainissement, voiries et réseaux télécoms, livré en deux phases sur six lots de 1 GW chacun. Le maître d'ouvrage est conseillé par le canadien Hatch, le français Egis et l'américain JLL. Pour l'Arabie saoudite, ce projet confirme la montée en puissance de Humain — lancé en mai dernier par le PIF pour couvrir toute la chaîne de valeur de l'IA (centres de données, cloud, modèles dont Allam) — après ses accords pluri-milliardaires signés en 2025 avec les américains AMD (jusqu'à 10 Md USD, 500 MW de capacité de calcul) et Nvidia, et l'entrée minoritaire annoncée de Saudi Aramco au capital aux côtés du PIF.

RTCC remporte un contrat de 195 M USD pour le quartier administratif de Diriyah — Diriyah Company a attribué à l'entreprise saoudienne Al-Rashid Trading & Contracting Company (RTCC) un contrat estimé à 730 M SAR (195 M USD) pour la construction des bâtiments administratifs et de services publics du quartier civique, comprenant des bureaux, une poste, un poste de défense civile, un poste de police, le centre des opérations de Diriyah et un poste de police de la circulation, après une remise des offres en décembre dernier. Pour l'Arabie saoudite, cette attribution s'inscrit dans une cadence soutenue de contrats attribués sur le mégaprojet Diriyah — après les 490 M USD du musée d'art contemporain SAMoCA confiés au groupement Hassan Allam (Égypte) / Albawani (Arabie saoudite), les 666 M USD du complexe Pendry en mars et les 192 M USD de l'hôtel One le mois précédent — confirmant la montée en puissance de ce plan d'aménagement de 14 km² au nord-ouest de Riyad, conçu comme destination touristique culturelle et de loisirs.

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

D’après S&P, le PMI non pétrolier des EAU a reculé à 52,1 en avril 2026 (contre 52,9 en mars et 55 en février, avant la crise), son plus bas niveau depuis février 2021, tout en restant en zone d’expansion. Les nouvelles commandes ont fortement ralenti (52,5 vs 54,5), avec une chute marquée des exportations (baisse la plus marquée hors période Covid depuis 2009), sous l’effet du conflit avec l’Iran. L’activité continue d’augmenter mais à un rythme plus modéré, soutenue par les projets en cours, tandis que la demande reste freinée par des coûts en forte hausse (inflation au plus haut depuis juillet 2024) et des contraintes d’offre. À Dubaï, le PMI baisse encore plus nettement à 51,6 (53,2 en mars), un plus bas de 55 mois, même si les entreprises restent globalement optimistes pour les 12 prochains mois.

Core42, filiale d’infrastructure numérique de G42, a signé comme principal locataire d’un projet de conversion d’immeuble de bureaux en data center à Minneapolis. La société a réservé 20 MW de capacité au 1001 Third Avenue S., un bâtiment du centre-ville déjà partiellement converti par Legacy Investing, où Cogent Communications et Sleep Number Corp. sont également présents. G42, soutenu par Sheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, est déjà implanté en Californie, au Texas et à New York, et cherche à devenir un acteur crédible de l’IA sur le marché américain.

Mubadala a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis malgré la guerre en Iran, indiquant que le marché américain reste la meilleure destination d’investissement en termes de risque/rendement. Selon Waleed Al Mokarrab Al Muhairi, directeur général adjoint du fonds, environ 44 % des actifs de Mubadala sont actuellement déployés aux États-Unis. Le fonds entend rester principalement exposé aux marchés privés américains, avec des opportunités identifiées dans l’intelligence artificielle, la santé et l’énergie. Al Muhairi a également relativisé les inquiétudes autour du private credit, estimant que cette classe d’actifs continuera de croître sous réserve d’une sélection rigoureuse des investissements.

Les Émirats arabes unis ont confirmé discuter avec les États-Unis d’une éventuelle ligne de swap en dollars, présentée comme un accès à un cercle restreint de banques centrales disposant de lignes de liquidité avec la Fed, et non comme un besoin de financement extérieur. Le ministre du Commerce extérieur, Thani Al Zeyoudi, a qualifié le sujet d’« elite matter », en référence aux lignes permanentes dont disposent notamment la BCE, le Royaume-Uni, le Japon, le Canada et la Suisse. Les discussions avaient été confirmées le mois précédent par Donald Trump et le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Reem Finance, société intégrée à Judan Financial, a obtenu une licence de community bank auprès de la Banque centrale des Émirats arabes unis et opérera désormais sous le nom de Reem Bank. La banque numérique ciblera notamment les PME, les fintechs et les portefeuilles numériques. Judan Financial, créée en février par IHC, regroupe des activités de banque, assurance, gestion d’actifs, investissements alternatifs et fintech, dont Chimera Investment, Lunate Capital et International Securities.

ADNOC a annoncé l’accélération de son plan de croissance avec 55 Md USD, de contrats attribués sur la période 2026-2028, couvrant les activités upstream et downstream. Ce montant s’inscrit dans le programme d’investissements de 150 Md USD prévu par le groupe d’ici 2030. L’annonce intervient après la sortie des EAU de l’OPEP le 1er mai 2026 et coïncide avec une réunion de l’OPEP+ sur les quotas de production de juin, au cours de laquelle les principaux membres ont convenu d’une hausse modeste (+138 000) et symbolique de la production.

Energie, Transports & Tech

D’après les autorités de l’aviation civile émirienne, le trafic passager de l’aéroport international de Dubaï s’est établit à 18,6 millions au T1 2026, en baisse de -20,6 % sur un an. Sur le seul mois de mars, le trafic passagers a été de 2,5 millions de passagers (-65,7 % en g.a). Le fret recule à 399 600 tonnes au T1 2026 (-22,7 %), dont seulement 66 000 tonnes en mars. D’après Bloomberg, Dubai International Airport estime qu’il lui faudra une année supplémentaire pour atteindre son objectif de 100 millions de passagers, la guerre avec l’Iran pesant sur la demande aérienne régionale.

Emirates Group a publié des résultats record pour l’exercice 2025-2026, clos au 31 mars. Le bénéfice avant impôt atteint 24,4 Md AED (6,6 Md USD), en hausse de 7 % sur un an, pour un chiffre d’affaires record de 150,5 Md AED (41 Md USD, +3 %). Les liquidités du groupe progressent de 12 %, à 59,6 Md AED (16,2 Md USD), tandis que l’EBITDA atteint 41,1 Md AED (11,2 Md USD). La compagnie Emirates reste la compagnie aérienne la plus rentable au monde, avec un bénéfice avant impôt de 22,8 Md AED (6,2 Md USD, +7 %) et des revenus de 130,9 Md AED (35,7 Md USD). L’activité cargo d’Emirates SkyCargo a transporté 2,4 millions de tonnes de marchandises et généré 16,2 Md AED de revenus (4,4 Md USD). La filiale de services aéroportuaires DNATA a également enregistré des résultats records, avec un bénéfice avant impôt de 1,6 Md AED (437 M USD, +2 %) et un chiffre d’affaires de 23,6 Md AED (6,4 Md USD, +12 %). Les activités internationales représentent désormais 77 % des revenus de DNATA. 

Qatar

L’entreprise publique QatarEnergy (QE) a prolongé jusqu’à mi-juin le cas de force majeure déclaré sur ses livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL). Cette décision intervient dans un contexte de perturbations persistantes du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, affectant les exportations énergétiques du Qatar.

Qatar Media Corporation a annoncé le lancement de la chaîne économique Qatar Business Channel (QBC), première chaîne du genre dans le pays. Le projet vise à proposer une couverture approfondie de l’actualité économique du Qatar, avec des analyses, reportages et émissions spécialisées couvrant notamment l’énergie, la finance et l’investissement.

Le Qatar Financial Centre (QFC) a annoncé la mise en place de mesures ciblées visant à soutenir les entreprises opérant dans son écosystème et à garantir la continuité des activités, dans le cadre du dispositif national de soutien au secteur privé. Ces mesures incluent notamment des reports de délais pour le dépôt des états financiers audités, une flexibilité au cas par cas pour les déclarations fiscales, ainsi que des allègements temporaires liés aux espaces de travail pour les start-ups.

Lesha Bank a conclu un partenariat avec DTX Partners, une société d’investissement et de conseil spécialisée dans le capital-risque dans les secteurs innovant, afin de développer conjointement des investissements en capital-risque conformes à la finance islamique dans le secteur des technologies. L’accord cible notamment l’intelligence artificielle, la fintech, les logiciels et la santé numérique, avec un focus sur l’écosystème d’innovation qatarien et des opportunités internationales.

Le Conseil d'administration de Qatar Rail, présidé par le ministre des Transports, Cheikh Mohammed bin Abdulla, a annoncé la nomination de M.  Jassim Mohammed Al Ansari au poste de directeur général de la compagnie

 

Koweït

Recrutement de marins, La « Koweit Oil Tanker Company » se jette à l’eau. Les koweïtiens ayant une expérience marine peuvent se présenter au siège de la compagnie jusqu’au 21 mai.  En 2025, la KOTC a géré la rotation de 1.521 navires pétroliers, dont 175 battaient pavillon national. Elle est propriétaire de 31 pétroliers dont 11 VLCC dédiés au transport de brut et 15 à celui des produits raffinés. S’y rajoutent 5 navires gaziers capables de transporter du GNL. Cette flotte a transporté 25,5 M T de brut, 5,2 M T de produits raffinés et 2 M T de GNL. Toujours en 2025, elle n’a déploré aucun décès ni blessé.

Augmenter le stockage, oui mais chez les autres… Le Dr. Talal Al-Bathali, professeur à l’Université du Koweït et vice-président du Conseil mondial du pétrole, appelle à développer les capacités de stockage stratégique du pétrole à l’étranger afin de réduire la vulnérabilité du pays face aux perturbations du transport maritime. Il souligne que les capacités actuelles de stockage restent limitées au regard des volumes de production et d’exportation. Il propose la mise en place de projets conjoints avec les principaux pays importateurs pour sécuriser les flux pétroliers.

Le diesel koweïtien se remet à voyager. Un pétrolier battant pavillon pakistanais et transportant 80 M de litres (environ 500.000 barils) de gazole a franchi avec succès le détroit d'Ormuz début mai. Le « Khairpur », exploité par la Pakistan National Shipping Corporation, et aujourd’hui à quai à Karachi, avait chargé sa cargaison de carburant au Koweït. Le pétrolier aurait obtenu une autorisation spéciale pour transiter par le détroit d'Ormuz, compte tenu des tensions régionales actuelles et des restrictions maritimes en vigueur.

De l’or sale au souk ? L’unité AML/CFT du Ministère du commerce a contrôlé les 84 magasins du souk de Moubarakiya vendant des métaux précieux et infligé plusieurs amendes pour non-respect de la législation anti blanchiment. Plus d’un quart des établissements étaient notamment soupçonnés de ne pas déclarer le nom du bénéficiaire réel des transactions, ou d’accepter des transactions en espèce (ce qui est proscrit par la loi). Par ailleurs les inspections ont mis en évidence les lacunes -parfois significatives- de nombreux employés en matière de lutte contre le financement du terrorisme et des procédures en vigueur dans l’émirat.

Le conflit laisse de marbre la société de gestion de la bourse. Le CA de la société de bourse « Boursa Kuwait Securities Company » a annoncé avoir réalisé sur le premier trimestre 2026 un bénéfice net de 6 M KD (environ 17 M €) pour un CA de 10 M KD (environ 28 M €). « Cette performance reflète la résilience de Boursa Kuwait et sa capacité à maintenir sa dynamique stratégique, en particulier dans le contexte des défis géopolitiques de mars, le marché enregistrant l’un des niveaux de performance les plus stables parmi les marchés du CCG », a déclaré le Président du CA Bader Al-Kharafi, par ailleurs PDG du principal groupe de communication koweïtien ZAIN. (Pour mémoire, l’indice all Share a enregistré une baisse de 1,82% sur le mois de mars 2026).

L’électricité et l’eau font bon ménage au Koweït. Le ministère de l’Électricité, de l’Eau et des Énergies renouvelables recense 115 contrats dédiés à la maintenance et à la modernisation des centrales électriques et des usines de dessalement sur l’exercice 2026/2027. Ces projets concernent plusieurs sites stratégiques et visent à améliorer la performance et la fiabilité de la production. Par ailleurs, un projet de ligne à haute tension (400 kV) reliant une centrale solaire (Shagaya) au réseau domestique a été soumis à l’autorité de contrôle.

 

Oman

La population du Sultanat a atteint 5,36 millions en 2025 (+91 500), avec une contribution significative des expatriés (2,32 M). Les indicateurs restent globalement solides (espérance de vie : 77,5 ans, amélioration de la mortalité), tandis que le taux de fécondité des Omanais (2,8) soutient la croissance naturelle. L’ensemble traduit une dynamique démographique globalement favorable, tout en rappelant que l’emploi des Omanais demeurera un enjeu central des politiques publiques à moyen terme.

La production pétrolière d’Oman progresse de +4,8% au T1 2026 en glissement annuel, à 1,03 Mbpj, portant le volume total à 93,1 M de barils sur la période. Les exportations suivent également une hausse de +2,5% à 76,9 M de barils. Concernant le gaz, la production totale augmente de +2,5% à 13,74 Mds m³, avec une hausse marquée de la consommation pour la production d’électricité (+12,9%) et dans l’industrie, tandis que l’usage dans les champs pétroliers et certaines zones industrielles recule.

ADNOC Drilling a finalisé l’acquisition de 80 % de MB Petroleum Services pour 204 M USD, renforçant son positionnement dans les services pétroliers au sein du GCC. L’industriel omanais, historiquement issu du conglomérat Mohammed Barwani Holding Company, dispose d’un portefeuille de 22 unités de forage et constitue un opérateur de rang intermédiaire sur le segment à l’échelle régionale. L’opération s’inscrit dans une dynamique de consolidation du secteur autour de grands acteurs intégrés du Golfe, qui reconfigure progressivement les chaînes de valeur régionales. Elle se traduit par une perte de contrôle majoritaire omanais sur MBPS, partiellement compensée par le maintien d’un actionnaire minoritaire omanais et la continuité des opérations sur place - ainsi qu’au Koweït, au Bahreïn et en Arabie Saoudite. L’entreprise continuera à fonctionner sous la direction du PDG omanais actuel, Dr Salim Al Harthy.

Par décret royal n°50/2026, Oman a annoncé la création d’une zone spéciale dédiée à l’intelligence artificielle à Seeb (104 000 m²). Pilotée par OPAZ (l’autorité publique des zones économiques spéciales et zones franches) en coordination avec le ministère des transports et des technologies, cette initiative vise à attirer les investissements dans les technologies avancées (IA, semi-conducteurs, robotique) et à soutenir les objectifs de diversification économique du Sultanat. Bénéficiant du régime incitatif des zones économiques spéciales, la zone ciblera des startups et des entreprises étrangères pour favoriser l’intégration dans les chaînes de valeur technologiques. Elle s’inscrit dans une dynamique d’expansion, portant à 24 le nombre de zones supervisées par OPAZ, avec 22,4 Md OMR d’investissements cumulés.

Le ministère de l’Agriculture, des Pêches et des Ressources hydriques a déployé 180 récifs artificiels au large de Barka sur 40 000 m², visant à renforcer les stocks de poissons, soutenir la pêche artisanale et restaurer les écosystèmes marins dégradés. Conçus pour améliorer la biodiversité et les zones de reproduction, ces dispositifs doivent également augmenter les revenus des pêcheurs tout en réduisant la pression sur les ressources naturelles. Financé par le Fonds de développement agricole et halieutique, le projet s’inscrit dans une stratégie nationale de déploiement de l’économie bleue, avec des extensions prévues vers Sohar et Al Musannah.

Le régulateur omanais des services publics (Authority for Public Services Regulation - APSR) a annoncé des mesures exceptionnelles pour l’été 2026 (mai–août) visant à atténuer l’impact de la forte consommation électrique. Le dispositif prévoit une baisse des tarifs résidentiels, la suspension des coupures pour impayés ainsi que la mise en place de facilités de paiement. Dans un contexte où les tarifs varient habituellement entre 10–12 et 25–30 baisa/kWh selon les niveaux de consommation, ces mesures visent à alléger la facture des ménages et garantir un accès continu à l’électricité, notamment pour la climatisation. Elles s’inscrivent dans un mouvement de soutien publics aux ménages pour paliers aux externalités économiques négatives de la guerre, en atténuant les effets de l’inflation.

 

Bahreïn

Bahreïn repousse au 17 mai la date limite des offres pour le projet IWPP de Sitra (1 200 MW) — L'Autorité de l'électricité et de l'eau de Bahreïn (EWA) a prolongé pour la deuxième fois depuis août 2025 la date limite de remise des offres pour le projet de centrale combinée à cycle gaz de Sitra, qui couplera une capacité électrique d'environ 1 200 MW et une unité de dessalement par osmose inverse de 30 millions de gallons impériaux par jour. Sept candidats ont été préqualifiés (Taqa, Acwa Power, un consortium China Energy Engineering / China Datang, Gulf Investment Corporation, Jera, Sumitomo et Kepco). Pour Bahreïn, ce projet en partenariat public-privé (build-own-operate sur 20-25 ans) sera la 4ème centrale indépendante du royaume et remplacera le projet abandonné d'Al-Dur 3, avec une mise en service complète visée au 2ème trimestre 2029 — confirmant la stratégie de l'EWA de substituer progressivement les anciennes centrales par des unités plus efficientes pour réduire la consommation de gaz naturel.