Flash Conjoncture Pays avancés - Le retrait des EAU de l’OPEP+ accentue le recul de l’influence de l’organisation
Les Émirats arabes unis ont annoncé leur retrait de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) à partir du 1er mai. Cette décision accélère le déclin de l’influence relative de l’OPEP déjà engagé depuis plusieurs années, comme en témoigne la baisse de sa part dans la production mondiale de pétrole.
Le 25 avril 2026, les Émirats arabes unis (EAU) ont annoncé leur retrait de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui regroupe désormais 11 pays, et plus largement de l’alliance OPEP+. Ce retrait marque un tournant dans l’histoire de l’organisation, fondée en 1960 dans le but de renforcer le contrôle des pays producteurs de pétrole sur leurs ressources face à la domination des « majors » occidentales.
Selon l’Agence internationale de l’énergie, les EAU représentaient en 2025 le 4e producteur de l’OPEP avec une production atteignant 3,5 millions de barils de pétrole par jour (Mb/j), soit 3,3 % de l’offre mondiale de pétrole et une part significative (8,2 %) de la production totale de l’OPEP+. Cette décision intervient dans un contexte tendu sur les marchés pétroliers en lien avec le blocage persistant du détroit d’Ormuz et alors que le pays avait déjà exprimé à plusieurs reprises son mécontentement vis-à-vis des quotas de production appliqués par l’OPEP+. Le pays connaît en effet un décalage important entre ses quotas de production (3,4 Mb/j) et ses capacités réelles de production, évaluées à 4,3 Mb/j (cf. Graphique 1).
Les marchés ont peu réagi à cette annonce, restant davantage attentifs à l’évolution de la situation dans le détroit d’Ormuz et aux dommages infligés par les frappes iraniennes sur un certain nombre d’infrastructures pétrolières. Après l’annonce, les cours ont poursuivi leur tendance haussière (à 111,2 $ au soir du 28 avril). Si l’impact immédiat de cette décision sur les marchés pétroliers devrait rester limité, elle pourrait néanmoins contribuer, à moyen terme, à un accroissement de l’offre post-crise. Les cours pourraient dans ce scénario être orientés à la baisse, même si cet impact est aujourd’hui difficile à quantifier et dépendra des investissements effectivement réalisés par les EAU pour stimuler leur production.
La décision émirienne accélère le déclin de l’influence de l’OPEP déjà engagé depuis plusieurs années, comme en témoigne la baisse de sa part dans la production mondiale de pétrole : en 2024, la part de l’OPEP dans la production mondiale ne s’élevait plus qu’à 34 % (cf. Graphique 2), contre 54 % à son apogée en 1973 et 38 % lors de sa création, l’OPEP étant alors limitée à cinq pays. La perte de parts de marché, notamment au profit de producteurs tels que les États-Unis ou le Brésil, et les dépassements de quotas de certains membres ont progressivement affaibli l’organisation et entamé sa crédibilité. Dès lors, l’opérationnalité de l’OPEP+ est de plus en plus remise en question, soulevant par extension des interrogations croissantes quant à sa pérennité.