Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

1960-2026 : ci-gît l'OPEP 

Comme de nombreux événements historiques, la décision des EAU de quitter l’OPEP aura pris les contemporains par surprise, mais sera aisément expliquée a posteriori.

Les EAU étaient depuis longtemps impatients des contraintes que leur imposaient leur appartenance à l’OPEP. Les autorités émiriennes réclamaient depuis plusieurs années une hausse de leur quota de production, incompatible autant avec leurs capacités réelles d’exportation qu’avec leurs ambitions nationales, et au demeurant peu respecté. Leur ambition affichée de porter leur production à 5 Mb/j dès 2027 (contre 3,5 Mb/j en 2025) indiquait assez leur volonté in fine de s’affranchir de leurs obligations, volonté dictée avant le 28 février par les besoins de financement induits par leur stratégie de diversification économique et de manière plus aigüe désormais par leur impératif de reconstruction et de soutien à une économie durement impactée par la guerre.

La rupture entre les EAU et l’Arabie Saoudite est désormais consommée. Les stratégies régionales d’Abu Dhabi et de Riyadh divergeaient depuis plusieurs années et étaient devenues, vers la fin de l’année dernière, franchement antagonistes (au Yémen en particulier). La guerre contre l’Iran, et le manque manifeste de soutien de l’Arabie Saoudite aux EAU (principale cible des attaques iraniennes) a donc marqué pour les dirigeants émiriens le point de rupture. De fait, si la décision émirienne n’impactera guère l’Arabie Saoudite à court terme, Riyadh en est incontestablement le grand perdant, compte tenu du rôle essentiel de l’OPEP dans la stratégie saoudienne, de l’influence mondiale que valait aux autorités saoudiennes leur position de membre prééminent de cette organisation – et de la baisse tendancielle du prix du baril que cette décision ne manquera pas d’entraîner, une fois la crise actuelle surmontée.

A contrario, cette décision conforte à l’évidence l’alliance entre les EAU et les Etats-Unis, adversaire déclaré de longue date de l’OPEP. Elle paraît confirmer que, face à leur isolement dans le Golfe et à leur défiance vis-à-vis de plusieurs des autres grands acteurs régionaux (Turquie et Pakistan notamment), les EAU misent plus que jamais sur les Etats-Unis (voire sur Israël) pour leur sécurité et leur stratégie économique.

Plus largement, la situation créée par la fermeture du détroit d’Ormuz - hausse durable du prix du baril et risque de pénurie pétrolière mondiale – rend le timing opportun à plus d’un titre : à court terme, cette situation empêche le scénario d’un effondrement du prix du baril provoqué par une anticipation d’excès d’offre, que l’annonce émirienne aurait presque obligatoirement suscité en temps normal ; à moyen terme, cette annonce pourrait avoir un impact favorable sur les anticipations de prix des acteurs de marché et modérer la hausse de ces derniers, au bénéfice immédiat des pays consommateurs (Etats-Unis mais également Europe et Asie) mais également in fine des pays producteurs, qui n’ont intérêt ni à une récession économique mondiale, ni à une sortie accélérée du pétrole de la part des consommateurs ; à plus long terme, pourvu qu’ils soient capables de renforcer en conséquence leurs capacités physiques d’exportation (cf. infra), cette décision place les EAU en très bonne position pour bénéficier au maximum d’un retour à la normale, via un double effet volume + prix, ces derniers étant sans doute voués à demeurer élevés dans un avenir prévisible.

Cette décision signifie sans doute la mort de l’OPEP, sinon en droit, du moins en fait, compte tenu de la capacité des EAU à augmenter rapidement et aisément leur production – d’autant plus que d’autres membres également sceptiques vis-à-vis de l’organisation (Irak et Koweït notamment) pourraient en profiter pour s’engouffrer dans la brèche. On notera toutefois que l’OPEP était en crise depuis un certain temps - compte tenu à la fois de la part croissante sur les marchés mondiaux des pays producteurs non membres de l’organisation et du non-respect de leurs quotas par plusieurs membres de celle-ci – et que, à court terme, l’effondrement de la production et des exportations golfiques consécutives à la guerre et à la fermeture du détroit d’Ormuz la rendait à la fois obsolète (les quotas de production de plusieurs de ses principaux membres étant devenus purement théoriques) et redondante (le danger pour les pays producteurs d’un prix du baril trop bas, justifiant le cartel, ayant cessé d’exister). De ce point de vue, la décision émirienne ne fait qu’acter une situation de fait, tout en la pérennisant.

A court-moyen terme, la principale concerne la capacité d’exportation pétrolière des EAU, sans laquelle cette décision demeurera lettre morte. Sauf à imaginer un retour intégral au statu quo ante bellum et une réouverture sans entraves, et sans primes de risques, du détroit d’Ormuz, elle semble impliquer que les EAU ont déjà réfléchi à des routes alternatives pour exporter leur pétrole, et sont confiants dans leur capacité à mettre rapidement en œuvre ces solutions.

A une échéance plus lointaine, et sauf fermeture plus ou moins définitive du détroit d’Ormuz privant une fois pour toutes de débouchés les producteurs les plus dépendants au détroit (le Koweït mais aussi l’Irak, voire l’Iran), cette décision va dans le sens d’une baisse tendancielle du prix du pétrole à partir de la fin de la décennie, dans un monde où la crise actuelle aura accéléré la transition vers les énergies décarbonées et l’électrification des usages. Les EAU (comme les autres pays producteurs) n’auront alors qu’un horizon très raccourci pour tirer les bénéfices d’un accroissement de leur production. Cette prise de conscience a pu accélérer leur décision.

Enfin, cette décision qui accentue l’isolement de facto des EAU au sein du CCEAG, voire du monde arabo-musulman, soulève la question de l’ensemble de leur stratégie internationale. L’unilatéralisme émirien est-il soutenable à long terme ? Les EAU sont-ils condamnés à un tête-à-tête avec Washington (à un moment d’incertitude pour la politique étrangère américaine) ou peuvent-ils trouver de nouveaux alliés sur la scène mondiale – et lesquels ?

Loin de trancher tous leurs dilemmes, leur retrait de l’OPEP risque en fait de placer les EAU face à un enchaînement de choix structurants pour leur avenir.

Quentin Perret, conseiller développement durable

Pétrole et gaz

Brent 1/5/2026 à 12h00 GST : 111,59 USD/Bbl

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Cette semaine, le Brent a atteint son plus haut niveau depuis 2022, avec l’entrée du marché dans une phase de tension davantage politique que strictement physique. C’est d’abord la perspective d’une nouvelle escalade du conflit, avec l’examen de nouvelles options militaires par les Etats-Unis et la menace d’une intervention terrestre qui a ravivé la prime de risque géopolitique. D’autre part, l’annonce des EAU de quitter l’OPEP a également fragilisé la capacité du cartel à coordonner l’offre au moment où le marché a besoin de visibilité. Le Brent a ainsi ponctuellement dépassé 126 USD le baril, tandis que le WTI a franchi 110 USD, dans un marché où la fermeture de facto du détroit d’Ormuz continue de réduire fortement les flux de brut, de gaz naturel et de produits raffinés.

La sortie des EAU de l’OPEP constitue un tournant institutionnel pour le marché pétrolier, même si ses effets immédiats sur les prix restent secondaires tant que le détroit d’Ormuz demeure fermé. Abu Dhabi quitte l’organisation dans un contexte où ses capacités de production sont contraintes par la guerre, ce qui limite à court terme le risque d’un choc d’offre additionnel. À moyen terme, la décision pourrait toutefois modifier l’équilibre du cartel. Les EAU, troisième producteur de l’OPEP et représentant environ 14 % de la production du groupe, se positionnent désormais comme un producteur plus autonome, susceptible d’accroître son offre une fois les flux normalisés. Cette décision affaiblit la crédibilité d’un mécanisme de gestion de marché déjà fragilisé par les gains de parts de marché par les américains et la concurrence entre Abu Dhabi et Riyad.

À court terme, la dynamique des prix reste toutefois dominée par la durée du blocage d’Ormuz et par la stratégie américaine de pression sur l’Iran. Washington maintient son blocus naval contre les exportations iraniennes et cherche désormais la confiscation de deux pétroliers liés à l’Iran interceptés dans l’océan Indien. Cette logique de pression vise notamment à saturer les capacités de stockage iraniennes et forcer la capitulation de l’Iran en réduisant ses recettes pétrolières.

Outre-Atlantique, les exportations de brut ont atteint un niveau record, au-dessus de 6 M bpj selon l’EIA, tandis que les exportations totales de pétrole et de produits raffinés ont dépassé 14 M bpj, les acheteurs asiatiques cherchant à remplacer les barils du Golfe devenus indisponibles. Reuters relève que les États-Unis sont devenus exportateurs nets de brut sur une base hebdomadaire pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, sous l’effet d’exportations record de 6,44 M bpj. Cette substitution reste toutefois contrainte par l’érosion rapide des stocks américains, les inventaires de brut ayant reculé de 6,2 millions de barils à 459,5 millions de barils selon Reuters. L’ajustement par les barils américains atténue donc le choc, sans constituer une capacité de remplacement durable pour les pertes du Golfe.

Graphique 1 – Exportations hebdomadaires de brut américain

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Source : EIA

Les autorités américaines ont également renforcé la pression financière en avertissant les banques du risque de sanctions si ces dernières contribuaient à faciliter les achats de pétrole iranien, en particulier par des raffineurs privés chinois. La sanction visant Hengli Petrochemical, l’un des grands raffineurs privés chinois, illustre une extension du conflit vers l’ensemble des canaux qui permettent encore l’écoulement du brut iranien.

Les effets macroéconomiques commencent à apparaître dans les économies du Golfe, y compris dans les pays les mieux positionnés pour contourner partiellement Ormuz. En Arabie saoudite, la croissance du PIB a ralenti à 2,8 % en glissement annuel au premier trimestre, après 5,0 % au trimestre précédent. Le secteur pétrolier n’a progressé que de 2,3 %, contre 10,8 % auparavant, tandis que l’activité non pétrolière a ralenti à 2,8 %, contre 4,3 %.

Au-delà du Golfe, le choc énergétique se transmet progressivement aux marchés obligataires et aux anticipations d’inflation. En Asie émergente, les rendements souverains à dix ans pourraient augmenter d’environ 16 points de base pour chaque hausse de 10 % du Brent si le choc se prolonge selon Bloomberg, contre environ 14 points de base observés durant les deux premiers mois du conflit. La pression est particulièrement sensible pour les économies importatrices nettes d’énergie, où la hausse des prix du pétrole a fortement alimenté l’inflation. Aux États-Unis, les marchés d’options sur Treasuries reflètent également une crainte de remontée des taux longs, avec des positions visant à se couvrir contre un passage des rendements à trente ans au-delà de 5 %.

Face à ce que l’AIE désigne comme le plus « gros choc d’offre d’hydrocarbures jamais enregistré dans l’histoire », le principal risque pour les prochaines semaines tient donc à l’installation d’un équilibre de crise. Tant que la réouverture du détroit d’Ormuz ne sera pas crédible, le rétablissement d’un équilibre durable du marché énergétique reste compromis.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

Brèves économiques 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Hausse modérée du PIB au premier trimestre 2026 – Selon l’Autorité saoudienne des statistiques, le PIB réel de l’Arabie saoudite enregistre une hausse de 2,8 % en g.a. au T1 2026, en nette décélération par rapport aux trimestres précédents. La croissance est principalement portée par les activités non pétrolières (+2,8 %), confirmant la dynamique de diversification de l’économie. En revanche, le PIB recule de 1,5 % par rapport au trimestre précédent, en raison d’une baisse des activités pétrolières.

Lancement d’un ETF exposé aux actions saoudiennes par State Street avec le soutien du PIF - Le fonds souverain saoudien (PIF) agit comme investisseur d’ancrage dans le lancement d’un nouvel ETF exposé aux actions saoudiennes par State Street, visant à renforcer l’accès des investisseurs internationaux au marché domestique. Ce produit, coté sur une place internationale, offre une exposition élargie aux entreprises saoudiennes et s’inscrit dans la stratégie des autorités de développement des marchés de capitaux et d’attraction des flux étrangers.

L’Arabie saoudite domine les émissions au premier trimestre 2026 - L’Arabie saoudite a levé 32,5 Md USD via 42 émissions au T1 2026, représentant 59 % du volume total du marché obligataire du Golfe, selon Kuwait Financial Center (Markaz). Ce niveau confirme le rôle central du Royaume dans le développement du marché régional de la dette, dans un contexte de besoins de financement liés à la diversification économique.

Abandon de l’accord avec le Metropolitan Opera - L’Arabie saoudite a renoncé à un accord prévoyant jusqu’à 200 M USD de financement sur huit ans au bénéfice du Metropolitan Opera (Met). En contrepartie, l’institution devait assurer une résidence annuelle à Diriyah et contribuer à la formation de professionnels du secteur lyrique. Selon le Met, cette décision est liée aux conséquences économiques du conflit régional, notamment les perturbations du trafic pétrolier dans le détroit d’Ormuz, qui ont conduit les autorités saoudiennes à recentrer leurs dépenses sur les projets jugés essentiels.

Energie, Transports & Industrie

Lancement d’un nouveau programme de stockage par batteries – La Saudi Power Procurement Company a ouvert la phase de qualification pour une nouvelle série de projets de stockage d’électricité en Arabie saoudite. Le programme comprend six projets totalisant 3 GW de capacité, soit 12 000 MWh, dans le cadre du développement des infrastructures nécessaires à l’intégration des énergies renouvelables.

Avancée du projet de ligne ferroviaire Hejaz - Des études de faisabilité pour une ligne reliant l’Arabie saoudite à la Turquie via la Jordanie et la Syrie devraient être finalisées d’ici fin 2026. Le projet vise à réhabiliter une liaison ferroviaire de 1 750 km, héritée de la ligne du Hejaz, afin de connecter plusieurs grandes villes de la région.

Offres pour la gestion du projet ferroviaire phosphate - Saudi Arabian Railways a reçu des offres de consultants pour accompagner le programme Phosphate 3, qui prévoit notamment le doublement de plus de 150 km de voies entre Waad Al-Shamal et Ras Al-Khair. Ce projet vise à accroître les capacités de transport de phosphate depuis les mines vers les sites de transformation et d’export, afin de soutenir la production industrielle du secteur minier.

Appel d’offres pour de nouvelles stations d’épuration - National Water Company a lancé un appel d’offres pour la construction de 10 stations d’épuration en Arabie saoudite, pour une capacité totale de 184 000 m³ par jour. Ce programme vise à renforcer le traitement des eaux usées et accompagner la croissance urbaine.

Contrat de 490 M USD pour un musée à Diriyah - La société Diriyah Company a attribué un contrat de 490 M USD (1,84 Md SAR) pour la construction du Saudi Museum of Contemporary Art à Riyad. Le projet a été confié à un consortium réunissant Hassan Allam Construction et Albawani, dans le cadre du développement du site de Diriyah, positionné comme pôle culturel et touristique.

Projets de centres de données en Arabie saoudite - Une société basée aux Émirats, Taranis Capital, a signé un accord avec la société saoudienne Emaar Executive pour développer plusieurs centres de données en Arabie saoudite. Chaque site devrait disposer d’une capacité de 40 à 50 MW, dans un contexte de forte demande liée au cloud, à l’intelligence artificielle et aux exigences de localisation des données.

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

First Abu Dhabi Bank (FAB), première banque des EAU en termes d’actifs, a publié un résultat net de 5,01 milliards AED au premier trimestre 2026, en légère baisse d’environ 2% sur un an, mais supérieur aux attentes du marché. Sur la période, la banque affiche toutefois une bonne dynamique opérationnelle, avec un produit d’exploitation en hausse de 6% à 9,34 milliards AED et un résultat opérationnel en progression de 5% à 7,22 milliards AED.

Le fonds d’investissement américain Citadel s’apprête à établir ses activités à Dubaï. Le fonds, qui gérait 67 Md USD d’actifs au 1er avril, avait annoncé fin 2025 son projet d’ouverture à Dubaï, devenant l’un des derniers grands hedge funds à s’implanter aux Émirats.

Energie, Transports & Tech

Le Gouvernement a approuvé le 27 avril une réforme majeure du programme National In-Country Value (ICV), désormais rendu obligatoire. Cette nouvelle règle s’applique à l’ensemble des entités fédérales ainsi qu’aux entreprises détenues à au moins 25 % par l’État, avec pour objectif d’orienter les achats publics vers des produits et fournisseurs locaux et de renforcer la sécurité industrielle du pays.

Le ministère de l’Économie a annoncé le 29 avril le lancement d’un programme national visant à renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement en identifiant environ 150 biens stratégiques afin de sécuriser leur disponibilité en cas de choc externe. Il prévoit des mesures de diversification des fournisseurs internationaux, de constitution de stocks stratégiques, de développement de capacités de production locales et régionales, ainsi que le renforcement de partenariats commerciaux afin de sécuriser des flux alternatifs en cas de perturbations géopolitiques ou logistiques. Le programme s’inscrit dans une stratégie fédérale de sécurité économique visant à réduire les dépendances critiques. Dans cette continuité, la plateforme “Make it in the Emirates 2026”, qui sera lancée le 4 mai, servira de vitrine pour présenter ces biens essentiels aux investisseurs et aux chefs d’entreprise, ouvrant la voie à de nouveaux investissements et à des transferts de technologies vers les Émirats.

D’après ENBD, au T1 2026, le marché résidentiel de Dubaï reste globalement dynamique malgré un ralentissement en fin de période : plus de 32 200 transactions ont été enregistrées en janvier-février (+12 % en glissement annuel), avant un net repli en mars (12 900 ventes contre une moyenne de 16 100 sur les deux premiers mois) en raison du contexte conflictuel. Sur l’ensemble du trimestre, l’activité progresse néanmoins de 4 % avec plus de 45 200 transactions. Le segment haut de gamme (biens de plus de 10 millions AED) se distingue particulièrement, avec une hausse de 57 % des ventes sur un an. Toutefois, les perspectives sont plus incertaines : l’arrivée attendue de plus de 50 000 nouveaux logements d’ici fin 2026, combinée à un environnement économique incertain, exerce une pression à la baisse sur les prix, en particulier dans les zones où l’offre est abondante.

Le comité des prix des carburants a publié la nouvelle tarification mensuelle des prix à la pompe, applicable à compter du 1er mai. Celle-ci poursuit sa hausse pour le deuxième mois consécutif, après une augmentation historique en avril. Seul le prix du diesel, qui avait connu une hausse supérieure à 70% en avril, n’évolue pas en mai .

Qatar

S.E. Arnaud Pescheux, Ambassadeur de France au Qatar, accompagné du Service économique (SE), s’est entretenu avec S.E. Ali Al Kuwari, ministre des Finances (MoF), (X Doha News), Mr. Mohamed Al Hajri, Président par intérim de l’Autorité de l’aviation civile du Qatar (QCAA), Cheikh Mohammed bin Hamad bin Faisal Al-Thani, Directeur général de la Qatar Free Zone (QFZ) (QNA), ainsi qu’avec Capitaine Abdullah Al-Khanji, Directeur général de la Qatar Ports Management Company (X Mwani Qatar) afin d’évoquer des perspectives de coopération communes entre nos deux pays.

L’Emir du Qatar, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, a reçu Mr. Patrick Pouyanné, Président-directeur général de TotalEnergies (TTE). Les deux parties ont examiné la coopération entre l’Etat du Qatar et TE ainsi que les différents moyens pour la développer.

QatarEnergy (QE) annonce le premier chargement et exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis le projet Golden Pass situé au Texas. Cette première cargaison, réalisée par le méthanier Al-Qaiyyah de QE, constitue une étape clé vers le lancement complet des opérations commerciales du projet Golden Pass, détenu à 70 % par QatarEnergy et à 30 % par ExxonMobil, qui atteindra une capacité de production de 18 millions de tonnes de GNL par an une fois pleinement opérationnel.

L’entreprise qatarienne Baladna et la Société financière internationale (QFI), filiale du groupe Banque mondiale (BM) ont signé un accord de coopération visant à évaluer la relance du secteur laitier en Syrie. L’engagement prévoit des études sur la production de lait, les chaînes logistiques, les contraintes du marché et les normes environnementales et sociales afin d’examiner la faisabilité du développement d’une chaîne de valeur laitière.

Baladna a annoncé aussi la signature de contrats d’une valeur supérieure à 635 M USD dans le cadre de son projet intégré en Algérie. L’opération s’accompagne du lancement d’un programme d’importation de 30 000 vaches laitières depuis les États-Unis, destiné à soutenir la montée en puissance de la production de lait en poudre en Algérie. Pour rappel, le projet global est estimé à environ 3,5 Mds USD et vise la création d’un des plus grands complexes laitiers intégrés au monde.

Estithmar Holding, filiale du conglomérat qatarien Power International Holding (PIH), a signé un accord pour acquérir 49 % de la banque syrienne Shahba Bank dans le cadre d’une transaction conclue à Damas avec les actionnaires existants. L’opération s’inscrit dans la stratégie du groupe visant à étendre ses investissements dans les services financiers et les marchés à fort potentiel.

En visite au Qatar, S.E. Dr. Sultan Al Jaber, ministre émirien de l’Industrie et des technologies avancées (MoIAT) s’est entretenu avec S.E. Cheikh Faisal Al Thani, ministre du Commerce et de l’Industrie (MoCI) du Qatar. Les deux parties ont discuté du renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines industriel et des investissements, ainsi que des moyens de développer ces relations. Il s’est également entretenu avec S.E. Saad Al Kaabi, Ministre d’État aux Affaires énergétiques (MoE) et PDG de QatarEnergy (QE), où ils ont discuté du renforcement de la coopération bilatérale dans le secteur énergétique et des moyens de développer davantage les relations entre les deux pays.

Mr. Varun Chandra, le conseiller du Premier ministre britannique pour les affaires, l’investissement et le commerce a rencontré S.E. Cheikh Faisal Al Thani, ministre du Commerce et de l’industrie (MoCI) du Qatar (QNA) ainsi que S.E. Cheikh Bandar Al Thani, gouverneur de la Banque centrale du Qatar (QCB). Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans les secteurs financier et bancaire, ainsi que sur les perspectives de développement des relations économiques entre l’Etat du Qatar et le Royaume-Uni.

 

Koweït

2,5 Mds $ de revenues de la raffinerie Nghi Son en 2025. La raffinerie de Nghi Son au Vietnam, dans laquelle la Kuwait Petroleum Corporation (KPC) détient une participation de 35,1 %, a généré un chiffre d'affaires d'environ 188 000 Mds de dongs vietnamiens (7,13 Mds $) sur l’exercice 2025. Cette raffinerie est une joint-venture entre Idemitsu Kosan (35.1%), Kuwait Petroleum International (35.1%), Petro Vietnam (25.1%), and Mitsui Chemicals (4.7%) dont la construction a commencé en 2013 fait partie de la vision de sécurité énergétique du Koweït pour le processus amont de sa production de pétrole. Dans une déclaration faite lors de l'inauguration de la raffinerie d'Al-Zour, le regretté ministre du Pétrole, Dr Emad Al-Ateeqi, avait confirmé que la capacité totale de raffinage du Koweït, y compris la production de la raffinerie d'Al-Zour, s'élevait actuellement à 1,83 M Bp/j, provenant de raffineries locales et internationales. Ce chiffre comprend le raffinage de 1,415 M Bp/j provenant d'autres raffineries, le reste provenant des trois raffineries externes.

La banque centrale du Koweït émet 100 M de KD d’obligations… La Banque centrale du Koweït a lancé une nouvelle émission de titres de dette publique locale, comprenant des bons du Trésor d'une valeur totale de 100 M KD, d'une durée de cinq ans, dans le cadre du programme de dette publique approuvé par la loi sur le financement et la liquidité. Cette émission reflète la volonté de l'État de continuer à recourir aux instruments de dette locale pour couvrir ses besoins de financement et renforcer la gestion de la liquidité. En ce qui concerne le niveau de la demande, le montant total des offres soumises s'est élevé à environ 374,25 millions de dinars, soit plus de trois fois le volume de l'émission, avec un taux de couverture de 3,74 fois, ce qui témoigne d'un fort engouement de la part des investisseurs locaux. Le nombre de demandes concurrentielles soumises s'est élevé à 31, dont 8 ont été acceptées, ce qui témoigne d'une sélection sélective dans l'attribution en fonction des niveaux de rendement. Cette émission porte la dette publique locale totale du pays à environ 3 Mds KD, dans le cadre d'un plan gouvernemental visant à reconstruire la courbe des taux locaux et à renforcer les instruments de financement interne, après des années de recours limité à l'emprunt local. Cette émission est également la deuxième de l'exercice 2026/2027, ce qui indique une accélération du rythme des émissions depuis le début de l'exercice, dans le cadre d'une orientation claire vers la mise en œuvre de la loi sur le financement et la liquidité comme outil principal pour combler le déficit de financement.

On se rapproche encore plus de Nuwassib. « MEED » a confirmé que le projet sera mis en œuvre selon le modèle de PPP, précisant que les autorités compétentes travaillent actuellement à l'élaboration du cahier des charges pour l'appel d'offres concernant le bureau d’étude après qu'un précédent appel d'offres lancé en 2022 a été annuler par la CAPT. Le rapport indique qu’en l’absence d’appel d’offres pour le bureau d’étude, les calendriers habituels des projets de partenariat public-privé laissent supposer qu’il ne sera pas lancé avant 2027. Le rapport précise que la centrale indépendante de production d'eau et d'électricité de « Al-Nuwaisib » aura une capacité d’environ 3600 MW et de dessalement d'environ 75 millions de gallons impériaux par jour. Le rapport précise que le projet, dont le coût est estimé à environ 3,6 Mds $, sera développé dans la zone portuaire d’Al-Ahmadi et comprendra une centrale électrique à cycle combiné fonctionnant au gaz, ainsi que des installations de dessalement d’eau. Il a précisé que le périmètre des travaux comprend la construction d’un poste de transformation électrique, l’installation de turbines à gaz et à vapeur, de condenseurs, de chaudières, d’échangeurs de chaleur et de générateurs électriques, ainsi que de lignes de transport. Il a ajouté que la station de dessalement comprendra des systèmes de captage d'eau de mer, de traitement préliminaire et final, de distribution de l'eau produite, ainsi que des systèmes d'évacuation de la saumure. Le rapport indique que ces développements font suite à des projets antérieurs visant à désigner un consultant, un appel d'offres pour des services de conseil ayant été relancé en mai 2025 après l'annulation d'un précédent appel d'offres lancé en 2022.

La course pour la sécurité hydrique … Le ministère de l'Électricité, de l'Eau et des Énergies renouvelables a obtenu l'accord conditionnel du Bureau d'audit de l'État (SAB) pour lancer le projet du complexe de distribution d'eau de Shuwaikh, d'un montant de 74,703 M KD portant sur la construction, l'achèvement, l'entretien et le développement complet du complexe, ainsi que sur les travaux connexes. Auparavant, le ministère avait obtenu l'autorisation de l'Agence centrale des marchés publics (CAPT) pour attribuer le projet au soumissionnaire qui répondait à toutes les spécifications techniques et conditions requises. L’appel d'offres a été transmis au SAB le 12 mars pour les procédures de pré-audit et d'examen. Le contrat devrait être finalisé prochainement, sous réserve qu'il n'y ait pas d'autres commentaires de la part du bureau.

 

Oman

La Bourse de Mascate (MSX) a enregistré au mois de mars une hausse de 10,5 % de son indice principal, le MSX30, qui a atteint 8168 points, son plus haut niveau depuis 2008. La capitalisation boursière totale a également progressé de 4,56 %, atteignant près de 37,9 Mds OMR, soutenue par la performance de grandes entreprises, en particulier dans les secteurs bancaire et énergétique. Des acteurs majeurs comme Bank Muscat, Sohar International Bank et des entités du groupe OQ Group ont largement contribué à cette dynamique. Parmi les plus fortes hausses du mois figurent Financial Services Company (+71,8 %), Salalah Mills (+66,3 %) et Salalah Port Services (+45 %). À l’inverse, Raysut Cement a subi la plus forte baisse (-15,2 %). L’activité du marché est restée soutenue, avec un volume d’échanges en hausse et un intérêt marqué des investisseurs étrangers, générant un flux net positif. La MSX confirme ainsi sa résilience malgré les incertitudes régionales.

Entre début mars et mi-avril, l’Autorité de protection des consommateurs (CPA) a recensé plus de 500 infractions à l’issue d’une campagne d’inspection renforcée visant les établissements commerciaux, dont 172 cas de hausses de prix « injustifiées », en particulier dans le secteur des fruits et légumes. La majorité des violations a été enregistrée à Mascate, où l’intensité commerciale est plus élevée. Cette opération s’inscrit dans une logique de régulation proactive des marchés, visant à prévenir les déséquilibres et à contenir les pressions inflationnistes importées sur les biens essentiels. En parallèle, un suivi ciblé du marché central « Silal » (équivalent omanais de Rungis) indique une disponibilité globalement stable des produits, les variations de prix observées étant selon la CPA « principalement d’origine saisonnière ».

Le groupe Nama Water Services déploie un portefeuille de projets d’un montant total d’environ 112 M USD (43 M OMR) visant à améliorer l’approvisionnement en eau dans le Nord d’Al Sharqiyah. Ces investissements portent sur l’extension des réseaux de distribution, la construction de stations de pompage et de réservoirs, ainsi que le raccordement de milliers de foyers supplémentaires (actuellement alimentés par camions-citernes), notamment dans les wilayat d’Al Mudhaibi et de Dima W’Attayyin.

Le Sultanat a obtenu l’organisation de la Conférence internationale sur les pertes d’eau 2028, événement biennal de l’International Water Association (IWA) dédié aux enjeux mondiaux de gestion de l’eau. Cette désignation constitue une première pour un pays du Moyen-Orient et confirme l’ambition d’Oman de renforcer son positionnement sur les enjeux de sécurité hydrique, alors que Nama Water Services, l’opérateur national, prépare un plan massif de réduction des pertes d’eau à l’horizon 2035.

Le ministère des Transports développe un projet de cinq ponts sur la route Suhar–Buraimi, pour un coût dépassant 6 M OMR, afin d’améliorer la fluidité du trafic et la sécurité routière sur cet axe stratégique reliant zones économiques, ports et postes-frontières. Ce projet vise à remplacer des infrastructures vieillissantes et à soutenir les flux logistiques, touristiques et commerciaux entre la Batinah Nord et Al Buraimi, avec une mise en service prévue sous 18 mois. Il s’inscrit dans les efforts du gouvernement omanais visant à renforcer la connectivité logistique entre Oman et les Émirats, dans un contexte de reconfigurations induites par la crise.

 

Bahreïn

Politique monétaire : statu quo des taux à Bahreïn - La Banque centrale de Bahreïn a maintenu son taux directeur à 4,25 %, en ligne avec la politique monétaire américaine à laquelle le dinar bahreïni est arrimé.