Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 20 avril 2026
Plan triennal pour transformer la chaîne de valeur du cacao et du café. Le Président Tinubu a promulgué le budget 2026 ; Wale Edun quitte le gouvernement ; La Banque centrale introduit le NOFR ; Dangote Sugar Refinery prévoit de lever 360 M USD ; Activités pétrochimiques du groupe Dangote ; Conseil pour la coordination de la cybersécurité. Transformation numérique des autorités douanières ; Le Ghana et le Mali renforcent le corridor Tema–Bamako ; Développement de la production d’engrais.
LE CHIFFRE À RETENIR
224%
C’est la croissance de l’investissement agricole au Nigeria en 2025.
Nigeria et Ghana
La COCEFAAA dévoile un plan triennal pour transformer la chaîne de valeur du cacao et du café
L’Association africaine des producteurs de cacao et de café (COCEFAAA) a dévoilé un plan stratégique triennal visant à transformer les secteurs du cacao et du café à travers le continent et à améliorer les moyens de subsistance des petits exploitants. Ce plan entend impliquer les parties prenantes clés et vise à augmenter la productivité, améliorer la traçabilité, encourager l’agroforesterie, favoriser les systèmes coopératifs, faciliter les investissements dans la transformation locale, et renforcer l’accès aux marchés pour les agriculteurs. Les questions de financement n’ont pas été précisées.
Bien que l’Afrique compte pour près de 70% de l’offre globale en fèves, dominé par la Côte d’Ivoire (environ 2 MT) et le Ghana (environ 600 000 T), et suivi par le Nigeria (350 000 T) et le Cameroun (320 000 T), plus d'un tiers de la transformation se fait en Europe. Les pays africains, bien qu’étant en progression, disposent d’une capacité de transformation mesurée : moins de 40% pour le Ghana et moins de 20% pour le Nigeria. Le marché mondial du chocolat pourrait représenter près de 120 Md USD par an, l’Afrique tire environ 10 Md USD des exportations de cacao, soulignant la nécessité d’une transformation locale accrue et d’une valeur ajoutée.
Dans le secteur du café, la COCEFAAA vise à soutenir l’objectif de l’Afrique d’accroître sa part du marché mondial d’ici 2030, tout en favorisant la consommation sur le continent et en élargissant le commerce entre des pays africains.
COCEFAAA est récemment née de l’expansion de l’Association africaine de l’alliance des producteurs de cacao, suite à une décision prise le 24 mars d’incorporer les producteurs de café dans un organisme continental unifié.
Nigeria
Le Président Tinubu a promulgué le budget 2026
Le Président Tinubu a promulgué le projet de loi de finances pour 2026, approuvé par le Parlement. Le budget prévoit 68 320 Md NGN de dépenses, soit environ 43 Md EUR. La période d’exécution du budget 2025 a également été prolongée jusqu’au 30 juin 2026.
32 200 Md NGN sont alloués aux dépenses d’investissement (20 Md EUR), 15 800 Md NGN au service de la dette (10 Md EUR) et 15 400 Md NGN aux dépenses courantes (10 Md EUR), le reste étant réservé aux transferts statutaires.
La partie recettes du budget et ainsi le déficit prévu n’ont pas été communiqués, alors que le Parlement a étendu le budget fin mars de près de 10 000 Md NGN supplémentaires par rapport à la proposition initiale de décembre. Cette augmentation devrait refléter les revenus supplémentaires issus de l’augmentation du cours du baril depuis fin février. L’hypothèse de prix du baril sur laquelle se base le budget a été revue à la hausse, passant de 65 USD à 75 USD. Le FMI prévoit un déficit budgétaire de 4,4% du PIB en 2026, contre une estimation plus modérée de 2,9% du PIB de la Banque mondiale.
Wale Edun, cheville ouvrière des Tinubunomics, quitte le gouvernement
Wale Edun, jusqu’ici ministre des Finances et ministre coordinateur de l’Économie depuis août 2023 et le début du mandat du Président Tinubu, a démissionné du gouvernement. Il était à la tête du Comité présidentiel de transition à la suite des élections présidentielles de mai 2023, puis a occupé les fonctions de conseiller spécial en matière de politique monétaire, avant d’être nommé ministre.
Wale Edun a mené de front les réformes économiques structurelles déployées par le gouvernement Tinubu, en particulier la fin des subventions au carburant, la libéralisation du marché des changes, la fin du financement monétaire du déficit ou encore la réforme de recapitalisation bancaire et le paquet de réformes fiscales.
Il est remplacé par Taiwo Oyedele, qui a préparé et mis en œuvre la réforme fiscale du pays entrée en vigueur en janvier, en tant que président du Comité présidentiel sur la politique budgétaire et les réformes fiscales.
La Banque centrale introduit le NOFR, son taux d’intérêt de référence à court terme
La disponibilité de ce taux d’intérêt de référence à court terme, fondé sur des transactions réelles sur le marché interbancaire, devrait renforcer la transparence des marchés financiers. Il reflète le coût du financement au jour le jour sur le marché interbancaire nigérian et constitue ainsi un taux de référence pour un prêt considéré comme peu risqué, à l’instar du SOFR aux États-Unis ou de l’€STR en zone euro. Depuis son lancement, le NOFR est resté stable à 22%.
Dangote Sugar Refinery prévoit de lever 360 M USD d’actions afin de financer ses investissements
Dangote Sugar Refinery a soumis, une demande au Nigerian Exchange Group (NGX) pour l’approbation et la cotation d’une émission de 8 Md d'actions ordinaires de 50 kobo chacune, au prix de 60 nairas par action. L’opération est structurée sur la base de deux nouvelles actions pour trois actions existantes détenues à la clôture du marché du lundi 20 avril 2026 et permettrait ainsi de lever 360 M USD. Les courtiers du groupe pour cette opération sont Meristem Stockbrokers Limited, Stanbic IBTC Stockbrokers Limited et Vetiva Securities Limited.
Cette opération soutiendrait les ambitions du groupe de développer la production agricole et la transformation locale du sucre au Nigeria. Dangote Sugar souhaite atteindre une production annuelle de 1,5 M de tonnes de sucre raffiné en augmentant ses capacités de production et de broyage. En 2025, le groupe aurait produit 0,6 M de tonnes de sucre raffiné. Selon le ministère américain de l'Agriculture, le Nigeria dispose de plus de 800 000 hectares adaptés à la culture de la canne à sucre, mais seuls environ 16% sont actuellement exploités.
En augmentant la production nationale, le groupe cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis du sucre brut importé et à limiter son exposition au risque de change, qui ont contribué à ses récentes pertes financières. Le Nigeria reste fortement dépendant des importations pour répondre à la demande locale. Ainsi, selon le Bureau national des statistiques, les importations de sucre ont atteint 915 Md NGN en 2024.
Dangote se lance dans des activités pétrochimiques à plus haute valeur ajoutée
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du plan plus large de Dangote visant à développer une activité pétrochimique intégrée autour de sa raffinerie, en produisant localement des intrants industriels et de consommation tout en positionnant le Nigeria comme un pôle de fabrication régional.
Ces technologies permettront, selon le groupe Dangote, de produire 750 000 tonnes supplémentaires de propylène par an, nécessaires aux solutions d’emballage, aux biens de consommation et aux applications industrielles, et 400 000 tonnes par an d'alkylbenzène linéaire, un ingrédient clé des détergents et des produits d'entretien.
Première réunion du Conseil pour la coordination de la cybersécurité
Annoncé au début du mois d’avril, le Conseil pour la coordination de la cybersécurité vise à renforcer la cyber-résilience collective du Nigeria et à améliorer la coordination des réponses face à l'évolution des cybermenaces dans les secteurs public et privé. Il vise à constituer une plateforme de concertation entre acteurs publics et privés afin d’améliorer la prévention et la réponse aux incidents cyber.
Son plan reposera sur quatre piliers : le partage d’informations, la coordination interinstitutionnelle, la responsabilisation des acteurs et l’anticipation des risques. Le ministre des Communications, de l'Innovation et de l'Économie numérique a convoqué la première réunion des parties prenantes le 22 avril 2026.
Dans ce contexte de montée des enjeux de cybersécurité au Nigeria, liée à la forte croissance de l’économie numérique, l’État de Lagos a également publié des directives de cybersécurité à destination des PME, des grandes entreprises et des institutions publiques.
Ghana
Transformation numérique des autorités douanières avec Publican AI
Fondée sur l’intelligence artificielle, la plateforme automatise la classification et la valorisation des importations à partir de données commerciales internationales, afin de réduire les erreurs de déclaration et les pratiques frauduleuses. L’Association des industries du Ghana (AGI) soutient l’initiative, tout en soulignant l’importance du respect du délai de 48 heures pour le traitement des réclamations, engagement repris par les autorités.
Le lancement de Publican AI mi-mars a initialement suscité des tensions, conduisant à un mouvement de grève des organisations de commerçants et de transitaires. Celui-ci vient d’être suspendu à l’issue de discussions avec le ministère des Finances et la GRA et de concessions portant notamment sur le renforcement des recours et la mise en place d’un forum public-privé de suivi.
Selon la GRA, les semaines suivant le déploiement ont été marquées par une hausse d’environ 50% des recettes douanières et 75% des déclarations seraient traitées plus rapidement. Sur cinq ans, les sous-déclarations auraient entraîné un manque à gagner de plus de 11 Md GHS (900 M USD), justifiant le renforcement des contrôles.
Le Ghana et le Mali renforcent le corridor de transit Tema–Bamako
L’accord organise une coopération renforcée entre les deux institutions à travers l’échange de données, la réalisation d’études conjointes et la création d’un comité technique chargé du suivi de sa mise en œuvre. Il vise à harmoniser les procédures douanières, réduire les délais de passage aux frontières et atténuer les contraintes opérationnelles rencontrées par les opérateurs, notamment les coûts logistiques élevés, la densité des contrôles et certaines pratiques informelles.
Selon la GSA, le transit constitue un segment significatif de l’activité portuaire ghanéenne, générant plus de 34 M USD par an via les services logistiques associés (manutention, transport, fret et traçabilité). Dans cette perspective, ce partenariat s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la compétitivité des corridors ouest-africains, tout en contribuant à l’approfondissement de l’intégration économique en Afrique de l’Ouest.
Le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture s’associe au groupe Sentuo pour développer la production d’engrais
Le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture a signé un protocole d’accord avec Sentuo Group Limited pour développer la fabrication d’engrais au Ghana. Le développement de la production nationale devrait contribuer à réduire la dépendance aux importations, majoritairement originaires du Moyen-Orient, et permettre d’assurer un approvisionnement plus stable et abordable pour les agriculteurs à l’échelle nationale.
Cette collaboration avec le conglomérat d’origine chinoise intervient à un moment où le Ghana met en place un important programme de soutien aux engrais. En effet, dans le cadre du budget pour 2026, le gouvernement a alloué 272 000 tonnes d’engrais pour une distribution nationale, plus de 164 000 tonnes d’engrais pour l’intensification de la production agricole, avec environ 2,7 Md GHS pour le soutien aux engrais au cacao. L’ensemble de ces interventions sur les engrais du ministère devraient couvrir 661 000 agriculteurs environ.
Le protocole d’accord fournit également un cadre pour le développement d’usines de transformation à l’échelle industrielle de matières premières clés telles que la noix de cajou, le maïs, le riz, le soja et le palmier à huile tout en intégrant les aspects d’emballage, de contrôle qualité, de stockage et d’exportation afin de renforcer la compétitivité du Ghana sur le marché mondial.
En Afrique de l’Ouest, le Ghana est l’un des principaux importateurs d’engrais où la production primaire d’engrais chimique dans le pays est faible. Le pays déploie néanmoins une stratégie pour y remédier via le développement d’usines d’engrais composés (NPK) comme celle inaugurée en août 2025 par la ministre du Commerce, de l’Agribusiness et de l’Industrie dans le district de Shai Osudoku, dans la région du Grand Accra, au sud-est du pays. Les données compilées par le Centre international de développement des engrais (IFDC) indiquent que le Ghana a importé près de 554 239 tonnes d’engrais en 2024, dont 298 372 tonnes de NPK.