Actualités sectorielles du 11 au 24 avril 2026
Energie
Inde
L’Association des producteurs de modules solaires du Nord de l’Inde s’inquiète des difficultés d’approvisionnement en cellules solaires locales
Depuis 2019, l’Inde impose que les composants des projets solaires, concernant aussi bien les centrales solaires au sol que la facturation nette (net metering), l’open access et les projets de toitures soutenus par le gouvernement, remportés dans le cadre d’appels d’offres publics, proviennent uniquement de fabricants inscrits sur une Approved List of Models and Manufacturers (ALMM). A compter du 1er juin, les exigences se renforcent et seuls des modules intégrant des cellules photovoltaïques fabriquées localement seront autorisés dans les appels d’offres publics. La North India Module Manufacturer Association s’inquiète ainsi du manque de production locale et estime que l’Inde dispose d’environ 25,6 GW de capacité de production de cellules solaires pour une demande d’environ 50 GW, avec des importations en provenance de Chine représentant plus de 90 % de la demande. L’association demande au gouvernement d’envisager une mise en œuvre progressive avec un délai de neuf mois à partir de juin, alors qu’une demande avait déjà été refusée au moment de l’annonce en 2024 puis lors des clarifications publiées à l’été 2025 et que près de 50 GW de capacités de production de cellules solaires en construction devraient entrer en service dans l’année.
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Sri Lanka
Dégradation des résultats du Ceylon Electricity Board en 2025 et projet de réforme de la tarification de l’électricité
Le Ceylon Electricity Board (CEB), ancien opérateur public en charge de la production, du transport et de la distribution d’électricité du Sri Lanka (maintenant séparé en six nouvelles entités depuis mars dernier) a enregistré une perte de 29,15 Mds LKR (919 M USD) au quatrième trimestre 2025, après un bénéfice de 603 M LKR (1,9 M USD) sur la même période en 2024. Sur l’ensemble de l’année, l’entreprise affiche une perte cumulée de 38,73 Mds LKR, contre un bénéfice de 141,6 Mds LKR en 2024. Le déficit élevé enregistré sur l’année traduit un non-respect de l’engagement pris vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI) d’assurer une couverture des coûts par la tarification.
Le ministère de l’Énergie du Sri Lanka prévoit d’introduire une formule tarifaire avec révision annuelle unique des prix de l’électricité, en remplacement des ajustements trimestriels, afin d’en réduire la volatilité et d’améliorer la visibilité pour les consommateurs. Le dispositif, soumis à la Public Utilities Commission of Sri Lanka, reposerait sur un lissage saisonnier des coûts, impliquant un déficit temporaire du CEB en début d’année compensé au second semestre.
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Le Sri Lanka exposé à une forte hausse des prix d’importation du pétrole
Le Ceylon Petroleum Corporation (CPC) a acquis entre fin mars et mi-avril 2026 trois cargaisons de diesel à des prix compris entre 281 et 288 USD le baril, selon les données communiquées par sa direction. Ces niveaux s’expliquent moins par le prix de référence du brut que par des primes élevées liées au fret, aux marges fournisseurs et aux coûts d’assurance, particulièrement dans un contexte de tensions sur les routes maritimes. Le différentiel avec les références Platts (indice de prix du pétrole) montre des primes proches de 45 à 50 USD par baril, contre environ 3 USD avant la guerre. Ces coûts sont intégrés dans les prix domestiques, déjà relevés en mars (diesel à 382 LKR/litre, soit 1,2 USD/L).
Le ministre sri-lankais de l’Énergie démissionne suite à des soupçons d’irrégularités dans les importations de charbon
Une commission présidentielle d’enquête a été mise en place en avril 2026 afin d’examiner d’éventuelles irrégularités dans les importations de charbon et la production d’électricité associée. Cette décision intervient dans un contexte de controverses sur l’importation de charbon de qualité inférieure, susceptible d’avoir affecté l’efficacité des centrales et généré des pertes pour l’État. Dans ce cadre, le ministre et le secrétaire du ministère de l’Energie ont démissionné, invoquant la nécessité de ne pas entraver les travaux de la commission. Celle-ci est notamment chargée d’évaluer les manquements dans les procédures d’achat, de contrôle qualité et d’exploitation, d’identifier les responsabilités et de formuler des recommandations visant à renforcer la gouvernance du secteur.
Transports
Maldives
Les Maldives développent leurs activités de soutage offshore
Le développement des activités de soutage offshore, à savoir l’approvisionnement d’un navire en carburant, pourrait constituer un nouveau relais de croissance pour l’économie maldivienne. Lancé en septembre 2024, ce segment a généré 47,4 M USD de recettes à ce jour, avec une progression régulière des revenus mensuels. L’activité, opérée par la State Trading Organization (STO) en partenariat avec la société de trading pétrolier Vitol, repose principalement sur la vente de fioul à faible teneur en soufre, conforme aux normes environnementales internationales, et consiste à approvisionner en mer les navires de passage en carburant sans escale portuaire. Les autorités y voient un levier de diversification économique et anticipent, à terme, une contribution pouvant atteindre 400 M USD par an au PIB, sous réserve de la montée en puissance des capacités et du maintien de la demande.
Sri Lanka
Port City Colombo enregistre une accélération des flux d’investissements étrangers
Port City Colombo a enregistré une nette accélération des investissements, avec environ 900 M USD attirés entre novembre 2025 et mars 2026. Le projet, désormais structuré comme une zone économique spéciale dédiée aux services, repose sur un cadre réglementaire spécifique visant à réduire les risques et augmenter la rentabilité pour les investisseurs étrangers. Les entreprises peuvent y être entièrement détenues par des investisseurs étrangers (jusqu’à 100 % du capital) et bénéficier d’une gestion en devises étrangères et de conditions fiscales et administratives simplifiées. Près de 200 sociétés seraient déjà enregistrées, principalement dans les secteurs des services informatiques et financiers. Plus de 90 000 mètres carrés de bureaux seraient déjà occupés en dehors du périmètre physique du projet. Les autorités mettent en avant un pipeline d’investissements futurs estimé à 15 Mds USD et un potentiel de contribution annuelle au PIB de l’ordre de 13 Mds USD à terme. Le dispositif vise à positionner Colombo comme un hub régional de services et de sous-traitance pour l’Asie du Sud. La dynamique reste toutefois conditionnée à la crédibilité du cadre réglementaire et à la stabilité macroéconomique du pays.
Ville
Inde
Deux extensions de lignes du métro de Delhi ont été mises en service
Les extensions des lignes de métro de Delhi dites « Rose » et « Magenta » ont été inaugurées le 8 mars. La ligne rose voit dès à présent sa longueur augmentée de 12, 3 kilomètres avec 8 nouvelles stations, portant sa longueur totale à 72 kilomètres, quand la ligne magenta est maintenant longue de 49 kilomètres grâce à ses 10 kilomètres et 7 stations supplémentaires.
Ces extensions visent à mieux intégrer à l’ensemble du réseau de transports collectifs respectivement le nord-est et le nord-ouest de la capitale. Elles sont des étapes déterminantes de la phase 4 de la construction du métro de Delhi, qui comprend la réalisation de 45 nouvelles stations sur une longueur de 104 kilomètres pour un budget total de 4,8 Mds USD.
Ces infrastructures s’inscrivent dans la perspective de faciliter les mobilités pendulaires des habitants de la ville par un report modal sur le métro, couplées de plus aux nombreuses lignes de bus qui maillent la ville simplifiant la connectivité du dernier kilomètre. En particulier, la ligne rose forme désormais le premier « métro circulaire » de Delhi NCT.
Environnement
Inde
Deux décharges indiennes parmi les principales sources mondiales d’émissions de méthane en 2025
En 2025, l’Inde comptait deux des vingt-cinq sites d’enfouissement émettant le plus de méthane au monde, situés à Secunderabad (Telangana) et à Mumbai (Maharashtra) selon l’analyse publiée par l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Cette analyse s’inscrit dans le cadre du « STOP Methane Project », intitulée Spotlight on the Top 25 Methane Plumes in 2025: Landfills et s’appuie sur des données satellitaires. Le site de Secunderabad, proche d’Hyderabad, apparaît en quatrième position avec des émissions estimées à 5,9 tonnes de méthane par heure, tandis que celui de Mumbai se classe douzième avec 4,9 tonnes par heure.
L'Inde est le troisième plus grand émetteur mondial de méthane, avec environ 31 M de tonnes par an (soit environ 9 % des émissions mondiales). L'agriculture représente environ 49 % des émissions de méthane du pays.
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Santé
Inde
Les médicaments amaigrissants Ozempic et Mounjaro connaissent un essor important malgré des inquiétudes quant à leur sécurité
La demande pour les médicaments amaigrissants connaît une forte hausse en Inde, portée par la popularité de traitements injectables comme Ozempic et Mounjaro, utilisés pour une perte de poids progressive. Le Mounjaro, commercialisé par le laboratoire américain Eli Lilly, a enregistré un chiffre d'affaires de 12,12 M USD en mars, conservant ainsi sa place de médicament le plus vendu en Inde. Cette tendance s’accompagne toutefois de préoccupations croissantes des autorités sanitaires face aux risques de mésusage et à l’absence d’encadrement strict. L’essor du marché attire également des acteurs opportunistes. Les autorités indiennes ont démantelé un réseau impliqué dans la fabrication et la vente de fausses injections de Mounjaro récemment. Parallèlement, l’arrivée de versions génériques et de nouveaux entrants, notamment chinois, intensifie la concurrence et exerce une pression sur les prix.
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Le secteur pharmaceutique indien enregistre une croissance de 8,8 % au cours de l'exercice 2026
Le marché pharmaceutique domestique indien a enregistré une croissance de 8,8 % en 2025-2026 pour atteindre 26,16 Mds USD, porté principalement par les segments à forte valeur ajoutée comme les traitements cardiovasculaires et antidiabétiques.
Cette progression repose davantage sur une hausse des prix, l’introduction de nouveaux produits et l’adoption de thérapies innovantes, notamment les traitements GLP-1 utilisés contre le diabète et l’obésité, que sur les volumes. Le marché connaît ainsi un basculement vers des traitements plus sophistiqués et orientés résultats, reflétant l’évolution des besoins de santé liés aux maladies chroniques.
Le tourisme médical en Inde recule par rapport à son niveau record d'avant la pandémie
Le tourisme médical en Inde peine à retrouver son niveau d’avant Covid, avec une baisse continue des arrivées de patients étrangers, affectées par les tensions géopolitiques, les retards de visas et la concurrence croissante d’autres destinations asiatiques comme la Thaïlande ou Singapour. Malgré ce ralentissement, le potentiel du secteur reste important. Les acteurs hospitaliers anticipent une reprise de la demande et renforcent leurs capacités. Max Healthcare Institute prévoit ainsi d’augmenter significativement son nombre de lits pour atteindre 10 000 d’ici 3 à 4 ans, avec des investissements de 425 à 530 M USD.
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Le secteur pharmaceutique indien voit son usage de l’ammoniac rationné au profit du secteur agricole dans le cadre de la guerre au Proche et Moyen Orient
Une nouvelle directive du gouvernement indien sur l’ammoniac pourrait fragiliser l’industrie pharmaceutique en limitant l’accès à une matière première essentielle. Le texte impose de prioriser l’allocation de l’ammoniac au secteur des engrais, restreignant ainsi la vente des surplus aux autres industries, dont la pharmacie. Cette mesure, motivée par des enjeux de sécurité alimentaire, risque toutefois d’entraîner des tensions d’approvisionnement pour certains médicaments dépendants de ces intrants chimiques. Les acteurs du secteur alertent sur un possible impact sur la production et les coûts, dans un contexte déjà marqué par des perturbations des chaînes d’approvisionnement.