Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Golfe : quel club ? 

Le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), créé en 1981, procédait pour une bonne part d’une logique de sécurité collective. Le Sultanat d’Oman avait du reste proposé dès la première réunion du Conseil la création d’une force navale conjointe entre Etats du Golfe, destinée à garantir le passage du détroit d’Ormuz, une initiative rejetée mais rendant témoignage, 45 ans plus tard, à la vision stratégique de long terme du sultan Qaboos. En dépit de ces ressorts initiaux, la charte du CCEAG poursuit de manière privilégiée des objectifs de développement de la coopération, de la coordination et des interconnexions entre les Etats membres, dans un champ bien plus vaste de domaines, incluant l’économie et la finance, le commerce, les affaires douanières, l’éducation, la culture ou encore les sciences. De nature intergouvernementale, l’organisation était supposée prospérer sur un alignement naturel d’intérêts entre Etats fondamentalement dépendants de la rente pétrolière. Le déclenchement de l’opération Epic Fury, le 28 février, et le blocage du détroit d’Ormuz qui en a résulté, replacent l’enjeu sécuritaire au centre des préoccupations.

Les six Etats membres de l’organisation, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et le Sultanat d’Oman, devraient cumuler en 2025 un PIB d’environ 2.400 Md USD et une population totale d’environ 63 millions d’habitants. Ce qui situerait l’ensemble de cette zone au niveau du Canada selon le critère du PIB (11ème place mondiale), et juste derrière l’Afrique du Sud selon le critère de la population (24ème rang mondial). Un marché total d’importance moyenne, donc, incitant les plus riches de ses membres à se projeter vers l’international en développant des stratégies de hub ouverts aux flux de capitaux, de marchandises et de personnes.

Or force est de constater que, au cours des plus de 45 années qui ont suivi sa création, la conscience collective régionale supposément favorisée par cette organisation a peu à peu cédé le pas à des logiques de fragmentation et au primat des agendas nationaux, aggravés par des rivalités de nature plus politique, en particulier entre les deux puissances dominantes de ce « club », l’Arabie saoudite et les EAU, comme nous l’avons vu sur des théâtres extérieurs tels que le Yémen ou le Soudan, juste avant la crise iranienne mais qui sont toujours dans les esprits. Aussi, la concurrence des agendas économiques stratégiques, des fameuses « visions », en ordre dispersé, doit-elle nous amener à devoir qualifier cette dynamique régionale de multi-compétition des hubs plutôt que d’une simple concurrence émulatrice sur fond de coopération bien ancrée.

Pour analyser ces dynamiques fragmentaires, la théorie des jeux peut être d’une grande utilité. Cette théorie conceptualise un type de failles de marché par lequel un jeu non coopératif de type « dilemme du prisonnier » génère un sous-optimum collectif, en d’autres termes une destruction de valeur agrégée par rapport à l’optimum de Pareto. Le dilemme du prisonnier, énoncé dès 1950, place deux prisonniers rationnels, complices d’un crime, dans deux cellules séparées les empêchant de se concerter. Chacun est interrogé sur la culpabilité de l’autre prisonnier. 4 cas de figure sont possibles et les gains respectifs sont évalués : si les deux prisonniers se dénoncent mutuellement, ils écopent chacun de plusieurs années de prison (10 ans dans notre exemple). Si les deux se taisent, ils ne font qu’une courte peine de prison (1 an dans notre exemple). En revanche, si l’un dénonce l’autre tandis que l’autre se tait, ce dernier est condamné à la perpétuité (50 ans dans notre exemple) tandis que le dénonciateur est immédiatement libéré (0 année de prison). Les gains respectifs peuvent ainsi être représentés sous forme d’un tableau (le premier chiffre - respectivement le second - représentant le nombre d’années de prison du prisonnier 1 - respectivement du prisonnier 2 :

 

Prisonnier 2 se tait

Prisonnier 2 dénonce l’autre

Prisonnier 1 se tait

(1 ; 1)

(50 : 0)

Prisonnier 1 dénonce l’autre

(0 ; 50)

(10 ; 10)

On comprend que si chaque prisonnier ignore ce que l’autre va faire, il est incité à le dénoncer afin de ne pas risquer la perpétuité. On aboutit in fine à un équilibre non coopératif sous-optimal, dans lequel chacun écope de 10 années de prison, soit 20 années au total, alors qu’une stratégie coordonnée de silence aurait permis d’atteindre un optimum collectif, avec une peine d’une année de prison par prisonnier.

Pourquoi un tel détour théorique ? Parce qu’il nous semble éclairant, mutatis mutandis, pour l’analyse économique d’une zone telle que le CCEAG, marquée par une insuffisante coordination entre ses membres et qui risque d’anéantir les bienfaits de l’émulation concurrentielle en franchissant le seuil de la sous-optimalité d’utilité collective. L’asymétrie d’information entre Etats membres, faute d’une coordination effective du CCEAG, favorise une course dispersée aux hubs, surtout pour les Etats disposant d’abondantes ressources, qui ont les moyens de faire le pari du « winner takes all ». C’est ce que l’on a pu constater ces dernières années en Arabie saoudite, aux EAU et avec quelques nuances au Qatar, qui ont investi massivement pour développer leur plateforme aéroportuaire, leur compagnie aérienne, leur place financière internationale, leurs ports et leurs zones franches. Une logique qui prévaut même au sein des EAU avec Abu Dhabi et Dubaï.

En quoi cette multi-compétition des hubs peut-elle être dangereuse ?

Rappelons que la dépendance des économies du Golfe au pétrole demeure forte. Les hydrocarbures représentent encore en moyenne 1/3 du PIB dans la zone et bien davantage si l’on intégrait les activités connexes et dépendantes de ce secteur, qui constituent un « halo du pétrole ». Ils représentent en outre environ 2/3 des recettes publiques et environ 3/4 des exportations. La volatilité des cours et le mouvement mondial de décarbonation devraient inciter ces pays à accélérer leur diversification économique, mais de manière soutenable et compatible avec la taille du marché de la péninsule arabique et les avantages comparatifs de chacun de ses pays.

Pour y parvenir, il est essentiel de développer une capacité endogène à générer de la « destruction créatrice » dans leurs économies, à travers des réformes structurelles constituant un cadre favorable à l’innovation, stimulant le secteur privé, assurant la contestabilité des marchés et la mise en concurrence de certaines activités publiques, et assumant des investissements massifs dans l’éducation et la R&D. Or, cette course aux hubs, si elle constitue nominalement une diversification économique à court terme, peut en réalité masquer une diversification des rentes. La rente pétrolière continue d’être un moteur économique, mais s’y ajoutent des formes de rentes successorales ne favorisant pas nécessairement l’endogénéisation de la croissance du PIB à long terme. Le capital, qui n’est jamais infini même dans cette région du monde si bien dotée, a ainsi tendance à être prioritairement alloué à des projets plus rapidement rentables tels que l’immobilier, les projets touristiques, les revenus d’import-export réalisés le plus souvent depuis des zones franches comme celle de Jebel Ali, et des infrastructures surdimensionnées, au détriment d’investissements relevant d’une logique de Build plutôt que de Buy orientés vers des secteurs plus innovants, plus risqués aussi, mais renforçant le potentiel de croissance à long terme. 

Si la forte dynamique de croissance qui a précédé la crise iranienne a pu masquer les risques associés à cette course aux hubs, l’irruption de l’incertitude et de la menace, tel un coup de tonnerre dans un ciel serein, va susciter des incitations économiques fortes à l’innovation et à l’autonomisation des appareils productifs, comme on le voit dans les pays menacés (Israël) ou sous sanction (Iran), mais aussi accroître la valeur sous-jacente d’une meilleure coordination intra-CCEAG, se traduisant notamment par une forme de planification stratégique, des investissements dans les infrastructures créatrices de valeur collective (interconnexions ferroviaires, numériques, énergétiques…), un mouvement de standardisation des normes ainsi que des dispositifs immédiatement bénéfiques tels que le visa de tourisme régional qui n’est toujours pas en vigueur.

Les divergences politiques le permettront-elles ?

Jean-Baptiste Chauvel, chef du SER pour la péninsule arabique

 

Brèves économiques 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Le TASI atteint son plus haut niveau de clôture depuis novembre 2025, en hausse de 9,5 % depuis le début de l’année - L’indice Tadawul All-Share (TASI) a clôturé à 11 486 points le 14 avril, en hausse de 0,5 % sur la séance (+59 points), signant son plus haut niveau de clôture depuis novembre 2025. Depuis le début de l’année, l’indice gagne 9,5 % (+1 000 points), illustrant la résilience du marché saoudien malgré le contexte régional dégradé.

L’inflation remonte légèrement à 1,8 % en mars, toujours tirée par les loyers - L’inflation annuelle saoudienne s’est établie à 1,8 % en mars, contre 1,7 % en février, principalement sous l’effet du poste logement, eau, électricité et combustibles (+3,9 %), porté par une hausse des loyers effectifs de 4,8 %. La progression des prix reste néanmoins modérée, les prix alimentaires n’augmentant que de 0,3 % sur un an, ce qui confirme le maintien d’un environnement inflationniste maîtrisé. Cette dynamique conforte le scénario d’une inflation proche de 2 % en 2026, où la pression immobilière demeure le principal foyer de hausse des prix.

Le PIF approuve sa feuille de route 2026-2030 autour de trois portefeuilles d’investissement - Le conseil d’administration du PIF a approuvé une nouvelle stratégie articulée autour de trois portefeuilles : un Vision Portfolio dédié aux priorités domestiques de Vision 2030, un Strategic Portfolio centré sur la valorisation des actifs stratégiques et champions nationaux, et un Financial Portfolio orienté vers les rendements financiers et la diversification internationale. Le portefeuille Vision pilotera en particulier six écosystèmes domestiques (tourisme, développement urbain, industrie avancée, logistique, infrastructures vertes et NEOM), avec une volonté affichée de renforcer l’intégration sectorielle et la participation du secteur privé. Cette nouvelle structure traduit le passage d’une phase de déploiement rapide des projets à une logique davantage centrée sur la création de valeur, l’efficacité du capital et l’effet d’entraînement domestique.

Le PIF soutient le lancement d’un fonds de dette privée pour financer les entreprises saoudiennes et régionales - Le PIF sera investisseur d’ancrage d’un nouveau fonds lancé avec King Street Capital Management, destiné à octroyer des financements directs aux entreprises en Arabie saoudite et dans la région MENA. Le véhicule ciblera notamment les besoins de crédit non couverts par le système bancaire traditionnel, via des prêts structurés et adossés à des actifs. L’initiative vise à élargir les sources de financement du secteur privé et à accélérer le développement du marché régional du private credit, en forte croissance.

Energie, Transports & Industrie

Le PIF remet 550 M USD dans Lucid pour soutenir le déploiement industriel et le robotaxi - Le PIF, via Ayar Third Investment, a annoncé un nouvel apport de 550 M USD à Lucid, complété par 200 M USD d’Uber, tandis que le partenariat commercial est élargi à 35 000 véhicules destinés aux robotaxis. Pour l’Arabie saoudite, ce nouveau soutien confirme la volonté du fonds souverain de sécuriser la montée en puissance de sa filière véhicule électrique, en lien avec l’usine locale et le développement des futurs modèles de milieu de gamme.

Arabian Pipes décroche 64,2 M USD de contrats auprès d’Aramco pour la fourniture de tubes en acier - Arabian Pipes Company a annoncé de nouvelles commandes d’Aramco d’un montant total de 64,2 M USD pour la fourniture de tubes en acier sur des durées de 9 et 11 mois. Ces contrats confirment la poursuite des investissements dans les infrastructures pétro-gazières du Royaume, en particulier sur les segments gaziers, tout en soutenant la chaîne d’approvisionnement industrielle locale.

La capacité renouvelable installée bondit de 87 % à 12,3 GW en 2025 - La capacité installée en énergies renouvelables en Arabie saoudite a atteint 12,3 GW en 2025, contre 6,6 GW un an plus tôt, soit une hausse de 87 % tirée à 97 % par le solaire. La part des renouvelables dans la capacité totale du Royaume passe ainsi de 6,9 % à 12,6 %, marquant une accélération de la trajectoire de diversification du mix électrique. Cette dynamique reflète l’entrée en service progressive des grands projets du programme national d’énergies renouvelables, dans la perspective de l’objectif de 50 % d’électricité renouvelable à horizon 2030.

Les travaux du site de l’Expo 2030 à Riyad entrent en phase de construction - L’Arabie saoudite a annoncé le lancement officiel des travaux du site de l’Expo 2030 à Riyad, en parallèle de l’avancement des infrastructures associées et du schéma d’héritage post-événement présenté au Bureau international des expositions à Paris. L’accélération du chantier confirme la priorité accordée aux infrastructures directement liées à l’Expo, désormais au cœur de la séquence d’investissement du Royaume à l’horizon 2030. Cette mise en œuvre devrait soutenir durablement l’activité du BTP, des transports et de l’immobilier dans la région de Riyad.

Saudi Global Ports teste un corridor multimodal Est-Ouest entre les ports du Golfe et de la mer Rouge - Saudi Global Ports a mené un premier test de corridor combinant rail et route entre les ports de la côte Est, une plateforme logistique intérieure à Riyad, puis les ports de Jeddah et de King Abdullah sur la mer Rouge. Ce schéma vise à accélérer le transit des conteneurs à travers le territoire saoudien et à offrir une alternative terrestre aux routes maritimes régionales. L’initiative renforce le positionnement du Royaume comme hub logistique entre Golfe et mer Rouge, en ligne avec ses ambitions de diversification des corridors commerciaux.

Plus de 26,7 Md USD investis depuis 2018 pour améliorer l’efficacité hydrique et renforcer les PPP - L’Arabie saoudite a investi 26,7 Md USD dans le secteur de l’eau depuis 2018, dans le cadre de la stratégie nationale visant à améliorer l’efficacité du réseau, développer le dessalement et accroître la réutilisation des eaux usées. L’augmentation des partenariats public-privé a permis de transférer une partie importante des coûts d’investissement hors bilan de l’État, tout en améliorant l’efficacité opérationnelle du secteur. Avec un contenu local de 70 % dans les projets privatisés et 90 % d’emplois saoudiens dans l’exploitation, le secteur confirme également son rôle croissant dans la diversification industrielle et l’emploi.

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Selon les dernières perspectives du Fonds monétaire international publiées dans le World Economic Outlook (WEO) d’avril 2026, l’économie des Émirats arabes unis entrerait dans une phase de ralentissement temporaire sous l’effet des tensions régionales. La croissance du PIB réel est ainsi attendue en nette décélération, passant de +5,8 % en 2025 à +3,1 % en 2026, avant un rebond marqué à +5,3 % en 2027. L’inflation demeurerait modérée, à 2,5 % en 2026 après 1,3 % l’année précédente. Parallèlement, les équilibres externes resteraient solides, avec un excédent courant encore élevé, bien qu’en recul, à 11,4 % du PIB en 2026 contre 15,3 % en 2025.

La zone franche financière de Dubai, « Dubai International Financial Centre (DIFC), a annoncé le 09 avril un paquet de mesures de soutien visant à alléger les charges financières et opérationnelles de ses entreprises dans le contexte actuel. Ces mesures incluent notamment des facilités de paiement pour les loyers commerciaux, des options de règlement échelonné pour les renouvellements de licences, ainsi que des délais de grâce sur plusieurs frais administratifs (location, enregistrement des sociétés et des employés). L’objectif est de soutenir la trésorerie des entreprises et de préserver la stabilité de l’écosystème du centre financier, qui compte près de 8 800 sociétés actives, dont plus de 1 000 institutions financières régulées.

Energie, Transports & Tech

Dubai Integrated Economic Zones Authority (DIEZ), qui regroupe les zones franches de Dubai Airport Freezone (DAFZ), Dubai Silicon Oasis (DSO) et Dubai CommerCity, a annoncé le 10 avril un paquet de mesures temporaires : (i) des loyers au renouvellement, (ii) plans de paiement mensuels sans frais d’échéancier, (iii) suppression des pénalités de retard sur les renouvellements de licences ; (iv) exonérations et reports de certains frais administratifs et de services. L’objectif est de soutenir la liquidité des entreprises et de maintenir la continuité de l’activité dans ces zones stratégiques couvrant l’aviation, la technologie et le commerce en ligne.

Selon le AI Index Report 2026 publié par le Stanford Institute for Human-Centered Artificial Intelligence, les Émirats arabes unis figurent parmi les principaux pôles mondiaux de l’intelligence artificielle. Le pays se classe 5ᵉ au niveau mondial dans l’indicateur composite de « AI vibrancy », qui mesure la performance des écosystèmes nationaux à partir de critères tels que les investissements, les talents, la recherche et les politiques publiques. Cette position confirme la montée en puissance rapide des Émirats dans la compétition internationale sur l’IA, portée par une stratégie publique volontariste et des investissements soutenus

Les Émirats arabes unis et la Jordanie ont signé un accord de 2,3 Md USD pour la construction d’une ligne ferroviaire de 360 km reliant les sites miniers jordaniens au port d’Aqaba. Le projet, d’une capacité de 16 millions de tonnes par an (phosphate et potasse), vise à réduire les coûts logistiques et à renforcer la compétitivité des exportations jordaniennes. Porté notamment par Etihad Rail, il s’inscrit dans un cadre d’investissements bilatéraux plus large et devrait soutenir l’intégration économique régionale ainsi que le développement d’un réseau ferroviaire national en Jordanie.

D’après Reuters, le port de Fujairah, principal centre de soutage du pays en dehors du détroit d’Ormuz, a enregistré une forte chute de ses ventes de carburant marin en mars 2026 : les volumes ont atteint 158 852 m³ en mars, un plus bas historique pour le port. Cela représente une baisse de plus de 71 % par rapport à février 2026 (550 000 m³) et également une chute de plus de 75 % sur un an par rapport à mars 2025. Même si le port se situe en dehors du détroit d’Ormuz, le contexte de crise régionale a entrainé la réduction voire la suspension par plusieurs opérateurs de leurs opérations de ravitaillement à Fujairah, entraînant un report partiel des volumes vers d’autres hubs internationaux, notamment Singapour. Par ailleurs, les stocks de fuel lourd à Fujairah ont reculé à 3,91 millions de barils au 13 avril 2026, leur niveau le plus bas depuis le suivi de ces données, reflétant un ralentissement global de l’activité de bunkering dans le port.

D’après les chiffres du Ministère de l’Économie et du Tourisme, les Émirats arabes unis ont enregistré une performance touristique record en 2025, avec 32,34 millions de clients hôteliers et des revenus de 49,3 Mds d’AED (env.13,4 Mds USD). Le taux d’occupation des hôtels aux EAU s’est quant à lui établi à 79 % sur 2025.

Qatar

Selon le Fonds Monétaire International (FMI), l’économie qatarienne pourrait se contracter à hauteur de 8,6 % en 2026, contre une prévision de croissance de 4 % avant crise. Le FMI a souligné, dans sa mise à jour du mois d’avril du World Economic Outlook (WEO) publiée cette semaine, que les économies du Golfe, fortement dépendantes des flux énergétiques et du détroit d’Ormuz, sont particulièrement exposées par la guerre dans la région.

Les perturbations des routes maritimes dans le Golfe ont entraîné une hausse des coûts logistiques et des délais d’acheminement vers le Qatar, avec des reroutages importants et une pression accrue sur les prix des biens importés.

Le Ministère des Technologies de l’Information et des Communications (MCIT) a annoncé s’intéresser aux technologies quantiques dans le cadre de sa stratégie de diversification économique et de développement d’une économie fondée sur la connaissance. Cette orientation s’inscrit dans les efforts du pays pour renforcer son écosystème numérique et explorer les technologies de pointe

Les autorités qatariennes ont affirmé que les stocks alimentaires du pays demeurent « excellents », malgré les tensions régionales et les perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales. Le ministre du Commerce et de l’Industrie (MoCI), Sheikh Faisal bin Thani bin Faisal Al Thani, a souligné que ce niveau de sécurité alimentaire repose sur un système de gestion anticipative et des réserves stratégiques renforcées, permettant d’assurer la continuité de l’approvisionnement sans recours aux stocks d’urgence.

Le ministre des Finances du Qatar, Ali bin Ahmed Al Kuwari, a tenu à New York une série de rencontres avec des dirigeants de grandes banques et fonds d’investissements américains, dont BlackRock, JPMorgan Chase, Citigroup, Blackstone, Brookfield, Apollo Global Management et Janus Henderson. Les échanges ont porté sur les évolutions économiques et financières mondiales et régionales, ainsi que sur les opportunités de coopération et d’investissement.

QatarEnergy (QE) a annoncé une nouvelle découverte d’hydrocarbures offshore en République du Congo via sa participation de 15 % dans TotalEnergies E&P Congo (TEPC).

Le gouverneur de la Banque centrale du Qatar (QCB) et président de la Qatar Investment Authority (QIA), Sheikh Bandar bin Mohammed bin Saoud Al-Thani, a rencontré le directeur exécutif d’Adani Green Energy, filiale du conglomérat indien Adani spécialisée dans les énergies renouvelables.

Koweït

Pour 287 M KD, un sursis électrique. Le Ministère koweïtien de l’électricité devrait signer un contrat d'importation d'électricité d’un montant estimé à 287 M KD (790 M €) avec l'Autorité d'interconnexion du Conseil de coopération du Golfe. Cet accord porte sur une période de 11 mois (de mai 2026 à mars 2027) et fait actuellement l'objet des habituels contrôles de régularité avant sa mise en œuvre. Il s’agit pour le Koweït d’anticiper la hausse estivale de la consommation d'électricité, lorsque les températures atteignent leurs niveaux les plus élevés, et prévenir d'éventuelles coupures. Cette option renforce la fiabilité du réseau tout en réduisant la pression sur les infrastructures locales.

Trois mois pour une remise en l’état ? Des rapports internationaux ont estimé à 25 Mds USD (les estimations ultérieures ont porté ce montant à 58 Mds USD) le coût de la réparation et de la remise en état des infrastructures pétrolières ciblées au Moyen-Orient au cours des 40 jours qu’a duré le conflit à ce jour. L’analyste koweïtien Kamel Al-Harami a souligné que, bien qu’il soit difficile de déterminer la portée exacte des dommages, la remise en état des installations pétrolières koweïtiennes endommagées pourrait prendre environ trois mois. Al-Harami a expliqué que le retour de la production aux niveaux d'avant crise dépendrait de la rapidité avec laquelle les réparations des installations endommagées pourraient être mises en œuvre. Pour autant, l'arrêt récent de la production/extraction sur le champ pétrolier de Burgan - l'un des plus grands au monde - ne devrait pas emporter d'impact significatif à long terme sur sa production.

Dans la banque, on joue « retour au boulot ». L’association bancaire koweïtienne a annoncé que toutes les banques de l’émirat avaient repris leurs activités « à 100% de leur capacité ». En clair, le présentiel est redevenu la norme après plusieurs semaines pendant lesquelles la jauge du personnel sur site ne devait pas excéder 30% de l’effectif de la succursale. Cette décision intervient après une période de « plusieurs jours pendant lesquels aucun tir n’a visé l’émirat » et que des « efforts diplomatiques importants étaient déployés visant à atteindre un accord durable pour mettre fin au conflit ».

500 millions de barils : le Vietnam raffine koweïtien... Kuwait Petroleum International (KPI) a indiqué que la raffinerie koweïto-vietnamienne de Nghi Son avait traité plus de 500 millions de barils de pétrole brut koweïtien entre 2017 et septembre 2025, pour un valeur totale estimée à 37 Mds USD. Situé dans la province de Thanh Hóa, ce complexe pétrochimique majeur, capable de traiter 200.000 barils/jour, est le fruit d’une joint-venture entre KPI (35,1%), Idemitsu Kosan (35,1%), Vietnam national Oil and Gas (25,1%) et Mitsi Chemicals (4,7%). Nghi Son aurait progressivement augmenté sa capacité de production opérationnelle en 2025, pour atteindre 125 % de sa capacité nominale originale - elle avait déjà atteint 120% en 2023, après avoir achevé sa première opération de mise à niveau. La raffinerie couvre à elle seule entre 35 et 40 % des besoins du marché local.

Oman

La délégation omanaise était dirigée par Son Excellence le cheikh Khalifa Ali al Harthy, sous-secrétaire aux Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, tandis que la partie française était dirigée par Martin Briens, secrétaire général du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères. Il s’agissait de la première réunion du Dialogue Stratégique France Oman. Il a porté sur un examen de la coopération bilatérale, avec un accent sur les secteurs économique et d'investissement, la sécurité énergétique, la défense, la culture et l'éducation. Les représentants ont échangé leurs points de vue sur les questions régionales et internationales, discutant spécifiquement de la situation actuelle dans la région du Golfe. Cette session inaugurale doit être suivie des réunions de quatre sous-comités (politique, défense, économie et culture / éducation) dont les dates ne sont pas encore fixées.

En mars 2026, l’inflation à Oman a nettement accéléré à 3,6 % en glissement annuel (contre 2,0 % en février), tirée principalement par les services divers (+13,8 %), le transport (+9,4 %) et l’alimentation (+4,3 %), cette dernière étant portée par les hausses des légumes (+15,6 %) et des fruits (+10,7 %). Les prix de la restauration et de l’hôtellerie progressent de 5,8 %, tandis que le logement reste stable. L’inflation atteint 4,5 % à Mascate, niveau le plus élevé du pays. Sur le plan opérationnel, cette dynamique implique une hausse des coûts d’importation et d’exploitation, en particulier dans les secteurs dépendants du transport et des intrants alimentaires, et pourrait entraîner des ajustements de prix à court terme malgré une inflation moyenne encore modérée à 2,3 % au T1 2026.

La coentreprise OQ8 (OQ 50 %, KPI 50 %), qui exploite la raffinerie de Duqm (255 000 b/j), a importé son premier brut nigérian, selon les données de Kpler. Une cargaison de Bonny Light est arrivée au terminal d’importation de Ras Markaz le 3 avril, et une cargaison non précisée de brut et de condensats est arrivée de Fujairah le 6 avril. Avant la guerre avec l’Iran, la raffinerie de Duqm dépendait principalement de volumes de base fournis par son partenaire koweïtien, ainsi que de volumes ponctuels en provenance d’autres pays du Golfe. Ce commerce s’est tari en raison des perturbations des flux via le détroit d’Ormuz, obligeant OQ8 à diversifier ses approvisionnements.

La zone économique spéciale de Duqm (SEZAD) va héberger la première grande usine de fabrication d’éoliennes de la région, développée par la société omanaise Mawarid Turbine Company, avec le support de son partenariat stratégique conclu avec le groupe chinois Shanghai Electric Wind Power Group, portant sur un transfert de technologies, la conception et la fourniture d’équipements. La première phase représente un investissement supérieur à 200 M USD. L’usine assurera une production locale d’éoliennes à Oman, destinée à alimenter les futurs parcs éoliens du Sultanat ainsi que des marchés à l’export. Sa mise en service est prévue en 2026, avec un démarrage progressif de la production dès la mi-année. Le projet devrait générer plus de 1 000 emplois et renforcer les compétences nationales dans les technologies vertes.

Le groupe public omanais d’achat d’électricité et d’eau Nama Power and Water Procurement a signé trois contrats d’achat d’électricité (PPA) avec ENGIE et ses partenaires afin de renouveler 3,5 GW de capacité de production d’électricité au gaz pour une durée de 15 ans, jusqu’aux années 2040. Ces accords prolongent les contrats des centrales de Sohar II et Barka III, chacune fournissant 747 MW entre 2028 et 2043, ainsi que de la centrale de Sur I, qui fournira 1,978 GW entre 2029 et 2044. Cela s’inscrit dans la stratégie à deux volets d’Oman, consistant à développer les capacités en énergies renouvelables tout en maintenant une solide capacité de base de production électrique au gaz. La production totale d’électricité au gaz à Oman passera ainsi de 9,8 GW cette année à 13,5 GW en 2029, lorsque les développeurs mettront en service les centrales en construction de Duqm (877 MW) et de Misfah (1,7 GW).

En 2025, le secteur aérien en Oman a confirmé sa trajectoire de croissance, avec 15,2 millions de passagers traités par les aéroports du Sultanat et une progression du fret aérien de +4%. Oman Air enregistre 5,8 millions de passagers (+8%) et opère un retournement financier marqué par un EBITDA positif, une première depuis 15 ans, de 3,2 M OMR (8,3 M USD), une réduction de dette de 27 M OMR (70 M USD) et une amélioration de 6% du coût unitaire (CASK), avec un taux de remplissage de 82%. Salam Air affiche une croissance soutenue, avec 3,4 millions de passagers, 137 M OMR de chiffre d’affaires (355,7 M USD) et un taux de ponctualité de 83%. L’extension du réseau (45 destinations, nouvelles liaisons vers l’Europe et le Moyen-Orient) et la montée en capacité de flotte contribuent au renforcement de la connectivité internationale, au dynamisme du tourisme entrant et à la consolidation du positionnement d’Oman comme hub régional. Des projets structurants, comme la ville aéroportuaire de Mascate et le développement d’un centre de maintenance aéronautique, visent à renforcer l’écosystème. En outre, le ministre des transport a annoncé le lancement d’une nouvelle compagnie régionale en 2026 qui desservira des zones peu connectées jusqu’à présent telles que Sohar, Khasab, Jabal Akhdhar, Masirah, Suharqui et les îles Al Hallaniyat. Cette future compagnie devrait être équipée de petits avions de type ATR

Bahreïn

L’économie bahreïnienne enregistre une croissance de 3,5 % en 2025, portée par le non-pétrolier - Le PIB réel de Bahreïn a augmenté de 3,5 % en 2025, après 2,6 % en 2024, soutenu par les activités non pétrolières (+4,1 %), qui représentent désormais 85,8 % du PIB. La dynamique s’est renforcée au T4 (+4,6 %), avec une nette accélération du non-pétrolier (+7,4 %). Cette trajectoire confirme la résilience du modèle de croissance bahreïnien, de plus en plus porté par les services et les secteurs à plus forte valeur ajoutée, dans un contexte budgétaire pourtant encore contraint.

La CBB reporte pendant trois mois les échéances de prêts pour soutenir la liquidité - La banque centrale de Bahreïn a demandé aux banques de détail et sociétés de financement de proposer un report de trois mois des échéances de prêts et paiements de cartes de crédit, intérêts inclus, au bénéfice des ménages comme des entreprises. Cette mesure s’inscrit dans le programme plus large de soutien à la liquidité annoncé cette semaine, qui comprend également un abaissement des réserves obligatoires de 5 % à 3,5 % et un relâchement temporaire des ratios de liquidité. Elle vise à préserver les trésoreries privées et à contenir tout risque de tension financière dans un contexte régional dégradé.

Bahreïn prend en charge les salaires d’avril des nationaux du secteur privé - Le gouvernement bahreïnien a annoncé la prise en charge, via le fonds d’assurance chômage, des salaires du mois d’avril des travailleurs bahreïniens employés dans le secteur privé. La mesure vise à préserver l’emploi local et à soutenir les entreprises affectées par les perturbations régionales, en réduisant temporairement leur masse salariale.

Bahreïn valide 340 M USD pour la phase II de la Shaikh Jaber Highway - Le Roi a ratifié le 8 avril l’accord-cadre portant sur le financement de la deuxième phase du projet Shaikh Jaber Al Ahmad Al Sabah Highway, pour un montant de 340 M USD. Ce chantier vise à améliorer la fluidité sur l’un des principaux axes reliant Manama aux zones résidentielles et industrielles du nord du pays. Malgré un contexte budgétaire toujours contraint, cette décision confirme la priorité donnée aux infrastructures de transport à fort impact sur la congestion urbaine et la compétitivité logistique.