Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 30 mars 2026
Excédent de balance courante du Nigeria de 14 Md USD en 2025 ; Budget 2026 approuvé et augmenté ; Conclusion de la réforme de recapitalisation bancaire ; Swap financier de 5 Md USD ; Lagos souscrit une assurance contre les inondations ; Pôles de recherche sur l’économie numérique ; Application d’IA pour faciliter l’accès aux services publics. 11ème accord de restructuration de dette du Ghana avec l’Inde ; L’inflation à 3,2% en mars ; Rans Logistics rembourse 1,5 M EUR à l’État.
LE CHIFFRE À RETENIR
51,9
L’indice des directeurs d’achat (PMI) publié par Stanbic IBTC pour le Nigeria en mars.
Nigeria
Le Nigeria enregistre un excédent de balance courante de 14 Md USD en 2025
La CBN a publié son rapport sur la balance des paiements pour l’année 2025. Celui-ci fait état d’un excédent de balance courante de 14,0 Md USD, réduit par rapport aux 19,0 Md USD de 2024, année de rééquilibrage significatif (6,4 Md USD en 2023, 3,5 Md USD en 2022).
L’amélioration de l’excédent commercial en biens (14,5 Md USD après 13,2 Md USD en 2024) n’a pas compensé la dégradation des déficits des balances des services (-14,6 Md USD contre -13,4 Md USD en 2024) et des revenus primaires (-9,1 Md USD contre -5,7 Md USD en 2024). L’excédent de la balance des revenus secondaires s’est en parallèle réduit, passant de 24,9 Md USD en 2024 à 23,2 Md USD en 2025.
Les équilibres commerciaux en biens du Nigeria se sont renforcés en raison notamment de l’activité de la raffinerie Dangote qui s’est traduite par la réduction des importations de produits pétroliers raffinés (-29%). En conséquence et de manière inédite en 2025, le pays a exporté du carburant (6 Md USD), et a importé du pétrole brut (4 Md USD). En lien également avec la baisse du cours du baril en 2025, les exportations de pétrole brut se sont réduites (-14%). Les exportations nigérianes de gaz et non-pétrolières ont en parallèle connu une croissance significative (+21% et +25% respectivement).
La dégradation de la balance des revenus primaires peut s’expliquer par l’augmentation des flux entrants d’investissements de portefeuille, et par conséquent des rémunérations payées aux investisseurs étrangers. Les revenus secondaires nets, issus des transferts de la diaspora nigériane (22 Md USD) demeurent une source essentielle de devises pour le pays.
Le compte financier affiche un déficit de 1,7 Md USD, après un excédent de 9,7 Md USD en 2024, reflétant l’accumulation de réserves de change de la CBN sur l’année (de 40,9 Md USD à 45,5 Md USD). A noter que le poste erreurs et omissions reste très élevé à -15,7 Md USD (-9,4 Md USD en 2024).
Le Parlement a approuvé un budget 2026 augmenté par rapport à la proposition présidentielle initiale
Représentant 68 300 MD NGN (soit 43 Md EUR) de dépenses, celui-ci a été augmenté alors que la proposition initiale du Président Tinubu était de 58 500 Md NGN (37 Md EUR) en décembre dernier. Il se décompose en 26 000 Md NGN (16 Md EUR) de dépenses d’investissements pour financer notamment des grands projets d’infrastructures, 5 400 Md NGN (3 Md EUR) pour le budget de la défense, 15 900 Md NGN (10 Md EUR) destinés au service de la dette et 10 900 Md NGN (7 Md EUR) de dépenses courantes.
Les hypothèses adoptées dans le cadre du budget 2026 misaient initialement sur un prix du baril moyen à 65 USD, une production pétrolière de 1,84 million de barils par jour, une croissance de 4,7% et un taux de change stable à 1 400 NGN pour 1 USD. La forte augmentation des cours pétroliers depuis mars laisse suggérer une augmentation des revenus du Nigeria en 2026 et expliquent l’augmentation des dépenses prévues par le budget pour l’année. Le déficit prévu en décembre était de 23 850 Md NGN, soit 4,3% du PIB.
Conclusion de la réforme de recapitalisation bancaire menée par la Banque centrale
La réforme de recapitalisation du secteur bancaire, lancée par la CBN en mars 2024 est arrivée à son terme le 31 mars 2026. Sur la période, les banques nigérianes ont levé 4 650 Md NGN, soit près de 3 Md EUR. 72,55% des fonds proviennent du marché domestique et 27,45% de capitaux internationaux.
La réforme visait à renforcer la capacité de financement du secteur bancaire, sa résilience et améliorer sa compétitivité. La consolidation du secteur permet au système financier nigérian de disposer d’acteurs de taille critique capables de financer une croissance ambitieuse.
33 banques ont rempli les critères réhaussés de capitalisation requis par la CBN, d’autres restent sujettes à des mesures de régularisation.
Projet d’accord de swap financier de 5 Md USD avec une banque émirienne
Le Nigeria prévoit de conclure un accord de swap financier avec First Abu Dhabi Bank, représentant jusqu’à 5 Md USD. Cet accord, approuvé par le Parlement nigérian, représente une opportunité de financement en devise alternative pour le pays, moins coûteuse qu’une émission euro-obligataire traditionnelle, alors que le contexte géopolitique mondial a entraîné une augmentation des taux, en particulier pour les marchés émergents.
Cet accord aurait une maturité totale de 6 ans, avec une clause de rupture possible à 3 ans. La première tranche sera facturée au taux sans risque (SOFR – Secured Overnight Financing Rate) + 395 points de base, la deuxième tranche à SOFR + 400 points de base.
Ces fonds devraient permettre de financer des projets d’infrastructures de transports et refinancer de la dette à moindre coût. En échange de ces liquidités, le Nigeria met en garantie des titres de dette publique libellée en naira représentant 133% du montant de l’accord. Cette garantie renforcée permet à la banque émirienne de se protéger si la valeur des actifs diminue.
Lagos souscrit une assurance contre les inondations
Cette assurance paramétrique, dont l’indemnité pourra s'élever jusqu'à 7,5 M USD, sera déclenchée dès que la hausse du niveau des eaux atteindra une certaine ampleur, selon des données satellitaires.
Afin de réagir plus rapidement face à une situation de crise, cette assurance paramétrique, notamment conçue par AXA Climate, doit permettre un versement immédiat des indemnités financières, sans avoir à attendre une évaluation des dommages subis.
Si, dans un premier temps, le financement de la prime sera assuré à 90% par un fonds financé par l'Allemagne, la contribution de l'État de Lagos, selon qui l'inaction face au changement climatique pourrait avoir un coût cumulé de 40 Md USD d'ici à 2050, va progressivement augmenter au fil des ans.
Appel à manifestation d’intérêt pour des pôles de recherche sur l’économie numérique de 12 Md NGN
Le programme s'articule autour de six pôles de recherche thématiques : connectivité, accès et utilisation pertinente ; infrastructures publiques numériques et administration numérique ; compétences numériques, alphabétisation numérique et inclusion ; économie numérique, emplois et moyens de subsistance ; confiance, sécurité, protection des consommateurs et préjudices en ligne ; intelligence artificielle et technologies émergentes.
Le Nigeria lance une application d’IA pour faciliter l’accès aux services publics
Cette initiative s'inscrit dans le cadre du programme « Renewed Hope » du président Bola Ahmed Tinubu, renforçant ainsi des priorités essentielles telles que la gouvernance inclusive, la transparence et la responsabilité.
Les principales fonctionnalités de l'application mobile CLHEEAN concernent (i) l’éducation des citoyens à travers une veille d’actualité des politiques publiques, présentant les droits et les responsabilités civiques ; (ii) le partage d’idées au profit des autorités ; (iii) la stimulation du débat démocratique à travers des plateformes d’engagement facilitant les débats. L’assistant vocal et le chat de l’application doivent apporter des réponses dans les principales langues du Nigeria, rendant la gouvernance plus accessible.
Ghana
Le Ghana signe son 11ème accord de restructuration de dette avec l’Inde
Cette annonce intervient quelques semaines après la signature d’un accord similaire avec la Belgique. Par ailleurs, en février, Accra a indiqué avoir versé près de 910 M USD d’intérêts dans le cadre de son Programme d'échange de la dette domestique.
Selon lui, les progrès réalisés au sein du Comité officiel des créanciers co-présidé par la France et la Chine, permettant une progression régulière vers un faible risque de surendettement, ainsi que l’amélioration significative des indicateurs macroéconomiques laissaient entrevoir une reprise économique durable pour le Ghana.
L’inflation s’établit à 3,2% en mars 2026
L'inflation annuelle diminue légèrement à 3,2% en mars 2026, après 3,3% en février, marquant ainsi le 15ème mois de baisse consécutive et le niveau le plus bas depuis le rebasage de l'Indice des prix à la consommation (IPC) en 2021. Pour mémoire, l’inflation enregistrée en mars 2025 était de 22,4%. L’inflation mensuelle, plus volatile par essence, se réduit drastiquement de 0,8% en février à 0,1% en mars.
Le Centre des statistiques ghanéen (GSS) révèle un changement dans les facteurs d'inflation : tandis que les prix des biens, qui représentent environ 73% de l’IPC, ont diminué de 1% entre février et mars 2026, l'inflation des services a fortement augmenté, passant de 3,7% à 7,2%.
De fortes disparités régionales persistent, l’inflation variant de -4,6% (région Savannah) à +8,6% (région Nord-Est). Selon le GSS, l'offre locale, les coûts de transport et l'accès au marché pourraient expliquer ces écarts.
Si l’inflation s’est à nouveau réduite en mars, l’impact de la guerre au Moyen-Orient fait peser un risque inflationniste sur le Ghana via la hausse des cours du pétrole et, dans une moindre mesure, celle des prix des produits alimentaires et des engrais. Des pressions à la baisse sur le cedi pourraient également s’exercer, les monnaies des économies émergentes étant exposées à une volatilité accrue en période d’incertitude mondiale.
Dans ce contexte, plus tôt ce mois-ci le groupe Fitch a révisé sa prévision d’inflation moyenne pour le Ghana en 2026, à 7,8% contre 7,3% précédemment.
Rans Logistics rembourse 1,5 M EUR à l’État à la suite d’un audit sur les arriérés publics
Le ministère des Finances du Ghana avait présenté début mars les résultats d’un audit des arriérés de paiement de l’État conduit par le Service d’audit du Ghana avec l’appui des cabinets EY et PwC. Sur un stock de 68,7 Md GHS (4,7 Md EUR) de passifs déclarés à fin 2024, l'exercice avait conduit au rejet de 8,1 Md GHS (648 M EUR) pour irrégularités, tandis que 13,3 Md GHS (917 M EUR) demeurent sous examen.
Le vice-ministre des Finances a indiqué que le Procureur général travaille avec son équipe afin de déterminer les mesures appropriées à prendre concernant toutes les infractions constatées.