Objectif Afrique est la lettre d'information économique mensuelle de la Direction générale du Trésor consacrée à l'Afrique subsaharienne. Rédigée par les services économiques présents sur le continent, elle décrypte chaque mois les principales actualités économiques, financières et sectorielles de la région. Ce mois-ci, le focus est consacré à la perception de la corruption en Afrique subsaharienne.

 

visuel objectif afrique n256

 

À la une : Perception de la corruption : l'Afrique subsaharienne reste en bas du classement mondial

 

D'après le rapport Corruption Perceptions Index (CPI) 2025 publié par Transparency International, qui mesure la perception de la corruption dans le secteur public sur une échelle allant de 0 (très corrompu) à 100 (très intègre), l'Afrique subsaharienne apparaît comme la région la plus exposée à la corruption et aux faiblesses institutionnelles au niveau mondial.

En 2025, la moyenne régionale s'établit à 32/100 (après 33/100 en 2024), derrière l'Europe de l'Est et l'Asie centrale (34/100), la région Moyen-Orient Afrique du Nord (39/100), les Amériques (42/100), l'Asie-Pacifique (45/100) et l'Europe (64/100). Cette situation reflète des fragilités persistantes en matière de gouvernance et d'État de droit, qui pèsent sur l'environnement des affaires et limitent la capacité à attirer des investissements privés. À l'échelle mondiale, la moyenne du CPI s'établit à 42, et 122 pays obtiennent un score inférieur à 50, dont 45 sont situés en Afrique subsaharienne.

Quatre économies se distinguent par des institutions relativement solides et obtiennent un score supérieur à 50 – Seychelles (68/100), Cap Vert (62/100), Botswana (58/100) et Rwanda (58/100) –, mais la majorité des pays d'Afrique subsaharienne affichent des scores inférieurs à 50, traduisant des vulnérabilités persistantes en matière de gouvernance, transparence budgétaire et indépendance judiciaire. Les situations les plus préoccupantes concernent les États fragiles, en guerre ou confrontés à des crises institutionnelles et sécuritaires, principalement situés en Afrique de l'est et en Afrique centrale : la Somalie (9/100), le Soudan du Sud (9/100), l'Erythrée (13/100), le Soudan (14/100), la Guinée équatoriale (15/100), et le Burundi (17/100) figurent parmi les pays perçus comme les plus corrompus au monde. En revanche, en Afrique de l'ouest et australe des pays comme le Sénégal (46/100), la Namibie (46/100), le Bénin (45/100) ou São Tomé (45/100) affichent des performances relativement solides, avec des institutions perçues comme plus stables et un cadre réglementaire plus prévisible, comparables à celui de plusieurs pays européens (Croatie et Roumanie à respectivement 47 et 46/100).

 

Dans ce numéro :

  • Afrique centrale — Mission Article IV au Cameroun : le FMI appelle à la consolidation des finances publiques et à l'accélération des réformes structurelles
  • Afrique de l'Est — Prévision d'une forte hausse des dépenses publiques en 2026-2027 en Tanzanie
  • Afrique de l'Ouest — Publication du bulletin mensuel des statistiques de la BCEAO : hausse continue des indicateurs
  • Afrique subsaharienne — Réformes économiques, croissance soutenue et inflation modérée : les notations souveraines africaines au plus haut depuis cinq ans

 

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