Flash Conjoncture Pays avancés - Marché de l’automobile dans les principales économies de la zone euro
Les immatriculations de véhicules neufs – qui reflètent la demande des entreprises et des ménages – ont évolué dans des directions sensiblement différentes dans les principales économies de la zone euro en 2025 (cf. graphique 1). La forte progression des immatriculations de véhicules en Espagne (+13,0 %) contraste en effet avec le recul enregistré en France (−5,0 %), tandis que les évolutions sont plus modérées en Allemagne (+1,4 %) et en Italie (−2,1 %).
La forte progression des immatriculations en Espagne est principalement tirée par la dynamique soutenue des importations (+16,6 % en 2025 par rapport à 2024). À l’inverse, la faiblesse de la demande française s’est répercutée sur les constructeurs étrangers, les importations en véhicules reculant de −5,1 % (cf. graphique 2). En Allemagne, les importations de véhicules progressent (+6,0 %) après un net recul en 2024 (−10,3 %). Enfin, la baisse des immatriculations de véhicules en Italie résulte à la fois du recul des importations (−2,1 %) et d’une contraction de la production domestique (cf. infra). Par rapport à 2019, les importations de véhicules progressent de +16,7 % en Espagne, de +2,3 % en Italie tandis qu’elles reculent en France (−5,4 %) et en Allemagne (−8,0 %).
La Chine a notamment bénéficié de la dynamique d’importations espagnoles. En 2025, les véhicules importés par l’Espagne en provenance de Chine ont progressé de 19,8 %, et représentent désormais plus de 10 % des véhicules importés (contre 5 % à 6 % pour ses voisins européens), alors qu’ils n’en représentaient que 0,3 % en 2021. La progression des importations de véhicules en provenance de Chine est également très soutenue en Italie (+68,4 %), en France (+16,5 %) et en Allemagne (+15,1 %). Les aides espagnoles sont moins restrictives que les dispositifs français et allemands[1], puisqu’elles n’excluent pas les véhicules électriques d’entrée de gamme produits en Chine, et ont pu ainsi contribuer à soutenir la hausse des importations de véhicules en provenance de Chine.
Les dynamiques d’offre suggèrent également un décalage entre la demande nationale et la production nationale. En effet, il n’y a qu’en France où l’indice de production industrielle dans le secteur automobile progresse en 2025 (+3,1 % après un −11,2 %). En Espagne, le recul de la production de l’industrie automobile (−4,5 % après −3,2 %) confirme que le surplus de demande est essentiellement adressé aux constructeurs étrangers. La production industrielle italienne continuerait à décliner en 2025 (−10,4 % après −22 %). Les exportations de véhicules (données des douanes) sont reparties à la hausse en 2025 en France (+3,0 % après −9,0 %) alors qu’elles reculeraient dans les trois autres pays.
Enfin, dans les quatre pays, les immatriculations de véhicules électriques progressent en 2025. La hausse est davantage marquée en Espagne (+77,1 %) qu'en Italie (+44,2 %) ou en Allemagne (+43,2 %) et surtout qu’en France (+12,5 %). Le plus fort dynamisme en Espagne et en Italie s’explique par un effet de rattrapage, alors que les véhicules électriques ne représentent que 6 % des véhicules nouvellement immatriculés en 2025 en Italie et 10 % en Espagne, contre près de 20 % en France comme en Allemagne. Le taux de croissance plus élevé en Allemagne qu'en France s'explique par ailleurs par un effet rebond, après une forte baisse des immatribulations de véhicules électriques neufs en Allemagne en 2024 (−27,4 %) [2].
Les véhicules de nature hybride (rechargeables et non rechargeables) dominent les nouvelles immatriculations de véhicules, avec près de la moitié des immatriculations en France, en Italie et en Espagne, et 40 % en Allemagne. L’essentiel de ces nouvelles immatriculations de véhicules hybrides restent orientés vers l’hybride non-rechargeable, en particulier en France et en Italie (87 % des véhicules hybrides immatriculés dans ces deux pays, 80 % en Espagne et 73 % en Allemagne).
[1] En France, l’éligibilité d’un véhicule électrique au bonus écologique et au leasing social est conditionnée à l’atteinte d’un score environnemental minimal.
[2] Le recul des ventes de véhicules électriques neufs en Allemagne en 2024 s’explique notamment par la suppression des aides publiques à l’achat de véhicules électriques à la fin de l’année 2023.