L’activité a ralenti en Italie en 2025, la croissance atteignant +0,7 %1 en 2025, après +0,6 % en 2024 et +1,0 % en 2023. Cette progression atone s’inscrit dans un climat de dégradation du commerce extérieur, liée notamment aux droits de douane imposés par les États-Unis. L’Italie est fortement exposée au marché américain, qui absorbe près de 10 % de ses exportations et constitue son deuxième débouché à l’exportation (derrière l’Allemagne). Si les exportations italiennes vers les États-Unis ont bénéficié d’un effet d’anticipation au 1er trimestre (frontloading), en amont de l’entrée en vigueur des droits de douane, un contrecoup a été observé au 2e trimestre. Par ailleurs, l’Italie fait face à une concurrence accrue de la Chine avec une dégradation nette de son déficit bilatéral (multipliée par 2 entre 2021 et 2025), avec une forte hausse des importations chinoises et une contraction des exportations vers la Chine en 2025. Au total sur l’année 2025, les exportations ont moins progressé que les importations (+1,4 % contre +3,9 %) conduisant à une contribution du solde extérieur à la croissance nettement négative (−0,6 pt, cf. graphique 1).

Contribution à la croissance du PIB

 

En revanche, l’activité a bénéficié d’une demande intérieure dynamique en 2025. Porté par les travaux publics dans le cadre du plan national de relance et de résilience (PNRR), l’investissement rebondit à +3,8 % (après −3,5 % en 2024) et sa contribution à la croissance atteint +0,8 pt (après −0,8 pt). Dans le même temps, la consommation des ménages progresse de +1,1 % (après +1,2 % en 2024), contribuant à hauteur de +0,6 pt à la croissance (après +0,7 pt), dans un contexte de hausse de l’emploi et du pouvoir d’achat. 

Du côté des finances publiques, selon Istat, le déficit public a atteint 3,1 % du PIB en 2025, après 3,4 % en 2024. L’excédent primaire a augmenté en 2025 à +0,7 % (après +0,5 % en 2024). La dette publique a continué de progresser pour s’établir à 137,1 % du PIB en 2025 (après 134,7 % en 2024), un niveau supérieur aux prévisions du gouvernement (136,2 %).

 Déficit public et solde primaire

Les perspectives pour 2026 restent entourées d’une forte incertitude en raison d’une situation géopolitique dégradée. Les indicateurs conjoncturels sont bien orientés au 1er trimestre 2026 : l’indicateur de confiance des ménages est en hausse en février (97,4 après 96,8) ainsi que l’indice PMI composite (52,1 après 51,4) en février. Toutefois, la guerre au Moyen-Orient constitue un risque majeur pour l’économie italienne, en raison de sa dépendance aux importations énergétiques, en particulier sur le gaz. Une hausse prolongée du prix du gaz, qui représente 40 % du mix électrique en Italie, aurait des répercussions sur trois canaux principaux2. Elle pèserait d’abord sur la croissance, via l’érosion du pouvoir d’achat des ménages et la compression des marges des entreprises à forte intensité énergétique. Elle pourrait ensuite raviver les anticipations d’inflation. Enfin, une hausse de la facture énergétique entraînerait une dégradation de la balance commerciale.

  

1 La croissance de +0,7 % en 2025 est calculée à partir de données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrés (CVS-CJO), tandis que le chiffre de +0,5 % figurant dans le communiqué officiel d’Istat, et largement repris par la presse, repose sur des données brutes.

2 Altomonte, C. (2026). “Italy, Energy and War: the Time Factor”. Université Bocconi (3 mars).