Actualités économiques Nigeria-Ghana semaine du 2 mars 2026
Croissance nigériane en 2025 à 4,0% ; L’indice PMI en février à 53,2 ; Capitaux entrants +88% en 2025 ; Le Nigeria et l’AFC signent un accord minier ; Dangote Ciment signe un accord avec le chinois Sinoma ; Lutte contre les abus liés aux images générées par l’IA ; Entretien des infrastructures spatiales. Fin des restrictions imposées sur l'émission d'obligations nationales ; L’inflation à 3,3% en février ; Plan de prospérité climatique du Ghana ; Accord de 205 M USD pour Engineers & Planners.
LE CHIFFRE À RETENIR
34,8 Md USD
Nigeria
La croissance nigériane pour 2025 s’établit à 4,0%
Le Bureau national des statistiques nigérian (NBS) a publié les résultats de croissance du pays pour le dernier trimestre 2025 et ainsi la croissance de l’année 2025. Le Nigeria enregistre +4,0% de croissance au T4-2025 après +4,2% au T3-2025 (+4,2% au T4-2024) en glissement annuel. La croissance de l’année s’établit à +4,0%, légèrement en-deçà des prévisions du FMI et de la Banque mondiale, à +4,2%.
L’économie non-pétrolière fait état d’une croissance de +3,7%, supérieure aux +3,3% en 2024 et +3,0% en 2023. Le secteur des services reste le principal moteur de la croissance en 2025, à +4,1%, pour représenter 55,7% du PIB. Les services financiers (+14,5%) et de télécommunications (+6,9%) sont les plus dynamiques. La construction fait également partie des principaux secteurs en expansion avec +5,5%.
Le secteur agricole est plus modéré avec une croissance en 2025 de +2,9%, pour 27,6% du PIB, en rebond tout de même, après des croissances de +1,2% et +1,7% en 2023 et 2024 respectivement.
Le secteur des mines, bien qu’encore modeste (0,2% du PIB) est particulièrement vigoureux avec une croissance supérieure à +30%, suivent les transports (+16,9% pour 0,8% du PIB).
Le secteur pétrolier, qui représente 3,5% du PIB du pays, enregistre en parallèle une croissance de +8,5% en 2025, après +5,5% en 2024 et +4,4% en 2023, en lien avec les améliorations de production et l’activité de la raffinerie Dangote. Le secteur industriel suit une tendance similaire avec +4,6% de croissance en 2025. L’industrie représente 16,8% du PIB nigérian.
Les projections du FMI et de la Banque mondiale s’accordent sur une croissance de 4,4% en 2026, en-deçà de la cible gouvernementale de 4,68% (budget 2026) et de la prévision de la Banque centrale du Nigeria (CBN) à 4,49%.
Évolution des croissances réelles trimestrielle et annuelle du Nigeria depuis 2019
Source : National Bureau of Statistics NBS
Clef de lecture : Croissance du PIB en prix de marché. La croissance réelle du Nigeria s’élève à +4,0% au T4-2025 (courbe bleu foncé), la croissance réelle pour 2025 est également de +4,0% (point orange).
Évolution des contributions sectorielles à la croissance trimestrielle en 2024 et 2025
Source : National Bureau of Statistics NBS
Clef de lecture : Croissance du PIB en prix de marché. La croissance réelle du Nigeria s’élève à +4,0% au T4-2025 (courbe noire), et se décompose en 2,3pts de contribution du secteur des services (histogramme bleu), 1,1 pt de contribution du secteur agricole (vert) ; 0,4pt lié à l’industrie non pétrolière (orange) et 0,2pt à l’industrie pétrolière (gris).
L’indice des directeurs d’achat (PMI) est en expansion en février à 53,2
La banque Stanbic IBTC a publié les résultats pour le mois de février de son indice sur l’activité des directeurs d’achats. L’indice PMI, à 53,2 en novembre, indique une expansion de l’activité économique, après une légère contraction en janvier (49,7). Un score supérieur à 50 indique une activité économique en expansion par rapport à la période précédente. Janvier 2026 était la première occurrence en-deçà du seuil de 50 depuis décembre 2024.
L’étude confirme l’amélioration de la conjoncture économique et la croissance du secteur privé depuis le début de l’année. L’enquête a enregistré une augmentation continue depuis 9 mois de l’emploi et la plus faible augmentation des coûts d’approvisionnement et des prix à la production en 6 ans, facilitée par l’appréciation de la monnaie depuis le début de l’année (+4,9% par rapport au dollar).
Dans le même temps, l’indice BPI de performance des affaires (Business performance index) issu de l’enquête réalisée par le Groupe de conseil économique nigérian (NESG) et Stanbic IBTC s’est élevé à 17,2 en février, le plus élevé depuis le début de publication de l’indicateur en octobre 2024, après 5,8 en janvier. L’étude indique que l’augmentation de la demande et la baisse des pressions inflationnistes a permis le développement de l’activité économique, alors que l’accès au financement reste une contrainte, associé à l’approvisionnement en électricité et à l’insécurité.
Les capitaux entrants au Nigeria ont augmenté de 88% en 2025
La CBN a publié les chiffres de capitaux entrants au Nigeria pour l’année 2025. Le volume de capitaux entrants, après avoir plus que triplé entre 2023 et 2024 (+215%), a de nouveau augmenté significativement en 2025 avec une croissance de +88%. Les montants de flux entrants sont passés de 3,9 Md USD en 2023 à 12,3 Md USD en 2024, et à 23,3 Md USD en 2025. Les flux restent inférieurs à leur niveau pré-Covid, 24,0 Md USD en 2019.
L’augmentation est principalement liée à une augmentation des investissements de portefeuille sur le marché monétaire (de 7,0 Md USD à 13,8 Md USD) et sur le marché obligataire (de 1,0 Md USD à 4,9 Md USD). Le Nigeria a notamment émis avec succès une euro-obligation de l’ordre de 2,3 Md USD en novembre 2025.
Les IDE entrants ont augmenté de +43% en un an, de 675 M USD à 962 M USD, même s’ils restent très minoritaires, ne représentant que 4% des flux entrants, alors que la part des investissements de portefeuille est de 85%, le reste étant principalement des flux sous la forme de prêts.
Les secteurs bancaire et financiers sont les destinations de la grande majorité des flux entrants (plus de 85%).
La part importante des instruments monétaires s’explique par la politique de taux élevés de la CBN et son dynamisme sur le marché monétaire. Les bons du Trésor et les titres open-market émis par la CBN sont particulièrement attractifs auprès des investisseurs étrangers (logique de carry trade). La réforme de recapitalisation bancaire menée fin 2024, et qui court jusqu’à fin mars 2026, est également à l’origine d’un rebond des flux entrants à destination du secteur.
Capitaux entrants au Nigeria par année depuis 2016
Source : National Bureau of Statistics NBS
Clef de lecture : En 2025, les IDE entrants au Nigeria se sont élevés à 1,0 Md USD (bleu foncé), les investissements de portefeuille entrants ont représenté 1,0 Md USD d’actions (bleu), 4,9 Md USD d’obligations (bleu clair) et 13,8 Md USD sur le marché monétaire (bleu ciel). Les autres investissements (dont prêts) se sont élevés à 2,6 Md USD (gris).
Le Nigeria et l’Africa Finance Corporation signent un accord minier de 1,3 Md USD
Alors que le Nigeria cherche à diversifier son économie et mise sur le développement et l’exploitation de ses richesses minières, le secteur ne représente que 0,2% du PIB du pays. Dans ce contexte, le gouvernement nigérian et l’Africa Finance Corporation ont signé un accord de 1,3 Md USD qui comprend le développement d'une raffinerie d'alumine et d'un programme national de cartographie géo scientifique, ainsi que la création d'un véhicule d'investissement stratégique visant à accélérer l'exploitation des ressources minérales identifiées à l'échelle nationale.
Conçue pour fonctionner pendant environ 20 ans à un taux d'utilisation de 95%, l'usine devrait produire 19 millions de tonnes d'alumine au cours de sa durée de vie. Ce projet devrait être le plus important investissement privé dans le secteur minier nigérian.
Dans le cadre de son plan Vision 2030, Dangote Ciment signe un accord de 1 Md USD avec le groupe chinois Sinoma Engineering
En décembre 2025, le groupe Dangote a dévoilé sa stratégie « Vision 2030 », dont l’objectif est de bâtir un puissant groupe industriel panafricain en mesure d’industrialiser l’Afrique et de peser sur les marchés internationaux. Ce plan se décline dans chaque activité du groupe, notamment la cimenterie. Dans ce contexte, Dangote Cement a signé un accord d’1 Md USD avec la société chinoise Sinoma Engineering afin de construire de nouvelles cimenteries et de moderniser les installations existantes à travers l'Afrique.
L'accord porte sur 12 projets distincts dans sept pays africains (Nigeria, Ethiopie, Zambie, Zimbabwe, Tanzanie, Sierra Leone et Cameroun), notamment une nouvelle ligne de production intégrée avec une unité de broyage dans le nord du Nigeria. L’objectif affiché est de porter sa capacité de production totale de ciment à 80 millions de tonnes par an.
La Commission nigériane de protection des données s’associe à soixante autorités mondiales pour lutter contre les abus liés aux images générées par l’IA
La Commission nigériane de protection des données (NDPC) a rejoint soixante autorités de protection des données à travers le monde pour approuver la « Déclaration conjointe sur les images générées par l’intelligence artificielle et la protection de la vie privée ». Coordonnée par le groupe de travail sur la coopération internationale de l’Assemblée mondiale pour la protection de la vie privée, cette initiative vise à répondre aux préoccupations croissantes liées aux systèmes d’IA capables de générer des images ou des vidéos réalistes de personnes identifiables sans leur consentement.
La NDPC souligne que cette adhésion s’inscrit dans les efforts du Nigeria visant à promouvoir une utilisation responsable de l’intelligence artificielle et à s’aligner sur les initiatives internationales en matière de protection de la vie privée.
Le président Tinubu annonce le déblocage de fonds pour l’entretien des infrastructures spatiales
Annoncée lors de la première réunion du Conseil national de l’espace, cette décision vise à renforcer les capacités spatiales du pays et à soutenir son positionnement dans l’économie spatiale mondiale. Les investissements dans les technologies spatiales sont également considérés comme essentiels pour soutenir la cybersécurité, l’économie numérique et la diversification économique.
Ghana
Expiration des restrictions imposées sur l'émission d'obligations nationales
Le gouvernement a honoré en 2025 tous les paiements de coupons et toutes les obligations restructurées dans le cadre du DDEP, dans un contexte où la plupart des indicateurs macroéconomiques se sont améliorés sur la période récente (désinflation prononcée, reconstitution des réserves, excédent budgétaire primaire).
Cette levée des restrictions permettra à l’État de se financer autrement que par les bons du Trésor de court terme (« T-Bills »), réduisant ainsi considérablement sa sensibilité aux taux d’intérêt et aux chocs de marché. Cela lui permettra également de planifier ses dépenses et d’investir dans des infrastructures de long terme.
L’inflation recule à 3,3% en février 2026
Selon l'indice combiné des prix à la consommation (CPI), les aliments et boissons non-alcoolisées ont enregistré une inflation de 2,4% en février en glissement annuel (en baisse par rapport à 3,9% en janvier 2026), tandis que l’inflation non-alimentaire s'établit à 4,0%. L'inflation des produits locaux a chuté à 4,5 % en février 2026, contre 4,6% en janvier 2026, tandis que celle des produits importés a diminué à 0,6% en février 2026, contre 2,0% en janvier 2026. Cette baisse marquée de l’inflation des produits importés témoigne de l’appréciation du cedi et indique que l’inflation est désormais principalement tirée par des facteurs domestiques. De fortes disparités régionales persistent. La région du Nord-Est a enregistré le taux d’inflation le plus élevé, à 8,9%, tandis que celle du Savannah a enregistré le taux le plus faible, à -5,6% (Greater Accra Region enregistre 4,8%). D’après le Service statistique du Ghana (GSS) l'offre locale, les coûts de transport et l'accès seraient à l’origine ces écarts.
Validation officielle du Plan de prospérité climatique du Ghana
L’objectif de cette révision est de passer d’un document stratégique à un cadre d’investissement concret pour attirer des capitaux climatiques. Le CPP vise à mobiliser à grande échelle des capitaux publics et privés, en s’appuyant sur des instruments financiers parmi lesquels : des échanges de dette contre des mesures climatiques et environnementales ; des transactions sur le marché du carbone au titre de l'article 6 de l'Accord de Paris ; des mécanismes de financement mixte et le renforcement de la collaboration avec les banques de développement. Selon le CPP, ces financements serviront à soutenir 6 piliers stratégiques : l’industrialisation durable, le déploiement des énergies renouvelables et des modes de transports écologiques, des infrastructures de santé et d’eau durables, le renforcement de la résilience financière et économique, des systèmes alimentaires durables et des solutions pour les infrastructures productives fondées sur la nature. Le CPP sera articulé avec les autres projets gouvernementaux de développement, particulièrement le 24-Hour Economy, pour allier action climatique et compétitivité industrielle.
Accord de financement de 205 M USD pour le contractant minier ghanéen Engineers & Planners
Stanbic Bank Ghana et sa maison mère, Standard Bank of South Africa, ont arrangé un prêt senior garanti de 205 M USD en faveur de Engineers & Planners Company Limited (E&P), premier contractant minier ghanéen. L’opération, d’une durée de cinq ans, est scindée en deux tranches (110 M USD et 95 M USD). Ecobank Ghana et Absa Bank Ghana participent également en tant que prêteurs.
Ces fonds sont destinés à soutenir les activités d’E&P, notamment son contrat à long terme avec Gold Fields Ghana, l’une des principales sociétés aurifères opérant dans le pays. Le Ghana est le premier producteur d’or d’Afrique, et le secteur minier constitue un pilier majeur de son économie (deux tiers des recettes d’exportations au 2ème trimestre de 2025), attirant d’importants investissements étrangers tout en cherchant à renforcer la participation locale.
Le directeur général de Stanbic Bank Ghana, Kwamina Asomaning, a souligné la volonté de soutenir les entreprises locales opérant aux standards internationaux et de renforcer la « ghanéanisation » de la filière minière. Cette annonce fait directement écho aux politiques de contenu local mises en place par le gouvernement qui imposent aux détenteurs de licences minières de privilégier l'emploi local, et d'acquérir des biens et services auprès d'entreprises nationales, tout en imposant la cotation en bourse d’une partie de leurs capitaux si ceux-ci dépassent un montant déterminé.