Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

L'équilibre au cours du yuan

L’annonce par ADNOC, en début d’année 2026, d’une potentielle émission obligataire en yuan équivalente à 2 Md USD marquerait une évolution notable dans les modalités de financement des acteurs émiriens. Elle illustrerait aussi une transformation plus importante : celle de l’approfondissement de la relation économique sino-émirienne, marquée ces dernières années par une accélération des relations commerciales et industrielles.  

Le partenariat économique entre les deux pays s’est considérablement renforcé au gré de la convergence de leurs stratégies respectives. Dans le cadre de la diversification des EAU et de la stratégie d’expansion internationale de la Chine, notamment via les nouvelles routes de la soie (BRI), le commerce bilatéral a atteint 102 Md USD en 2024, en hausse de 7,4 % par rapport à 2023 (et a doublé en dix ans). La Chine est depuis dix ans le 1er partenaire commercial des EAU : en 2024, les échanges non pétroliers bilatéraux ont atteint 72 Md USD selon l'UN Comtrade, dont 66 Md USD d’exportations chinoises vers les Émirats. Parallèlement, les EAU se sont imposés comme le 6ème fournisseur d’hydrocarbures de la Chine (30 Md USD d’importations en 2024, soit trois fois plus qu’il y a dix ans).

La relation dépasse désormais le simple échange énergie-biens manufacturés. Progressivement, la Chine s’est imposée sur des postes d’exportation à forte valeur ajoutée (électronique, équipements mécaniques, et de plus en plus, automobile) tandis que près de 15 500 entreprises chinoises opèrent aux Émirats en 2025 selon le ministre de l’économie (soit deux fois plus qu’en 2021), principalement au sein des zones franches, dont plus de 1 000 enregistrées dans la seule zone de DMCC. Les EAU se positionnent comme une plateforme stratégique pour le continent asiatique centralisant les flux commerciaux, industriels et financiers entre l’Asie et les marchés émergents.

Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie d’équilibrage assumée. Dans un contexte de rivalité sino-américaine accrue, les EAU entretiennent des relations étroites avec les deux puissances et adoptent une stratégie d’équilibrage. Les Etats-Unis sont un partenaire privilégié pour les EAU sur les volets sécuritaires, technologiques et financiers, tandis que la Chine occupe une place croissante sur le commerce, l’industrie, les infrastructures et plus récemment les énergies vertes. Cette complémentarité permet aux Émirats de capter des flux d’investissements et de technologies, tout en limitant leur dépendance à un seul partenaire. Côté chinois, elle répond également à une logique de diversification en renforçant son ancrage dans le Golfe, et en particulier dans les hubs stratégiques comme les Émirats. Ceci lui permet de sécuriser ses approvisionnements, d’accéder à de nouveaux marchés et de déployer ses chaînes de valeur à l’international.

Dans ce contexte, l’annonce d’ADNOC début 2026 de l’émission potentielle de dim sum bonds pouvant atteindre 2 Md USD, première incursion de l’entreprise sur le marché obligataire en RMB, dépasse la seule logique opportuniste de coûts de financement. L’opération s’inscrirait dans une dynamique plus large d’un essor du financement en RMB dans le Golfe (notamment en Arabie saoudite, avec l’annonce en janvier 2026 d’un Panda bond d’1,4 Md USD prévu par TAEF), reflétant à la fois des coûts de financement potentiellement plus attractifs que le dollar et des anticipations d’internationalisation accrue du yuan. Selon Bloomberg, cette évolution alimente également un narratif plus large de diversification monétaire voire de dédollarisation partielle de l’économie, dans lequel les Émirats cherchent à élargir leurs options de financement.

Néanmoins, des limites structurelles continuent de subsister. Les négociations engagées dès 2004 en vue d’un accord de libre-échange entre la Chine et le Golfe n’ont toujours pas abouti, freinées par des divergences sur les règles d’origine, l’accès aux marchés publics et certains secteurs stratégiques, dans un contexte de forte hétérogénéité entre les économies du Golfe. À cela s’ajoute un contexte de rivalité sino-américaine exacerbée, qui rend la stratégie d’équilibre des Émirats plus fragile, surtout dans des secteurs stratégiques comme l’intelligence artificielle, où la question de la souveraineté technologique est devenue centrale. 

Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière

Pétrole et gaz

Brent 27/2/2026 à 12h00 GST : 71,34 USD/Bbl

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Cette semaine, les cours du pétrole ont été très volatils, dans un contexte de forte incertitude autour de l’issue des négociations entre Washington et Téhéran. Ce vendredi, le Brent évolue à 71,34 USD/b et le WTI à 65,76 USD/b. Les marchés sont pris en étau entre la reprise d’un troisième cycle de discussions sur le nucléaire iranien – accompagnée d’un durcissement des sanctions américaines visant plus de 30 entités liées aux exportations iraniennes – et des anticipations persistantes de surplus d’offre en 2026, qui continuent de peser sur les prix malgré une prime de risque géopolitique élevée.

Le facteur déterminant de la dynamique des prix reste l’évolution des négociations entre l’Iran et les Etats-Unis. La reprise d’un troisième cycle de négociations à Genève intervient à quelques jours de l’échéance fixée par D.J. Trump, tandis que les Etats-Unis renforcent depuis quelques semaines leur dispositif militaire dans la région. Le déploiement de chasseurs F-22 et l’accumulation d’appareils militaires signalent une crédibilisation du scénario de conflit, que certains acteurs de marché estiment désormais probable à court terme. FGE NexantECA anticipe un scénario de rupture des discussions, susceptible de propulser les prix vers 90-100 USD/b en cas de perturbation significative des flux.

Le détroit d’Ormuz concentre l’essentiel des risques, en tant que point de passage d’environ un quart des flux pétroliers mondiaux et d’une part significative du GNL. La simple hypothèse d’une perturbation des flux a d’ores et déjà des effets tangibles sur les marchés physiques, avec une forte hausse des taux de fret. Les coûts de transport sur la route Moyen-Orient–Asie ont atteint près de 200 000 USD/jour, en hausse d’environ 60 % sur le mois, traduisant l’anticipation d’un choc logistique potentiel.

Cette tension est renforcée par les dynamiques d’offre à court terme. Les principaux producteurs du Golfe ont significativement accru leurs exportations en février. L’Arabie saoudite devrait atteindre son plus haut niveau d’exportations depuis avril 2023, à environ 7,3 M bpj sur les premières semaines du mois, soit plus de +400 000 bpj par rapport à janvier. Dans le même temps, l’Iran a fortement accéléré ses chargements, avec plus de 20 millions de barils expédiés en cinq jours mi-février (soit un rythme supérieur à 3 M bpj), dans une logique de pré-positionnement de barils avant une potentielle escalade. Les exportations combinées de l’Irak, du Koweït et des Émirats arabes unis ont également progressé, avec une hausse proche de 600 000 bpj en g.a.

Ces flux supplémentaires interviennent alors même que certains ajustements géographiques du commerce mondial reconfigurent les équilibres. L’Inde, sous pression américaine, réduit ses importations de brut russe – attendues entre 800 000 bpj et 1 M bpj en mars, contre 2 M bpj à leur pic en 2022 – contribuant à la formation de stocks flottants et à un élargissement des décotes sur l’Urals (jusqu’à 15-20 USD/b sous le Brent). Ce redéploiement des flux vers le Moyen-Orient renforce mécaniquement la dépendance de certains grands importateurs asiatiques à une zone aujourd’hui exposée à un risque géopolitique accru.

La réunion de l’OPEP+ prévue ce week-end constitue un point d’inflexion potentiel. Plusieurs délégués anticipent une reprise graduelle des hausses de production à partir d’avril, possiblement de l’ordre de 137 000 bpj selon Bloomberg, dans la continuité des ajustements engagés fin 2025. Toutefois, l’incertitude entourant l’issue des négociations entre les Etats-Unis et l’Iran complique la lecture de la trajectoire optimale pour le groupe, partagé entre la volonté de normaliser l’offre et le risque de choc haussier en cas de disruption.

Si le scénario central reste celui d’un marché globalement équilibré voire légèrement excédentaire à moyen terme, la trajectoire des prix à court terme dépend quasi exclusivement de l’évolution du dossier iranien. La prime géopolitique apparaît appelée à rester élevée tant que la fenêtre diplomatique demeure incertaine.

Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière

 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Le déficit budgétaire de l’Arabie saoudite a atteint 94,85 Md SAR (25,28 Md USD) au T4 2025, son niveau le plus élevé depuis la crise du Covid. Les dépenses ont augmenté à 371 Md SAR, tandis que les recettes ont atteint 276 Md SAR. Les recettes pétrolières ont légèrement progressé à 154,2 Md SAR, mais restent inférieures à celles de 2024, et les recettes non pétrolières ont été quasi stables. La dette publique a grimpé à 1 520 Md SAR pour financer ce déficit, dans le cadre d’une politique expansionniste visant à soutenir la diversification économique (plan Vision 2030).

Les exportations non pétrolières de l'Arabie saoudite ont atteint 97,5Md SAR (25,9Md USD) au T4 2025, leur plus haut niveau trimestriel depuis 2017, selon la General Authority for Statistics. Le secteur des machines, équipements électriques et pièces détachées a été le principal moteur de cette dynamique, représentant 23,2 % des exportations non pétrolières et enregistrant une hausse de 78,6 % sur un an. En conséquence, la part des hydrocarbures dans les exportations totales a baissé de 70,4 % au T4 2024 à 67,5 % au T4 2025.

Energie, Industrie & Infrastructure

APM Terminals acquiert 37,5 % du terminal à conteneurs sud du port islamique de Jeddah - L’émirati DP World, qui détenait 100 % des participations du terminal, a annoncé qu’il conservera une participation majoritaire de 62,5 % et continuera de diriger les opérations. Ce partenariat permettra d’intégrer Jeddah au réseau maritime de A.P. Moller – Maersk et d’augmenter progressivement les escales de navires ainsi que les volumes de conteneurs transitant par Jeddah, afin de consolider son rôle de hub régional.

Le géant saoudien de l’électricité Acwa Power a signé des accords clés avec le ministère turc de l’Énergie et des Ressources naturelles pour développer jusqu’à 5 GW de capacité renouvelable, dont 2 GW de solaire sur deux centrales à Sivas et Taseli. Ces contrats sont la formalisation des accords signés lors de la visite d'Erdogan à Riyad le 3 février dernier. Acwa sera responsable du développement, du financement, de la construction, de la mise en service et de l’exploitation des deux installations. Un contrat d’achat d’électricité a également été signé avec Elektrik Uretim Anonim Sirketipour la vente de l’électricité produite par chaque centrale.

La société italienne de services pétroliers Saipema obtenu le 24 février un contrat de 500 M USD avec Aramco. Le contrat couvre l’ingénierie, l’approvisionnement, la construction et l’installation d’une conduite principale de 48 pouces, s’étendant sur environ 65 km en mer et 12 km à terre, ainsi que les installations sous-marines associées au champ pétrolier de Safaniya, l’un des plus grands champs offshore au monde.

 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

L’émirat d’Abou Dhabi prévoit d’émettre deux obligations en dollars (5 ans et 10 ans), marquant son premier recours aux marchés en 2026. Les titres sont proposés avec des spreads indicatifs d’environ 50 pdb (5 ans) et 55 pdb (10 ans) au-dessus des Treasuries, et devraient être notés AA par S&P et Fitch. Malgré une hausse attendue des émissions pour financer la diversification économique, Abou Dhabi conserve un faible ratio dette/PIB (17,4 % en 2024). La sortie prochaine des ÉAU des indices obligataires émergents de JPMorgan pourrait entraîner une légère sous-performance à court terme, mais celle-ci devrait être compensée par la demande d’investisseurs internationaux et locaux.

Burjeel Holdings envisage une première émission obligataire internationale sous forme de sukuk en dollars, d’un montant d’au moins 300 M USD, avec une notation attendue autour de BB. L’opération marquerait une diversification de ses sources de financement vers les investisseurs internationaux, dans un secteur où les émissions en devises fortes restent rares au Moyen-Orient. Le groupe, actif aux EAU, à Oman et en expansion en Arabie saoudite, bénéficie du soutien d’IHC.

JPMorgan a annoncé le retrait progressif des EAU de ses indices obligataires émergents d’ici juin 2026, après trois années consécutives dépassant ses critères de richesse (PIB/habitant c.54 000 USD). Les EAU, qui représentaient 4,1 % de l’indice EMBI Global Diversified, sortiront en quatre étapes à partir du 31 mars, entraînant des ventes mécaniques de la part des fonds passifs. Cette reclassification pourrait provoquer une sous-performance temporaire des obligations émiriennes, dans un contexte de spreads déjà très resserrés (autour de 65 pb).

Mubadala Energy a acquis 15 % de la concession offshore Nargis, en Egypt, auprès de Eni. Située en Méditerranée orientale, elle est opérée par Chevron, qui en détient 45 %, tandis qu’Eni conserve 30 % et que les 10 % restants sont détenus par Tharwa Petroleum Company.

Energie, Industrie et Transports 

e& a enregistré un bénéfice net de 14,4 Mds AED (3,92 Mds USD) en 2025, en hausse de 33 %, porté par la croissance de ses différentes activités et de ses abonnés. Le chiffre d’affaires a progressé de 23 % à 72,9 Mds AED, tandis que l’Ebitda a augmenté de 21 % à 32 Mds AED. La base d’abonnés totale du groupe a bondi de 31 % à 244,7 millions

L’Emirates Drug Establishment (EDE) a activé un nouveau mécanisme obligeant les laboratoires pharmaceutiques à désigner plus d’un agent local pour chaque produit enregistré aux EAU. Cette mesure vise à renforcer la concurrence et réduire les risques de rupture d’approvisionnement, notamment en période de crise, en diversifiant les canaux de distribution vers hôpitaux et pharmacies.

Etihad Airways a vu son bénéfice net bondir de près de 50 % à 698 M USD en 2025, porté par l’augmentation des capacités et une forte demande. Le nombre de passagers a progressé de 21 % à 22,4 millions, avec un taux de remplissage de 88 %. La flotte s’est élargie à 127 appareils (+29 avions), et la compagnie prévoit de poursuivre son expansion en Asie et en Europe en 2026.

AD Ports Group et Nimex Terminals ont posé la première pierre du premier terminal privé de GPL aux EAU, à Khalifa Port. La phase 1 prévoit deux réservoirs réfrigérés (50 000 et 67 000 m³) avec une capacité totale portée à 280 000 m³ à terme. La mise en service est attendue sous 36 mois.

Le marché locatif de Dubai a totalisé près de 1,4 million de contrats en 2025 (+6 %), pour une valeur de 126,4 Mds AED (34,4 Mds$), en hausse de 17 %, selon le Dubai Land Department. Les nouveaux baux ont progressé de 10 % à plus de 513 000, tandis que les renouvellements ont augmenté de 3 %, confirmant la solidité de la demande. Les ventes immobilières ont atteint 280 Mds AED (+30 %), avec 147 500 unités écoulées (+25 %). En parallèle, 124 projets ont été livrés (+7 %) pour une valeur de 27,5 Mds AED (+23 %) et 937 chantiers sont en cours (+25 %), illustrant la dynamique soutenue du secteur.

Qatar

La co-entreprise formée par le français Technip Energies avec l’entreprise libano-grecque Consolidated Contractors Company (CCC) et l’entreprise de construction basée aux Emirats arabes unis Gulf Asia Contractor (GAC) a remporté le contrat EPCC (ingénierie, approvisionnement, construction, mise en service) de l’usine onshore de gaz naturel liquéfié (GNL) du projet North Field West (NFW). Avec une production de 16 millions de tonnes de GNL par an à horizon 2030, il représente la dernière phase de développement du champ gazier North Field, et portera la capacité totale de capacité de liquéfaction de GNL de QatarEnergy à 160 Mt/an d’ici 2030.

Le fonds souverain qatarien, la Qatar Investment Authority (QIA), a investi dans 5C Investment Partners, une société de crédit privé dirigée par d’anciens partenaires de Goldman Sachs, pour développer son activité de prêts directs. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de la QIA d’accroître ses investissements aux États-Unis.

Le Qatar a lancé un programme de bourses pour former des étudiants qatariens en ingénierie nucléaire à l’étranger, porté par les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MoEHE), de l’Environnement et du Changement climatique (MoECC) et le Bureau de la fonction publique et du développement gouvernemental.

L’américain Dell Technologies et Ooredoo ont signé un protocole d’accord pour le déploiement de capacités d’intelligence artificielle (IA), développées par Dell, dans les services de l’opérateur de télécommunications qatarien.

L’Autorité qatarienne des travaux publics (Ashghal) lance 67 projets au 1ier trimestre 2026 dans le cadre de ses missions de développement des infrastructures publiques et d’amélioration de l’efficacité des services à travers le pays. Les initiatives incluent notamment la réhabilitation des réseaux d’eau et d’assainissement, la construction d’égouts ainsi que la rénovation de tunnels et de routes.

Koweït

La banque centrale assèche le cash caché. La Banque centrale du Koweït (CBK) a réduit de 3.000 à 1.000 KD (environ 2750 euros) par jour et par client le montant maximal d'espèces que les sociétés de change pouvaient accepter. Plusieurs sources ont déclaré que cette décision faisait partie des efforts de la CBK pour réduire les risques associés à certaines transactions et renforcer les contrôles contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. La mesure ne s’applique qu’à la partie liquide des paiements. Désormais, toute transaction d’un montant supérieur à 1.000 KD doit être réglée par le biais de transferts ou virements bancaires.

De l’eau, encore de l’eau ! Le ministère koweïtien de l’électricité, de l’eau et des énergies renouvelables a officiellement soumis à l'approbation de l'« Agence centrale pour les appels d'offres publics » (CAPT) le projet d’attribution du centre de distribution d’eau de Hawally. Le contrat serait attribué à l’entreprise moins-disante pour un total de 42 M KD (environ 138 M USD). Une fois mis en œuvre, le « complexe de Hawally » augmenterait la capacité de stockage d'eau douce de 66 M de gallons par jour (300.000 m3), la capacité de pompage d'eau potable de 54,5 M gallons/j et celle d'eau saumâtre de 23,5 M de gallons/j. Le projet vise à résoudre les problèmes persistants de faible pression d'eau, en particulier pendant les pics de demande estivaux.

Pour sept milliards de tubes... Suivant en cela l’exemple de ses voisins Saoudiens et Emiratis, la holding « Koweït Petroleum Corporation” (KPC) est entrée en négociation avec un consortium d'investisseurs afin de vendre une participation dans ses pipelines de pétrole brut. La transaction est évaluée à environ 7 Mds USD, répartis en actions pour 1,5 Mds USD et financée par la dette pour les 5,5 Mds restants. Plusieurs poids lourds du capital-investissement auraient exprimé leur intérêt, notamment BlackRock, Brookfield Asset Management, EIG Partners et KKR. La Chine, marque également un intérêt pour la transaction, notamment au travers des « China Silk Road Fund » et « China Merchants Capital », aux côtés de « I Squared Capital » et « Macquarie Infrastructure Partners ». L’usage des pipelines serait concédé sur une durée de 25 ans. Le PDG de la KPC a souligné que bien que les oléoducs comptent au nombre des actifs essentiels de l’émirat, ils ne généraient pas de rendements financiers directs.

De l’ordre chez les médecins... A compter du 1er janvier 2027, l’ensemble des médecins et dentistes souhaitant s’installer, exercer ou continuer d’exercer au Koweït devront au préalable avoir réussi un examen de licence médicale du Koweït (« Kuwait Medical License Exam »). Le décret définit le KMLE (et le KDLE pour les dentistes) comme les étalons pour l’évaluation de la compétence scientifique et professionnelle requise pour assurer des soins. Un conseil spécifique sera créé au sein de l’« Institut koweïtien pour les spécialisations médicales » (KIMS), présidé par le Secrétaire général de l’Institut et composé de personnalités des secteurs de la santé, d’ universitaires et de juristes. Le conseil supervisera les programmes et définira le cadre des examens dont il assurera la gouvernance institutionnelle.

 

Oman

La Muscat Stock Exchange (MSX) engage un resserrement de son cadre de tenue de marché et une simplification de l’accès des investisseurs étrangers afin de transformer les volumes ponctuels en liquidité structurelle, capable d’absorber des ordres institutionnels sans volatilité excessive. Selon son directeur général, Haitham bin Salim Al Salmi, les progrès en 2026 seront évalués à l’aune de trois indicateurs : profondeur exécutable du carnet d’ordres, stabilisation et institutionnalisation de l’actionnariat, et conformité durable d’un nombre accru d’émetteurs aux critères internationaux de taille, de liquidité et de flottant (labels Emerging Market MSCI/FTSE). Les flux transfrontaliers via Tabadul (5,6 Md AED en 2025 soit env. 585 M OMR) constituent un premier jalon d’appréciation.

Selon les statistiques officielles omanaises, l’indice général des prix à la consommation (base 2018) a progressé de 1,4 % en janvier 2026 en glissement annuel, sous l’effet principalement de la hausse des biens et services divers (+13,2 %) et des restaurants et hôtels (+5,9 %), tandis que le transport recule de 1,4 % et que les postes logement-énergie, culture, tabac et communications demeurent stables. Au sein des produits alimentaires (+0,9 %), les fruits (+5,2 %), le sucre et confiseries (+3,3 %) ainsi que la viande et les produits laitiers (+2,0 %) enregistrent des hausses notables, en partie compensées par le repli du poisson (-5,4 %) et des légumes (-1,4 %), avec des disparités régionales marquées, l’inflation atteignant 2,3 % dans le gouvernorat d’Al Dhahirah contre 0,3 % à Al Wusta et Al Sharqiyah North.

La société américaine Kratos Defense & Security Solutions a été retenue par Airbus Defence and Space pour fournir un système sol intégré dans le cadre du développement d’OmanSat-1, premier satellite national de télécommunications du Sultanat, dont le lancement est prévu en septembre 2028 pour une mise en service en mai 2029 . Le contrat, attribué à Airbus par Space Communication Technologies (SCT), opérateur national détenu par Oman Investment Authority via ITHCA, porte sur une solution compatible avec la plateforme OneSat, incluant antennes TT&C en bande Ka, systèmes de contrôle-commande, dynamique de vol, supervision des charges utiles et capacités d’orchestration, afin d’assurer une connectivité haut débit reconfigurable couvrant Oman (y compris sa ZEE), le Moyen-Orient, l’Afrique de l’Est et l’Asie, au service des secteurs publics et privés (énergie, finance, maritime, aérien, haut débit).

Le sidérurgiste singapourien Meranti Green Steel prévoit de développer son usine de fer briqueté à chaud (HBI) de 2,5 Mt/an dans la zone franche de Duqm intégrant 11,5 % d’hydrogène vert et 88,5 % de gaz naturel au démarrage, avec montée en puissance ultérieure de l’hydrogène en partenariat avec le consortium Amnah (Danois). Le projet, qui a obtenu une allocation conditionnelle de gaz et un permis d’investissement conditionnel d’Invest Oman, vise une décision finale d’investissement mi-2026 pour une mise en service mi-2029, avec un financement structuré autour d’un pool bancaire conduit par KfW IPEX-Bank, complété par des banques locales et potentiellement couvert par des agences de crédit export.

Dans le cadre de sa stratégie aérienne nationale visant à renforcer la connectivité domestique et internationale, Oman Airports a lancé plusieurs appels d’offres pour l’étude aéronautique, la conception et la construction de terminaux pour les aéroports de Jabal Al Akhdar et Masirah, avec des dates limites de soumission fixées respectivement au 12 et 21 mars 2026. Ces projets répondent aux besoins croissants des touristes et des populations locales, en particulier à Masirah où les déplacements dépendent fortement des ferries et des vols d’urgence, et à Jabal al Akhdar, destination montagnarde populaire accueillant 220 000 visiteurs en 2025.

Le ministère des Finances d’Oman, en coordination avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydriques, a lancé un appel à qualification (RFQ) en vue de la réalisation d’un projet de quarantaine vétérinaire structuré en partenariat public-privé (PPP) selon un modèle DBFOM (conception, construction, financement, exploitation et maintenance). La date limite d’obtention du dossier est fixée au 13 mars 2026, les demandes de clarification au 20 mars 2026 et la soumission des candidatures au 28 mars 2026.

 

Bahreïn

L’agence de notation Fitch Ratings a rétrogradé le lundi 23 février la note souveraine à long terme en devises étrangères de Bahreïn de «B+» à «B», en raison d’une dette publique élevée, de déficits budgétaires importants et de réserves de change limitées. Le déficit s’est fortement creusé ces dernières années du fait d’une forte dépendance du pays aux revenus des hydrocarbures, la baisse des recettes pétrolières, l’augmentation des coûts d’intérêt et la hausse des salaires du secteur public. Fin 2025, le royaume a annoncé des réformes fiscales, incluant la hausse des prix des carburants et des tarifs d’électricité et d’eau, pour renforcer ses finances publiques.