Brèves économiques de février 2026
L'enquête investissements 2025 de la BEI +++ Autriche : les dépenses de défense augmentent +++ Stratégie " Autriche 2035" +++ Austrian Airlines renouvelle sa flotte auprès d'Airbus +++ Slovénie : un nouveau gouverneur de la Banque centrale +++ la nouvelle liaison ferroviaire vers l'aéroport de Ljubljana +++ la première station-service publique à hydrogène +++ Croatie : Tomislav Ćorić nommé ministre des Finances +++ 900 M EUR de bons du Trésor citoyens +++ l'achèvement du plus grand parc solaire
Enquête investissements 2025 de la BEI (EIBIS 2025)
La Banque européenne d’investissements (BEI) publie chaque année une enquête portant sur l’investissement et le financement de l’investissement au sein des Etats-membres de l’UE, conduite auprès d’environ 12 000 entreprises. Elle fournit un éclairage sur les tendances, les défis et les opportunités des entreprises en Europe.
Les résultats de l’enquête 2025, publiée en décembre dernier, révèlent un paysage d’investissement robuste en Autriche, en Croatie et en Slovénie, caractérisé par des taux d’investissement élevés, une intégration dans le commerce international et une prise de conscience des enjeux climatiques. Cependant, les disparités en matière d’innovation, de digitalisation et d’investissement vert reflètent les priorités spécifiques des entreprises : exploiter les opportunités liées aux transitions verte et numérique en Autriche, développer la capacité de production en Croatie et soutenir l’innovation en Slovénie.
Intensité de l’investissement : un point fort partagé
Les trois pays affichent un taux d’investissement des entreprises élevé et supérieur à la moyenne européenne (86 %). En Autriche, 90 % des entreprises ont investi au cours de la dernière année. En Slovénie, ce taux monte à 92 % ; les investissements sont souvent soutenus par des fonds publics et européens (commande publique, projets cofinancés par l’UE). Le taux d’investissement s’établit à 89 % en Croatie. Cette dynamique reflète une certaine résilience face à l’incertitude économique.
Les perspectives futures restent relativement positives : en Croatie, une large part des entreprises prévoient d’augmenter leurs capacités de production, tandis qu’en Slovénie et en Autriche les entreprises restent optimistes quant à l’accès au financement externe (banques, marchés financiers, etc.). En raison d’un climat d’affaires dégradé cependant, les entreprises autrichiennes flèchent leurs investissements désormais plutôt vers la modernisation que l’expansion.
Innovation et digitalisation : leadership slovène et autrichien, retard croate
Sur le plan de l’innovation et des technologies avancées, des différences nettes apparaissent entre les trois pays.
La Slovénie se distingue par un haut niveau d’innovation, une adoption avancée des technologies digitales et de l’IA. Ainsi, 41 % des entreprises investissent dans de nouveaux produits, procédés ou services - bien au-dessus de la moyenne européenne (à 32 %).
Les entreprises autrichiennes ont également massivement pris le tournant de la transformation numérique : 87 % des entreprises ont adopté au moins une technologie digitale avancée, et 45 % utilisent des outils d’IA, dépassant également la moyenne européenne (respectivement 77 % et 37 %).
La Croatie reste en retrait en matière d’innovation et d’adoption des technologies avancées : seul un cinquième des entreprises font une utilisation généralisée de l’IA.
Transition écologique : des réponses contrastées face à des risques communément admis
Les trois pays reconnaissent largement les risques climatiques (75 % des entreprises autrichiennes disent y avoir été exposées physiquement, 70 % en Croatie, 67% en Slovénie), mais leurs réponses à ces risques sont inégales.
L’Autriche voit une forte mobilisation de ses entreprises dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et l’amélioration de l’efficacité énergétique, plus de la moitié ayant investi dans ces domaines, dépassant souvent la moyenne européenne. La transition verte est plutôt perçue comme une opportunité commerciale que comme un risque, ce qui n’est pas le cas en Croatie et Slovénie.
Les entreprises slovènes et croates sont moins nombreuses à adopter des objectifs stricts de réduction d’émissions, mais elles continuent de prendre des actions d’adaptation aux risques : produits d’assurance (en Slovénie en particulier), mesures de réduction des déchets ou de recyclage, investissements dans l’efficacité énergétique. La Croatie investit comparativement moins dans la résilience climatique : environ quatre entreprises croates sur dix ont déjà investi pour faire face aux impacts du changement climatique, ce qui est inférieur à la moyenne européenne (65 %).
Perception des obstacles à l’investissement : des contraintes structurelles communes
Comme dans le reste de l’UE, les entreprises autrichiennes, croates et slovènes partagent les mêmes préoccupations :
- Pénurie de compétences : le manque de main-d’œuvre qualifiée pèse plus lourdement sur les projets d’investissements des entreprises autrichiennes (85%), croates (90%) et slovènes (85%) que dans le reste de l’UE (79%).
- L’incertitude économique et réglementaire est perçue comme un obstacle majeur partout.
- Les coûts énergétiques élevés impactent la compétitivité et freinent les investissements, particulièrement en Autriche.
- La complexité du cadre réglementaire européen et la fragmentation du marché unique (normes ou règles de protection des consommateurs différenciées entre les Etats-membres européens) constituent une contrainte importante pour les entreprises croates et slovènes, moindre pour l’Autriche.
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Parmi ses recommandations, l’édition 2025 de l’EIB Investment Survey met en évidence, pour l’Autriche, la nécessité de maîtriser durablement les coûts de l’énergie, d’optimiser son cadre réglementaire afin de préserver l’attractivité de son marché du travail, et d’accélérer les progrès en matière d’égalité de genre dans les instances dirigeantes.
Pour la Croatie, les résultats soulignent l’urgence de renforcer l’innovation, de stimuler la transformation numérique et d’intensifier l’investissement dans la transition verte, conditions indispensables au maintien de la compétitivité à long terme de l’économie.
Enfin, afin de consolider son avantage concurrentiel, la Slovénie devra s’adapter davantage à la complexité réglementaire, soutenir activement la transition climatique et veiller à une diffusion plus inclusive de l’innovation, en permettant aux secteurs de plus petite taille et aux activités plus traditionnelles de participer à la dynamique d’innovation nationale.
AUTRICHE
Le chiffre du mois à retenir
Zoom sur…
Les dépenses de défense : Le 17 février 2026, le Conseil pour les affaires économiques et financières ECOFIN a autorisé l’Autriche à s’écarter des taux de croissance maximaux des dépenses nettes fixés par le Conseil en application du règlement sur l’activation de la clause dérogatoire nationale (national escape clause) liée aux investissements dans le domaine de la défense, comme l’Autriche l’avait demandé le 11 décembre 2025. Dans sa demande, l’Autriche avait indiqué que, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues, la guerre d’agression que la Russie continue de mener contre l’Ukraine et la menace qu’elle fait peser sur la sécurité européenne représentent un défi existentiel pour l’Union, qui nécessite une augmentation significative des dépenses de défense. L'Autriche souligne en particulier l'acquisition d'équipements militaires en 2025, compte tenu de la détérioration de la situation géopolitique au cours de l'année. La clause prévoit une flexibilité maximale de 1,5 % du PIB pour une période de quatre ans. Le gouvernement autrichien envisage d’atteindre en 2032 des dépenses de défense à hauteur de 2 % du PIB contre 0,7 % en 2024 (données Eurostat).
etc.
SLOVENIE
Le chiffre du mois à retenir
Zoom sur…
Selon l’Office des statistiques, les exportations de la Slovénie en 2025 ont augmenté de 17 % par rapport à 2024, pour atteindre 72,1 Mds EUR ; tandis que les importations ont progressé de 1,8 % et ont totalisé 70,6 Mds EUR. Les échanges commerciaux ont augmenté tant avec les pays de l'UE qu'avec les pays tiers, mais ce sont les exportations vers les pays tiers qui ont connu la plus forte hausse, avec 32,7 %. Les exportations vers les pays de l'UE ont quant à elles augmenté de 1,6 %. Les importations en provenance des pays de l'UE ont, elles, augmenté de 1,3 %, et celles en provenance des pays tiers de 2,3 %.
etc.
CROATIE
Le chiffre du mois à retenir
Zoom sur la hausse soutenue des salaires nets depuis 2023
Selon les dernières données du Bureau national des statistiques (DZS) le salaire net moyen mensuel est passé de 1 094 EUR en janvier 2023 à 1 494 EUR en décembre 2025, soit une hausse de près de 37 % en moins de trois ans. Cette progression s’explique par une inflation soutenue et les revalorisations importantes des salaires notamment dans la fonction publique en 2023 et 2024. Parallèlement, le taux de chômage a reculé à 4,6 % en décembre 2025, contre 5 % en moyenne en 2024.
Le salaire médian suit une trajectoire comparable : il s’élève à 1 280 EUR en décembre 2025, contre 930 EUR en janvier 2023, soit une progression de 37,6 % en près de trois ans. Les hausses apparaissent relativement généralisées, malgré des disparités sectorielles persistantes. Les écarts territoriaux demeurent marqués : à Zagreb, le salaire net moyen atteint environ 1 660 EUR en novembre 2025, soit près de 15 % au-dessus de la moyenne nationale, traduisant la concentration des activités à plus forte valeur ajoutée dans la capitale.
etc.