Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Croissance sur la crête de la vague

La Banque Emirates NBD a publié ses données macroéconomiques pour Abou Dabi pour le T3 2025. L’émirat enregistre un niveau d’activité trimestriel au plus haut historique, porté par une croissance soutenue du PIB pétrolier (+7,8 % en g.a.) et du PIB non-pétrolier (+7,6 % en g.a.). Cette performance intervient notamment dans un contexte de renforcement des échanges commerciaux du pays, le commerce extérieur non-pétrolier ayant atteint l’objectif de 1 000 Md USD en 2025 avec 5 ans d’avance. L’économie demeure toutefois exposée à une incertitude régionale et internationale élevée, avec des risques de durcissement des conditions financières, de volatilité accrue des prix des matières premières et d’intensification des tensions géopolitiques, susceptibles de peser sur les flux (tourisme, capitaux), l’activité et, in fine, les équilibres macroéconomiques. Dans ce contexte, ENBD estime une croissance de 5,4 % pour les EAU en 2025 et projette 5,0 % pour 2026.

L’Emirat d’Abou Dabi a enregistré une croissance record de 7,7 % en glissement annuel (g.a.) au T3 2025, le PIB total atteignant 88,7 Md USD. Cette croissance est principalement tirée par le PIB pétrolier en hausse de 7,8 % en g.a. (contre 0,4 % en g.a. au T2 2025), atteignant 40,9 Md USD, soit 46 % du PIB total. Le PIB non-pétrolier est également en forte hausse, atteignant 47,8 Md USD (+7,6 % en g.a.), soit 54 % du PIB total (contre 56,8 % au T2 2025). L’Emirat d’Abou Dabi se distingue de son voisin doubaïote par sa production pétrolière, qui représente plus de 95 % de la production des EAU et constitue c.60 % des recettes publiques, et qui permet in fine de financer les différents projets de diversification économique. La hausse du PIB pétrolier est principalement due au retrait graduel des coupes volontaires des membres de l’OPEP+ décidées en 2023. En octobre 2025, la production émirienne atteint 3,4 M bpj (+12 000 bpj) et la capacité pourrait atteindre 5 à 6 M bpj d’ici 2027 selon le ministre de l’énergie Suhail Mohamed al-Mazrouei.

Bien que 96 % des réserves prouvées de pétrole émiriennes soient concentrées à Abou Dabi, l’émirat a su diversifier son économie en capitalisant sur un noyau de secteurs dont la contribution combine des rythmes de croissance soutenus et une part élevée du PIB non-pétrolier. Le secteur de la construction représente 9,4 % (8,3 Md USD) du PIB total, en hausse de 13,9 % en g.a., dans un contexte de poursuite des grands projets d’infrastructure et d’aménagement urbain. Avec une même contribution au PIB, le secteur manufacturier enregistre toutefois une croissance plus modérée en g.a. (+2,4 %). Les services financiers et d’assurance constituent également un pilier du PIB non-pétrolier émirien, contribuant à hauteur de 6,5 % du PIB total (c. 5,8 Md USD), en hausse de 8,5 % en g.a.

Graphique 1 – Croissance du PIB de l’émirat d’Abou Dabi (%, g.a.)

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Source : Emirates NBD, Calculs du SERPA

Le PIB non-pétrolier reste toutefois à interpréter à l’aune d’un effet d’entraînement significatif du secteur des hydrocarbures. Une part importante de la valeur ajoutée enregistrée hors pétrole reste en effet liée à la chaîne de valeur pétrolière (transports et logistique, construction, immobilier etc.). Cet effet de « halo » contribue à soutenir l’activité même lorsque la croissance du PIB pétrolier stricto sensu ralentit et implique que la diversification économique demeure à court terme partiellement corrélée aux volumes produits et au prix du baril. Ainsi, les équilibres macroéconomiques demeurent exposés à la conjoncture internationale et aux chocs de volatilité sur les prix et les volumes, avec des effets potentiels sur les comptes publics et externes.

Bien que l’inflation reste officiellement contenue à l’échelle des EAU (+1,1 % en g.a. au T3 2025 selon la BCEAU), les prix de l’immobilier enregistrent une hausse record de 17,3 % en g.a. à Abou Dabi au T2 2025 selon Knight Frank. Les tensions sur le logement constituent un vecteur de pression plus direct sur le pouvoir d’achat, dans un marché structurellement sensible à la dynamique des loyers avec 81 % des unités de logements occupées par des locataires. Ces tensions sont cohérentes avec la contribution croissante des services immobiliers au PIB, à hauteur de 3,7 % et en hausse de 13,1 % en g.a. au T3 2025. À court terme, elles suggèrent un risque de réaccélération de l’inflation des services via le logement, en particulier si la demande continue de devancer l’offre. 

Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière

Pétrole et gaz

Brent 20/2/2026 à 12h00 GST : 71,672 USD/Bbl

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Cette semaine, les cours du pétrole ont enregistré un rebond marqué, atteignant leurs niveaux les plus élevés depuis août, portés par une nouvelle escalade des tensions entre Washington et Téhéran. Ce vendredi, le Brent évolue à 71,7 USD/b et le WTI à 66,3 USD/b. L'ultimatum fixé par le président américain D.J. Trump – qui accorde à l'Iran entre dix et quinze jours tout au plus pour parvenir à un accord sur son programme nucléaire – a brutalement inversé la dynamique observée en début de semaine.

L’escalade du déploiement militaire américain dans le Golfe constitue le facteur déterminant de la volatilité des cours cette semaine. L’accumulation massive de forces par Washington est sans précédent depuis l'invasion de l'Irak en 2003. Conjointement, l’Iran multiplie les exercices militaires et a fermé sa partie du détroit d’Ormuz pendant quelques heures à cet effet mardi. Ces éléments tendent à signaler qu’une opération majeure pourrait avoir lieu dans les prochains jours contre le régime des mollahs – d’ampleur potentiellement supérieure aux frappes nocturnes de juin dernier. Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique a par ailleurs annoncé que la maigre fenêtre diplomatique qui s’était ouverte la semaine passée à Genève est en train de se refermer face à cette montée en tensions.

Jeudi soir, D.J. Trump a déclaré à son « Board of Peace » que les États-Unis devaient « conclure un accord significatif » avec l'Iran, avant de préciser que « de très mauvaises choses se produiront » en l'absence modus vivendi.

Les avancées diplomatiques à Genève entre Washington et Téhéran en début de semaine n’ont pas porté leurs fruits. Le vice-président américain J.D. Vance a souligné que Téhéran n'avait pas encore reconnu les lignes rouges du président D.J. Trump. Le ministre iranien des Affaires étrangères Araghchi a quant à lui prévenu que l'étape suivante serait « plus difficile », portant notamment sur les limites d'enrichissement, les protocoles d'inspection et la séquence de levée des sanctions. Les négociateurs iraniens sont désormais attendus à Genève dans deux semaines pour de nouveaux échanges, et les deux parties doivent rédiger et échanger des textes d’ici là.

Du côté de la balance, la thèse structurelle demeure incontestée : l'offre excède la demande, et les stocks mondiaux progressent. L'AIE confirme un surplus de 3,7 M bpj pour 2026 et une accumulation de 477 M de barils en 2025, soit 1,3 M bpj en moyenne, portant les inventaires à leur plus haut niveau depuis mars 2021.

La controverse porte désormais moins sur l'existence du surplus que sur sa localisation et sa disponibilité effective pour le marché. R. Hardy, PDG de Vitol, a évoqué à la conférence internationale de l’Énergie organisée la semaine passée à Londres qu’une « quantité énorme » de barils sanctionnés sont sans preneur. La Russie aurait chargé 40 M de barils sur des pétroliers ces deux derniers mois sans parvenir à les écouler. Parallèlement, la Chine a constitué plus de 100 M de barils de réserves stratégiques en 2025, représentant près du quart de l'accumulation mondiale. Comme le souligne A. Grant, responsable du négoce pétrolier chez Equinor, « si Pékin décidait simplement d'arrêter demain, […] le monde serait inondé de pétrole ».

Côté russe, les exportations ont progressé à 3,39 M bpj en moyenne sur les quatre semaines au 15 février, en hausse pour la quatrième semaine consécutive malgré la reprise des frappes de drones ukrainiens sur les raffineries. Les installations de Lukoil à Volgograd et Oukhta, ainsi que la raffinerie d'Ilski, ont été touchées ce mois-ci. Néanmoins, une attaque antérieure sur une station de pompage en Ukraine a interrompu l'acheminement de 200k bpj via le pipeline Droujba vers la Hongrie et la Slovaquie. Face à cela, les deux pays enclavés ont demandé à la Croatie d’acheminer du pétrole russe via l’oléoduc Adria. Pour ce qui est des barils sanctionnés, au total ce sont 140 M de barils de qui stagnent en mer, dont une partie significative en transit et une autre sur des navires immobilisés près de l'archipel de Riau à l'est de Singapour et dans le golfe de Suez. Dans la baltique, les conditions climatiques – où la banquise atteint son extension la plus importante depuis quinze ans – menacent une part substantielle du programme d'exportation russe en raison de la pénurie de navires adaptés aux conditions glaciaires.

Du côté des sanctions, les autorités occidentales intensifient la répression contre la flotte fantôme russe. La France a infligé une amende de plusieurs millions d'euros au pétrolier Grinch, saisi le mois dernier en Méditerranée alors qu'il transportait du brut en provenance de Mourmansk dans l'Arctique russe. Selon Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, le navire a été libéré après « le paiement de plusieurs millions d'euros et trois semaines d'immobilisation coûteuse » à Fos-sur-Mer. En parallèle, plus de 600 pétroliers ont été sanctionnés conjointement par l'UE, le Royaume-Uni et les États-Unis pour leurs liens avec la Russie.

L'orientation du marché demeure suspendue à l'issue de l'ultimatum américain et à l'évolution du positionnement militaire dans le Golfe. Les stratèges soulignent que la fenêtre diplomatique se referme rapidement, la logistique d'un déploiement de cette ampleur suggérant qu'une décision interviendra dans les jours ou semaines à venir. La réunion virtuelle de l'OPEP+ prévue le 1er mars constituera également un moment charnière, les marchés s'interrogeant sur la capacité de l'alliance à maintenir son gel de production face à une éventuelle flambée des prix ou, à l'inverse, à accélérer le retour de barils si la crise se dissipait.

Émile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier

 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

L’inflation en Arabie saoudite s’est établie à 1,8 % en glissement annuel en janvier 2026, selon la General Authority for Statistics (GASTAT). La hausse reste principalement tirée par le poste logement (+4,2 %), sous l’effet d’une augmentation de 5,2 % des loyers résidentiels. À l’inverse, les prix alimentaires progressent faiblement (+0,2 % en g.a.) et reculent de 0,6 % en variation mensuelle.

Humain investit 3 Md USD dans xAI avant son rachat par SpaceX - Humain, société d’intelligence artificielle détenue par le Public Investment Fund (PIF), a investi 3 Md USD dans xAI, la start-up fondée par Elon Musk, juste avant son rachat par SpaceX. Cette participation a ensuite été convertie en actions SpaceX. L’opération s’inscrit dans la stratégie de l’Arabie saoudite visant à devenir un acteur majeur de l’intelligence artificielle, notamment à travers le développement de 500 MW d’infrastructures de centres de données dans le Royaume.

STC : Chiffre d’affaires record de 20,7 Md USD en 2025 - Le groupe télécom saoudien stc Group a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires historique de 20,7 Md USD (77,8 Md SAR), en hausse de 2,5 % sur un an. Le bénéfice net progresse de 12,5 %, tandis que l’EBITDA atteint 6,5 Md USD (24,5 Md SAR). Le groupe poursuit l’expansion de son infrastructure numérique avec plus de 10 800 sites 5G, 3,75 millions de foyers raccordés à la fibre et des partenariats pour des centres de données dédiés à l’IA pouvant atteindre 1 GW de capacité. Le groupe a également émis 2 Md USD de sukuk en janvier 2026, sursouscrits plus de quatre fois.

AMAK étudie une augmentation de capital pour soutenir son expansion en Arabie saoudite - La société minière saoudienne Almasane Alkobra Mining Company (AMAK) a annoncé que son conseil d’administration recommandait une augmentation de capital via une émission de droits préférentiels d’environ 180 M USD (680 M SAR). Les fonds levés serviront à financer l’expansion de l’entreprise et à poursuivre les investissements dans son portefeuille de croissance en Arabie saoudite. Al Rajhi Capital a été désigné conseiller financier pour cette levée de fonds, et AMAK précisera le calendrier une fois le dossier soumis à la Capital Market Authority. Pour rappel, AMAK a enregistré un chiffre d'affaires de 208 M USD en 2024 et a récemment indiqué avoir découvert des ressources potentiellement exploitables en cuivre, zinc, or et argent dans la région de Najran.

 

Energie, Industrie & Infrastructure

La société locale Mutlaq Al-Ghowairi Contracting (MGC) a remporté le 15 février 2026 un contrat EPC de 162 M USD attribué par National Water Company (NWC) pour la construction de la deuxième conduite principale d’eaux usées reliant Mina et Azizia, dans la province de La Mecque. Le projet, sous la forme d'un contrat EPC, prévoit la réalisation d’une conduite de transmission des eaux usées d’environ 31 km, d’un diamètre de 3 500 mm, raccordée à la station d’épuration d’Arana. Sa mise en service est prévue pour 2028. Dans le même temps, la NWC a attribué 2 contrats d'une valeur de 143 M USD au saoudien Civil Works Company, portant sur la construction de conduites principales et d'environ 130 kilomètres de canalisation dans le nord de Jeddah.

Saudi Aramco et Microsoft ont signé le 18 février 2026 un protocole d’accord visant à explorer le déploiement de solutions d’IA industrielle basées sur la plateforme cloud Azure, afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle et d’accélérer la transformation numérique du groupe saoudien. L’accord prévoit l’intégration d’outils d’IA pour la maintenance prédictive, l’optimisation des processus et l’automatisation, afin de renforcer la compétitivité d’Aramco. Il couvre également les enjeux de souveraineté numérique et de résidence des données, ainsi que l’optimisation des infrastructures cloud du groupe. Enfin, les deux parties envisagent une co-innovation en IA industrielle, incluant le développement et la commercialisation de solutions technologiques pour le secteur de l’énergie, ainsi que des programmes de formation visant à renforcer les compétences locales en IA, cybersécurité, gouvernance des données et gestion de produits.

 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Les ÉAU et la Zambie ont engagé à Lusaka des discussions en vue d’élargir leurs relations commerciales et d’accélérer la finalisation d’un accord de partenariat économique global (CEPA), alors que les échanges non pétroliers bilatéraux ont atteint 3,4 Md USD en 2025, en hausse de 64,5 % sur un an.

MGX, véhicule d’investissement soutenu par Abou Dabi dédié à l’IA, prévoit d’engager jusqu’à 10 Md USD par an dans les prochaines années afin d’atteindre plus de 100 Md USD d’actifs sous gestion, avec des participations stratégiques dans OpenAI, Anthropic et xAI.

La Bourse de Dubaï enregistre son meilleur début d’année depuis 2014, l’indice général du Dubai Financial Market gagnant plus de 11 % depuis janvier, porté par les valeurs bancaires et immobilières et une croissance de l’émirat hors hydrocarbures solide.

Les ÉAU confirment leur attractivité auprès des grandes fortunes mondiales, selon deVere Group, qui indique que plus de 35 % de sa base de 80 000 clients fortunés envisagent une relocalisation familiale et patrimoniale afin d’optimiser leur fiscalité.

Stake, plateforme d’investissement fractionné dans des biens immobiliers basée à Dubaï, a levé 31 M USD lors d’un 2e tour de table mené par Emirates NBD. L’opération a été soutenue par Mubadala et des investisseurs régionaux. Elle vise à accélérer l’expansion aux ÉAU et en Arabie saoudite. La demande pour l’investissement immobilier fractionné progresse dans le Golfe, avec plus de 2 M d’utilisateurs.

IHC, holding d’investissement basée à Abou Dabi et active dans la construction, l’énergie, les infrastructures et les services, a publié pour 2025 un chiffre d’affaires de 111,4 Md AED (+29,1 %) et un bénéfice net de 34,7 Md AED (+35,1 %), soutenus principalement par l’immobilier-construction (44,2 Md AED) et les activités maritimes-dragage (30,2 Md AED).

Les ÉAU et le Gabon ont réaffirmé à Libreville leur volonté d’approfondir leur coopération économique, à la suite de la signature du CEPA visant à accélérer le commerce hors hydrocarbures.

 

Energie, Industrie et Transports 

DAEP a lancé trois appels d’offres pour les superstructures de la première phase d’extension de l’Al Maktoum International Airport, au sud de Dubaï. Les lots concernent le West Terminal et trois halls d’embarquement, avec une date limite de soumission fixée au 23 mars. Le futur terminal ouest, d’une superficie de 800 000 m² répartis sur sept niveaux, affichera une capacité annuelle de 45 millions de passagers.

AD Ports Group investira 320 M AED (87 M USD) pour développer un terminal de vrac solide au Port of Douala, dans le cadre d’une concession de 30 ans. La première phase prévoit deux postes à quai (450 m) pour une capacité de 4 Mt par an, avec une mise en service attendue en 2028.

DP World a vendu 37,5 % de sa participation dans le terminal sud à conteneurs du Jeddah Islamic Port à AP Moller Maersk, tout en conservant 62,5 % et la gestion opérationnelle du site. DP World exploite le terminal dans le cadre d’une concession de 30 ans signée en 2019 avec Saudi Ports Authority (Mawani), avec un programme d’investissement de plus de 800 M USD pour modernisation et extension. Le terminal dispose de cinq postes à quai et d’une capacité de 4,1 millions de conteneurs par an.

Modon Holding a enregistré en 2025 un chiffre d’affaires de 13,8 Mds AED et un bénéfice net de 3,9 Mds AED, marquant sa première année complète consolidée depuis sa création en 2024. Le pôle immobilier a porté la croissance avec des ventes record de 36,3 Mds AED, notamment sur Reem Island et le masterplan de Hudayriyat Island, tandis que le carnet de commandes atteint 46 Mds AED. En 2025, L’imad Holding Company, détenue par le gouvernement d’Abu Dhabi, a porté sa participation à 84,75 %.

Un consortium irako-émirati prévoit de déployer sur cinq ans un câble sous-marin et terrestre de 700 M USD reliant les EAU à la Turquie via l’Irak, afin de fluidifier les flux de données et soutenir le développement des infrastructures IA dans la région.

Qatar

La Qatar Investment Authority (QIA) a participé à plusieurs levées de fonds d’entreprises américaines innovantes dans l’IA et le spatial. Le fond souverain du Qatar a participé à une nouvelle levée de fonds de Série A lancée par l’entreprise Apptronik.Celle-ci a levé 520 M$ lors de cette série portant le total des fonds levés à près de 1 Md$. Ces capitaux serviront à accélérer la production et le déploiement mondial du robot humanoïde Apollo. La QIA a également co-investi dans l’entreprise Axiom Space, leader de l’exploration spatiale commerciale, pour une levée totale de 350 M$, et augmenté sa participation dans Anthropic, créateur des modèles d’IA Claude, via un nouveau tour de table qui a permis à l’entreprise américaine de lever 30 Mds$.

La QIA a également lancé, en partenariat avec le gestionnaire d’actifs Franklin Templeton, le Franklin Templeton Qatar Equity Fund, doté d’un montant initial de 200 M$. Ce fonds, ouvert aux investisseurs locaux et internationaux, vise à offrir un accès aux actions cotées sur la Qatar Stock Exchange (QSE). QIA agit comme investisseur d’ancrage dans le cadre de son initiative de gestion active d’actifs et de soutien à la liquidité du marché financier qatari.

Qatar Energy a remporté sa première licence d’exploration offshore en Libye en consortium avec Eni. La major italienne détiendra 60 % du projet et en sera l’opérateur, Qatar Energy détenant les 40% restants.

Fitch ratings a confirmé sa note 'AA' pour le Qatar grâce à des perspectives macroéconomiques stables.

Le ministère des Finances (MOF) a annoncé que les recettes de l’État pour le T4 2025 ont atteint 51,6Mds QR (soit environ 14,2 Mds USD) en hausse de 6% par rapport à 2024. Les dépenses se sont élevées à 56,9 Mds QR (environ 16,6 Mds USD) (+19,1 %), entraînant un déficit de 5,3 Mds QR (environ 1,5 Md USD), financé par endettement.

L’autorité des travaux publics du Qatar, Ashghal, a lancé un portefeuille de 20 projets d’infrastructures d’une valeur totale de 11,5Mds QR (environ 3,2 Mds USD). Douze projets ont déjà été attribués pour un montant de 4,5 Mds QR (environ 1,2 Md USD). Huit autres projets, incluant deux tunnels de drainage et des infrastructures résidentielles, feront prochainement l’objet d’appels d’offres, avec priorité donnée aux entreprises qataries pour renforcer le secteur privé national.

Koweït

Koweït : 50 nuances de gris… Au cours de sa plénière (9-13 février, Mexico), le Groupe d’action financière (GAFI) a inscrit le Koweït sur la liste des juridictions faisant l’objet d’une surveillance renforcée. Le GAFI a souligné que l’inclusion du pays sur cette « liste grise » ne constituait pas une sanction, mais plutôt une manière de suivre plus étroitement les réformes actuellement mises en œuvre en matière de corruption et de financement d’entités terroristes afin de renforcer la transparence financière de l’émirat, conformément aux normes internationales auxquelles les membres du GAFI adhèrent.

… prises très au sérieux par l’émirat. Le Premier Ministre koweïtien Sheikh Ahmad Abdullah Al Ahmad Al Sabah a présidé mercredi 18 février un groupe de travail afin d’examiner les observations et les attentes du GAFI après la réunion plénière de Mexico qui a inscrit le Koweït sur sa « liste grise ». Ce groupe comprenait plusieurs Ministres, dont ceux des finances, du commerce et de la justice, ainsi que le Directeur général du fonds souverain et celui de l’agence pour les investissements directs étrangers au Koweït. Le groupe a déclaré les questions AML/CFT comme étant une priorité gouvernementale.

Le secteur bancaire koweïtien affiche son appétit. Mohammad Ramadan, ancien conseiller économique du gouvernement, a déclaré que le secteur bancaire se préparait à une croissance « énorme ». Il considérait que la forte augmentation de la dépense publique, alimentée par plusieurs grands projets de développement devrait avoir un impact positif sur les banques car les entreprises qui seraient chargées de leur réalisation recourraient pour la plupart à un financement bancaire. Du point de vue de l’expert, l’important déficit budgétaire annoncé « ne constituait pas réellement un problème ». Il a notamment fait valoir que les recettes du fonds souverain n’étaient pas intégrées dans les prévisions budgétaires et, surtout, que les paramètres retenus pour le calcul revenus étaient très conservateurs alors que les dépenses étaient généralement surévaluées.

La kafala sur le grill ? Le Koweït envisagerait d’assouplir le marché du travail en introduisant un nouveau cadre de résidence « libérale », qui permettrait aux expatriés, sous certaines conditions, de s’affranchir du système de parrainage (« Kafala ») et travailler de manière indépendante. Les tenants de la réforme estiment que si cette mesure est mise en œuvre efficacement elle réduirait l'économie informelle, renforcerait la compétitivité et réduirait les coûts des services de base tout en mettant un terme aux trafics de résidence (parrainages de complaisance). La réforme pourrait marquer un changement significatif dans l'équilibre entre la flexibilité du marché du travail et le contrôle réglementaire, créant ainsi un environnement de travail plus stable et plus compétitif. La publication des premiers éléments de ce cadre réglementaire rénové est attendue d’ici au mois de mai.

 

Oman

L’indice MSX30 de la Muscat Stock Exchange a atteint 7 177,57 points le 13 février (+2,13 %), portant sa hausse à +22 % depuis le début de l’année. En 2025, l’indice avait déjà enregistré une hausse de 28,2 %, performance la plus élevée du CCEAG. La capitalisation s’établit à 35,75 Md OMR, avec des volumes en nette hausse (98,1 M OMR, +19,4 % sur la séance), certaines transactions récentes dépassant 200 M OMR. Cette dynamique s’appuie sur plusieurs facteurs convergents : progression des résultats des sociétés cotées, niveaux de dividendes compétitifs au regard des standards régionaux, retour des investisseurs particuliers domestiques et afflux graduel de capitaux étrangers. Les réformes structurelles du marché (modernisation des infrastructures de négociation, nouveaux indices, renforcement du pipeline d’introductions en bourse) ont contribué à approfondir la base d’investisseurs. Sur le plan macroéconomique, le relèvement en décembre 2025 de la note souveraine d’Oman à BBB- (investment grade) par Fitch Ratings constitue un soutien déterminant, favorisant l’inclusion dans certains indices internationaux et élargissant le spectre des investisseurs institutionnels éligibles. Si la rapidité du mouvement nourrit des interrogations quant à un éventuel emballement spéculatif, les indicateurs disponibles suggèrent à ce stade un rallye principalement adossé à l’amélioration des fondamentaux économiques et financiers du Sultanat. Une phase de consolidation technique ne remettrait pas en cause la tendance de fond, sous réserve du maintien des flux et de la discipline budgétaire.

Le Ministère omanais de l’énergie et des minéraux a signé le 12 février 2026 un accord de concession pour le bloc offshore 18 avec la compagnie nationale malaisienne Petronas, qui détiendra 70 % et opérera l’exploration du bloc, aux côtés de l’Omanais OQ Exploration and Production (OQEP) (30 %). Le contrat prévoit une phase d’exploration initiale de quatre ans, extensible, et, en cas de découverte commerciale, une concession de production pouvant aller jusqu’à 30 ans. Le bloc 18 ne comporte à ce stade aucune découverte. En 2022, 4100 km de données sismiques 2D ont été retraitées afin d’en améliorer l’attractivité auprès des investisseurs. Cette attribution revêt une dimension stratégique pour le Sultanat. Elle constitue le premier test opérationnel du nouveau modèle contractuel introduit par Oman, intégrant un système à redevance (« royalty agreement ») en complément des contrat de partage de production (PSA) traditionnels, afin d’offrir davantage de flexibilité économique aux opérateurs. Elle marque également un tournant institutionnel, le cycle d’appel d’offres ayant été piloté par OQEP plutôt que directement par le ministère, confirmant le rôle accru de la société publique dans l’attraction de partenaires internationaux. Le développement offshore omanais demeure toutefois complexe et risqué, marqué par des coûts élevés et plusieurs revers exploratoires ces dernières années. La production offshore actuelle reste marginale. Dans ce contexte, l’entrée de cet acteur international de premier plan valide avant tout l’attractivité renouvelée du cadre d’investissement omanais. Le succès géologique du bloc 18, encore incertain, constituera un test déterminant pour la relance durable de l’exploration offshore du Sultanat.

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Le Sultanat d’Oman engage la structuration d’une filière intégrée de transformation de l’aluminium autour de la fonderie de Sohar Aluminium, dotée d’une capacité de 395 000 tonnes par an. Environ 60 % de la production de métal liquide alimente déjà des industriels locaux en aval (laminage, câbles, pièces automobiles). Le projet, coordonné par le programme Ladayn associant le ministère du Commerce, Madayn, OPAZ et OQ Group, s’inspire du pôle plasturgie de Sohar, qui a mobilisé 85 M OMR répartis sur 27 projets à fin 2025. Appuyée par l’accord de partenariat économique global Oman–Inde, supprimant quasi intégralement les droits de douane (contre 0 à 5 % auparavant), cette initiative vise à renforcer l’intégration industrielle, la valeur ajoutée locale et le positionnement exportateur du Sultanat vers le Golfe, l’Europe et l’Afrique.

Le groupe Oman Flour Mills Company SAOG, acteur historique majoritairement détenu par NITAJ (branche agroalimentaire de l’OIA) et leader du secteur agroalimentaire omanais, a annoncé, via sa filiale Atyab Investments LLC, l’acquisition des 33,34 % restants détenus par Gulf Japan Poultry Farm dans Arabian Food Production Company SAOC, portant sa participation à 66,67 % et lui conférant ainsi le contrôle de l’entreprise. Cette opération s’inscrit dans la stratégie d’intégration verticale d’OFM, visant à renforcer la coordination opérationnelle, accroître l’efficacité de la production et soutenir le développement de nouveaux produits sur des segments à forte demande. Avec un chiffre d’affaires annuel d’environ 137 M OMR en 2025 et une capitalisation boursière proche de 82 M OMR, Oman Flour Mills exerce une présence dominante dans la production de farine, d’aliments pour animaux et de produits de boulangerie, ce qui en fait l’une des principales structures de transformation alimentaire du pays, opérant également à l’international. Cette acquisition renforce la capacité du groupe à soutenir la sécurité alimentaire nationale et à consolider sa compétitivité sur le marché domestique.

 

Bahreïn

Emissions de bons du Trésor sursouscrite à 117 % - L’émission hebdomadaire de bons du Trésor d’un montant de 186 M USD (70 M BHD), réalisée par la Central Bank of Bahrain (CBB) pour le compte du gouvernement du Bahreïn, a été couverte à 117 %. Le rendement moyen pondéré ressort à 4,86 %, contre 4,85 % lors de l’adjudication précédente. Ces titres, d’une maturité de 91 jours, portent l’encours total des bons du Trésor à 5,6 Md USD (2,11 Md BHD.).                   

Le Parlement de Bahreïn a approuvé la création d’un fonds dédié au soutien des ménages à faibles revenus. Le mécanisme prévoit de prélever 1 USD par baril exporté lorsque le prix du pétrole dépasse 40 USD, les montants étant gérés par le ministère des Finances. L’aide serait versée une fois par an, avec des montants majorés pour les foyers gagnant moins de 800 USD par mois.

Aluminium Bahrain a indiqué, le 18 février 2026, avancer sur deux études clés pour son projet New Replacement Line (NRL) : une étude de faisabilité de classe 3 et une Bankable Feasibility Study (BFS). La première correspond à une estimation budgétaire basée sur des travaux d’ingénierie préliminaires, tandis que la BFS est une étude détaillée destinée à convaincre banques et investisseurs de financer le projet. Le projet NRL prévoit de retirer les lignes de production 1 à 3, âgées de plus de 50 ans, et de les remplacer par de nouvelles lignes plus modernes, sous réserve des autorisations publiques et des résultats finaux des études. Cette modernisation s’inscrit dans la stratégie industrielle d’Alba pour maintenir et accroître sa performance opérationnelle, après un record de production nette de 1,62 Mt en 2025. Pour rappel, le conseil d’administration du groupe a déjà approuvé en septembre 2024 le projet Lines 4-5 Creep Up, un programme d’optimisation technique visant à augmenter progressivement la production des lignes existantes d’environ 8 000 tonnes par an, pour un investissement de 30 M USD.