L'eau rance d'Arabie
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
L'eau rance d'Arabie
L’émirat d’Abou Dabi a lancé fin janvier 2026 l’initiative « The World’s Richest Seas », visant à tripler les réserves halieutiques d’ici 2030. L’ambition affichée : atteindre « l’une des plus fortes densités de poissons au monde ». Ce programme intégré repose sur un ensemble d’interventions : déploiement de récifs artificiels (40.000 modules prévus à court terme, 80.000 à horizon 2030), restauration de récifs coralliens (4 M de colonies cultivées) et plantations de mangroves (50 M d’ici 2030). Présentée comme une approche fondée sur la science et l’innovation, l’initiative vise à transformer l’espace maritime en un réservoir alimentaire naturel et durable. La relance d’une pêche encadrée et soutenable s’inscrit parmi les leviers mobilisés pour renforcer la sécurité alimentaire nationale, dans un pays où plus de 80 % des denrées consommées sont importées.
Les ÉAU font face à des contraintes naturelles sévères : Sur 83 600 km², seules 50.000 ha sont arables, soit c.0,5 % du territoire, le reste étant désertique – ce qui situe le pays parmi les dix moins bien dotés au monde en terres cultivables. Pour subvenir aux besoins d’une population de 11 M d’habitants, les ÉAU dépendent quasi entièrement des importations alimentaires, en particulier pour les céréales (1,9 Mt de blé importées en 2022) et le riz (1,2 Mt). Par ailleurs, avec une pluviométrie moyenne de seulement 62 mm/an depuis 2013 - faisant des ÉAU le 3ème pays le plus sec au monde – l’irrigation intensive a entraîné un épuisement des nappes phréatiques et une salinisation croissante des sols, au point que certaines cultures ont dû être interdites.
Dans ce contexte, la souveraineté alimentaire émirienne repose aujourd’hui sur trois piliers : (i) la stratégie fédérale d’investissement massif dans des filières de production domestiques, (ii) la création d’un écosystème agricole innovant, centré sur les technologies de pointe, et (iii) le recours à l’achat de terres arables à l’étranger.
La stratégie fédérale 2051 vise à porter la production locale à 50 % des besoins d’ici la moitié du siècle. Pour y parvenir, l’État mise sur des programmes comme « Plant the Emirates », destiné à accroître le nombre d’exploitations agricoles, stimuler la recherche et structurer des pôles d’excellence en AgriTech, à l’image de la Dubai Food Tech Valley. L’État intervient également de manière directe, via des prises de participation dans certaines exploitations stratégiques, comme la ferme céréalière de Charjah. Le secteur privé est également mobilisé grâce à des géants agroalimentaires émiriens (Al Dahra, Elite Agro, etc.) investissant dans les fermes locales ou à l’étranger.
Le salon Gulfood 2026, organisé du 26 au 30 janvier à Dubaï, illustre la centralité croissante des enjeux agroalimentaires. Considéré comme le principal salon mondial du secteur, il a réuni 8 500 exposants et constitue à la fois une vitrine pour les champions nationaux, un point d’entrée pour les startups AgriTech et une plateforme d’attraction de capitaux dans l’écosystème local. L’événement a aussi servi de cadre à des échanges de haut niveau sur la sécurité alimentaire et les chaînes d’approvisionnement.
Face à une contrainte hydrique extrême, les Émirats font le choix d’un modèle agricole intensif en technologie, reposant sur l’agriculture hors-sol, l’optimisation de l’eau et l’aquaculture. Des fermes verticales aux serres climatisées, les ÉAU tentent de produire toute l’année des légumes à haut rendement, tout en recyclant 95 % de l’eau. En parallèle, les systèmes d’hydroponie et d’aéroponie à recyclage quasi intégral de l’eau sont déployés dans le désert, complétés par des expérimentations plus avancées (aquaponie, cultures à l’eau saumâtre ou dessalée). L’aquaculture terrestre constitue un autre pilier, avec des fermes en circuit fermé de poissons et de crevettes comme celle de KEZAD dans la lagune d’Abou Dabi.
En parallèle, la stratégie de souveraineté alimentaire des Émirats s’inscrit délibérément hors de leurs frontières. Tirant les enseignements de la crise alimentaire mondiale de 2007-2008, qui a mis en lumière les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, les ÉAU ont engagé une politique d’investissements agricoles à l’étranger, en particulier en Afrique subsaharienne. A ce jour, les ÉAU contrôlent ainsi 960k ha de terres agricoles hors de leur territoire, soit près de 20 fois la superficie arable du territoire national.
Grâce à ces politiques et technologies, la production alimentaire locale progresse, mais reste très modeste face à la demande. En 2023, l’agriculture ne contribuait qu’à 0,7 % du PIB. Elle couvre par contre entièrement certains besoins spécifiques : l’élevage de volailles satisfait 70 % des œufs et 45 % de la viande de volaille locale, et les élevages laitiers produisent plus de 90 % du lait consommé domestiquement. Les fruits et légumes de saison produits dans des fermes comme Al Awir à Dubaï ou Digdaga à Ras Al Khaimah pourvoient aussi largement le marché en produits frais pendant leur cycle de production. Néanmoins, la grande majorité des besoins courants (céréales, huiles, etc.) dépendent toujours de l’extérieur, portant la part de nourriture importée à 85-90 %, et jusqu’à plus de 7 % des importations totales du pays en fonction des années.
La viabilité de ces stratégies se heurte également à des contraintes de soutenabilité. Les Émirats produisent la quasi-totalité de leur eau destinée à l’irrigation par dessalement, processus énergivore, et compensent l’aridité par un forage intensif. À Abou Dabi, l’extraction des nappes souterraines est 25 fois supérieure à leur recharge naturelle, provoquant une baisse de la nappe de 1 à 5 mètres par an. La salinisation et l’épuisement des aquifères étant préoccupants, les ÉAU se tournent vers les fermes en mer, comme évoqué avec l’initiative « The World’s Richest Seas 2030 ». En outre, les coûts de production locaux restent très élevés et énergivores. Sur le long terme, il faudra arbitrer entre compétitivité des prix et autonomie : produire localement inévitablement coûte plus d’énergie et d’argent qu’importer bon marché.
Émile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier
Pétrole et gaz
Brent 13/2/2026 à 12h00 GST : 67,427 USD/Bbl
Cette semaine, les cours du pétrole ont progressé pour enregistrer leur 7ème hausse hebdomadaire sur les 8 écoulées depuis le début de l'année, portés par une prime de risque géopolitique qui continue de l'emporter sur les signaux d'abondance de l'offre. En fin de semaine, le Brent évolue à 67,4 USD/b et le WTI proche de 62,8 USD/b.
Le dossier iranien continue d'occuper le devant de la scène. Le Pentagone a ordonné à un 2nd groupe aéronaval de se tenir prêt au déploiement au Moyen-Orient, tandis que Washington envisagerait la saisie de pétroliers transportant du brut iranien. Malgré les signaux contradictoires émis par le président D.J. Trump – qui évoque tantôt un accord nucléaire, tantôt des frappes militaires – les négociations programmées à Oman vendredi dernier témoignent d'une volonté de désescalade. L'incertitude demeure toutefois considérable, les positions américaines et iraniennes divergeant sur le périmètre des discussions : Téhéran souhaite les limiter au dossier nucléaire, tandis que Washington entend y inclure le programme balistique, le soutien aux groupes armés régionaux et les questions de droits humains.
La surabondance de l’offre reste structurelle. Bank of America estime le déséquilibre à environ 2 M bpj, alimenté par l'augmentation de la production au sein de l'alliance OPEP+. Les stocks américains de brut ont progressé de 8,5 M de barils la semaine dernière, atteignant leur niveau le plus élevé depuis juin, selon l'EIA.
Cette configuration de marché profite aux raffineurs américains, qui enregistrent des résultats positifs : Marathon Petroleum, Valero et Phillips 66 ont tous dépassé les attentes au T4 2025 et affichent de bonnes perspectives pour 2026. Les marges de raffinage se sont établies à c.5 USD/b, au-dessus des niveaux du T4 de 2024. L'indicateur 3-2-1 – mesurant la rentabilité de la production de diesel et d'essence par rapport au coût du pétrole brut – avoisinait les 27 USD/b fin janvier, soit +35 % depuis le début de l’année. La réouverture des flux vénézuéliens est au cœur de cette dynamique. Les principaux raffineurs américains sont déjà en train d’adapter leurs installations pour traiter davantage de bruts lourds, et se positionnent comme acheteurs de brut vénézuélien.
Graphique 1 – Les raffineries américaines tournent à plein régime
Source : Bloomberg, calculs du SERPA
La production de l'OPEP+ a reculé de 439 k bpj en janvier pour s'établir à 42,5 M bpj, selon le rapport mensuel du groupe. Le Kazakhstan représente plus de la moitié de cette baisse, consécutive à la suspension des opérations sur le champ de Tengiz, le plus important du pays, dont la remise en service n'a débuté qu'en fin de mois. Les exportations vénézuéliennes ont également été perturbées par le blocus américain durant l'éviction de l'ancien président Maduro, tandis que l'Iran demeure affecté par les sanctions. L'Arabie saoudite et les autres membres clés ont maintenu leur production stable, conformément au gel trimestriel décidé pour compenser la faiblesse saisonnière de la consommation.
La reconfiguration des routes d'approvisionnement se poursuit. Le Venezuela a expédié du pétrole vers Israël pour la première fois depuis 2020, les cargaisons étant acheminées vers Bazan Group, principal raffineur du pays. Cette opération, gérée par des négociants internationaux selon Caracas, illustre la diversification géographique des débouchés vénézuéliens, qui incluent désormais l'Inde, l'Espagne, les États-Unis et le Moyen-Orient, après des années de dépendance quasi exclusive au marché chinois.
La Libye a annoncé les résultats de son premier appel d'offres de licences d'exploration depuis 2007, attribuant cinq blocs à Chevron, Eni, QatarEnergy et Repsol. La Corporation nationale du pétrole vise à porter la production à 2 M bpj d'ici 2030, contre 1,4 M actuellement, bénéficiant du regain de confiance des majors pétrolières sous l'administration américaine.
Émile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
Conférence d'AlUla : l’Arabie saoudite met en avant l’avancement de la Vision 2030 et la priorité au secteur privé - À l’occasion de la conférence d’AlUla (9 et 10 février 2026), organisée par le ministère saoudien des Finances en partenariat avec le Fonds monétaire international, le ministre des Finances Mohammed Al-Jadaan a indiqué que 87 % des initiatives de la Vision 2030 sont achevées ou en bonne voie et que 93 % des indicateurs de performance sont atteints ou en progression.
PIF : 157,6 Md USD de contenu local générés depuis 2020 - Le PIF indique que les dépenses en contenu local du fonds et de ses participations ont atteint 591 Md SAR (157,6 Md USD) entre 2020 et 2024, dans le cadre de ses programmes de développement du contenu national. Le fonds a par ailleurs identifié et proposé plus de 190 opportunités d’investissement représentant 40 Md SAR (10,6 Md USD) au secteur privé. La part des entreprises saoudiennes dans l’exécution des projets du PIF atteint désormais 67 % en 2025.
Secteur bancaire : Moody’s maintient une perspective stable avec un crédit attendu en hausse de 8 % en 2026 - Moody’s confirme une perspective stable pour le secteur bancaire saoudien, soutenu par une croissance du PIB non pétrolier attendue à 4,2 % en 2026 (après 3,7 % en 2025). L’agence anticipe une croissance du crédit d’environ 8 %, malgré des tensions de liquidité liées à un ratio prêts/dépôts de 106 %. La qualité d’actifs demeure solide, avec des créances douteuses limitées à 1,3 % des prêts. Les banques affichent par ailleurs des niveaux de capitalisation élevés, parmi les plus solides de la région, et bénéficient d’une probabilité « très élevée » de soutien public en cas de difficulté.
Numérique : l’économie digitale saoudienne atteint 140 Md USD, soit 50 % de la croissance régionale - La valeur de l’économie numérique saoudienne a atteint 140 Md USD, représentant environ 50 % de la croissance du secteur digital au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, selon le ministère saoudien des Communications et des Technologies de l’Information. Cette dynamique reflète l’accélération des investissements dans les infrastructures numériques, les centres de données, l’intelligence artificielle et l’écosystème technologique, dans le cadre des objectifs de la Vision 2030 visant à accroître la contribution des secteurs non pétroliers à la croissance.
Energie, Industrie & Infrastructure
Ferroviaire : La Saudi Arabia Railways commande 20 nouveaux trains à Talgo pour le Haramain High-Speed - Le 8 février, l'espagnol Talgo a remporté un contrat de 1,54 Md USD pour fournir et entretenir 20 nouveaux trains à grande vitesse pour la ligne Haramain reliant La Mecque, Médine et Djeddah. Cette commande porte la flotte totale des trains Talgo à 55 trains et augmentera la capacité annuelle à 30 millions de sièges. Les livraisons débuteront en 2028 et se termineront en 2031, avec un contrat de maintenance courant jusqu’en 2033.
Hydrogène : La finalisation des études préliminaires du projet d'hub hydrogène vert de Yanbu prévues pour mi-2026 - ACWA Power prévoit de finaliser les études préliminaires de son hub de production d’hydrogène vert et d’ammoniac à Yanbu co-détenu avec l'allemand EnBW d’ici mi-2026. Le mandat d'études, attribué en juillet 2025 à un consortium formé de Técnicas Reunidas et Sinopec, devrait aboutir à la construction d'une usine dont la mise en service est prévue pour 2030.
Mobilité : Ceer signe pour 990 M USD d’accords au PIF Private Sector Forum - La marque saoudienne de véhicules électriques Ceer a annoncé la finalisation de 16 accords d’une valeur de 990 M USD (3,7 Md SAR) lors du PIF Private Sector Forum à Riyad. Selon le CEO James DeLuca, 90 % de ces accords sont des contrats commerciaux démontrant le succès de la stratégie de l'entreprise détenue par le Public Investment Fund. A terme, Ceer vise à contribuer à hauteur de plus de 30 Md SAR (environ 8 Md USD) au PIB saoudien, améliorer la balance commerciale de 79 Md SAR (environ 20 Md USD) et créer environ 30 000 emplois directs et indirects d’ici 2034, tout en portant le contenu local à 45 % dans sa chaîne de production.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
Le PIB d’Abou Dabi a progressé de 7,7 % en glissement annuel au T3 2025 pour atteindre un niveau record de 325,7 Mds AED, porté par une croissance de 7,6 % des activités non pétrolières, qui représentent désormais 54 % du PIB (175,6 Mds AED). Sur les neuf premiers mois de 2025, le PIB a augmenté de 5 % et le non-pétrolier de 6,8 %, avec des performances marquées dans la construction (+13,9 %), l’immobilier (+13,1 %) et les transports (+13,8 %).
Les exportations industrielles des ÉAU ont atteint un record de 262 Mds AED en 2025, en hausse de 25 % sur un an et multipliées par plus de deux depuis 2020. Les industries de moyenne et haute technologie ont exporté 92 Mds AED, en croissance de 42 %, dépassant dès 2025 l’objectif fixé à 90 Mds AED pour 2031.
Secteur financier : Moody’s a relevé la perspective du système bancaire des ÉAU de stable à positive, citant une liquidité abondante et la solidité de l’économie non pétrolière, avec une croissance du crédit attendue d’environ 4,5 % en 2026 après 5 % en 2025. FAB demeure la banque la mieux notée (A3) avec 27,7 % de part de marché des actifs, tandis que le ratio de prêts non performants du secteur devrait se maintenir autour de 2 % à 2,5 % sur 2026-2028.
Selon le ministre émirien de l’Économie et du Tourisme, la croissance des ÉAU devrait dépasser 5 % en 2026, avec une progression supérieure à 5,5 % pour les secteurs non pétroliers, appelés à représenter 78 % du PIB national.
Les flux d’IDE vers les Émirats arabes unis ont doublé entre 2019 et 2024 pour atteindre 40 Md USD, tandis que les actifs sous gestion du DIFC ont franchi 700 Md USD (+58 %), consolidant le rôle du pays comme passerelle financière mondiale.
Energie, Industrie et Transports
Minéraux critiques : Les EAU et les États-Unis ont signé un cadre de coopération stratégique visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement en minéraux critiques et terres rares, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur (extraction, transformation, recyclage et activités aval). L’accord prévoit la mobilisation de financements publics et privés, l’identification de projets prioritaires et un engagement à déployer des financements sous six mois, dans un contexte de forte hausse de la demande mondiale à l’horizon 2030-2040.
Participation : Dubai Holding a cédé sa participation de 24 % dans Emirates Central Cooling Systems (Empower) à DEWA pour 5,18 Md AED (1,41 Md USD). L’opération porte la part de DEWA de 56 % à 80 %, lui donnant le contrôle majoritaire. Cotée au DFM, Empower affiche une capitalisation boursière d’environ 17,9 Md AED.
Aluminium : Emirates Global Aluminium (EGA) a mandaté Bechtel pour réaliser les études d’ingénierie de sa future aluminerie primaire à Oklahoma, en vue d’une décision finale d’investissement d’ici fin 2026. Détenu à 60 % par EGA et 40 % par Century Aluminum, le projet serait la première nouvelle fonderie d’aluminium primaire aux États-Unis depuis 1980, avec un objectif de doublement de la production primaire américaine et la création de 5 000 emplois.
Tourisme : Dubaï a accueilli 19,6 millions de visiteurs internationaux en 2025 (+5 % sur un an), avec un record mensuel de plus de 2 millions de visiteurs en décembre. Le tourisme confirme son rôle clé dans la diversification économique de l’émirat (agenda D33). L’offre hôtelière a atteint 154 264 chambres (827 établissements), avec un taux d’occupation de 80,7 %. L’Europe de l’Ouest reste le principal marché source (21 %), tandis que la région du Golfe et le Moyen-Orient/Afrique du Nord représentent 26 % au total.
IA : G42 a signé un accord-cadre avec un consortium vietnamien mené par FPT Corporation et Viet Thai Group pour déployer une infrastructure nationale d’IA et de cloud souverain au Vietnam. Le partenariat prévoit le déploiement de capacités cloud et IA sur trois data centres, afin de renforcer la souveraineté des données, accélérer l’adoption de l’IA dans les secteurs public et privé et positionner le Vietnam comme hub régional de l’IA en Asie du Sud-Est.
Santé : L’Emirates Drug Establishment (EDE) a été officiellement lancée lors du World Health Expo 2026, avec pour objectif de renforcer la production pharmaceutique locale, assurer la sécurité des chaînes d’approvisionnement et soutenir l’innovation. Le lancement inclut le Holistic National Manufacturing Project, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur pharmaceutique. À ce jour, 37 sites de production ont été agréés.
Qatar
Le Qatar et le Koweït ont signé plusieurs protocoles d’accord lors de la 7ᵉ session du Comité mixte de coopération, présidée par le Premier ministre qatarien et ministre des Affaires étrangères Cheikh Mohammed Al-Thani et son homologue koweitien Sheikh Jarrah Al Sabah. Les accords portent sur la coopération médiatique, la protection des consommateurs et de la concurrence, ainsi que sur le renforcement de la cybersécurité entre les deux gouvernements.
Le régulateur boursier saoudien, la Saudi Capital Market Authority (CMA), a délivré au fonds d’investissement qatarien Lesha Bank une licence complète de gestion d’investissements et de fonds. Cette autorisation permet à Lesha Capital, filiale saoudienne de Lesha Bank, d’opérer comme société d’investissement régulée en Arabie Saoudite, renforçant la stratégie régionale du groupe et son rôle dans l’intégration financière au sein du Conseil de coopération du Golfe.
Le ministère du Commerce et de l’Industrie (MoCI) du Qatar, en partenariat avec l’américain Microsoft, lance la plateforme « AI Agent Factory », qui vise à déployer l’intelligence artificielle dans les administrations du Qatar. La solution permettra de développer rapidement des agents intelligents capables de traiter des demandes et répondre aux requêtes, tout en s’intégrant aux systèmes gouvernementaux existants.
Le ministère des Communications et des technologies de l’Information (MCIT) a signé un accord avec le cabinet américain PwC pour soutenir des start-ups qatariennes via des services de conseil spécialisés. L’initiative vise à renforcer leur préparation technologique et opérationnelle, améliorer l’expérience client et développer des modèles d’exploitation à l’échelle, en offrant évaluations, recommandations et mentorat adaptés à chaque start-up.
La Qatari Businessmen Association (QBA), en collaboration avec MEDEF International (MEDEFi), HEC Paris, Carnegie Mellon, et avec le soutien de l’Ambassade de France au Qatar, a organisé un concours qataro-français pour start-ups. Six start-ups, trois qatariennes et trois françaises, ont été sélectionnées pour la finale afin de concourir pour remporter les Digital Business Awards. Ces startups ont présenté leurs projets et ont bénéficié du soutien de sponsors qatariens (Al Faisal Holding, Mekdam Holding, Alfardan Corporation et Power International Holding) et français (TechnipEnergies, TotalEnergies et Ardian).
Koweït
Le nouveau Ministre des finances présente un budget 2026-2027 en fort déficit. Yaqoub Al Refai, a dévoilé mardi 10 février le projet de budget pour l'exercice fiscal 2026-2027, qui prévoit un déficit budgétaire de 9,8 Mds KD (environ 32 Mds USD), en très forte augmentation (54,7%) par rapport au déficit de l'exercice fiscal actuel. Les recettes totales attendues se contracteraient de 10,5% par rapport à l'année précédente (16,3 Mds KD, soit 53,3 Mds USD). Les dépenses totales devraient atteindre 26 Mds KD (environ 85 Mds USD) et sont adossées à l’hypothèse prudente de prix du pétrole de 57 USD le baril (le break even budgétaire exigerait un prix de 90,5 USD / baril). Les salaires et les subventions représenteraient 76 % des charges et les dépenses d'investissement 11,8 %. Ces dernières seraient principalement destinées au financement du nouveau terminal de l'aéroport, celui du port de Mubarak El-Kabeer et à des projets liés à l'eau et à l'électricité.
Des émissions souveraines pour colmater la brèche d’un déficit croissant. La banque centrale du Koweït (CBK), a émis mercredi des obligations d'État à trois ans et des obligations Tawarruq (conformes à la charia) à un taux de 3,625 % pour un montant de de 150 M KD (495 M USD). Cette nouvelle tranche fait suite à une émission pour un montant similaire la semaine dernière. La dette levée au cours de l'exercice 25/26 sur le marché domestique atteint désormais 2,5 Mds KD auxquels s’ajoutent les 3,46 Mds KD d'émissions internationales, pour une dette totale de 5,96 Mds KD (environ 19,5 Mds USD). L’émirat est en passe de couvrir le déficit budgétaire de 6,3 Mds KD prévu pour l'exercice fiscal en cours.
Le Kuwait Fund soigne ses rapports avec la SIDA … Le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe (KFAED) a signé dimanche un protocole d’accord avec la « Swedish International Development Agency » (SIDA). Le texte vise à promouvoir la coopération dans les domaines du développement social, économique et durable, des projets d'infrastructure et de l'échange d'expertise technique. Le protocole d'accord prévoit également des consultations périodiques afin de coordonner les opérations et les activités dans les pays partenaires, notamment, mais sans s'y limiter, l'Ukraine et la Syrie. L'accord couvre les secteurs prioritaires pour les deux institutions, notamment l'agriculture, la sécurité alimentaire, l'approvisionnement en eau et l'assainissement, l'éducation et la santé. Il met également l'accent sur l'échange d'informations et de connaissances afin de tirer parti de l'expertise, des ressources et des capacités de chaque partie.
Le Koweït incite sa population à s’engager dans la transition énergétique … Le sous-secrétaire du ministère de l'Électricité, de l'Eau et des Énergies renouvelables, Adel Al-Zamil, a annoncé que le gouvernement devrait prochainement être autorisé à acheter l'électricité produite par les ménages. Cette mesure vise à encourager les citoyens à installer des panneaux solaires sur les toits, une initiative qui devrait permettre de réduire la consommation globale d'électricité d'au moins 10 %. S'exprimant en marge d'un forum sur l'énergie, M. Al-Zamil a expliqué que cet événement s'inscrit dans le cadre des efforts de coordination à long terme du Koweït pour le processus de transition énergétique qui s'étend jusqu'en 2060, date à laquelle le pays vise à atteindre la neutralité carbone et des émissions nettes zéro. D’ici à 2035, l'énergie renouvelable devrait représenter 15 % du mix énergétique du pays. Parmi les efforts engagés pour atteindre cet objectif, on compte le projet d'énergie renouvelable Shagaya, développé en quatre phases, et dont la capacité totale de production devrait atteindre 5 gigawatts.
Oman
« Together We Progress» : dialogue politique et réalisme économique. La 4ᵉ édition de Together We Progress (« ma’an nataqaddam »), forum annuel visant à favoriser un dialogue direct entre décideurs et société civile, s’est tenu le 8 février 2026 sous le patronage de S.A. le prince héritier Sayyid Theyazin bin Haitham Al Said, Vice-Premier ministre pour les affaires économiques. Fort d’une présence de 2000 citoyens Omanais de tous âges et horizon, l’événement a mis en lumière un glissement notable vers un dialogue plus pragmatique entre décideurs et acteurs institutionnels à Oman. Les discussions ont ouvertement abordé les contraintes économiques et sociales, y compris les limites des dispositifs de protection sociale et ont souligné la nécessité d’une planification urbaine équilibrée dans un contexte d’expansion urbaine soutenu, intégrant mieux milieux ruraux et paysages naturels. Si les indicateurs macroéconomiques s’améliorent, les bénéfices ne se traduisent pas encore pleinement en une hausse des revenus et du pouvoir d’achat pour les Omanais, un point pris au sérieux par l’ensemble des Ministres présents au forum. D’un point de vue économique, l’événement illustre une volonté de rapprocher politique et mise en œuvre concrète, sans masquer les défis persistants ni la lenteur de certains processus, mais en posant les bases d’une gouvernance plus informée et d’un développement plus inclusif.
Expansion modérée de la liquidité domestique à fin novembre 2025, dans un contexte de légère détente des taux. À fin novembre 2025, la liquidité domestique à Oman a progressé de 6,4 % en glissement annuel pour atteindre 26,41 Mds OMR, portée notamment par une hausse soutenue de la masse monétaire étroite (M1, +12,2 % à 7,9 Mds OMR). Les dépôts du secteur privé auprès des banques locales ont augmenté de 9,9 % (22,68 Mds OMR) et les crédits octroyés par les banques commerciales et les guichets islamiques de 8,8 % (35,01 Mds OMR), traduisant un dynamisme de l’activité bancaire. Dans le même temps, les avoirs extérieurs ont crû de 7,4 % (7,56 Mds OMR), tandis que le taux d’intérêt moyen sur les prêts a légèrement reculé à 5,446 % (–3,9 % sur un an), suggérant un assouplissement modéré des conditions de financement. L’indice du taux de change effectif du rial est resté globalement stable (+0,1 %, à 114,3 points).
Émission de 17,48 M OMR de bons du Trésor. Le gouvernement omanais a émis cette semaine 17,48 M OMR de bons du Trésor, répartis sur 28 jours (13,18 M OMR, 3,75 % de rendement), 91 jours (3,7 M OMR, 3,85 %) et 182 jours (0,6 M OMR, 3,57 %). Administrés par la Banque centrale d’Oman, ces titres fournissent un financement à court terme au budget public, tout en offrant aux banques commerciales un placement sûr et liquide servant de référence pour les taux d’intérêt à court terme sur le marché domestique.
Oman Food Capital signe un contrat de 150 M USD avec le brésilien JBS pour augmenter les capacités de production locale de viande rouge et de volaille. Oman Food Capital (OFC), holding spécialisée dans l’agroalimentaire détenue par le fonds souverain Oman Investment Authority (OIA), a conclu un partenariat stratégique de 150 M USD (env. 57,7 M OMR) avec la multinationale brésilienne José Batista Sobrinho - JBS S.A., l’un des leaders mondiaux de l’industrie alimentaire. L’accord prévoit la localisation au Sultanat d’unités de production locale de viande rouge et de volaille, ainsi que la mise en place d’un hub régional d’exportation destiné aux marchés internationaux. Dans ce cadre, JBS réalisera son plus important investissement au Moyen-Orient dans le secteur des viandes, en finalisant l’usine intégrée de volaille d’A’Namaa Poultry Company à Ibri et l’abattoir et unité de transformation bovine et ovine d’Al Bashayer Meat Company à Thumrait. À terme, la capacité de production annuelle devrait atteindre près de 300 000 tonnes, dont 77 000 tonnes de bœuf, 20 000 tonnes de viande ovine et 208 000 tonnes de volaille. Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie de l’OIA visant à structurer un écosystème agroalimentaire intégré, à renforcer les chaînes de valeur nationales et à accroître la valeur ajoutée locale, contribuant in fine au renforcement de la sécurité alimentaire du Sultanat, tout dotant Oman de capacités d’exportation de produits halal à l’échelle régionale. Le projet devrait générer plus de 3 000 emplois directs sur cinq ans et soutenir le développement des industries agroalimentaires dans le cadre des priorités du 11ᵉ Plan quinquennal et de la Vision 2040. Cette opération marque par ailleurs l’entrée de JBS dans la production primaire au Moyen-Orient.
Immobilier : l’égyptien Al Ahly Sabbour lance la construction du projet Wadi Zaha (115 M OMR) à Sultan Haitham City. Le promoteur égyptien Al Ahly Sabbour Developments a lancé les travaux de Wadi Zaha, son premier projet au Sultanat d’Oman, pour un investissement total de 115 M OMR, au sein de Sultan Haitham City. Le programme, qui a déjà atteint 101 % de son objectif de ventes pour 2025, comprend dans sa première phase des villas et maisons de ville, réalisées avec Delta Contracting. Wadi Zaha constitue le premier d’un ensemble de trois développements intégrés prévus par le groupe dans la nouvelle ville, illustrant une stratégie d’implantation à long terme alignée sur la Vision 2040. Le projet prévoit également la possibilité, pour les investisseurs étrangers, d’obtenir un permis de résidence sous conditions, renforçant son attractivité financière et confirmant le positionnement de Sultan Haitham City comme pôle structurant du développement immobilier omanais.
Tourisme : forte progression des revenus et de la fréquentation hôtelière en 2025. Les revenus des hôtels trois à cinq étoiles en Oman ont augmenté de 22,2 % en 2025, atteignant 297,3 M OMR (772 M USD), tandis que le taux d’occupation est passé de 49,9 % à 56,7 %, selon le National Centre for Statistics and Information. Le nombre total de clients a progressé de 10,8 %, pour atteindre 2,38 millions de visiteurs, porté par la hausse des arrivées de toutes les régions du monde : +22,3 % pour l’Europe, +28,6 % pour les Amériques, +11 % pour l’Asie, +20,2 % pour l’Afrique et +25,2 % pour l’Océanie. Les touristes omanais ont crû de 6,6 % (857 481), et ceux du CCEAG de 7,2 % (212 798), tandis que les touristes d’autres pays arabes ont légèrement reculé (–1,6 %).
Bahreïn
Visite du roi Hamad à Paris : signature d’un accord de coopération de défense avec la France - Le roi Hamad bin Isa Al Khalifa a été reçu le 6 février 2026 à l’Élysée par le président Emmanuel Macron. Les deux pays ont signé un accord conjoint de coopération dans le domaine de la défense, portant sur la formation, l’échange d’informations stratégiques et le développement d’opportunités industrielles. L’accord a été signé par le conseiller à la sécurité nationale bahreïnien Sheikh Nasser bin Hamad Al Khalifa et la ministre déléguée française auprès du ministre des Armées, Alice Rufo. Les discussions ont également porté sur le renforcement des relations bilatérales, le rôle du comité conjoint bahreïno-français et les évolutions régionales et internationales.
Marchés financiers : Bahrain Bourse dévoile son plan de développement 2026 - 2028 - Bahrain Bourse a présenté son Capital Market Development Plan 2026-2028, visant à renforcer la profondeur, la liquidité et l’attractivité du marché des capitaux bahreïnien. Le plan prévoit notamment le développement de nouveaux instruments financiers, l’élargissement de la base d’investisseurs, l’amélioration des infrastructures de marché et le renforcement de la gouvernance et de la transparence. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie plus large du Royaume visant à consolider Manama comme hub financier régional.