Les EAU ouvrent leur chakras
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Les EAU ouvrent leurs chakras
La récente visite du président des Emirats arabes unis, Sheikh Mohamed bin Zayed Al Nahyan, à New Delhi le 19 janvier 2026, confirme l’approfondissement rapide du partenariat bilatéral, désormais structuré autour d’intérêts économiques et stratégiques convergents. Cette visite, la troisième depuis son accession à la présidence, s’est conclue par la signature de 12 accords dans les secteurs de l’énergie, l’espace, la sécurité alimentaire, les technologies avancées et la défense. Celle-ci intervient dans un contexte de renforcement des échanges bilatéraux qui ont atteint c.100 Md USD en 2025, soit deux fois plus qu’il y a trois ans, date d’entrée en vigueur de l’accord de partenariat économique (CEPA). Les deux pays ambitionnent d’atteindre 200 Md USD de commerce bilatéral d’ici 2032, et ainsi de faire du corridor Inde-EAU un axe économique structurant entre l’Asie du Sud et le Golfe.
La relation entre les EAU et l’Inde repose sur une historicité profonde, structurée par des flux humains et commerciaux antérieurs à la formation des Etats modernes du Golfe. Jusqu’en 1966, la roupie, puis la « Gulf Rupee », a circulé aux EAU comme monnaie de référence, avant sa dévaluation et l’adoption d’une monnaie nationale. Aujourd’hui, plus de 4,2 millions de ressortissants indiens sont présents aux Emirats, soit près de 30 % de la population résidente, faisant de l’Inde le premier pays d’origine des expatriés. Cette diaspora constitue un vecteur économique central pour les EAU tant par sa contribution au marché du travail que par les flux de remises, l’Inde étant le premier bénéficiaire de remittances en provenance des EAU avec 19,2 Md USD en 2024.
Le CEPA signé en mai 2022 a permis de transformer la relation commerciale bilatérale en un corridor économique intégré. Depuis son entrée en vigueur, l’accord a permis la suppression ou la réduction de droits de douane sur plus de 80 % des produits échangés, un meilleur accès aux marchés publics et aux marchés de service. En 2024, les EAU sont le troisième partenaire commercial de l’Inde derrière la Chine et les Etats-Unis, ainsi que sa deuxième destination à l’export, tandis que l’Inde est le deuxième partenaire commercial des EAU. Les échanges ont ainsi quasi doublé entre 2019 et 2025, passant de c.59 Md USD à c.100 Md USD. Dubaï concentre environ 85 % du commerce non-pétrolier entre les deux pays, avec des échanges passés de 36,7 Md USD en 2019 à 45,4 Md USD en 2023. Les postes d’exportations se sont également diversifiés au gré de cette intensification des échanges au-delà des métaux et pierres précieuses, vers l’agroalimentaire, les produits pharmaceutiques et les biens d’ingénierie.
Graphique 1 – Commerce bilatéral Inde-EAU
Source : Banque centrale indienne
La signature du Bilateral Investment Treaty (BIT) en 2024 a également permis de renforcer les investissements entre les deux pays. Le flux d’IDE émiriens vers l’Inde s’élève à 2,4 Md USD sur les neuf premiers mois de 2025, positionnant les EAU comme le 4e investisseur étranger du pays en flux, et le 7e en stock. Les fonds souverains jouent un rôle central dans cette dynamique, avec ADIA comme principal investisseur dans le pays. En 2025, le fonds a établi un bureau à Gujarat et a notamment investi 200 M USD dans Meril, une entreprise du secteur médical.
La relation Inde-EAU se renforce également dans un contexte de guerre commerciale et de compétition régionale. L’accord annoncé le 2 février 2026 entre l’Inde et les Etats-Unis, abaissant les droits américains sur les produits indiens à 18 % contre 50 % auparavant, met en évidence le risque de politique commerciale dans l’accès de l’Inde à ses marchés d’exportation. Le renforcement du partenariat avec les EAU s’inscrit également dans un contexte de recomposition des flux asiatiques, où la surcapacité exportatrice (en particulier chinoise, redirigée hors du marché américain) accroît la compétition entre les pays du CCEAG pour se positionner comme plateforme de réexportation. Dans ce paysage plus disputé, les Émirats entendent préserver leur avantage comparatif en capitalisant sur différents CEPA et le Belt and Road Initiative (BRI) avec la Chine, dans une stratégie d’économie de plateforme et de multi-alignement économique.
L’émergence d’une coopération de défense fait basculer la relation bilatérale dans une dimension stratégique. Une lettre d’intention signée en janvier 2026 en vue d’un Strategic Defence Partnership prévoit l’élargissement de la coopération en matière de formation, d’industries de défense et de lutte contre le terrorisme. Ce rapprochement s’inscrit aussi, en creux, dans un contexte de recomposition des équilibres sécuritaires des pays du Golfe, entamée par la signature en septembre 2025 d’un pacte de défense entre l’Arabie saoudite et le Pakistan.
Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière
Pétrole et gaz
Brent 06/02/2026 à 12h00 GST : 68,255 USD/Bbl
Cette semaine, le marché pétrolier a de nouveau été dominé par une forte volatilité, reflet d’un équilibre instable entre détente diplomatique, tensions géopolitiques latentes et fragilités structurelles de l’offre sous sanctions. En fin de semaine dernière, le baril de Brent était repassé au-dessus de 70 USD/b face aux menaces d’escalade entre Washington et Téhéran – le président américain avait annoncé l’arrivée imminente d’une « armada » vers l’Iran.
Les cours ont corrigé à la baisse en début de semaine à la faveur de négociations bilatérales prévues à Oman ce vendredi entre l’Iran et les États-Unis, avant de remonter dans le sillon de nouvelles tensions autour du lieu des pourparlers – qui devaient initialement avoir lieu en Turquie. En fin de semaine, le Brent et le WTI évoluent respectivement à 68,4 USD/b et 64,1 USD/b.
En premier lieu, la prime de risque géopolitique demeure substantielle. Le déploiement d'une flotte américaine comprenant le porte-avions USS Abraham Lincoln dans le golfe Persique, l'interception d'un drone iranien et les menaces d'affrontement dans le détroit d'Ormuz maintiennent la perspective d'une interruption des approvisionnements. Les analystes évaluent à près de 38 % la probabilité d'une perturbation effective de l'offre iranienne. Les flux vers les fonds indiciels pétroliers corroborent cette inquiétude : le fonds WisdomTree a enregistré sa plus forte collecte journalière depuis 2020, avec au total près de 200 M USD d'entrées cette semaine.
Du côté de la Russie, les revenus pétroliers se sont effondrés en janvier à leur niveau le plus bas depuis 5 ans, la décote de l'Oural s'établissant à 26 USD sous le Brent daté, contre 12 USD il y a un an. Cette détérioration reflète l'accumulation de stocks invendus de brut sanctionné, estimés à plus de 100 Mb répartis entre installations terrestres et pétroliers transformés en stockage flottant. L'Inde, principal acheteur après la Chine, a réduit ses importations russes de 35 % depuis la mi-2025, privilégiant désormais les approvisionnements non sanctionnés en provenance du Moyen-Orient, d'Afrique de l'Ouest, du Brésil et de Guyane. Cette substitution, facilitée par la levée des sanctions vénézuéliennes qui libère 800 kb/j supplémentaires sur le marché régulier, exerce une pression accrue sur Moscou et Téhéran, confrontés à des limites physiques de capacité de stockage.
Graphique 1 – Revenus pétroliers et gaziers de la Russie depuis 2020
Source : Ministère des finances russe, calculs du SERPA
Les résultats trimestriels de Shell et Sasol confirment la pression exercée sur l’industrie par la volatilité des cours. Shell a publié un bénéfice de 3,26 Md USD au T1, en recul de -11 % sur un an, pénalisé par la morosité du secteur chimique et une faible croissance de la production de 2 %. Sasol a pour sa part enregistré une chute de bénéfice de 99 % au T1, conséquence d'une dépréciation de 483 M USD sur ses actifs sud-africains et mozambicains et d'un recul de 17 % du Brent en rand (unité monétaire sud-africaine).
L'orientation des marchés demeure ainsi suspendue à plusieurs variables majeures : (i) l'évolution des négociations avec l'Iran, dont l'issue conditionnera le maintien ou la dissipation de la prime géopolitique. (ii) Le positionnement de Pékin face au surplus de brut sanctionné. La Chine, qui absorbe 95 % des exportations iraniennes et 60 % des russes, dispose d'une capacité déterminante pour équilibrer le marché, soit en accroissant ses achats et en constituant des réserves stratégiques, soit en les réduisant et en libérant davantage de barils non sanctionnés, exerçant ainsi une pression baissière sur l'ensemble du complexe pétrolier. (iii) Les fondamentaux de marché orientés vers un surplus structurel.
Emile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
L’économie saoudienne enregistre sa plus forte croissance en trois ans en 2025 – Le PIB réel de l’Arabie saoudite a enregistré une hausse de 4,5 % en 2025, son rythme le plus élevé depuis trois ans, après 2,7 % en 2024 et 0,5 % en 2023, selon les estimations publiées par la GASTAT. Cette performance dépasse la dernière prévision du FMI (+4,3 %) et repose sur une contribution majoritaire des activités non pétrolières (+4,9 %, soit 2,7 points de contribution), complétée par une reprise des activités pétrolières (+5,6 %, 1,4 point de contribution). La croissance s’est accélérée en fin d’année, avec un PIB réel en hausse de 4,9 % en glissement annuel au T4 2025.
Saudi Aramco finalise une émission obligataire de 4 Md USD – Saudi Aramco a finalisé une émission obligataire de 4 Md USD sur les marchés internationaux, structurée en quatre tranches arrivant à échéance en 2029, 2031, 2036 et 2056. L’opération permet au groupe d’allonger la maturité de sa dette et de diversifier son profil de financement.
La croissance du secteur privé se poursuit en janvier – Selon l’indice PMI de Riyad Bank compilé par S&P Global, l’activité du secteur privé non pétrolier en Arabie saoudite est restée soutenue en janvier, avec un indice à 56,3, après 57,4 en décembre. Ce léger repli traduit un ralentissement modéré du rythme de croissance, dans un contexte toujours marqué par une hausse de la production, des nouvelles commandes et de l’emploi, portée par une demande intérieure résiliente en début d’année.
L’Arabie saoudite officialise le lancement de sa stratégie nationale – Le ministre saoudien des Finances, Mohammed Al-Jadaan, a annoncé le lancement de la Stratégie nationale de privatisation, approuvée par le Conseil des ministres en novembre 2025. Depuis le démarrage du programme, plus de 200 projets ont été approuvés, représentant environ 800 Md SAR (soit 213 Md USD), et près de 90 contrats ont été signés, incluant des cessions d’actifs et des partenariats public-privé. La stratégie vise notamment à renforcer le rôle du secteur privé et à porter les investissements privés à plus de 240 Md SAR (environ 64 Md USD) d’ici 2030.
Energie, Industrie & Infrastructure
Riyad et Ankara signent un accord sur des projets solaires en Turquie – Le 3 février, à l’occasion de la visite officielle du président turc Recep Tayyip Erdogan à Riyad, l’Arabie saoudite et la Turquie ont signé un accord de partenariat dans le domaine des énergies renouvelables. Ce dernier vise à renforcer la coopération entre les deux pays dans les domaines des énergies renouvelables et des technologies vertes, et à soutenir le développement et la mise en œuvre de projets de haute qualité contribuant à la diversification du mix énergétique, au renforcement de la sécurité énergétique et à l’accélération de la transition vers une économie bas carbone, notamment à travers des projets de centrales électriques renouvelables. Signé par le ministre saoudien de l’Énergie Abdulaziz bin Salman et par le ministre turc de l’Énergie et des Ressources naturelles Alparslan Bayraktar, il prévoit également le développement de centrales solaires en Turquie pour une capacité totale pouvant atteindre 5 000 MW, déployée en deux phases. La première phase comprend deux projets solaires à Sivas et Karaman, totalisant 2 000 MW, tandis que la seconde phase prévoit 3 000 MW supplémentaires. Ces centrales seront construites par des entreprises saoudiennes. Les projets de la première phase représentent un investissement d’environ 2 Md USD, financé hors fonds propres. Une exigence de contenu local de 50 % est prévue dans l'accord afin de soutenir les secteurs turcs des équipements et services électriques. Une fois opérationnelles, la Turquie s'est engagée à acheter l'électricité produite sur une durée de 30 ans, qui devraient couvrir la demande en électricité de 2,1 millions de foyers turcs.
Riyad lance l’appel d’offres pour une station de métro liée à l’Expo 2030 – La Royal Commission for Riyadh City a lancé début février un appel d’offres en conception-réalisation pour la construction d’une nouvelle station de métro desservant le site de l’Expo 2030, au nord de Riyad. La station sera située sur la ligne 4 du métro de Riyad. La presse évoque une échéance de soumission du 26 février 2026 pour le dossier de qualification des entreprises intéressées, ainsi qu'une date limite de remise des offres au 3 mai 2026.
EnBW et Acwa signent un accord sur une filière ammoniac-hydrogène entre l’Arabie et l’Allemagne – Le groupe énergétique EnBW a signé un protocole d’accord avec Acwa visant à développer une chaîne d’importation et de traitement d’ammoniac destiné à des projets hydrogène en Allemagne. Le saoudien Acwa et l'allemand EnBW co-détiennent un projet d'usine de production de 4 GW d'hydrogène vert à Yanbu, qui sera donc converti en ammoniac et exportée en Allemagne. L'accord a été signé lors d’une visite dans le Royaume d’une délégation allemande conduite par la ministre de l’Économie. Il associe également VNG, l’un des principaux importateurs allemands de GNL détenu majoritairement par EnBW, ainsi que le port de Rostock. Dans ce cadre, VNG prévoit de développer à Rostock une unité de craquage permettant d’extraire l’hydrogène de l’ammoniac et de l’injecter dans le réseau hydrogène allemand. La mise en service du système est prévue à partir de 2030. Cet accord entre EnBW et Acwa s’inscrit dans le cadre plus large du renforcement de la coopération économique et énergétique entre les deux pays, illustré lors de la 21ème session de la Commission mixte saoudo-allemande à Riyad. Cette session a mis l’accent sur l’énergie, l’hydrogène, les renouvelables, l’industrie et l’investissement.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
L’activité du secteur privé non pétrolier aux EAU a poursuivi sa croissance en janvier, portée par une nette accélération des nouvelles commandes et des ventes, au plus haut depuis environ deux ans. L’indice PMI S&P Global est monté à 54,9 en janvier (contre 54,2 en décembre), son plus haut niveau en 11 mois, signe d’un renforcement de la dynamique. Les entreprises ont augmenté leur production et surtout leurs achats d’intrants, avec un rythme de progression des achats décrit comme le plus rapide depuis environ 6,5 ans, tandis que les délais de livraison se sont améliorés.
Le DIFC a indiqué que les nouvelles immatriculations d’entreprises ont augmenté d’environ 40 % en 2025 au nombre de 1 525, portées notamment par l’arrivée de sociétés comme des hedge funds. Le nombre total d’entreprises actives enregistrées au centre atteignait environ 8 840 fin décembre 2025, en hausse de 28 % par rapport à 2024, dont 557 sociétés de gestion de fortune et d’actifs, attirées par l’environnement des affaires et la fiscalité aux Émirats arabes unis. Selon le gouverneur du DIFC, il y eut une légère hausse des implantations en provenance du Royaume-Uni, qu’il relie à la croissance des hedge funds britanniques. Les autorités ont annoncé la semaine précédente un plan d’expansion du DIFC d’environ 27 Md USD à horizon 2040 pour répondre à la saturation du site.
Le nouveau fonds souverain d’Abou Dabi, L’imad Holding, prend le contrôle d’ADQ, consolidant un ensemble estimé à environ 300 Mds USD d’actifs, incluant Etihad Airways, TAQA, Abu Dhabi Ports, McLaren Racing et Louis Dreyfus, sous la présidence du prince héritier Cheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed.
L’accord de partenariat économique global (CEPA) entre les ÉAU et le Vietnam est entré en vigueur, visant à supprimer ou réduire les droits de douane sur plus de 90 % des exportations émiriennes et 95 % des produits vietnamiens, couvrant 99 % de la valeur des échanges bilatéraux.
Mubadala Capital a participé à une levée de fonds de 16 Mds USD de Waymo, valorisant la filiale d’Alphabet à 126 Mds USD, afin d’accélérer le déploiement international de ses robotaxis dans plus de 20 nouvelles villes dès 2026.
Energie, Industrie et Transports
Etihad Rail a attribué des contrats de génie civil d’une valeur totale supérieure à 8 Mds USD pour la ligne à grande vitesse Abu Dhabi–Dubaï. Le lot Abu Dhabi a été remporté par un consortium mené par National Projects Construction (NPC) avec Trojan Tunnelling, Kalyon (Turquie) et China State Construction Engineering Corporation, avec Jacobs comme concepteur. Le lot Dubaï a été attribué à un consortium conduit par Larsen & Toubro (Inde), associé à China Harbour Engineering Company et Wade Adams, avec Egis et Surbana Jurong comme ingénieristes. La première phase de 150 km doit être mise en service d’ici 2030.
Dubaï a signé un accord pour la construction du Dubai Loop, un système de transport souterrain développé avec The Boring Company, pour un investissement total estimé à 2 Mds AED (545 M USD). La première phase (6,4 km, 4 stations) représente 565 M AED et doit être livrée sous un an. À terme, le réseau de 22 km et 19 stations pourra transporter jusqu’à 30 000 passagers par jour, renforçant l’infrastructure de mobilité urbaine de l’émirat.
AD Ports Group a signé un accord préliminaire avec les autorités de la RDC pour développer et exploiter un terminal polyvalent au port de Matadi. Le projet vise à renforcer les capacités portuaires, soutenir la croissance des échanges et fluidifier les flux logistiques du pays.
AD Ports Group a signé une concession de 30 ans avec l’Aqaba Development Corporation (ADC) pour gérer et exploiter le port polyvalent d’Aqaba, unique port de fret général de Jordanie. L’accord prévoit la création d’une joint-venture détenue à 70 % par AD Ports Group et 30 % par ADC, avec un investissement initial de 141 M AED (38,4 M USD). AD Ports Group devrait prendre formellement en charge l’exploitation du port à partir d’août 2026.
Aldar et Mubadala ont créé une coentreprise dédiée au retail, valorisée à 10 Mds AED (2,7 Mds USD), regroupant Yas Mall et The Galleria Luxury Collection. Cette initiative s’inscrit dans l’extension d’Al-Maryah Island, un projet de plus de 60 Mds AED visant à soutenir la croissance d’ADGM. Le développement ajoutera bureaux, logements et surfaces commerciales.
Le marché résidentiel a enregistré 55,2 Md AED (15,0 Mds USD) de transactions en janvier 2026, en hausse de 43,9 % sur un an, pour 15 756 ventes (+19,1 %). Les projets off-plan ont dominé l’activité avec 71,3 % des transactions (39,3 Mds AED), tandis que le marché secondaire a totalisé 15,9 Mds AED. Les prix se sont stabilisés autour de 1 924 AED/m².
G42 prévoit de déployer une infrastructure nationale dédiée aux systèmes d’IA autonomes à grande échelle, en partenariat avec Microsoft, en complément du campus Stargate de 5 GW. Microsoft a annoncé 8 Mds USD d’investissements supplémentaires aux EAU d’ici 2029, après 7,3 Mds USD déjà engagés, renforçant l’ambition du pays de devenir un hub mondial de l’IA.
Qatar
Le ministre d’État du Qatar au Commerce extérieur, Ahmed Al Sayed, et le ministre d’État britannique chargé de la politique commerciale, Sir Chris Bryant, ont coprésidé la 4ᵉ réunion du Comité économique Qatar-Royaume-Uni à Doha. Le communiqué conjoint a rappelé que les investissements qatariens au Royaume-Uni dépassent 40 Mds £, que le commerce bilatéral entre les deux pays a atteint 1,7 milliard en 2024, et que plus de 600 entreprises britanniques opèrent au Qatar. En outre, les deux pays coopèrent dans les services financiers, dans la digitalisation, l’innovation et les technologies vertes, et le Qatar soutient un accord de libre-échange entre les pays du GCC et le Royaume-Uni.
La start-up américaine Positron a levé 230 M USD avec la participation de la Qatar Investment Authority (QIA), valorisant l’entreprise à plus de 1 Md USD. L’entreprise conçoit des puces d’intelligence artificielle à faible consommation énergétique destinées à concurrencer Nvidia, avec le lancement d’une nouvelle version prévu en septembre prochain.
Le 21ᵉ Salon international du gaz naturel liquéfié (LNG 2026) s’est déroulé du 2 au 5 février 2026 à Doha, réunissant des dirigeants, décideurs et experts du secteur mondial du GNL autour du thème “Leading LNG: Powering Today and Tomorrow”. L’événement, présidé par Saad Al-Kaabi, Ministre d’État pour les Affaires énergétiques et PDG de QatarEnergy, a mis en lumière le rôle clé du GNL dans la sécurité énergétique mondiale, l’innovation technologique et la transition énergétique. À cette occasion, QatarEnergy a conclu des accords d’approvisionnement en GNL de 20 ans avec le pétrolier malaisien Petronas portant sur la fourniture de 2 millions de tonnes par an, ainsi qu’avec le japonais JERA pour fournir jusqu’à 3 millions de tonnes annuelles de GNL au Japon à partir de 2028.
Lors du LNG 2026, Patrick Pouyanné, Directeur général de TotalEnergies, a indiqué que Doha renforce sa position de capitale mondiale du gaz naturel liquéfié (GNL), soulignant le rôle stratégique du Qatar pour TotalEnergies, notamment dans les projets d’expansion North Field East (NFE) et North Field South (NFS). Il estime, par ailleurs, que le Qatar bénéficie d’un avantage concurrentiel majeur grâce à ses coûts de production très bas, et que les projets avancent rapidement et dans les délais. Il est également revenu sur la complémentarité entre le GNL et les énergies renouvelables, et sur l’importance de réduire les émissions, notamment de méthane.
Le Web Summit Qatar 2026, la 3ième édition du sommet technologique mondial à Doha, s’est tenu du 1 au 4 février 2026 au Doha Exhibition and Convention Centre (DECC). L’événement, rendez-vous international de premier plan dédié à l’innovation et aux technologies, a rassemblé 30 000 participants venus de 127 pays, incluant près de 1 637 startups et environ 931 investisseurs, renforçant ainsi la réputation de Doha comme un centre global pour l’innovation, la technologie et l’économie numérique.
En marge du Web Summit Qatar 2026, Cheikh Mohammed Al-Thani, Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar, annonce que le fonds souverain qatarien, la Qatar Investment Authority (QIA), renforce son programme « Fonds de Fonds » avec un financement supplémentaire de 2 Mds USD, portant l’engagement total à 3 Mds USD. Le programme soutient 12 gestionnaires de fonds régionaux et internationaux, incluant 5 nouveaux fonds spécialisés en intelligence artificielle, fintech, blockchain, infrastructure et situations spéciales, consolidant la position du Qatar comme hub régional pour le capital-risque et l’innovation, et incitant les entreprises à établir leur siège régional à Doha.
Lors du Web Summit Qatar 2026, le Bureau des communications gouvernementales (GCO) de l’Etat du Qatar et l’entreprise américaine TikTok ont signé un protocole d’accord pluriannuel pour soutenir et promouvoir l’excellence créative à l’échelle mondiale. L’initiative vise à découvrir, accompagner et valoriser les créateurs internationaux dans différents secteurs, renforçant l’écosystème digital et créatif du Qatar.
Lors de Web Summit Qatar 2026, le ministère des Télécommunications et des technologies de l’information (MCIT) et l’entreprise américaine Oracle ont signé un accord pour étendre l’offre d’infrastructure cloud privé « Oracle Dedicated Cloud Regions » pour le secteur gouvernemental qatarien jusqu’en 2028. L’initiative renforce la continuité des services numériques publics, assure un centre de sauvegarde intégré, et soutient les services cloud, l’intelligence artificielle et la cybersécurité, contribuant à accélérer la transformation digitale du gouvernement qatarien en ligne avec la Vision Nationale 2030 et l’Agenda Digital 2030.
Koweït
Koweït : une semaine sous le signe de l’énergie. La 5ème édition 2026 de la conférence et exposition sur le pétrole et le gaz au Koweït (KOGS 2026) s’est tenue du 3 au 5 février 2026 à Koweït. Inaugurée par le Premier Ministre Cheikh Ahmed Abdullah Al-Ahmad Al-Sabah, cette conférence rassemble des dirigeants et décideurs internationaux qui débattent des questions énergétiques et discutent de l’avenir du secteur. L’événement (fermé) a attiré plus de 4.000 participants, 717 entreprises de 52 pays et 236 exposants.
KPC, la corbeille de la mariée est pleine : La « Kuwait Foreign Petroleum Exploration Company » (KUFPEC) a signé de nombreux accords en marge du KOGS 2026. D’abord dans le partage d’expertise avec Total à travers une plateforme dédiée ; ensuite avec l’italien ENI pour construire une usine en Sicile qui convertira les déchets d'huile végétale en biocarburant 100 % renouvelable (500 000 tonnes annuelles). Par ailleurs, Q8 a signé un accord avec le groupe omanais OQ pour développer un complexe pétrochimique dans la zone économique spéciale de Duqm.
KOC et TotalEnergies reprennent leurs études. TotalEnergies et « Kuwait Oil Company » (KOC) ont signé un protocole d'accord (MoU) visant à renforcer leur coopération, échanger leur expertise et mener des études techniques. La cérémonie s'est déroulée en présence de Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, de Cheikh Nawaf Saud Al-Sabah, PDG de Kuwait Petroleum Corporation, et d'Ahmad Jaber Al-Eidan, PDG de KOC. Le protocole d'accord prévoit notamment des études relatives à de nouvelles opportunités d'exploration dans le pays, pour lesquelles TotalEnergies mobilisera son expertise technique. « Nous sommes heureux de renforcer notre coopération avec la KOC (…) Les études qui seront menées permettront d'éclairer les projets futurs, tout en approfondissant notre relation à long terme avec le Koweït », a déclaré Patrick Pouyanné.
90.000 barils par jour pour Schlumberger. La KOC a attribué à SLB (Schlumberger) un contrat de 1,5 Mds USD sur cinq ans pour la prochaine phase de développement du champ de Mutriba, au nord-ouest du pays. SLB sera responsable de la conception, du développement et de la production intégrés du champ avec une capacité prévue de 90.000 bpj. Le contrat concerne des poches plus profondes et techniquement plus exigeantes, caractérisées par une pression et une température élevée et des conditions acides, ce qui a conduit KOC à rechercher des partenaires capables de proposer des méthodes d’exploitation non conventionnelles.
De l’eau dans le gaz à Az Zour. Le saoudien « ACWA Power », le fonds « Gulf Investment Corporation » (GIC) et le ministère de l'Électricité, de l'Eau et des Énergies renouvelables du Koweït ont signé un accord de conversion d'énergie et d'achat d'eau (ECWPA) afin de développer les phases 2 et 3 du projet Az-Zour North pour un total de 4,1 Mds USD. Le consortium dirigé par l'Autorité koweïtienne pour les projets de partenariat (60 %), ACWA Power et GIC (participation combinée de 40 %) prévoit de construire une centrale électrique CCGT de 2,7 GW (turbine à gaz à cycle combiné) et une usine de dessalement par osmose inverse de l'eau de mer. Le projet sera développé par le chinois « Shandong Electric Power Construction Corporation III », les turbines à gaz du projet seront fournies et entretenues par GE Vernova, tandis qu'ACWA sera responsable de l'exploitation et de la maintenance à long terme du projet (25 ans). La principale source de combustible pour la production d'électricité serait le gaz naturel avec me gazole comme source d'appoint, le ministère de l'Électricité, de l'Eau et des Énergies achetant la totalité de la capacité électrique et hydraulique de l'installation.
Oman
Décollage imminent : Sohar et Musandam en chantier – L’Autorité de l’aviation civile d’Oman (CAA) a présenté ses plans pour l’expansion de l’aéroport international de Sohar (le 4ème aéroport du pays après Mascate, Salalah et Duqm) et le développement du nouvel aéroport de Musandam. Un appel d’offres a été lancé pour le nouveau terminal passagers de Sohar. Le projet de Musandam sera réalisé en deux phases, avec une première piste de 2 520 m et un terminal pour 250 000 passagers/an. En 2026, le budget du gouvernement omanais alloué aux projets clés de transformation économique, dont le secteur aérien, s’élève à 400 M OMR. Des études techniques et financières ont été achevées pour les aéroports régionaux de Jabal Akhdar, Ras al Hadd et Masirah.
Le fonds conjoint Omano-ouzbek investit dans projet agrochimique de 75 M USD à Tachkent – La société d’investissement conjointe Uzbek-Oman Investment Company (UzOman), créée par les fonds souverains d’Oman et d’Ouzbékistan, a signé pour un projet agrochimique de 75 M USD à Tachkent. L’usine produira des intrants agricoles avancés, notamment herbicides, insecticides, fongicides et fertilisants organo-minéraux, avec des lignes de production modernisées et des systèmes respectueux de l’environnement. Hektaş (Turquie) investira 50 M USD en tant que partenaire stratégique et opérationnel, UzOman apportant 25 M USD. Le projet, qui s’inscrit dans le cluster industriel ouzbo-turc, vise un lancement commercial en 2027 et devrait soutenir la modernisation agricole en Ouzbékistan tout en renforçant la sécurité alimentaire d’Oman. UzOman, minoritaire, dispose d’un portefeuille diversifié de 280 M USD d’actifs sous gestion fin 2024, incluant immobilier, logistique et actifs financiers.
Fiscalité : remboursement de la TVA pour les touristes et hausse des recettes fiscales en 2025 – Lors du premier point presse organisé par la l’autorité fiscale omanaise à Mascate, le gouvernement a annoncé qu’un service de remboursement de la TVA pour les touristes sera mis en place une fois un accord trouvé sur les modalités avec les prestataires. En 2025, les recettes fiscales ont atteint 658 M OMR pour l’impôt sur le revenu des sociétés, 631 M OMR pour la TVA et 84 M OMR pour les droits d’accise. La Tax Authority déploie de nouveaux outils numériques, dont la facturation électronique et l’application “Ta’akad”, et a signé 39 accords fiscaux bilatéraux pour éviter la double imposition et la double non-imposition.
Coopération pétrochimique Oman–Koweït – Le groupe OQ et Kuwait Petroleum International (KPI) ont signé un accord pour développer un projet pétrochimique dans la Zone économique spéciale de Duqm (SEZAD), selon Muscat Daily. Le pacte, conclu au Koweït lors du Kuwait Oil & Gas Show & Conference, confirme l’engagement des deux entités en faveur de la diversification économique et de la coopération régionale, conformément à Oman Vision 2040. Le projet tirera parti de la position stratégique de Duqm pour renforcer son rôle de hub industriel et attirer des investissements dans le secteur pétrochimique.
Bahreïn
Bahreïn émet un sukuk de 800 M USD à 8 ans et une obligation de 1,3 Md USD à 12 ans – Bahreïn a procédé à une double émission sur les marchés internationaux, comprenant un sukuk de 800 millions de dollars à échéance 8 ans et une obligation conventionnelle de 1,3 Md USD à échéance 12 ans, selon des informations de marché. L’opération s’inscrit dans la stratégie de financement du Royaume et vise à couvrir une partie de ses besoins budgétaires à moyen et long terme.
Les exportations non pétrolières de Bahreïn progressent au T4 2025 – Selon les autorités bahreïniennes, les exportations non pétrolières produites localement ont atteint 1 047 M BHD (2,9 Md USD) au quatrième trimestre 2025, en progression de 5 % en glissement annuel. Les principaux marchés de destination demeurent l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et les États-Unis.
L’ancien ambassadeur américain rejoint le Bahrain Economic Development Board – L’ancien ambassadeur des États-Unis à Bahreïn, Steven Craig Bondy, a annoncé son entrée au Bahrain Economic Development Board (EDB) en tant que conseiller principal pour les investissements stratégiques américains.