Actualités économiques et financières d’Asie du Sud du 30 janvier au 5 février 2026
Bangladesh
Le service de la dette extérieure publique atteint 7,09 Mds USD en FY25, en hausse de 17% sur un an
Le service de la dette extérieure publique — incluant les emprunts publics et ceux garantis par l’État — a augmenté de 17 % pour atteindre 7,09 Mds USD à la fin de l’exercice 2024-25, absorbant environ 76 % des 9,3 Mds USD de nouveaux prêts et dons reçus sur la période. Sur ce total, 5,0 Mds USD correspondent au remboursement du principal (dont 2,6 Mds USD de prêts garantis) et 2,1 Mds USD aux paiements d’intérêts.
Cette progression s’inscrit dans une tendance marquée : les coûts de remboursement ont plus que doublé en cinq ans, passant de 3,3 Mds USD en FY21 à plus de 6 Mds USD en FY24. L’encours de dette extérieure s’élevait à 87,3 Mds USD fin FY25, soit une hausse d’environ 12 %, mais représente encore 19,0 % du PIB, bien en dessous du seuil de 40 % retenu par les institutions internationales.
Le port de Chittagong paralysé par une grève contre un projet de concession
Les opérations du port de Chittagong sont restées totalement suspendues pendant trois jours consécutifs, la mobilisation des dockers entrant dans son sixième jour. Le mouvement proteste contre la décision gouvernementale de confier le New Mooring Container Terminal (NCT) à l’opérateur DP World (Dubaï), et a déjà laissé plus de 11 000 conteneurs destinés à l’exportation bloqués sur place.
Face à la crise, le conseiller au Transport maritime a convoqué une réunion d’urgence avec les autorités portuaires tandis que les forces de l’ordre ont été déployées autour du site. Déclenchée fin janvier par des arrêts de travail quotidiens, la contestation s’est durcie alors que les autorités envisagent de signer avant les élections.
Les transferts de fonds atteignent 3,17 Mds USD en janvier, un niveau particulièrement élevé
Le Bangladesh a enregistré 3,17 Mds USD de transferts de fonds en janvier 2026, soit le troisième niveau mensuel le plus élevé jamais observé et une hausse de 45 % sur un an. Sur les sept premiers mois de l’exercice 2025-26, les remittances totalisent 19,4 Mds USD, contre 16,0 Mds USD un an plus tôt. Cette progression s’explique notamment par le recul des circuits informels de type hundi, qui a redirigé les envois vers les canaux bancaires officiels, l’augmentation du nombre de travailleurs expatriés et la proximité du Ramadan, qui débutera mi-février.
Les exportations reculent de près de 5 % en 2025 sous l’effet de la contraction de la demande mondiale
Les exportations de marchandises du Bangladesh ont diminué d’environ 5 % en 2025 pour s’établir à 47,7 Mds USD, pénalisées par la faiblesse de la demande mondiale pour l’habillement et d’autres biens de consommation. Les vêtements, qui représentent plus de 84 % des recettes d’exportation, ont particulièrement souffert, les distributeurs occidentaux disposant déjà de stocks élevés tandis que les nouveaux droits de douane américains ont limité la demande américaine.
L’affaiblissement du marché américain, important débouché du Bangladesh, se confirme par ailleurs. En novembre 2025, les exportations de vêtements vers les États-Unis ont chuté de 15 % en valeur sur un an et de 11% en volume, sous l’effet notamment d’un droit de douane additionnel de 20 % portant le tarif total à 36 %.
Inde
La ministre des Finances présente le budget de l’Union pour l’exercice 2026/27
Le 1er février 2026, la ministre des Finances, Nirmala Sitharaman, a présenté le budget intérimaire pour l’exercice 2026/27. Ce dernier s’inscrit dans la continuité des précédents budgets, à savoir la poursuite de l’effort de consolidation conjugué à une augmentation des dépenses d’investissement (+11% en glissement annuel).
Dans l’ensemble, l’objectif est de ramener le déficit à 4,3% du PIB, contre une cible de 4,4% pour l’exercice en cours, avec un ratio dette publique/PIB estimé à 55,6%. Les orientations prises par ce budget sont le soutien aux industriels indiens, notamment les MPME, conjugué au développement des infrastructures. Sont particulièrement ciblés les transports, la logistique, l’énergie, l’urbain et les corridors économiques (7 corridors ferroviaires à grande vitesse, 20 nouvelles voies navigables en 5 ans, et un corridor dédié au transport des terres rares dans chaque État riche en minerais).
Inde–États-Unis : vers la signature d’un accord commercial marqué par une forte baisse des droits de douane
Le président des États-Unis a annoncé la conclusion d’un accord commercial avec l’Inde prévoyant une réduction substantielle des droits de douane appliqués aux exportations indiennes, de 50 % à 18 %, ainsi que des engagements commerciaux d’ampleur de la part de l’Inde. Ceux-ci incluent notamment des achats de produits américains pouvant atteindre 500 Mds USD, couvrant des secteurs tels que l’énergie, l’aéronautique (dont les avions Boeing), la défense et les télécommunications.
Cette baisse tarifaire serait liée à un engagement de l’Inde, à ce stade informel et non confirmé, de réduire, voire de cesser, ses achats de pétrole brut russe, un élément qui aurait facilité la décision américaine de diminuer significativement les droits de douane sur les produits indiens.
La signature d’un communiqué conjoint est annoncée pour les jours à venir, en vue d’une signature aux alentours de mi-mars 2026.
À la suite de l’annonce, la roupie indienne s’est appréciée d’environ 1,5 INR par dollar, marquant un renversement de tendance sur le marché des changes. Cette appréciation intervient après une période prolongée de faiblesse de la monnaie, qui s’était dépréciée d’environ 5,4 % face au dollar entre le 1ᵉʳ avril 2025 et le 15 janvier 2026, dans un contexte de droits de douane élevés, d’incertitudes persistantes autour des négociations commerciales et de sorties de capitaux.
Pour rappel, l’accord s’inscrit dans l’objectif affiché par les deux pays de doubler le volume du commerce bilatéral pour atteindre 500 Mds USD d’ici 2030. À ce stade, l’Inde affiche un excédent commercial structurel vis-à-vis des États-Unis, passé de 11 Mds USD en FY13 à 36 Mds USD en FY24, puis à 42,7 Mds USD en FY25, soit 1,1 % du PIB indien. Sur l’exercice FY26 à ce stade (avril–décembre 2025), l’excédent commercial de l’Inde avec les États-Unis s’élève à 26,5 Mds USD, en hausse de 5,5 % en glissement annuel, les exportations vers les États-Unis progressant de 9,8 %, contre une augmentation de 12,9 % des importations américaines.
Politique monétaire : Décision du Comité de politique monétaire
À l’issue d’un vote unanime, le Comité de politique monétaire (MPC), a décidé de maintenir le taux repo inchangé à 5,25 % lors de sa réunion du 6 février, tout en conservant une orientation de politique monétaire « neutre ».
Après avoir déjà mis en œuvre plusieurs mesures d’assouplissement de la liquidité depuis la réunion du 5 décembre, notamment des opérations d’open market (OMO), des swaps de change (FX swaps) et des opérations de repo à taux variable (VRR) de maturités diverses, la Banque centrale (Reserve Bank of India), n’a annoncé aucune nouvelle mesure lors de la réunion de février.
Parallèlement, elle a délivré une guidance prospective visant à rassurer les marchés sur sa détermination à maintenir un niveau suffisant de liquidité excédentaire, afin de répondre aux besoins de financement de l’économie réelle. Dans le contexte actuel, la liquidité excédentaire est estimée à environ 5 000 Mds INR, soit près de 55 Mds USD.
Maldives
Feu vert de la banque centrale pour le démarrage de la Development Bank of Maldives
La banque centrale (MMA) a autorisé le démarrage des opérations bancaires de la DBM, à compter du 29 janvier 2026. La DBM avait déjà reçu une licence bancaire de la MMA le 13 octobre 2024 pour opérer comme banque de développement. La DBM doit améliorer l’accès aux financements de long terme et soutenir le développement économique durable.
Tensions autour d’un financement monétaire via obligations
Une nouvelle vague de démissions secoue le Pension Office sur fond de controverse concernant une opération obligataire de 2,4 Mds MVR (plus de 2% du PIB) assimilée par ses opposants à une forme de financement monétaire. Le président du conseil d’administration, Ahmed Inaz, a annoncé sa démission, qualifiant l’émission envisagée de décision préjudiciable pour l’économie. Deux autres administrateurs auraient également quitté leurs fonctions pour le même motif. La directrice financière aurait de son côté démissionné après avoir refusé de signer un document lié à la transaction.
Allongement de la maturité d’un emprunt obligataire de 100 M USD
Le président Mohamed Muizzu a annoncé au Parlement que l’Abu Dhabi Fund for Development (ADFD) a accepté de reporter de cinq ans l’échéance d’un emprunt obligataire de 100 M USD. Emis en 2018 avec une maturité initiale de 5 ans, cet emprunt avait déjà fait l’objet d’un premier report de trois ans en 2023 et devait donc être remboursé en avril 2026. Ce refinancement intervient alors que les Maldives devraient face à un service de la dette d’environ 1 Md USD en 2026, un niveau historiquement élevé.
Annonce d’un plan d’investissement de trois ans à Addu City
Le président Muizzu a annoncé un programme de trois ans à compter du 1er janvier 2027 à Addu City, le second centre urbain du pays après Malé. Ce programme comprendra l’octroi d’avantages tels que des exonérations fiscales pour soutenir la croissance des PME et attirer les investisseurs.
Népal
Indicateurs macroéconomiques au cours du premier semestre de l’exercice 2025/26
L’inflation s’est établie à 2,42% à la mi-janvier 2026, contre 5,41% un an auparavant, traduisant un net ralentissement des pressions inflationnistes. L’inflation des produits alimentaires a enregistré une légère contraction de 0,1%, tandis que l’inflation hors alimentation et services s’est établie à 3,81 % au cours du mois sous revue. A la même période de l’exercice précédent, les indices de prix de ces deux catégories avaient progressé respectivement de 7,67 % et 4,19 %.
Au cours des six premiers mois de l’exercice 2025/26, les exportations de marchandises ont augmenté de 43,8% pour atteindre environ 1,1 Md USD. Par destination, les exportations à destination de l’Inde et des autres pays ont progressé respectivement de 57% et 10,7%, tandis que celles dirigées vers la Chine ont reculé de 66,7%.
Sur la même période, les importations de marchandises ont progressé de 14,2% pour atteindre environ 7,1 Mds USD, contre une hausse de 7,1% un an plus tôt. Les importations en provenance de l’Inde, de la Chine et des autres pays ont augmenté respectivement de 5,9%, 22,1% et 32,4%.
En conséquence, le déficit commercial total s’est accru de 10,1% pour atteindre environ 6 Mds USD au cours des six premiers mois de l’exercice 2025/26, après une hausse de 4,4 % sur la période correspondante de l’année précédente.
Les transferts de fonds des travailleurs migrants ont fortement augmenté de 39,1% pour atteindre environ 8 Mds USD sur les six premiers mois de l’exercice, contre une progression de 4,2% l’année précédente.
Les réserves brutes de change ont augmenté de 21,1% pour atteindre environ 24,38 Mds USD à la mi-janvier 2026, contre 20,13 Mds USD à la mi-juillet 2025, reflétant un renforcement notable de la position extérieure du pays.
Pakistan
L’inflation s’établit à 5,8% (en g.a.) en janvier
L’indice des prix à la consommation (CPI) du Pakistan a progressé de 5,8 % en glissement annuel en janvier 2026, contre 5,6 % en décembre 2025, selon les données du Bureau des statistiques du Pakistan (PBS). En variation mensuelle, le CPI a progressé de 0,4 %, inversant la baisse enregistrée le mois précédent, avec des hausses plus marquées des prix ruraux que des prix urbains.
Cette progression, bien que modérée, dépasse nettement le taux de 2,4 % observé en janvier 2025 et s’inscrit à l’intérieur de la fourchette cible de 5–6 % projetée par le ministère des Finances.
L’inflation moyenne sur les sept premiers mois de l’exercice financier en cours s’établit à 5,24 %, en retrait par rapport à 6,50 % à la même période l’an dernier, reflétant à la fois des effets de base favorables et une dynamique de prix toujours sensible sur certains paniers de consommation.
Progression des exportations de 34,96% (en g.m.) en janvier
Selon les données du Bureau des statistiques du Pakistan (PBS), au mois de janvier 2026, les exportations pakistanaises ont atteint 3,06 Mds USD, soit une hausse de 34,96% en glissement mensuel, et de 3,7% en glissement annuel, marquant ainsi une nette reprise après plusieurs mois de performances décevantes.
Cette performance s’est accompagnée d’une baisse des importations à 5,70 Mds USD, contribuant à la réduction du déficit commercial à 2,7 Mds USD pour le mois de janvier.
Malgré ce rebond, sur les sept mois de l’exercice budgétaire 2026, les exportations pakistanaises affichent un recul d’environ 7% sur un an et un déficit commercial cumulé de plus de 22 Mds USD.
Annonce d’un plan de soutien pour relancer l’industrie et stimuler les exportations
Fin janvier, le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a annoncé un ensemble de mesures de soutien ciblées pour relancer l’industrie et stimuler les exportations, dans un contexte de stabilisation de la situation économique mais où la croissance demeure encore fragile.
Le gouvernement a ainsi décidé :
- de réduire les tarifs de l’électricité pour l’industrie d’environ 4,04-4,40 PKR par unité, tout en abaissant les frais de wheeling à moins de Rs 9 par unité, afin de diminuer les coûts de production pour les entreprises manufacturières et exportatrices ;
- le taux du « Export Refinance Scheme », principal instrument de financement des exportateurs via la Banque centrale (State Bank of Pakistan), a été abaissé de 7,5 % à 4,5 %, réduisant significativement le coût du crédit pour les opérateurs tournés vers les marchés étrangers.
Le Premier ministre a souligné que ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de croissance tirée par les exportations, visant à soutenir la compétitivité des secteurs exportateurs, attirer davantage d’investissements et consolider la reprise économique du pays.
Réaction de l’industrie textile pakistanaise à l’annonce d’un accord commercial entre l’Inde et les Etats-Unis
Le Pakistan Textile Council (PTC) a demandé au Premier ministre Shehbaz Sharif de mobiliser de manière urgente tous les canaux diplomatiques, stratégiques et commerciaux avec l’administration américaine pour obtenir que les « droits de douane réciproques » soient abaissés à 10% sur les exportations pakistanaises vers les États‑Unis.
Dans une communication officielle, le PTC souligne que, malgré les récentes mesures de réduction des coûts pour l’industrie (baisse des tarifs d’électricité et du taux de refinancement à l’export), les avantages tarifaires accordés à l’Inde dans le cadre d’un accord commercial avec les États‑Unis — où les droits de douane seraient ramenés à 18 % — créent un désavantage compétitif pour les exportateurs pakistanais. Ce différentiel, amplifié par des coûts de production structurellement plus élevés au Pakistan, nuit particulièrement au secteur textile et de l’habillement, qui opère sur de faibles marges, et appelle à une action rapide pour préserver la compétitivité, les revenus d’exportation et l’emploi dans l’un des principaux secteurs formels de l’économie nationale.
Visite du Président de la Banque mondiale, Ajay Banga, au Pakistan
Le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, a effectué une visite officielle de plusieurs jours au Pakistan début février, au cours de laquelle il s’est entretenu avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et d’autres hauts responsables pakistanais sur l’accélération des réformes économiques et le renforcement de la coopération de long terme entre Islamabad et le groupe Banque mondiale.
Les discussions ont porté sur la mise en œuvre du Country Partnership Framework (CPF), cadre d’intervention pays de la BM qui couvre la période 2025-2035, axé sur le développement durable et la croissance inclusive qui devrait mobiliser environ 20 Mds USD de financement pour des secteurs clés tels que les infrastructures résilientes, l’agroalimentaire, l’énergie, le numérique.
Le Premier ministre pakistanais a souligné l’importance d’accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles, notamment dans l’énergie, la fiscalité et l’investissement privé, pour soutenir une croissance économique plus soutenable, tout en remerciant la Banque mondiale pour son soutien continu à l’agenda de développement du pays.
De son côté, Banga a salué les efforts de réforme du gouvernement et réaffirmé l’engagement du Groupe Banque mondiale, encourageant l’utilisation efficace des ressources et la coordination avec les partenaires pour atteindre les objectifs de développement et de création d’emplois au Pakistan. Banga a notamment insisté sur l’impératif de créer entre 25 et 30 millions d’emplois au cours de la prochaine décennie afin de transformer le « dividende démographique » en moteur de croissance et éviter que le chômage structurel n’alimente l’instabilité ou l’émigration, en particulier des jeunes travailleurs qualifiés.
FMI – une mission des services attendue fin février dans le cadre de la troisième revue des programmes
Au cours d’une audition devant la commission permanente du Sénat chargée des finances, le ministre des Finances, Muhammad Aurangzeb a annoncé qu’une mission des services du Fonds monétaire international se rendrait au Pakistan fin février dans le cadre de la troisième revue des programmes en cours (EFF – facilité élargie de crédit et RSF – facilité pour la résilience et la soutenabilité). Le ministre a rappelé qu’il n’existe à ce stade pas de risque sur les capacités du Pakistan à faire face à ses besoins de financement extérieur et que les discussions avec les Emirats arabes unis sur un renouvellement de la dette (rollover) se déroulent selon le calendrier prévu, ce qui devrait atténuer les contraintes de liquidité externe tout en consolidant la confiance des partenaires internationaux. Aussi, le gouvernement a indiqué qu’il envisage l’émission des Panda bonds au premier trimestre pour diversifier ses sources de financement.
Renforcement de la relation Pakistan-Asie centrale avec deux visites de haut niveau des présidents du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan
Début février a été marqué par une intensification des relations entre le Pakistan avec les pays d’Asie centrale, à travers une série de visites de haut niveau.
Le président du Kazakhstan, Kassym‑Jomart Tokayev, a effectué une visite d’État de deux jours à Islamabad, la première d’un chef d’État du Kazakhstan depuis plus de deux décennies, au cours de laquelle les deux pays ont élevé leurs relations bilatérales au niveau de « partenariat stratégique ». Les deux pays ont signé 37 accords et memorandums of understanding (MoUs) couvrant des secteurs variés — énergie, agriculture, transport, industrie, technologie et logistique — avec pour objectif de faire passer le commerce bilatéral de près de 250 M USD à 1 Md USD d’ici l’année prochaine et de développer des corridors de connectivité régionale via les ports pakistanais de Karachi et Gwadar. Des projets de coopération ont également été définis pour renforcer les chaînes logistiques, l’éducation, les échanges culturels et la mise en place d’un groupe de travail intergouvernemental pour un plan quinquennal de coopération économique.
De son côté, le président de l’Ouzbékistan, Shavkat Mirziyoyev, a effectué une visite officielle portant sur le renforcement du commerce, de l’énergie et de l’intégration régionale. Islamabad et Tachkent ont conclu un accord visant à porter le volume des échanges bilatéraux à 2 Mds USD sur les cinq prochaines années, accompagné de 29 MoUs couvrant des domaines tels que la coopération industrielle, l’agriculture, la défense, les normes sanitaires pour les exportations de fruits, le développement des infrastructures et la lutte contre le trafic de stupéfiants. Les deux pays ont convenu d’établir un forum interrégional et un groupe de travail commun pour élaborer une feuille de route quinquennale de coopération économique et industrielle, ainsi que de renforcer la connectivité à travers des projets comme la liaison ferroviaire Pakistan–Afghanistan–Ouzbékistan, considéré comme un « game changer » pour le commerce transcontinental.
Sri Lanka
Hausse de l’excédent courant en 2025 malgré un déficit commercial croissant
La balance courante a enregistré un excédent de 1,7 Md USD en 2025 (environ 1,6% du PIB), en augmentation de 43,8% par rapport à 2024. Le déficit commercial passe de 6,1 Mds USD en 2024 à 7,9 Mds USD en 2025 - essentiellement en raison de l’augmentation des importations de véhicules à la suite de la levée de l’interdiction d’importation en février 2025 (ces importations ont dépassé les 2 Mds USD en 2025). L’excédent des échanges de services (essentiellement tourisme) progresse de 7,9% pour atteindre 3,7 Mds USD et les transferts de migrants de 22,8% pour atteindre 8,1 Mds USD en 2025.
Intervention du président AKD pour accélérer les préparatifs à la nouvelle mission de l’APG
Le président Anura Kumara Dissanayake a convoqué une réunion de haut niveau afin d’accélérer les préparatifs de la troisième évaluation mutuelle du Sri Lanka en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme qui sera coordonnée par l’Asia/Pacific Group on Money Laundering (APG) en 2026. L’enjeu est d’éviter un retour sur la « liste grise » du GAFI (le pays y avait été placé entre 2017 et 2019), qui exposerait le pays à des difficultés accrues pour les flux financiers et les investissements étrangers. Les autorités ont mis l’accent sur l’accélération des amendements législatifs en attente, le renforcement des capacités humaines (y compris le recours temporaire à des agents retraités) et la stabilisation des équipes formées jusqu’à la fin de l’évaluation. Un rapport de suivi doit être remis au président dans deux semaines, soulignant le caractère prioritaire de cet exercice pour la crédibilité financière du pays.
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