Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

VC aux Émirats : moteur privé ou béquille de l'État ?

L’année 2025 est un nouveau millésime positif pour le capital-risque (VC) au MENA. En progression de +74 % sur un an dans la région, les financements de jeunes-pousses ont atteint c.3,80 Md USD, pour un total de 688 transactions. Cette dynamique est poussée par deux centres autour desquels ont gravité 86 % des financements régionaux en 2025. Alors que les Émirats arabes unis (ÉAU) dominent depuis plusieurs années le marché, l’Arabie saoudite s’est accaparée la 1ère place en nombre de transactions (257) et en montants levés (1,72 Md USD) en 2025. Les ÉAU occupent la 3ème place parmi les pays émergents, avec 231 transactions et 1,58 Md USD levés (+67 % sur un an), derrière Singapour (1er) et l’Arabie saoudite (2ème). Signe d'un marché mature qui s'autonomise, des fonds de VC privés émergent. Par exemple, Plus VC basé à Abou Dabi s’impose comme le fonds le plus actif du MENA, avec 49 transactions effectuées en 2025, même si le montant de capital déployé demeure relativement modeste avec 6,3 M USD.

Graphique 1 - État des lieux des levées de fonds des startups aux ÉAU

Graphique 1

Source : données Magnitt au 30/01/2026, calculs du SER, tickets <250M USD

Historiquement, les investisseurs locaux (aussi bien privé – family offices, business angels, que publics – fonds souverains) se concentrent sur l’early stage, tandis que les gros tickets en late stage proviennent d’investisseurs étrangers. A l’échelle du MENA en 2024, plus de 65 % du capital investi à un stade inférieur à la série A provenait de la région. Considérant le marché trop émergent et risqué pour intervenir tôt, les acteurs internationaux ont longtemps concentré leurs investissements sur les tours avancés (Série B+), comblant le manque de capital local sur ces gros tickets. Cette structure de marché, où les capitaux étrangers captent l'essentiel des gros volumes en late stage, et les Émiriens les petits tickets de phases plus précoces, cantonne au total la participation des locaux à environ 25 % en 2024. Néanmoins, l’écosystème tend à mûrir sous l’impulsion des politiques publiques – incitant les investisseurs internationaux à intervenir de plus en plus tôt dans le cycle de financement. A titre illustratif, leur part dans les levées de série A est passée de c.15 % il y a quelques années à c.50 % en 2024.

La maturation du marché et la densité des financements en amont ne sont pas fortuites : elles résultent d’une volonté politique proactive d'injecter du capital pour amorcer la pompe au stade de seed, et densifier le tissu entrepreneurial. Dans l’émirat d’Abou Dabi, le programme public Ghadan 21, lancé en 2019 et doté de 50 Md AED, a pour but explicite de propulser l’écosystème entrepreneurial émirien et l’économie de la connaissance. Le fonds DisruptAD (+1,6 Md AED, détaillé ci-après) en est issu. À Dubaï, créé en 2021, le Dubai Future District Fund – fonds evergreen adossé à la Dubai Future Foundation et ancré au DIFC – est doté initialement d’1 Md AED pour amorcer les financements précoces de startups dubaïotes. En 2024, son portefeuille d’investissements directs est composé à 76 % de pré-séries A, et à 82 % de startups basées aux ÉAU. Le DFDF a déployé 1,65 Md USD dans un portefeuille de 190 startups.

Ces initiatives mobilisent les fonds souverains de manière croissante, passant de véhicules de co-investissement à des financements directs et autonomes. Mubadala, par exemple, après avoir été un investisseur clé du SoftBank Vision Fund en 2017 (15 Md USD engagés), a développé sa propre branche ventures (au sein de Mubadala Capital) pour financer directement des startups émiriennes (157 investissements directs en 2021, 45 en 2020). Ces prises de participation ne sont pas exclusivement nationales (Alphabet, Klarna, Getir, etc.), mais les rendements extérieurs visent à alimenter des champions locaux (i.e. G42 dans l’IA). L’objectif est double : éviter les frais des fonds intermédiaires et consolider l’influence d’Abou Dabi dans les secteurs stratégiques (FinTech, IA, etc.). De son côté, ADQ a d’abord lancé l’Alpha Wave Incubation (AWI) Fund, un fonds de capital-risque de 1,1 Md AED géré depuis l’ADGM en partenariat avec le gestionnaire américain Falcon Edge. Ce fonds investit dans des startups en Inde et Asie du Sud-Est, à condition qu’elles établissent leur siège régional à Abou Dabi. En 2021, à l’instar de Mubadala et sous impulsion du Ghadan 21, ADQ a unifié ses initiatives de capital-risque – l’AWI et le Ventures Fund (535 M AED) – sous la plateforme DisruptAD. Avec un mandat souple, celle-ci couvre l’investissement direct dans des startups à potentiel aux ÉAU et à l’étranger. DisruptAD souhaite à terme soutenir plus de 1000 jeunes-pousses.

De ce marché, deux dynamiques structurantes se dégagent : (i) Un goulot d’étranglement apparaît mécaniquement entre l’amorçage et la croissance. En effet, l’accumulation de startups en phase initiale, non relayées par des financements suffisants, provoque un « mur » en série A – que seulement 8 % des seeds parviennent à dépasser aux ÉAU. Outre les startups qui ne sont pas assez compétitives, ceci s’explique par le fait que côté privé, le marché est encore jeune et préfère les tickets réduits à fort rendement potentiel en amont. Côté public, la stratégie volontariste se focalise uniquement sur les stades early. (ii) Les gros tickets portées les acteurs internationaux présentent une forte sensibilité aux conditions macro-financières globales (hausse des taux, inflation, etc.), ce qui explique leur chute marquée jusqu’en 2024. À l’inverse, l’investissement seed demeure relativement stable dans le temps, porté par la base locale et les financements publics solides.

Émile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier

Pétrole et gaz

Brent 30/01/2026 à 12h00 GST : 68,255 USD/Bbl

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Cette semaine, les prix du pétrole ont enregistré une forte croissance, avec un Brent repassant au-dessus de 70 USD/b pendant plus d’une journée dans un mouvement principalement porté sur le risque d’une attaque sur l’Iran. Alors que le scénario d’un marché excédentaire en 2026 continue de structurer les anticipations de moyen terme, les investisseurs ont particulièrement considéré le risque de perturbation d’offre au Moyen-Orient.

Les déclarations de Donald Trump sur une possible action militaire contre l’Iran, couplées au renforcement de la présence militaire américaine dans la région, ont renforcé la perception d’un risque sur l’offre. La réévaluation de ce risque s’est traduite par une remontée rapide de la prime géopolitique, visible à la fois dans la volatilité des prix et dans le positionnement sur les marchés dérivés. Les primes sur options d’achat se maintiennent au-dessus de celles des options de vente depuis deux semaines, signalant une intensification des stratégies de protection contre un choc d’offre.

Outre-Atlantique, les stocks de brut ont reculé de 2,3 millions de barils sur la semaine, ce qui a temporairement atténué le narratif d’une surabondance de l’offre. Cette baisse plus marquée qu’anticipé reflète à la fois une dynamique d’exportations soutenues et un repli temporaire des importations, dans un contexte de perturbations liées aux conditions climatiques hivernales. La vague de froid a également affecté, à court terme, la production américaine, certaines estimations faisant état d’une perte transitoire de l’ordre de 600 000 bpj, contribuant à resserrer marginalement l’équilibre à court terme. Si ces facteurs restent de nature conjoncturelle et réversibles, ils ont néanmoins renforcé, en combinaison avec le risque géopolitique, la lecture d’un marché plus tendu sur le court terme.

Sur le plan macro-financier, la faiblesse du dollar a constitué un facteur de soutien additionnel, en amplifiant la croissance des prix au-delà du seul facteur géopolitique. Le dollar évoluant à des niveaux bas face aux autres devises, le pétrole (libellé en dollars) devient mécaniquement moins coûteux pour les acheteurs non américains, soutenant ainsi la demande marginale. Bien qu’il ne crée pas à lui seul un choc d’offre, il augmente l’élasticité des prix et contribue à maintenir les cours élevés lorsque le marché réévalue la prime de risque. Dans ce contexte, le maintien des taux par la Fed a renforcé la ruée vers les matières premières et a conforté la hausse observée en fin de semaine.

Après plusieurs semaines de perturbations sur le corridor d’exportation du Caspian Pipeline Consortium (CPC), le marché commence à intégrer une normalisation progressive des flux. Au Kazakhstan, les interruptions liées aux attaques de drones ukrainiens et aux conditions météo défavorables autour du CPC, combinées à un arrêt temporaire au champ de Tengiz, auraient entraîné une perte estimée à plus de 40 millions de barils d’exportations. Les perturbations au terminal du CPC, situé sur la côte russe de la mer Noire, exposent indirectement les exportations kazakhes aux risques géopolitiques liés au conflit en Ukraine. Cet aléa a pesé sur la dynamique de reconstitution des stocks mondiaux et a mécaniquement atténué, à court terme, le narratif de surplus, certaines estimations ramenant la hausse attendue des stocks globaux à c.700 000 bpj au S1 2026, contre plus de 1 M bpj dans plusieurs scénarios de marché. Dans ce contexte, la remise en route progressive de Tengiz et l’amélioration de la capacité de chargement au CPC réduisent désormais les risques de perturbation persistante sur une route clé d’exportation vers l’Europe.

À moyen terme, le scénario fondamental reste celui d’une offre globalement abondante en 2026, avec des divergences marquées entre agences. Les projections de l’Agence internationale de l’énergie et de l’Energy Information Administration convergent vers un surplus significatif, tandis que les estimations dérivées des hypothèses OPEP suggèrent un marché plus proche de l’équilibre offre-demande. Dans ce contexte, la croissance des prix observée cette semaine peut être lue comme la matérialisation d’une combinaison de deux facteurs : (i) des fondamentaux qui continuent de peser sur les prix d’équilibre de moyen terme, mais (ii) un risque géopolitique qui, par épisodes, réoriente les prix de court terme.

Graphique 2 – Projection de la demande mondiale pour 2026

 Graphique 2

Source : Bloomberg

Les prix restent également influencés par la reconfiguration des perspectives vénézuéliennes, qui agit comme un facteur d’équilibrage face au risque géopolitique. L’annonce d’une montée en puissance des exportations de brut vénézuélien vers les États-Unis via Chevron (jusqu’à c.300 000 bpj at tendus en mars, après c.100 000 bpj en décembre et c.230 000 bpj en janvier) indique que le marché pourrait absorber à court terme une partie des volumes restés en stocks depuis les perturbations de décembre, tout en augmentant la disponibilité de bruts lourds recherchés par les raffineries du Golfe du Mexique.

Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière

 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

L’UE anticipe une hausse de ses investissements en Arabie saoudite - Selon l’Ambassadeur Christophe Farnaud, les investissements européens en Arabie saoudite devraient progresser au cours des cinq prochaines années. L’Union européenne est le deuxième partenaire commercial du Royaume, avec 90 Md EUR d’échanges en 2024, et le premier investisseur étranger, représentant 29 % du stock d’IDE, principalement porté par le Luxembourg, la France et les Pays-Bas. Les relations économiques, désormais multisectorielles, concernent notamment l’énergie, l’industrie, le numérique et le tourisme, tandis que des discussions sont en cours pour relancer un accord de libre-échange UE-CCG.

Aramco lance sa première émission obligataire de 2026 - Saudi Aramco a lancé sa première émission obligataire de l’année, alors que les prix du pétrole évoluent à des niveaux plus faibles, s’établissant ce jour autour de 68 USD le baril. Selon Bloomberg, l’opération vise à sécuriser des financements dans un contexte de revenus pétroliers moins dynamiques, tout en préservant la capacité du groupe à maintenir un niveau élevé de dividendes.

Le trafic aérien saoudien dépasse 140 millions de passagers en 2025 - Le secteur de l’aviation civile en Arabie saoudite a enregistré une croissance de 9 % en 2025, avec un trafic dépassant 140 millions de passagers, selon la General Authority of Civil Aviation. Cette dynamique accompagne la hausse du nombre de visiteurs, estimé à 122 millions en 2025, rapprochant le Royaume de son objectif Vision 2030 de 150 millions de touristes annuels. Cette progression reflète le renforcement de la connectivité internationale du Royaume (176 destinations).

 

Energie, Industrie & Infrastructure

Les Jeux asiatiques d’hiver de Trojena reportés - L’Arabie saoudite a décidé de reporter les Jeux asiatiques d’hiver qui devaient se tenir en 2029 à Trojena. La décision a été annoncée officiellement dans le cadre d’un processus impliquant l’Olympic Council of Asia. Trojena avait été désignée en 2022 comme site hôte de cet événement international. Aucune nouvelle date n’a été communiquée à ce stade pour la tenue des Jeux.

SEC signe un contrat d’offtake de 1,4 Md USD avec la SPPC pour l’extension de la centrale de Rabigh 1 - Le contrat signé le 26 janvier 2026 entre la Saudi Electricity Company (SEC) et la Saudi Power Procurement Company (SPPC) s'inscrit dans le cadre de l’extension de la centrale Rabigh 1. Le projet porte sur une centrale à cycle combiné gaz d’une capacité de 1 179 MW, située dans la province occidentale du royaume. Le contrat, d’une valeur de 1,42 Md USD (5,33 Md SAR), couvre le développement, le financement, la construction, la détention et l’exploitation de cette extension. La durée du projet est de 25 ans à compter de la date d’entrée en exploitation commerciale. Les travaux EPC sont réalisés par une coentreprise entre l'égyptien Elsewedy Electric et l'allemand Siemens Energy, pour une mise en service attendue fin 2026.

Une entreprise chinoise remporte un sous-contrat pour le stade de Qiddiya - Le groupe chinois Metallurgical Construction Corporation, a remporté le contrat des structures métalliques du stade Mohammed Bin Salman au sein du mégaprojet Qiddiya. Le stade de 45 000 places qui sera utilisé à l'occasion de la Coupe du monde 2034, deviendra l’enceinte principale des clubs saoudiens Al-Nassr et Al-Hilal. Les travaux principaux de construction sont réalisés par une coentreprise entre l’espagnol FCC Construction et le groupe saoudien Nesma & Partners. L’ouvrage est implanté au sommet de la falaise de Tuwaiq, à 200 mètres de hauteur, dans le district sportif et de loisirs de Qiddiya City. Le cabinet américain Populous intervient en tant que consultant du projet.

Le PIF suspendrait le projet Mukaab à Riyadh - Le projet du Mukaab, un gratte-ciel en forme de cube de 400m de côté, situé au cœur du développement New Murabba à Riyadh, serait suspendu, selon des sources proches du dossier, sans confirmation officielle par le Public Investment Fund. La décision interviendrait dans le cadre d’une réévaluation du financement et de la faisabilité du projet. Le Mukaab était conçu pour être suffisamment grand pour contenir l’équivalent de 20 Empire State Building.

Maaden confie à une société finlandaise la fourniture d’une usine de traitement d’or à Ar Rjum - Maaden a choisi la société finlandaise Metso pour fournir une usine de traitement d’or pour sa mine d’Ar Rjum, située dans la région de Makkah, à environ 200 km au nord-est de Ta’if, en Arabie saoudite. Le contrat est d’un montant d’environ 152 M USD et comprend l’ensemble de la chaîne de traitement de l’ocre au doré, ainsi que les services d’ingénierie et d’automatisation pour l’installation et la mise en service de l’usine.

 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Lunate, gestionnaire d’actifs alternatifs basé à Abou Dabi et fort de 115 Md USD d’actifs sous gestion, a nommé Mohamed Hassan Alsuwaidi, ancien directeur général du fonds souverain ADQ (263 Md USD), en tant que président exécutif et associé gérant, avec l’objectif de plus que doubler ses actifs sur cinq ans. Créée il y a deux ans, Lunate a levé environ 17 Md USD en 2024, détient des participations dans des acteurs internationaux dont OpenAI et Brevan Howard, et s’inscrit dans un écosystème d’investissement émirien totalisant près de 2 000 Md USD via les grands fonds souverains d’Abou Dabi.

First Abu Dhabi Bank, premier établissement bancaire des Émirats par les actifs, a enregistré un bénéfice net trimestriel de 5,1 Md AED au T4 2025, en hausse de 22 % sur un an, portant le bénéfice annuel à un niveau record de 21,1 Md AED, soutenu par une progression de 36 % des revenus hors intérêts. Les prêts ont augmenté de 17 % à 616 Mds AED, les dépôts de 7 % à 841 Md AED et le total de bilan a atteint 1 400 Mds AED fin 2025, tandis qu’un dividende en numéraire de 80 fils par action a été proposé.

Les ÉAU veulent doubler leur commerce bilatéral avec l’Inde à 200 Mds USD d’ici 2032 et investiront dans un hub d’investissement stratégique à Dholera. Parallèlement, Adnoc Gas fournira à Hindustan Petroleum 0,5 Mt de GNL par an pendant 10 ans à partir de 2028, pour un contrat estimé entre 2,5 et 3 Mds USD, tandis que les deux pays renforcent coopération financière, technologique et militaire.

L’émirat d’Umm Al Qaiwain enregistre une dynamique économique positive en 2025, portée par un climat d’affaires jugé attractif et une importante diversification sectorielle. Selon la Chambre de commerce, les adhésions ont augmenté de 23,4%, avec une croissance dans tous les secteurs (commerce +31%, professionnel +23,3%, industrie +15,9%). Les certificats d’origine délivrés au S1 2025 ont aussi progressé d’environ 30% sur un an, signe d’un renforcement des échanges et de l’activité des entreprises. En parallèle, la participation des femmes entrepreneures progresse fortement (+53% en 2025), avec plus de 300 participantes cumulées d’ici fin 2025 via les actions du Businesswomen Council.

En décembre, l’inflation à Dubaï a atteint 3 % sur un an, principalement à cause de la hausse des prix des transports et de l’alimentation. Le rythme de l’inflation du logement a ralenti, atteignant son niveau le plus bas depuis 33 mois, ce qui laisse prévoir une inflation globale plus modérée en 2026. Cette évolution rapproche aussi Dubaï de la tendance nationale, tandis que l’inflation du logement s’accélère à Abou Dhabi.

 

Energie, Industrie et Transports 

La RTA a lancé un appel d’offres pour la prolongation de la Route 2020 du métro jusqu’au terminal Ouest de l’aéroport international Al Maktoum. L’extension de 3 km comprendra 2 stations et reliera la station Expo 2020 à l’aéroport.

Global South Utilities (Abu Dhabi) a acquis 51% du développeur hydroélectrique 40Capital, spécialiste du secteur en Asie centrale, principalement au Kirghizistan. L’entreprise détient 40 projets totalisant 140 GWh/an, fournissant de l’électricité à 16 000 foyers. L’opération marque l’entrée de GSU sur le marché kirghiz et complète son expansion dans les énergies renouvelables dans la région, après l’acquisition de Yashil Energiya en Ouzbékistan.

Le marché résidentiel d’Abu Dhabi prévoit une forte croissance en 2026, portée par le segment off-plan. Les ventes off-plan devraient atteindre 120 140 Md AED (32,7 38,1 Md USD), avec une hausse des transactions de 20 50 % par rapport à 2025. Le marché bénéficie d’un basculement vers des acheteurs finaux et investisseurs long terme, soutenu par l’expansion des infrastructures, une offre limitée dans les zones prisées et des prix stabilisés. La revente devrait progresser de 3-5 %.

AD Ports Group a signé un MoU avec le ministère nigérian de l’Économie maritime pour explorer des opportunités d’investissement et de développement dans les ports, la logistique, les services maritimes et les infrastructures numériques. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du CEPA UAE Nigeria et vise à renforcer l’efficacité portuaire, la connectivité logistique et la compétitivité commerciale. Le commerce bilatéral non pétrolier a atteint 4,3 Mds USD en 2024, en hausse de 55 % sur un an, reflétant une forte dynamique d’échanges.

Le fonds climatique émirati ALTERRA s’associe à la banque espagnole BBVA pour lancer un fonds de co-investissement de 1,2 Md USD, dédié aux projets durables dans l’infrastructure, le capital-investissement et le crédit privé. BBVA apportera 250 M USD en tant qu’investisseur stratégique. Le fonds, domicilié à Abu Dhabi (ADGM), investira en transition énergétique, décarbonation industrielle, technologies climatiques et modes de vie durables en Amérique, Europe et autres marchés à croissance. ALTERRA, créée en 2023 avec 30 Mds USD, vise à mobiliser 250 Md USD à l’international d’ici 2030.

Selon S&P Global, le marché résidentiel des EAU restera équilibré en 2026-2027 : la demande et la croissance des prix devraient modérer, mais la forte population et l’intérêt des investisseurs étrangers devraient absorber les nouvelles unités. Le risque de sur offre est donc limité. Le secteur bancaire est relativement peu exposé, avec 30-40 % des ventes secondaires financées par des crédits et l’exposition totale à l’immobilier tombée à 14 % du portefeuille de prêts en septembre 2025.

Qatar

La Banque Mondiale (BM), en présence de son Président Ajay Banga, annonce l’ouverture d’un bureau au Qatar et signe un accord de coopération avec le Qatar Fund for Development (QFFD). L’initiative vise à renforcer l’engagement avec les secteurs public et privé et à soutenir la Vision nationale 2030, tout en encourageant l’investissement qatarien dans les marchés émergents.

Lors d’une conférence organisée par Carnegie Mellon University au Qatar, le ministre des Finances, Ali Al-Kuwari, a exprimé la volonté de transformer le pays en une économie génératrice de revenus, plutôt qu’une économie dépendante des dépenses publiques. Pour y parvenir, le Qatar s’appuiera sur des mesures fiscales et sur les revenus de la Qatar Investment Authority (QIA). Dans ce cadre, une politique budgétaire prudente, face aux fluctuations du prix du baril, demeurera un pilier de la stratégie des autorités qatariennes.

La société japonaise Chiyoda Corporation a remporté auprès de Qatar Energy un contrat d'ingénierie et de conception préliminaire (FEED) pour les installations terrestres de gaz naturel liquéfié du développement gazier North Field West (NFW) à Ras Laffan, au Qatar.

Qatar Energy signe un accord à long terme pour la fourniture de gaz hélium à Air Liquide. Selon les termes de l’accord, Qatar Energy s’engage à fournir environ 300 millions de pieds cubes par an de gaz hélium à l’entreprise française. Le ministre des Affaires énergétiques et Directeur général de Qatar Energy, Saad Al-Kaabi, a déclaré : « Air Liquide est notre partenaire stratégique dans l'industrie de l'hélium depuis l'ouverture de notre première usine en 2005 ».

Les start-ups de l’accélérateur du Ministère des Communications et des technologies de l’information (MCIT), Tasmu, ont atteint une valeur totale d’environ 4 Mds QAR (1 Mds USD). Depuis sa création, le programme a soutenu 75 start-ups, généré plus de 670 M QAR (184 M USD) de ventes et créé des opportunités locales dépassant 330 M QAR (90,6 M USD), renforçant le Qatar comme hub régional de l’innovation numérique.

L’énergéticien qatarien Nebras Energy remporte deux contrats pour développer des centrales électriques au gaz naturel à Oman. La première, Misfah, devrait générer 1 700 MW et la deuxième, Duqm, devrait générer 877 MW. La date de mise en service commerciale est prévue en avril 2029.

Koweït

EGIS, met un pied dans le port… Le groupe français a été chargé de la gestion de projet et de la supervision de la construction de la phase 1 du port de Mubarak Al-Kabeer, l'un des projets d'infrastructure nationale les plus importants de l’émirat. Le ministère des Travaux publics du Koweït a signé un contrat d'ingénierie, d'approvisionnement et de construction (EPC) d'une valeur de 4 Mds USD avec « China Communications Construction Company » (CCCC) pour compléter la phase 1. Egis supervisera les travaux restant à réaliser (notamment les structures maritimes, les travaux du bassin portuaire et du chenal, les services publics, les bâtiments opérationnels et les activités de mise en service). Egis travaillera en étroite collaboration avec le ministère des Travaux publics et la CCCC, en intégrant les études techniques préliminaires dans les processus d'examen de la conception et en assurant une supervision continue des travaux jusqu'à la recette finale.

Qui veut mes oléoducs ? Le Koweït s'apprête à lancer dès février la vente d'une participation dans un réseau d'oléoducs, dans le cadre d'une transaction qui pourrait rapporter jusqu'à 7 Mds USD, ont déclaré trois sources proches du dossier. Ce changement intervient alors que les prix du pétrole, en baisse de plus de 25 % en deux ans, se situent en dessous des niveaux nécessaires pour financer les plans de diversification du Golfe. Le gouvernement offre désormais aux investisseurs l'accès à des actifs autrefois interdits, des oléoducs aux centrales électriques, afin d'attirer les fonds de pension, les sociétés de capital-investissement et les spécialistes des infrastructures.

Les placements au Koweït du plus grand fonds souverain au monde progressent. Le fonds souverain norvégien, le plus important au monde en termes d'actifs sous gestion (1.858 Mds USD en janvier 2026), a encore renforcé sa présence à la Bourse du Koweït. Fin 2025, la valeur de ses participations dans des actions koweïtiennes totalisait environ 840 M USD réparties dans 13 sociétés cotées. Le fonds s'est principalement concentré sur le secteur bancaire : il détient une participation valorisée à plus de 500 M USD dans NBK et une autre de 111 M USD dans KFH.

En douze mois la population totale du Koweït a cru de 5%. Selon un rapport de la « Public Authority for Civil Information » (PACI) la population totale de l’émirat est passée de 4,988 M au 31 décembre 2024, à 5,235 M fin 2025. Si le Koweït a gagné 247.000 habitants au total, la population de nationaux a fortement décru, passant de 1,68 M à 1,563 M, soit 117.000 habitants (-7%). Les indiens constituent la plus grande population immigrée avec 1,059 M, suivie par l’Egypte (667.000), le Bengladesh (324.000) et les Philippines (226.000). Les expatriés représentent désormais 71,5% de la population. Si les trois quarts des postes de fonctionnaires sont tenus par des koweïtiens, ces derniers ne représentent que 3,7% des emplois du secteur privé.

Sous le soleil de la KPC … La Kuwait Petroleum Corporation (KPC) a approuvé le plan visant à installer un champ de panneaux solaires susceptible de produire jusqu'à 2 gigawatts (GW) d'énergie solaire afin de soutenir ses projets de décarbonation et de réduction des coûts, ont rapporté mercredi les médias locaux. La KPC consomme environ 1,7 GW des 17 GW produits par le Koweït, a déclaré le quotidien Al-Seyassah, citant des sources de la holding pétrolière. Outre la dimension « transition énergétique », ce projet vise à réduire le coût d'achat de l'électricité conventionnelle : la KPC paie actuellement 25 fils (1KD = 1.000 fils) par kilowattheure au ministère de l’électricité, le passage au solaire ramènerait le coût du KwH à 7 ou 8 fils. 

 

Oman

Le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe signe un accord de financement avec OPAZ pour les routes internes de la Zone économique spéciale de Duqm. Le Fonds koweïtien pour le développement économique arabe a signé avec l’Autorité publique des zones économiques spéciales et des zones franches d’Oman (OPAZ) un accord de financement de 12,4 M OMR pour la phase II du projet de routes internes de la Zone économique spéciale de Duqm (SEZAD), visant l’aménagement de réseaux routiers dans les zones résidentielles et industrielles ainsi que d’infrastructures associées (drainage, sécurité routière, services de conseil).

Oman renforce ses ambitions spatiales à l’issue de la Middle East Space Conference 2026. La Middle East Space Conference 2026, tenue cette semaine à Mascate sous l’égide du Ministère des transports et des TIC, a confirmé l’accélération de la structuration du secteur spatial omanais, avec la signature de cinq accords opérationnels, dont l’adhésion d’Oman aux Accords Artemis portés par les Etats-Unis et plusieurs partenariats commerciaux dans les services satellitaires (surveillance d’infrastructures gazières, observation de la Terre, télécommunications). L’événement a également acté le lancement d’un programme national CubeSat et formulé des recommandations ciblées sur la gouvernance, le cadre réglementaire et le rôle de la commande publique, soulignant le passage d’une logique de positionnement politique à une phase d’industrialisation progressive du spatial à Oman, en ligne avec la Vision 2040.

Le groupe omanais MB commande un satellite de télécommunications MicroGEO à la société américaine Astranis. Le groupe omanais Mohammed Al Barwani (MB Group), conglomérat actif dans l’énergie et la technologie, a signé un contrat avec Astranis pour la fourniture d’un satellite de télécommunications MicroGEO dédié à Oman, intégré au lancement Block 3 de SpaceX fin 2026, avec une mise en service prévue au T1 2027. Le satellite fournira une capacité haut débit exclusive, sous contrôle intégral du propriétaire, complétée par des stations au sol et infrastructures numériques associées. L’investissement s’inscrit dans un programme spatial estimé à plus de 200 M USD, incluant des capacités destinées à des usages civils et une commercialisation régionale ciblant Oman, l’Arabie saoudite et l’Irak.

EDO émet un sukuk de 650 M USD sur 10 ans. Energy Development Oman (EDO) a émis avec succès un sukuk de 650 M USD (250 OMR) à 10 ans, échéance janvier 2036, à un taux de profit de 5,14 % et un écart de crédit de 100 points de base sur le Trésor américain 10 ans ( le meilleur prix jamais obtenu par une entité liée au gouvernement omanais). Cette opération, troisième émission en dollars de l’entreprise après 2023 et 2024, vise à financer partiellement ses dépenses d’investissement annuelles, diversifier ses sources de financement et optimiser sa structure de capital, tout en prolongeant la maturité moyenne de sa dette.

 

Bahreïn

Manama plaide pour un calibrage prudent entre croissance et soutenabilité des finances publiques - Les autorités bahreïniennes ont mis en avant la nécessité de concilier croissance économique et soutenabilité, soulignant que les textes législatifs à portée économique doivent faire l’objet d’un examen approfondi afin d’en mesurer les impacts macroéconomiques et juridiques. Cette approche vise à préserver la stabilité budgétaire et la prévisibilité du cadre réglementaire, dans un contexte de poursuite des réformes structurelles et de renforcement de l’attractivité pour les investisseurs.

Le FMI anticipe une croissance modérée à Bahreïn - À l’issue de la consultation Article IV, le FMI anticipe une croissance de l’économie bahreïnienne d’environ 3,3 % en 2026, après 2,9 % en 2025, portée par la dynamique des secteurs non pétroliers, notamment les services et la finance. Le Fonds souligne toutefois que la soutenabilité des finances publiques demeure un enjeu central, la dette publique étant attendue à 145 % du PIB en 2025, appelant à la poursuite des réformes budgétaires.

Gulf Air déploiera le Wi-Fi Starlink sur toute sa flotte à partir de mi-2026 - Gulf Air, la compagnie nationale de Bahreïn, installera le Wi-Fi Starlink sur l’ensemble de sa flotte à partir de mi-2026, offrant un accès gratuit à Internet aux passagers depuis l’embarquement jusqu’à l’arrivée.