Flash Conjoncture Pays avancés - Au Royaume-Uni, l’inflation pourrait converger vers sa cible de 2 % au cours de l’année 2026
Après un rebond entamé en octobre 2024, l’inflation au Royaume-Uni a diminué au 4e trimestre 2025 (cf. Graphique 1a). La hausse de l’inflation sur la première partie de l’année 2025 a été portée par les hausses des prix régulés (énergie et eau) et des cotisations patronales au 2e trimestre et par la persistance de l’inflation des services. En moyenne annuelle, les prix ont ainsi accéléré en 2025 à +3,2 %, après +2,5% en 2024. Toutefois, l’inflation a diminué sur la fin d’année, à la faveur du recul des prix de l’énergie et du ralentissement des salaires. En outre, la baisse des prix du pétrole et l’appréciation de la livre sterling ont contribué à la baisse des prix des importations britanniques.
Dans le détail, l’inflation a davantage diminué qu’anticipé en novembre (+3,2 % en glissement annuel, contre des attentes de marché à +3,5 %) avant de rebondir en décembre (+3,4 %, contre des attentes à +3,3 %). Ces mouvements s’expliquent essentiellement par une mise en place plus tardive en 2025 (fin novembre) qu’en 2024 (fin octobre) de la hausse des taxes sur le tabac, entraînant une baisse prononcée des prix alimentaires (qui inclut le tabac) en novembre suivi par un rebond en décembre.
Les prévisionnistes anticipent un reflux de l’inflation en 2026 qui pourrait retrouver la cible de la Banque d'Angleterre (BoE) de +2 % à partir de la mi-2026 en glissement annuel. Les prévisions les plus récentes de l’OCDE et la BoE anticipent une inflation de +2,5 % en 2026, très légèrement au-dessus des prévisions du Consensus Forecast de janvier (+2,4 %). Plusieurs facteurs tendent à indiquer que l’inflation des services, de l’énergie et alimentaire, qui sont les postes qui avaient le plus contribué à cette reprise de l’inflation (cf. Graphique 1b) devraient baisser dans les mois à venir :
- Le ralentissement en cours des salaires (+4,8 % en novembre 2025 en glissement annuel, contre un point haut à +6,2 % en décembre 2024), ainsi que la résorption de l’impact de la hausse des cotisations patronales d’avril 2025, devraient contribuer à faire baisser les prix des services dans les prochains mois.
- La hausse des prix de l’énergie devrait être contenue en début d’année 2026, l’autorité en charge de la régulation des prix du gaz et de l’électricité (OFGEM) ayant annoncé une hausse limitée des prix de l’énergie au 1er trimestre 2026 (+0,2 % par rapport au 4e trimestre 2025 en variation trimestrielle, contre +1,2 % au 1er trimestre 2025).
- Enfin, les prix alimentaires pourraient baisser dans les prochains mois dans le sillage des prix alimentaires internationaux qui sont orientés à la baisse après un pic en août 2025 (−4,4 % entre août et décembre 2025 selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture - FAO). Par ailleurs, une enquête récente de la British Retail Consommation montre que, sur le plan domestique, la hausse des prix alimentaires a été alimentée par les hausses des coûts de l’énergie et salariaux (notamment le relèvement du salaire minimum pour les plus de 21 ans de +6,7 % en avril 2025) qui ont pesé sur les coûts des entreprises du secteur de la distribution. La détente des prix de l’énergie et la hausse plus modeste du salaire minimum prévue pour 2026 (+4,1 %) pourraient ainsi contribuer à une baisse de l’inflation alimentaire.
La baisse de l’inflation pourrait s’accélérer en avril grâce à un effet de base. En effet, alors que le début de l’année fiscale 2025 avait été marquée par des hausses importantes de prix régulés (énergie et eau), celles-ci pourraient être plus modérées en avril 2026. Par ailleurs, le gouvernement a récemment rappelé l’adoption à l’occasion du Budget d’automne 2025 de mesures qui devraient aider à contenir l’inflation (gel des prix des billets de train et prise en charge d’une partie des factures d’énergie des ménages).