Brèves de l'ASEAN (semaine 5)
Région
ASEAN 2026 : portée par l’IA et le derisking, freinée par les tensions commerciales et la règlementation
Lors d’un panel organisé à Singapour le 26 janvier 2026 à l’occasion du lancement de The Business Times Global, responsables publics et dirigeants d’entreprises ont souligné que l’Asie du Sud-Est dispose d’un potentiel de croissance solide dans un environnement mondial incertain, à condition de s’adapter rapidement aux transformations technologiques et géopolitiques. La région représente près de 7 % du PIB mondial et demeure l’une des zones les plus ouvertes au commerce, avec des exportations équivalentes à plus de 60 % du PIB dans plusieurs économies clés. Les intervenants ont mis en avant les effets du de-risking et des tensions sino-américaines, qui redirigent une partie des flux industriels et d’IDE vers l’ASEAN, notamment dans l’électronique, les semi-conducteurs et les services numériques. L’intelligence artificielle apparaît comme un levier central : la demande régionale en compétences liées à l’IA a plus que doublé entre 2022 et 2025, tandis que les usages se diffusent rapidement dans les services, la logistique et la finance. Toutefois, ces gains potentiels sont freinés par des rigidités structurelles : l’ASEAN reste un marché fragmenté, avec des réglementations nationales limitant la mutualisation des données, la reconnaissance des normes et l’exploitation d’économies d’échelle.
Le Vietnam en tête du tourisme ASEAN en 2025 (+20,4 % d’arrivées internationales)
En 2025, la reprise du tourisme international en Asie du Sud-Est s’est caractérisée par une forte divergence entre économies, révélant des écarts croissants de compétitivité et de positionnement. Le Vietnam a enregistré la progression la plus marquée de la région, avec une hausse des arrivées internationales de 20,4 % en glissement annuel, contre +11,2 % en Malaisie, +10,4 % en Indonésie et +2,7 % à Singapour, tandis que plusieurs marchés traditionnels ont connu un repli, notamment la Thaïlande (-7,2 %), le Cambodge (-16,9 %) et le Myanmar (-8 %). Avec 21,2 millions de visiteurs étrangers et environ 40 Md USD de recettes, le tourisme s’est imposé comme un contributeur significatif à la croissance vietnamienne en 2025. Ces écarts reflètent des facteurs macroéconomiques et institutionnels différenciés : stabilité sociopolitique, attractivité du rapport-qualité prix , politiques de visas, capacité d’absorption des flux aériens et diversité de l’offre touristique. À l’échelle régionale, le tourisme agit ainsi de nouveau comme moteur de la demande externe et de l’emploi, bien que de manière hétérogène.
Indonésie
Forte correction boursière après un avertissement de MSCI
La Bourse de Jakarta a enregistré une forte correction sur deux séances consécutives, mercredi 28 janvier puis jeudi 29 janvier, marquées par des suspensions temporaires des échanges après des baisses de plus de 8 % de l’indice IDX Composite. Mercredi, l’indice a subi sa plus forte baisse en quatorze ans, ce qui a conduit l’Indonesia Stock Exchange à interrompre les échanges pendant 30 minutes, avant une reprise partielle en fin de séance. Jeudi matin, le mouvement s’est prolongé avec un nouveau recul rapide de l’indice dans les premières minutes suivant l’ouverture de la bourse, déclenchant à nouveau un coupe-circuit automatique. Ces mouvements font suite à un avertissement de Morgan Stanley Capital International (MSCI) sur un possible déclassement des actions indonésiennes du statut de marché émergent à celui de marché frontière. Cette décision s’explique par les inquiétudes persistantes de MSCI concernant le manque de transparence sur l’actionnariat de nombreuses sociétés cotées, notamment sur la part réelle des actions effectivement disponibles à la négociation (flottant), l’éditeur d’indices estimant que la forte concentration du capital et l’opacité des structures de détention peuvent réduire la liquidité des titres et nuire à une formation des prix jugée représentative du marché. MSCI a en conséquence gelé certains ajustements d’indices et fixé à mai une échéance pour des améliorations en matière de transparence, tandis que les autorités locales ont indiqué travailler avec les régulateurs et les acteurs du marché.
Thomas Djiwandono nommé vice-gouverneur de la banque centrale
Le Parlement indonésien a approuvé la nomination de Thomas Djiwandono, actuel vice-ministre des Finances, et neveu du président, au poste de vice-gouverneur de Bank Indonesia (BI) pour un mandat de cinq ans, à l’issue d’un processus de sélection conduit par la Commission XI de la Chambre des représentants. A la suite de cette nomination, après s’être appréciée en fin de semaine précédente, la roupie indonésienne s’est de nouveau affaiblie mardi 27 janvier, atteignant 16 807 roupies pour un dollar américain, soit un recul de 0,14 % par rapport à la clôture précédente.
Forte progression du marché de la livraison de repas en 2025
Le marché indonésien de la livraison de repas a connu une nette expansion en 2025, avec une hausse d’environ 18 % du volume d’affaires (gross merchandise value, GMV), selon le cabinet Momentum Works. En valeur, cette progression représente près d’1 Md USD supplémentaires sur un an, la plus forte augmentation enregistrée en Asie du Sud-Est, portant la taille du marché à environ 6,4 Md USD. Cette performance intervient alors que le marché des livraisons de repas en Asie du Sud-Est a augmenté de 18 % pour atteindre 22,7 Md USD en 2025, une hausse plus importante qu’en 2024. La croissance a surtout été portée par une utilisation plus fréquente des services, plutôt que par une hausse du montant des commandes, les plateformes ayant pour stratégie de proposer des prix plus abordables. Le marché reste dominé par Grab (46 % de parts de marché), devant Gojek (31 %) et ShopeeFood.
Malaisie
Inauguration d’une usine de carburant d’aviation durable dans l’Etat de Johor
Le groupe ECOCERES, originaire de Hong-Kong, vient d’inaugurer le 26 janvier son nouveau site de production de carburant renouvelable situé à Tanjung Langsat, dans l’État de Johor. L’usine, qui dispose d’une capacité annuelle de 350 000 tonnes, produira du carburant d’aviation durable (SAF), du diesel renouvelable dont du gazole paraffinique de synthèse ainsi que du naphta renouvelable (intermédiaire pétrochimique). La construction avait démarré en 2023 avec, selon l’Autorité malaisienne de développement des investissements (MIDA), un investissement prévisionnel de 216,4 M USD.Le ministère des Plantations et des Produits de base a annoncé lors de la cérémonie travailler, en lien avec le ministère de l’Investissement, du Commerce et de l’Industrie, à l’élaboration d’une stratégie nationale sur les carburants d’aviation durables qui prévoit notamment un ratio d’incorporation de 1 % dans le kérosène aéronautique.
Reprise du tourisme en 2025 et lancement de la campagne Visit Malaysia 2026
La Malaisie a accueilli 42,2 millions de visiteurs en 2025, soit une hausse de 11,2 % par rapport aux 38 millions enregistrés en 2024, et de 20,4 % par rapport à 2019 (35 millions). Les recettes touristiques ont atteint 52,7 Md USD en 2025, représentant 10,7 % du PIB. Cette dynamique s’inscrit dans le contexte du lancement, le 6 janvier dernier, de la cinquième édition de la campagne Visit Malaysia (VM2026) par le Premier ministre Anwar Ibrahim. À cette occasion, plusieurs accords de collaboration ont été conclus avec des partenaires stratégiques, notamment les compagnies aériennes Malaysia Aviation Group, AirAsia et Batik Air. Les autorités malaisiennes ambitionnent d’accueillir 43 millions de visiteurs en 2026 et de générer 80,2 Md USD de recettes touristiques, soit 15,5 % du PIB. En amont de VM2026, les dotations budgétaires allouées au secteur touristique se sont élevées à 97,6 M USD dans le budget 2025, et à plus de 170,7 M USD pour 2026, dont 121,9 M USD spécifiquement consacrés à la campagne VM2026.
Augmentation du salaire médian au troisième trimestre 2025
Selon le Département des statistiques malaisiennes (DOSM), le salaire mensuel médian des sept millions de salariés du secteur formel en Malaisie s’est établi à 698,5 USD au mois de septembre 2025, en hausse de 4,3 % en g.a. au troisième trimestre. Cette progression concerne l’ensemble des secteurs économiques. Par tranche d’âge, les salariés âgés de 45 à 49 ans continuaient d’afficher le salaire mensuel médian le plus élevé, à 926,9 USD au troisième trimestre. La progression la plus marquée concerne les employés âgés de moins de 20 ans, dont le salaire mensuel médian a atteint 414,6 USD en septembre 2025, soit une augmentation de 13,3 %. Bien que ne représentant que 0,6 % de l’emploi formel, le secteur des mines et carrières demeure celui offrant le salaire mensuel médian le plus élevé, à 1 600 USD (+11,9 % en glissement annuel). Le secteur agricole, qui emploie 1,8 % des travailleurs formels de nationalité malaisienne, affiche le salaire médian le plus bas, à 547 USD.
Singapour
La MAS maintient le statu quo monétaire et relève ses prévisions d’inflation
Lors de sa revue de janvier 2026, la Monetary Authority of Singapore a maintenu inchangés les trois paramètres de sa politique monétaire fondée sur le taux de change – pente, point médian et largeur de la bande du S$NEER – décision largement anticipée par les marchés financiers. Ce statu quo s’accompagne d’un relèvement des prévisions d’inflation pour 2026, désormais comprises entre 1,0 % et 2,0 % pour l’inflation globale et sous-jacente, contre 0,5-1,5 % précédemment, en lien avec une inflation plus persistante observée fin 2025 et une activité plus dynamique qu’anticipée. La MAS souligne que la croissance reste soutenue par le cycle technologique lié à l’intelligence artificielle, la résilience des services financiers et la reprise de la construction, tandis que les conditions financières domestiques demeurent accommodantes. Le maintien de ce cadre reflète la volonté de la MAS de mener sa politique monétaire via le canal du taux de change afin de contenir les pressions inflationnistes importées, tout en préservant des conditions financières compatibles avec une croissance encore solide.
Micron investit 24 Md USD à Singapour dans les semi-conducteurs avancés
Le groupe américain Micron Technology a annoncé un programme d’investissement de 24 Md USD à Singapour visant à renforcer ses capacités de production de puces mémoire avancées (DRAM et NAND), principalement destinées aux usages liés à l’intelligence artificielle, aux centres de données et au calcul haute performance. Ce projet correspond à un IDE greenfield à forte intensité capitalistique, combinant la construction d’une nouvelle usine (dont la mise en service est prévue pour 2028), l’installation d’équipements de production de dernière génération et le renforcement des activités locales de recherche et développement. Singapour, où Micron fabrique déjà 98 % de ses puces mémoire flash, s’affirme ainsi comme un site stratégique central pour le groupe. En complément, une usine dédiée à la production de mémoire HBM, essentielle aux applications d’IA, doit entrer en service dès 2027, pour un investissement de 7 Md USD.
Malgré l’accélération des capacités de production chez les grands fournisseurs coréens Samsung et SK Hynix, les analystes anticipent des tensions persistantes sur l’offre mondiale de semi-conducteurs jusqu’à fin 2027. Dans ce contexte, Micron intensifie sa stratégie d’expansion internationale, notamment en négociant le rachat d’un site de production de DRAM à Powerchip (Taïwan) pour 1,8 Md USD, afin de sécuriser et d’accroître ses capacités de production. Cette dynamique illustre la course mondiale à la capacité de production de puces, devenue un enjeu clé pour la compétitivité de l’économie numérique.
Singapour investit plus de 1 Md SGD sur la recherche publique en intelligence artificielle
Le gouvernement singapourien a annoncé un plan d’investissement de plus de 1 Md SGD (environ 778,8 M USD) sur cinq ans, de 2025 à 2030, pour renforcer les capacités nationales de recherche et développement en intelligence artificielle (IA) dans le cadre du National AI Research and Development Plan (NAIRD). Ce financement public, qui double le soutien précédent, vise à soutenir trois volets clés : la recherche fondamentale sur les modèles et méthodes d’IA, la recherche appliquée pour résoudre des problèmes concrets dans des secteurs clés, et le développement des talents par des bourses, des programmes de formation et l’attraction de chercheurs internationaux. L’effort public s’appuie sur les institutions de la recherche technologique, telles que les centres d’excellence et les liens avec l’écosystème universitaire, afin de stimuler l’innovation et d’améliorer l’intégration des technologies d’IA dans l’industrie manufacturière, la santé, les services urbains et la finance. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de Singapour de se positionner comme hub régional de l’IA et des technologies émergentes.
Vietnam
L’Union européenne et le Vietnam élèvent leurs relations au rang de partenaire stratégique global
L’Union européenne et la République socialiste du Viêt Nam, à l’occasion de la visite au Vietnam du Président du Conseil européen Antonio Costa, ont annoncé l’élévation de leur relation bilatérale au rang de Partenariat stratégique global, marquant une étape majeure dans leurs 35 années de relations bilatérales. La déclaration conjointe fait une place importante aux enjeux économiques, la connectivité et à la transition climatique. Une coopération approfondie dans des secteurs comme les minéraux critiques, l’énergie, les transports et infrastructures, les nouvelles technologies (semiconducteurs, IA, cybersécurité) a été mentionnée. Pour rappel, l’UE et le Vietnam avaient précédemment élevé leur relation au rang de partenariat stratégique en 2012. Depuis le début de leurs relations, les deux parties ont signé ou adopté six accords et mis en place huit mécanismes de coopération tels qu’un accord de libre-échange (EVFTA) depuis 2020 ou un partenariat énergétique pour une transition juste (JETP).
Le marché immobilier vietnamien fait face à des risques majeurs en 2026
Selon la Vietnam Association of Realtors (VARS), la hausse significative des coûts du foncier (jusqu’à 26%) due notamment à l’adoption d’un nouveau barème des prix fonciers applicable à partir du 1er janvier 2026, constitue un risque majeur pour le marché de l’immobilier. De même, l’augmentation des taux d’intérêt depuis le début de l’année exerce une pression sur les promoteurs et les acheteurs, tandis que des entraves juridiques (particulièrement les lois sur la terre, la construction et les activités immobilières) continuent de retarder les chantiers et d’alourdir les coûts. Enfin, la VARS met en garde contre les risques accrus pour les promoteurs à court terme, qui pourraient souffrir dans un marché plus compétitif et moins liquide. Malgré une reprise du marché avec une offre de logements neufs élevée en 2025, la pénurie persistante de biens à prix abordables pour la classe moyenne reste un facteur de fragilité.
Kim Long Motors lance une usine vietnamienne de batteries avec le fabricant chinois BYD
Lors d’une cérémonie tenue le 27 janvier dernier, le constructeur automobile vietnamien Kim Long Motors a annoncé qu’il s’associait au groupe chinois BYD pour développer une usine d’un montant de 130 M USD, destinée à la production de batteries pour véhicules électriques commerciaux dans le centre du Vietnam. Selon les termes de l’accord, Kim Long Motors financera la construction de l’usine, tandis que BYD assurera un soutien technique et des transferts de technologies. Les produits de l’usine comprendront des lignes de batteries destinées aux utilitaires et véhicules de transport collectif, ainsi qu’à d’autres types de véhicules dans second temps, afin de répondre à la demande en forte croissance du marché vietnamien et, avec pour objectif l’exportation vers d’autres pays. Il s’agit d’un pas important dans le développement de cette industrie au Vietnam, qui bénéficie à la fois des ressources naturelles nécessaires et de la volonté politique d’accroitre ces investissements. Selon la Banque asiatique de développement, les investissements dans ce secteur s’élevaient à 7 Md USD en juillet 2025 et concernait environ 65 000 emplois à travers toute la chaine de valeur. Toutefois, selon ce même rapport, entre 3 et 9 Md USD supplémentaires seraient nécessaires pour positionner le pays comme un leader sud-est asiatique dans ce secteur. Par ailleurs, de nombreux défis structurels restent à résoudre. La filière reste marquée par une forte dépendance aux importations, une infrastructure de recharge limitée, des coûts élevés des véhicules électriques et un déficit de compétences techniques. Le manque d’investissement en R&D et l’absence de cadre politique structurant freinent l’innovation et ont déjà entraîné des pertes d’investissements étrangers majeurs.
Thaïlande
Investissements étrangers 2025 : forte dynamique haussière nourrie par le secteur numérique
Les investissements étrangers de droit commun (investissements par des entreprises ou particuliers étrangers, hors projets approuvés par le Board of Investment (BoI) et hors exemptions permises par les traités d’amitié bilatéraux) se sont établis en 2025 à 10,4 Md USD (+42 % en valeur), soit leur plus haut niveau depuis 5 ans selon le ministère du Commerce. En tête des investisseurs étrangers : Singapour à 3,3 Md USD, le Japon à 2,7 Md USD, et la Chine à 1,1 Md USD. Au cours des 9 premiers mois de 2025, les investissements directs étrangers (IDE) nets se sont établis à 13,6 Md USD ( + 51 % en glissement annuel) selon les données provisoires de la Bank of Thailand. La bonne dynamique de l’investissement se reflète également dans les projets approuvés par l’indicateur BoI avancé à 12-18 mois. En 2025, le montant des projets approuvés s’élevait à 60,3 Md USD (+ 67 % en g.a.) pour 3 370 projets (+11 %). Au premier rang des destinations des projets BoI approuvés : le secteur numérique, à 24 Md USD, tiré à la hausse par les investissements dans les centres de données, le secteur électronique avec 8,0 Md USD dans le segment des circuits imprimés, le secteur automobile à 2,7 Md USD et le secteur agroalimentaire à 2,4 Md USD, et la pétrochimie à 1,9 Md USD. Par ailleurs, à l’occasion du forum économique mondial (WEF) 2026, le ministre des Finances Ekniti a conduit 9 entretiens privés avec les dirigeants de AWS (Etats-Unis), Microsoft (Etats-Unis), Tiktok (Chine), DAMAC Group (Emirats arabes unies), HCL Technologies (Inde), NVIDIA (Etats-Unis), Hesai Technology (Chine), Archer Aviration (Etats-Unis) et Nestlé (Suisse), dont les plans d’investissements exécutés et prévus en Thaïlande représenteraient 16 Md USD d’investissements au total.
Exportations 2025 : progression de 12,9 %, la plus forte sur les quatre dernières années, malgré les droits de douane à 19 % vers les Etats-Unis
Les exportations thaïlandaises se sont établies à 339,6 Md USD en 2025 (+12,9 % en valeur) selon le ministère du Commerce. En particulier, les exportations à destination des Etats-Unis ont atteint 72,5 Md USD (+32,0 %), les exportations vers la Chine 39,7 Md USD (+12,6 %), le Japon 23,5 Md USD (+1 %) l’Inde 15,8 Md USD (+35 %) et la Malaisie 13,4 (+9 %). Les principaux postes d’exportation de la Thaïlande sont les (i) machines automatiques de traitement des données à 40,1 Md USD (+12 %), (ii) les véhicules automobiles à 31,5 Md USD (+9 %), (iii) les pierres et métaux précieux et pièces de bijouterie à 26,8 Md USD (+8 %), (iv) les produits en caoutchouc à 15 Md USD (+5 %), (v) les machines et appareils à 11,9 Md USD (+3,5 %), et (vi) les circuits intégrés électroniques à 11,1 Md USD (+3 %). Les importations ont également progressé à 344,9 Md USD (+12,9 %) en 2025, établissant le déficit commercial à -5,3 Md USD. Les principaux fournisseurs de la Thaïlande sont la Chine à 107,6 Md USD (+33,5 %), le Japon à 29,6 Md USD (+3 %), Taïwan à 25,5 Md USD (+23 %) les Etats-Unis à 21,1 Md USD (9 %), les Emirats arabes unis à 17 Md USD (+3 %). Dr. Chanin Chalisarapong, vice-président de la Chambre de commerce thaïlandaise, a jugé que les exportations thaïlandaises pouvaient continuer à croître de plus de 5 % en 2026 « si la Thaïlande accélérait ses réformes structurelles, en particulier la lutte contre la corruption, l’élaboration transparente des politiques publiques, la réduction des entraves au commerce international et la stabilisation du taux de change ».
Infrastructures numériques : la famille Chearavanont (CP Group) monte au capital de l’opérateur True pour 3,9 Md USD
Telenor Group, entreprise de télécommunication norvégienne, a accepté de céder sa participation au capital de True Corp, un des deux principaux opérateurs télécoms thaïlandais, à Arise Digital Technology, entreprise thaïlandaise détenue par Supachai Chearavanont. Ce dernier est l’actuel président du conseil d’administration de True Corp et était précédemment président directeur général du conglomérat Charoen Pokphand Group (CP), plus grande entreprise privée thaïlandaise et également actionnaire majeur (28,6 %) de True. Telenor a cédé sa participation de 24,95 % au capital de True et a donné à Arise la possibilité d’acheter sa participation restante de 5,35 % dans un délai de deux ans, pour un montant total de 3,9 Md USD (122 Md THB). Telenor a indiqué vouloir recentrer son activité en Europe du Nord, ayant également désinvesti au Pakistan en décembre 2025. Pour sa part, Supachai Chearavanont a démissionné de son poste de PDG de CP à cette occasion, dans le but de se concentrer sur la gestion des investissements d’Arise dans les secteurs de l’intelligence artificielle, du cloud, de la cybersécurité, des centres de données et des infrastructures numériques.
Philippines
Ralentissement de la croissance au T4 2025 à 3,0 %, clôturant l’année sous les objectifs gouvernementaux à 4,4 %
La croissance du PIB des Philippines atteint 3,0 % en g.a. au T4 2025, son plus bas niveau depuis la période post-pandémique (contre 3,9 % au T3 et 5,3 % un an plus tôt). Ce ralentissement s’explique principalement par une contraction marquée de la formation brute de capital fixe (-7,2 % contre +5,0 % au T4 2024), dans un contexte marqué par un scandale de détournement de fonds publics dans le secteur des infrastructures climatiques, ayant entraîné une chute des dépenses publiques de construction de près de 42 %. Il reflète également un fléchissement de la consommation des ménages (+3,8 % contre 4,7 %), ainsi que le fort impact de la récente série de typhons. Sur l’ensemble de l’année 2025, la croissance s’établit à 4,4 %, nettement inférieure à celle de 2024 (5,7 %) et en deçà de la cible gouvernementale fixée entre 5,5 % et 6,5 %. La structure du PIB demeure dominée par la consommation des ménages (72,6 % du PIB), en progression de 4,6 %. Sur le plan sectoriel, l’agriculture enregistre une légère reprise (+3,1 % après -1,5 % en 2024), tandis que l’industrie et les services, (principal moteur de l’économie 63,8 % du PIB), voient leur croissance ralentir à respectivement +1,5 % (contre +5,6 %) et +5,9 % (contre 6,7 %). A noter que les exportations progressent de +8,1 %, sans toutefois permettre une réduction significative du déficit commercial (10,0 % du PIB contre 10,6 % en 2024).
Gel de la reconversion des terres agricoles pour sécuriser l’approvisionnement alimentaire national
Le Ministère de l’agriculture vient d’annoncer le gel immédiat des nouvelles demandes de reclassification des terres agricoles en vigueur jusqu’en juin 2026. Cette mesure vise à renforcer la sécurité alimentaire du pays en protégeant les terres agricoles de la pression croissante liée à l’expansion urbaine et aux projets d’infrastructure. Les demandes déjà déposées avant ce moratoire seront traitées, mais les recours sont suspendus jusqu’à la levée de cette pause réglementaire.
Cambodge
Arrivées en recul, recettes en hausse
En 2025, le Cambodge a enregistré 3,7 Md USD de recettes touristiques internationales (+3 % sur un an), malgré une baisse des arrivées à 5,6 millions (-16,9 % par rapport à 2024). Le rapport annuel de la Banque nationale du Cambodge précise que la fréquentation reste dominée par les visiteurs régionaux. Ils proviennent principalement du Vietnam (21,9 % du total, contre 20,0 % en 2024), de Chine (21,6 %, contre 12,7 % en 2024) et de Thaïlande (18,4 %, contre 32 % en 2024). Les arrivées par voie aérienne ont progressé de +19,2 % pour atteindre près de 2,9 millions, dépassant pour la première fois depuis 2022 celles par voie terrestre et fluviale. Ces dernières ont reculé de 37 % à environ 2,7 millions, notamment sous l’influence de la très forte baisse des touristes thaïlandais. Les tensions frontalières avec la Thaïlande et la persistance de problématiques liées aux arnaques en ligne ont pesé sur l’activité au second semestre de 2025. Suite aux attaques aériennes thaïlandaises à proximité de Siem Reap et Battambang, les arrivées ont même baissé de 43 % en décembre. Par ailleurs, les recettes issues des billets d’entrée du site d’Angkor ont reculé de 6,5 % pour s’établir à 44,7 M USD, illustrant une fréquentation toujours inférieure aux niveaux prépandémiques. Malgré la diversification de l’offre cambodgienne et la mise en service du nouvel aéroport de Phnom-Penh, la montée en gamme de l’offre touristique demeure un enjeu clé pour renforcer l’attractivité du pays.
Renforcez le réseau de recharge !
L’Autorité de l’électricité du Cambodge (EAC) a appelé les titulaires de licences de fourniture d’électricité à envisager des investissements dans le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques (VE) sur l’ensemble du territoire. Elle vise un meilleur accompagnement de la croissance rapide du parc de VE. Cette initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des lignes directrices du ministère des Mines et de l’Énergie, visant à encadrer le développement et la régulation des services de recharge. Fin 2025, le Cambodge comptait près de 13 000 VE immatriculés, dont 9 065 voitures. En regard, on ne trouve qu’un peu plus de 100 stations de recharge opérationnelles ; un réseau encore largement concentré dans les zones urbaines. Les autorités entendent soutenir l’objectif fixé par la politique nationale de développement des VE 2024-2030. Elle vise 30 000 voitures électriques à l’horizon 2030, en renforçant un maillage jugé insuffisant de stations de recharge, notamment hors des grands centres urbains.
Bilan bancaire en demi-teinte
En 2025, les prêts du secteur bancaire ont crû de 4,1 % pour un stock de 63 Md USD en fin d’année. Ils avaient crû de 3 % en 2024. Dans le même temps, les dépôts ont progressé de 14,7 %, pour atteindre 65,7 Md USD. Et les avoirs du système bancaire et financier ont atteint 101,8 Md USD fin 2025, en hausse de 9,5 %. Mais, les prêts non-performants ont continué de progresser, pour atteindre 8,9 % en fin de période. Pour mémoire, le secteur compte 59 banques – après la liquidation en cours de Pince Bank –, 89 institutions de microfinance, 4 banques spécialisées et 89 institutions de crédit rural. Malgré cette atomisation, le secteur bancaire semble suffisamment solide pour faire face à cette dégradation de la qualité du portefeuille de crédits, en dépit de modestie des résultats du secteur.
Laos
Inflation modérée en janvier à 5,1 %, mais pression sur les coûts des services
En janvier 2026, l’inflation annuelle au Laos a ralenti à 5,1 %, contre 5,6 % en décembre 2025, marquant une décélération significative par rapport à l’inflation moyenne de 7,7 % en 2025 et une année 2024 à plus de 20,0 %. Le principal moteur des pressions inflationnistes reste le secteur des services publics : les prix de l’électricité ont bondi de 169,1 %, ceux de l’eau de 42,7 %, et les dépenses liées au logement, à l’éducation et aux soins de santé ont aussi appréciablement augmenté, tandis que les prix des aliments et du carburant ont reculé sur un mois. Ce profil reflète un mix de défis structurels et de coûts de services qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages malgré une baisse globale des pressions sur les prix.
La BAsD intensifie son appui au développement et appelle à accélérer les infrastructures
Fin janvier 2026, la Banque asiatique de développement (BasD) a intensifié son soutien au Laos, à la fois par l’approbation d’un financement de 149 M USD pour des projets de développement clé et par des appels à améliorer l’exécution des infrastructures publiques. Le financement approuvé le 28 janvier couvre quatre volets prioritaires : un système agroalimentaire durable (63 M USD) dans six provinces, un projet de soins de santé primaires écologiques (40 M USD), un programme de renforcement des compétences pour une économie verte (36 M USD) et un pilote de gestion forestière responsable (10 M USD), visant à soutenir la croissance inclusive, la résilience climatique et l’intégration du secteur privé au développement. Parallèlement, la BAsD a exhorté le gouvernement lao à accélérer la livraison des grands projets d’infrastructures, notamment le système de Bus Rapid Transit (BRT) de Vientiane, suspendu après des problèmes de sécurité, en soulignant la nécessité d’une meilleure coordination institutionnelle, de comités de mise en œuvre opérationnels et de ressources budgétaires adéquates pour garantir l’achèvement et l’entretien à long terme des équipements publics. Ces positions reflètent une stratégie plus large de la BAsD visant à renforcer la mise en œuvre des projets structurants, cruciaux pour la compétitivité et la connectivité du Laos dans la région.
Commerce extérieur 2025 : dynamisme des échanges mais dépendance régionale persistante
En 2025, le commerce extérieur du Laos a poursuivi sa progression, avec des échanges totaux dépassant 19,2 Md USD, en hausse de 4,9 % sur un an, reflétant la reprise graduelle de l’activité régionale et le rôle croissant du pays comme exportateur d’énergie et de produits agricoles. Les exportations ont atteint près de 9,5 Md USD, portées par l’électricité, les équipements électriques, les métaux précieux et certains produits agricoles, tandis que les importations se sont établies autour de 9,6 Md USD, tirées par les carburants, les biens intermédiaires et les équipements de transport. La Chine demeure le premier partenaire commercial du Laos, concentrant une part significative des exportations (près de 40 %), devant la Thaïlande et le Vietnam, confirmant une forte dépendance régionale. En janvier 2026, les autorités ont annoncé une modernisation des systèmes d’import-export agricoles et l’ouverture de nouveaux débouchés, notamment avec l’autorisation d’exporter des durians frais vers la Chine. Si ces évolutions soutiennent la diversification commerciale, elles renforcent aussi l’exposition indirecte du Laos aux chocs externes, en particulier à la conjoncture chinoise.
Myanmar (Birmanie)
Doublement des importations de panneaux solaires chinois en 2025
Les importations de panneaux solaires chinois au Myanmar ont connu une forte augmentation en valeur sur l’année 2025 à 131,1 M USD (+111 %) selon les douanes chinoises. Le développement de l’énergie solaire est une priorité du gouvernement de facto, qui exempte les équipements solaires de droits de douane depuis 2023 dans un contexte de production électrique insuffisante (production journalière moyenne à 2 200 MW contre une demande nationale estimée à 5 443 MW en 2025). La demande en panneaux solaires est soutenue majoritairement par les entreprises et les ménages qui s’équipent en installations solaires à petite échelle et non raccordées au réseau électrique, en réponse aux coupures fréquentes sur le réseau. Des projets de grandes fermes raccordées au réseau sont aussi en préparation mais connaissent d’importants retards. Le ministère de l’Investissement et des Relations économiques extérieures birman et l’Agence de développement et de coopération internationales chinoise ont notamment signé un MoU en février 2025, prévoyant la construction de quatre projets solaires à Rangoun, Naypyidaw et dans les régions de Mandalay. En février 2025, 11 projets de centrales solaires étaient en cours de développement au Myanmar, pour une capacité totale installée de 1026 MW selon la Commission de l’électricité et du développement énergétique.