Jamais 3 sans 4
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Jamais 3 sans 4
Le 12 janvier 2026, Abou Dabi a officialisé la création d’un nouveau fonds souverain, L’IMAD Holding Company. Cette décision a été actée par le Supreme Council for Financial and Economic Affairs (SCFEA), organe notamment chargé de définir la politique publique d’Abou Dabi en matière d’investissement. L’IMAD serait détenu entièrement par le gouvernement d’Abou Dabi et placé sous la présidence de Sheikh Khaled bin Mohamed bin Zayed Al Nahyan, prince héritier d’Abou Dabi. Son conseil d’administration inclut également plusieurs figures de premier plan, notamment Jassem Al Zaabi (également président du Department of Finance d’Abou Dabi, vice-président de la Banque centrale des EAU et président de E&) comme directeur général, et plusieurs membres du board de Mubadala Investment Company, ainsi que son CEO Khaldoon Khalifa Al Mubarak.
Le montant de la capacité d’investissement de L’IMAD n’ont pas, à ce stade, été rendues publiques. Présenté dans la presse comme le « quatrième pilier financier » d’Abou Dabi, L’IMAD complète l’architecture existante d’Abou Dabi, « Capital of Capital », aux côtés de l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA - 1976), de Mubadala (2002) et d’Abu Dhabi Developmental Holding Company (ADQ - 2018), qui administrent déjà au total près de 1 800 Md USD d’actifs, et contribuent à positionner les EAU parmi les quatre premiers investisseurs étatiques mondiaux selon Global SWF.
Avant son annonce formelle, L’IMAD était déjà apparu dans l’actualité à l’occasion de quelques opérations structurantes. Le fonds s’est d’abord illustré en octobre 2025, avec la prise de contrôle majoritaire du promoteur immobilier émirien Modon Holding PSC. Cette opération s’est faite par transfert d’actifs d’autres entités de l’écosystème, la participation provenant d’ADQ et de International Holding Company (IHC). L’IMAD est ensuite apparu en décembre 2025 parmi les soutiens du consortium Paramount-Skydance, dans le cadre de l’offre hostile sur Warner Bros Discovery valorisée à 108 Md USD, aux côtés du Public Investment Fund saoudien, de la Qatar Investment Authority et d’Affinity Partners.
Dans le premier cas, l’intervention de L’IMAD procède d’une logique d’« incubation », par récupération d’actifs domestiques déjà établis et avant une première projection internationale d’envergure. Dans le second, l’association avec Affinity Partners (fonds fondé par Jared Kushner et étroitement inséré dans les réseaux politico-financiers du Golfe) est plus révélatrice du positionnement recherché par ce nouvel acteur. Cette alliance est d’autant plus notable qu’elle réunit plusieurs fonds souverains du Golfe (Arabie saoudite, Qatar et Abou Dabi) autour d’une même transaction de grande ampleur, Affinity Partners semblant y jouer un rôle de facilitateur. L’opération traduit un positionnement fondé sur un capital stratégique, minoritaire et non-gouvernant, privilégiant la coopération et la convergence d’intérêts à long terme plutôt qu’une logique de contrôle opérationnel.
Par ailleurs, le choix de confier la présidence de L’IMAD au prince héritier pourrait être lu comme un levier de montée en puissance de Sheikh Khaled, les mouvements dans l’organisation du capital public d’Abou Dabi pouvant parfois répondre à des logiques de partage d’influences. Depuis sa nomination comme Crown Prince en 2023, Sheikh Khaled a intégré les conseils d’administration d’ADNOC et d’ADIA, marquant son entrée formelle au cœur de la gouvernance économique de l’émirat. Sa désignation comme président du conseil d’administration de L’IMAD lui confère un rôle de pilotage direct sur un nouveau véhicule souverain. En 2024, Sheikh Khaled s’était déjà affirmé comme un interlocuteur clé dans les échanges économiques de haut niveau des EAU, en particulier avec les États-Unis. Il avait notamment co-présidé, aux côtés de D. Trump, le « UAE-US Business Dialogue » de mai 2025 consacré à la promotion d’investissements bilatéraux de grande ampleur.
Sur le fond, L’IMAD se positionne comme un fonds souverain conçu pour intervenir dans des secteurs identifiés comme prioritaires et organiser l’allocation du capital public entre économie locale et projection internationale. Son mandat consiste à « développer et gérer un portefeuille diversifié d’actifs et de projets », avec comme objectif affiché une diversification des sources de revenus et une amélioration des rendements d’investissement pour l’émirat. Les secteurs visés sont très larges mais structurants : infrastructures et immobilier, services financiers et gestion d’actifs, industries avancées et technologies, mobilité urbaine et villes intelligentes. La stratégie de ce nouveau fonds repose à la fois sur une classe d’actifs « traditionnels » et des secteurs à forte valeur ajoutée, suggérant un rôle qui dépasse la seule logique de rendement.
L’IMAD semble également répondre à une logique de consolidation et de rationalisation du dispositif souverain d’Abou Dabi. Sa première opération domestique (le rachat de la participation d’IHC dans Modon) suggère une fonction de réallocation interne d’actifs, IHC ayant d’ailleurs justifié cette cession par la volonté d’éviter une surconcentration de portefeuille. La présence au conseil d’administration de dirigeants de Mubadala indique également une logique de coordination plutôt que de concurrence entre plateformes souveraines. L’IMAD pourrait jouer un rôle d’interface entre mandats existants, notamment sur des segments tels que les infrastructures, l’immobilier, les services financiers ou les technologies. Il pourrait contribuer à une meilleure articulation entre objectifs de rendement et priorités de développement local, sans remettre en cause la spécialisation d’ADIA comme investisseur financier global ni celle de Mubadala et ADQ comme opérateurs stratégiques plus sectoriels. À ce stade, l’IMAD apparaît donc comme un maillon d’intégration du capital d’Abou Dabi, destiné à en densifier l’action publique plutôt qu’à la fragmenter.
Leila LARBI, adjointe au chef du SER et conseillère financière régionale
Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière
Pétrole et gaz
Brent 23/01/2026 à 12h00 GST : 64,334 USD/Bbl
Cette semaine, les prix du pétrole ont oscillé au gré des événements : d’abord soutenus par les tensions géopolitiques, puis en repli après l’apaisement du dossier groenlandais par D. J. Trump, ils se sont finalement redressés en fin de semaine, portés par l’affaiblissement du dollar. La séquence de marché observée illustre un régime devenu familier depuis 2024 : les fondamentaux d’offre et de stocks pèsent structurellement sur les cours, mais la trajectoire de baisse attendue se matérialise lentement, car plusieurs facteurs exogènes (géopolitique, logistique, dollar) viennent en atténuer les effets à court terme.
En fin de semaine, le Brent évolue de nouveau à 64,3 USD/b et le WTI à 59,7 USD/b. Le moteur immédiat de la remontée des cours ce vendredi est macro-financier : l’affaiblissement du dollar rend les matières premières moins chères pour les acheteurs non américains, tandis que la remontée des actifs risqués (actions et panier de commodities) améliore le sentiment.
Le tableau des fondamentaux, lui, reste difficile à ignorer. Aux États-Unis, les stocks d’hydrocarbures remontent drastiquement depuis une année, au point d’atteindre les niveaux de début 2022. Dans le même temps, l’Agence internationale de l’énergie maintient un diagnostic de surplus pour 2026. Même si l’AIE a légèrement relevé sa vision de la croissance de la demande, l’idée d’un marché trop approvisionné reste centrale dans les scénarios des traders.
Source : SERPA, U.S. Energy Information Administration au 23/01/2026
Sur le front politique, la semaine montre aussi la rapidité avec laquelle la prime de risque peut se dissiper. L’épisode groenlandais a brièvement ravivé le spectre de tensions commerciales et d’un choc macroéconomique, avant de retomber après l’apaisement affiché par le président américain à Davos.
Le cœur de la semaine se situe toutefois au Venezuela, où le marché cherche à démêler trois niveaux d’analyse. (i) Le récit politique : l’administration américaine met en avant la perspective d’un redémarrage de l’industrie, dans un pays présenté comme une « réserve stratégique potentielle » à l’échelle mondiale. (ii) Le débat sur les réserves : la discussion sur les « 300 Md de barils » revendiqués par Caracas est relancée, avec des estimations plus conservatrices nettement inférieures, et surtout une distinction rappelée par plusieurs experts entre ressources géologiques et réserves prouvées économiquement récupérables. Pour les investisseurs, l’enjeu est moins la taille théorique du sous-sol que la qualité des données, la sécurité juridique, la fiscalité, la capacité technique et l’infrastructure. Ce point est déterminant : même avec des volumes considérables, l’exécution industrielle et le cadre contractuel conditionnent le rythme de remontée de la production. (iii) La réalité logistique : les cargaisons se remettent en mouvement, mais avec une stratégie qui évite de déverser brutalement du brut sur un marché déjà préoccupé par le surplus. Une part des volumes est dirigée vers des hubs caribéens (stockage, transbordements), ce qui sert d’amortisseur et permet d’organiser l’écoulement. Cette remise en route se heurte aussi à des contraintes opérationnelles bien connues : disponibilité de diluants pour les bruts extra-lourds, état des installations, incidents, et capacité à stabiliser une chaîne export continue.
La conséquence la plus visible, et parfois sous-estimée, est la réaction du transport maritime. La reconfiguration des routes liée au Venezuela entraîne un repositionnement de navires et une hausse des taux de fret sur plusieurs corridors, y compris des routes majeures vers l’Asie. Cela produit un effet de second tour : même si le Brent ne s’emballe pas, la hausse du fret peut modifier les arbitrages régionaux, influencer certains différentiels et renchérir le coût marginal des barils « les plus lointains ». Autrement dit, la pression baissière du surplus peut coexister avec des poches de tension microéconomique sur la logistique.
Enfin, la Libye, en rouvrant son secteur aux investisseurs et en lançant des projets orientés vers les années 2030, renforce l’idée que l’offre mondiale pourrait rester durablement abondante à long terme.
Émile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
L’Arab Energy Fund autorisé à émettre des « Panda bonds » en Chine, une première pour une institution multilatérale MENA - L’Arab Energy Fund (TAEF) a obtenu l’autorisation réglementaire d’émettre des Panda bonds sur le marché obligataire domestique chinois, devenant la première institution financière multilatérale de la région MENA à accéder à ce segment. L’approbation a été accordée par la National Association of Financial Market Institutional Investors, régulateur du marché interbancaire chinois. Dans ce cadre, TAEF est autorisé à émettre jusqu’à 10 Md CNY (environ 1,4 Md USD) d’obligations libellées en renminbi, en plusieurs tranches sur une période de deux ans. Cette opération marque une diversification significative des sources de financement du fonds et illustre le renforcement des liens financiers entre le CCG, en particulier l’Arabie saoudite, et la Chine.
Le FMI relève ses prévisions pour l’économie saoudienne - Le Fonds monétaire international a relevé ses prévisions de croissance pour l’Arabie saoudite dans sa mise à jour de janvier. Le Fonds anticipe désormais une croissance de 4,5 % en 2026, contre 4,0 % dans ses projections d’octobre 2025, et a également revu à la hausse sa prévision pour 2025, à 4,3 % (contre 4,0 % précédemment). Ces révisions reflètent la dynamique soutenue de l’économie non pétrolière, ainsi qu’une contribution attendue du secteur pétrolier, sur la base d’hypothèses de normalisation progressive de la production. Les projections du FMI sont proches de celles du ministère saoudien des Finances et convergent avec celles d’autres institutions internationales, la Banque mondiale anticipant une croissance de 4,3 % en 2026, tandis que Fitch Ratings table sur 4,8 %.
Fitch confirme la note de l’Arabie saoudite à A+ avec perspective stable - L’agence de notation Fitch Ratings a confirmé la note souveraine de l’Arabie saoudite à A+, assortie d’une perspective stable, soulignant la solidité des fondamentaux macroéconomiques du Royaume. Fitch met en avant la robustesse des finances publiques, le niveau encore modéré de la dette publique, ainsi que la capacité du pays à mobiliser des sources de financement diversifiées. L’agence relève également les progrès réalisés dans le cadre de la Vision 2030, tout en notant que la trajectoire budgétaire demeure exposée aux évolutions des prix de l’énergie et au rythme de mise en œuvre des réformes structurelles.
Energie, Industrie & Infrastructure
Alkhorayef remporte un contrat d’exploitation des réseaux hydrauliques à Tabuk - L’opérateur saoudien Alkhorayef Water & Power Technologies (AWPT) a remporté un contrat de 11 M USD (43,35 M SAR) auprès de la National Water Company (NWC) pour l’exploitation et la maintenance des infrastructures hydrauliques de la ville de Tabuk. D’une durée de 36 mois, le contrat couvre l’exploitation et la maintenance des réseaux d’eau, stations de pompage, puits, réservoirs et installations associées
Humain obtient jusqu’à 1,2 Md USD via le Fonds national d’infrastructures pour étendre ses centres de données IA - Le Fonds national d’infrastructures (NIF) d’Arabie saoudite et Humain, l’entreprise saoudienne spécialisée en intelligence artificielle, ont annoncé mercredi un accord de financement allant jusqu’à 1,2 Md USD pour soutenir le développement des infrastructures numériques et d’IA dans le royaume. L’accord, dévoilé à Davos en Suisse, fixe les termes non contraignants pour la création d’une capacité allant jusqu’à 250 MW de data centers dédiés à l’IA pour les clients d’Humain.
Parsons renforce la présence des groupes américains à New Murabba - Le groupe américain Parsons a signé un contrat de 60 mois avec la New Murabba Development Company (NMDC), soutenue par le PIF, pour assurer le rôle de consultant principal en conception des infrastructures du projet New Murabba à Riyad. Parsons interviendra sur la conception et l’ingénierie des infrastructures, des bâtiments publics, des espaces paysagers et du domaine public. Cette attribution s’inscrit dans la continuité des contrats déjà confiés à plusieurs cabinets américains, dont Kohn Pedersen Fox, Aecom et Jacobs, illustrant le rôle central des firmes américaines dans la conception et la réalisation du projet New Murabba.
Une société chinoise construira une usine de batteries lithium-ion de 260 M USD à Yanbu - Middle East Capchem, coentreprise chinoise détenue à 80 % par Shenzhen Capchem Technology et à 20 % par Capchem Hong Kong, prévoit un investissement de 260 M USD pour construire une usine de batteries lithium-ion à Yanbu, dans le Yanbu Heavy Industrial Park. Le site produira 200 000 t/an de carbonates de solvants et 100 000 t/an d’éthylène glycol, avec les installations de support, de traitement environnemental, de logistique et de sécurité. La construction devrait durer trois ans.
La SAR lance un appel d’offres pour dix trains de voyageurs sur le réseau nord - Saudi Arabia Railways (SAR) a lancé un appel d’offres pour la conception, la fabrication et la fourniture de dix nouveaux trains de passagers destinés à son réseau ferroviaire du nord, dans le cadre de ses efforts pour accroître les capacités et améliorer les services voyageurs dans le Royaume. L’appel d’offres inclut également des prestations de maintenance de la flotte, visant à renforcer la disponibilité opérationnelle et la durabilité des actifs sur le long terme. SAR a indiqué que la date limite de soumission des offres est fixée au 11 mai 2026.
Soumission des offres pour le centre de gestion des déchets du projet Red Sea - Red Sea Global (RSG), développeur du giga-projet Red Sea en Arabie saoudite, a reçu le 15 janvier les offres des soumissionnaires, principalement saoudiens, pour la construction d’un nouveau centre de gestion des déchets. Le projet, lancé en appel d’offres le 6 novembre dernier, prévoit la construction de quatre bâtiments : un centre de recyclage des matériaux, une station de transfert, un bâtiment administratif et un atelier de maintenance des véhicules.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
L’émirat d’Umm Al Qaiwain enregistre une dynamique économique positive en 2025, portée par un climat d’affaires jugé attractif et une importante diversification sectorielle. Selon la Chambre de commerce, les adhésions ont augmenté de 23,4%, avec une croissance dans tous les secteurs (commerce +31%, professionnel +23,3%, industrie +15,9%). Les certificats d’origine délivrés au S1 2025 ont aussi progressé d’environ 30% sur un an, signe d’un renforcement des échanges et de l’activité des entreprises. En parallèle, la participation des femmes entrepreneures progresse fortement (+53% en 2025), avec plus de 300 participantes cumulées d’ici fin 2025 via les actions du Businesswomen Council.
Les ÉAU lanceront une plateforme nationale de commerce extérieur pilotée par l’IA, développée avec Presight (G42), capable d’analyser des millions de points de données en temps réel (ports, routes maritimes, douanes, accords commerciaux). Intégrée au UAE Global Centre of Trade, elle vise à accélérer les flux et à renforcer la position du pays comme hub commercial mondial.
Les ÉAU veulent doubler leur commerce bilatéral avec l’Inde à 200 Mds USD d’ici 2032 et investiront dans un hub d’investissement stratégique à Dholera. Parallèlement, Adnoc Gas fournira à Hindustan Petroleum 0,5 Mt de GNL par an pendant 10 ans à partir de 2028, pour un contrat estimé entre 2,5 et 3 Mds USD, tandis que les deux pays renforcent coopération financière, technologique et militaire.
Abu Dhabi a transféré CYVN Holdings, propriétaire de McLaren Automotive et détenteur d’une participation de 18 % dans le constructeur chinois de véhicules électriques Nio, sous le contrôle du fonds souverain l’IMAD. Cette réorganisation vise à renforcer L’IMAD et à rationaliser la gestion de certains investissements stratégiques de l’émirat.
Energie, Industrie et Transports
G42, principal acteur de l’intelligence artificielle aux Émirats arabes unis, prévoit de recevoir dans les prochains mois des livraisons de puces avancées de Nvidia, AMD et Cerebras, après l’approbation par les États-Unis de la vente de dizaines de milliers de composants. L’entreprise va mettre en service les premiers 200 MW d’un vaste projet de data centers à Abu Dhabi dans les prochains mois, avec un rythme d’expansion prévu de 200 à 500 MW par trimestre. À terme, le site pourrait atteindre jusqu’à 5 gigawatts de capacité, dans le cadre de l’initiative Stargate d’OpenAI visant à développer des infrastructures IA hors des États-Unis. G42 s’inscrit dans la stratégie des EAU pour devenir un hub mondial de l’IA, avec un partenariat de 1,5 Md$ avec Microsoft et un rôle clé au sein du véhicule d’investissement MGX avec Mubadala.
Adnoc étudie une éventuelle entrée au Venezuela via sa filiale internationale XRG, afin de développer son activité gazière mondiale, sous réserve de cadres juridiques et financiers clairs. Le projet dépendrait d’une coordination politique avec les États-Unis, après les récents développements politiques à Caracas et les appels de l’administration Trump au retour des compagnies pétrolières américaines. Une implantation au Venezuela s’inscrirait dans la stratégie de XRG de renforcer son portefeuille gazier, après des investissements aux États-Unis, en Afrique, en Asie centrale et des discussions en Argentine. XRG chercherait à s’associer avec un partenaire international expérimenté, en s’appuyant sur les ressources financières d’Abu Dhabi pour financer la relance de la production gazière.
La RTA a lancé un appel d’offres pour la prolongation de la Route 2020 du métro jusqu’au terminal Ouest de l’aéroport international Al Maktoum. L’extension de 3 km comprendra 2 stations et reliera la station Expo 2020 à l’aéroport.
Global South Utilities (Abu Dhabi) a acquis 51 % du développeur hydroélectrique 40Capital, spécialiste du secteur en Asie centrale, principalement au Kirghizistan. L’entreprise détient 40 projets totalisant 140 GWh/an, fournissant de l’électricité à 16 000 foyers. L’opération marque l’entrée de GSU sur le marché kirghiz et complète son expansion dans les énergies renouvelables dans la région, après l’acquisition de Yashil Energiya en Ouzbékistan.
AD Ports Group a signé un MoU avec le ministère nigérian de l’Économie maritime pour explorer des opportunités d’investissement et de développement dans les ports, la logistique, les services maritimes et les infrastructures numériques. Cette collaboration s’inscrit dans le cadre du CEPA UAE Nigeria et vise à renforcer l’efficacité portuaire, la connectivité logistique et la compétitivité commerciale. Le commerce bilatéral non pétrolier a atteint 4,3 Mds USD en 2024, en hausse de 55 % sur un an, reflétant une forte dynamique d’échanges.
Le fonds climatique émirati ALTERRA s’associe à la banque espagnole BBVA pour lancer un fonds de co-investissement de 1,2 Md USD, dédié aux projets durables dans l’infrastructure, le capital-investissement et le crédit privé. BBVA apportera 250 M USD en tant qu’investisseur stratégique. Le fonds, domicilié à Abu Dhabi (ADGM), investira en transition énergétique, décarbonation industrielle, technologies climatiques et modes de vie durables en Amérique, Europe et autres marchés à croissance. ALTERRA, créée en 2023 avec 30 Mds USD, vise à mobiliser 250 Md USD à l’international d’ici 2030.
Selon S&P Global, le marché résidentiel des EAU restera équilibré en 2026 2027 : la demande et la croissance des prix devraient modérer, mais la forte population et l’intérêt des investisseurs étrangers devraient absorber les nouvelles unités. Le risque de sur offre est donc limité. Le secteur bancaire est relativement peu exposé, avec 30 40 % des ventes secondaires financées par des crédits et l’exposition totale à l’immobilier tombée à 14 % du portefeuille de prêts en septembre 2025.
Qatar
Lors du Forum économique de Davos, le ministre des Finances (MoF), Ali bin Ahmed Al-Kuwari, a salué les efforts de l’Union Européenne visant à assouplir la Directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CS3D). La directive, qui prévoit des sanctions (pouvant atteindre jusqu’à 5 % du chiffre d’affaires net mondial) en cas de non-conformité aux normes sociales et climatiques, avait pu faire l’objet de critiques de la part des autorités qatariennes. Le ministre qatarien a déclaré percevoir désormais « davantage de potentiel avec les Européens ».
A l’occasion du Forum de Davos, le ministre des Finances (MoF), Ali bin Ahmed Al-Kuwari, s’est entretenu avec plusieurs dirigeants du secteur financier. Le ministre qatarien a ainsi rencontré Adebayo Ogunlesi, le Président-directeur général du fonds d’investissement américain Global Infrastructure Partners (GIP), Makoto Takashima, le Président du conseil d'administration de la banque japonaise Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG), ainsi que Noel Quinn, Président du gestionnaire de fortune suisse Julius Baer.
Le Gouverneur de la Banque Centrale du Qatar (QCB), et Président de la Qatar Investment Authority (QIA), Cheikh Bandar bin Mohammed bin Saoud Al-Thani, rencontre Marcelo Claure, le co-Président et associé du fonds de capital-investissement Brightstar Capital Partners. La rencontre a eu lieu en marge du Forum économique de Davos.
Le Premier ministre canadien, Mark Carney, s’est rendu à Doha dans le cadre d’une visite d’Etat, au cours de laquelle le Qatar a annoncé son intention d’investir dans des projets au Canada. Ces fonds sont destinés aux secteurs des énergies propres, des infrastructures, de l’intelligence artificielle et de la défense. Les deux pays ont également déclaré entamer des négociations sur une convention de non-double imposition (CDI) et se sont engagés à conclure les négociations sur un accord de promotion et de protection des investissements étrangers (FIPA).
Le fonds souverain du Qatar, la Qatar Investment Authority (QIA), présente une nouvelle feuille de route pour les prochaines années. Le fonds, dont le portefeuille s’élève désormais à 580 Mds USD d’actifs sous gestion, envisage de créer une nouvelle entité, chargée d’accompagner le développement de ses actifs et de ses champions nationaux (Ooredoo, Qatar National Bank, etc.). Le directeur général de la QIA, Mohammed Al- Sowaidi, a indiqué que le Qatar poursuivra la réorientation de ses fonds vers les Etats-Unis au cours de la prochaine décennie, afin de refléter l’indice MSCI World dans son allocation d’actifs. Le dirigeant qatarien estime que le fonds, qui a multiplié les investissements dans l’intelligence artificielle (IA) ces derniers mois, concentrera en 2026 ses efforts dans les secteurs des services financiers, de l’industrie, des minéraux, des matières premières et des centres de données.
La Qatar Investment Authority (QIA) annonce la conclusion d’un partenariat avec la banque américaine Goldman Sachs, initiative qui pourrait l’amener à investir un total de 25 Mds USD dans la branche de gestion d'actifs de la banque de Wall Street. La QIA prévoit d'investir ce capital dans un éventail de stratégies existantes et nouvelles sur les marchés privés en tant qu'investisseur principal, ainsi que dans des opportunités d'investissement direct. Goldman Sachs, pour sa part, prévoit de renforcer significativement ses équipes à Doha afin d’en faire un hub stratégique et son plus important bureau régional dédié à la gestion d’actifs.
Koweït
Le Koweït, une certaine idée du raffinement ... La production nette des raffineries de la Kuwait National Petroleum Company (KNPC) et de la Kuwait Petroleum Corporation (KPC) au cours de l'année écoulée a dépassé 64 M tonnes métriques (ndlr : environ 1,5% de la consommation mondiale) pour l'exercice 2025, clos en mars dernier. Avec 26 MT, la raffinerie AL Zour (KIPIC) a représenté 40% de cette production, largement exportée. Le fioul/gazole/diesel occupe la première place parmi les produits de la raffinerie (17,7 MT), suivis par le kérosène/SAF avec 3,35 MT et le gaz liquéfié (environ 1,2 MT).
Le Koweït vante son attractivité à Davos. Sabih Al-Mukhaizeem ministre koweïtien de l’électricité et ministre des Finances par intérim a indiqué avoir participé à des réunions consacrées aux réformes conduites dans l’émirat (logement social, développement immobilier privé, gestion de la dette publique, hausse des recettes non pétrolières, etc) visant à diversifier l’économie et à renforcer la viabilité financière à long terme à l'échelle nationale. Il a souligné que la trajectoire politique des États du Conseil de coopération du Golfe, et en particulier du Koweït, offre une stabilité et « un environnement à faible risque attrayant pour les investisseurs étrangers à la recherche d'opportunités d'investissement sûres ».
La Chine, 3 milliards de raisons pour construire une station d’épuration dans le nord de l’émirat. L'Agence centrale koweïtienne pour les marchés publics (CPAT) vient d’approuver un projet d'usine de traitement des eaux usées à New Kabd. L’agence devrait transmettre le projet - d’un montant évalué à plus de 3 Mds USD - au Bureau d'audit de l'État le 26 janvier, ce qui ouvre la voie à la signature du contrat avec la société chinoise sélectionnée. (Ndlr : L’attribution du projet n’est pas passée par la procédure classique de l’appel d’offres, mais s’est faite de gré à gré. Le projet est dimensionné pour traiter 1 million de mètres cubes d’eau par jour et devrait être adossé à une centrale « waste to energy » susceptible de générer 650 Gwh/an).
Le gouvernement régule strictement la vente et la consommation des boissons énergisantes. Le Ministère de la Santé, a publié un décret réglementant la distribution et la vente de boissons énergisantes au Koweït, dont la consommation est désormais réservée aux personnes âgées de 18 ans et plus, dans la limite de deux canettes quotidiennes dont la teneur en caféine ne doit pas dépasser 80 mg par canette de 250 ml. Les producteurs sont désormais tenus d'apposer des avertissements sanitaires clairs et visibles sur les emballages des produits, tandis que toutes les formes de publicité, de promotion et de parrainage sont expressément interdites. Enfin, le texte impose une interdiction totale de la vente et de la distribution de ces produits dans les établissements d'enseignement (tous niveaux), les institutions et agences gouvernementales, ainsi que dans les restaurants, cafés, épiceries, camions-restaurants, distributeurs automatiques et s les plateformes de vente à emporter et de livraison.
Oman
Par décret royal, le Sultanat d’Oman a créé l’IFC Oman (International Financial Center), un centre financier international autonome basé à Madinat Al Irfan (Mascate). Doté d’un cadre légal inspiré de la Common Law, il vise à renforcer l’attractivité du pays pour les investisseurs internationaux, stimuler la diversification économique et servir de hub pour les services financiers avancés. Le Centre offrira des incitations fiscales s’étalant sur 50 ans et s’inscrit dans la stratégie Oman Vision 2040 pour développer un écosystème financier moderne, fiable et robuste.
Le ministère du Travail anticipe la création de 60 000 postes en 2026, répartis entre 33 000 emplois dans le secteur privé, 10 000 dans le secteur public et 17 000 liés à des programmes de formation et de qualification professionnelle. En 2025, selon les statistiques officielles, plus de 36 000 emplois ont été générés, dont 2 000 pour des Omanais issus de foyers à faibles revenus ou en situation de handicap.
La 2ᵉ édition du Sohar Investment Forum se tiendra dans la ville de Sohar du 4 au 5 février 2026, avec la participation de délégations de 30 pays. L’événement mettra en avant environ 50 projets industriels et manufacturiers prêts à l’investissement, pour un total estimé à 300 M OMR. La métallurgie, la chimie, l’agroalimentaire et la logistique intelligente seront au cœur des discussions.
Oman–Inde : le CEPA bientôt opérationnel pour dynamiser le commerce bilatéral. A l’occasion de la visite d’Etat du Premier Ministre indien Narendra Modi en Oman le mois dernier, le Sultanat d’Oman et l’Inde ont signé un Accord global de partenariat économique (accord de libre-échange élargi), visant à libéraliser les échanges de biens et services, réduire ou supprimer progressivement les droits de douane et les barrières au marché, et favoriser les investissements bilatéraux, y compris sur l’accès aux appels d’offres. L’accord facilite également la mobilité des professionnels, protège la propriété intellectuelle et simplifie les procédures douanières, offrant aux entreprises des opportunités accrues dans les secteurs de la pétrochimie, de la pharmacie, de l’agroalimentaire et des services, d’intérêt particulier pour les industriels indiens.
Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources en Eau a interdit l’importation de volailles vivantes et de produits dérivés provenant du Kerala (Inde), pour des raisons sanitaires vétérinaires. La mesure restera en vigueur jusqu’à la levée du risque identifié. Les produits traités ou thermiquement transformés conformément aux normes de l’Organisation mondiale de la santé animale (WOAH) ne sont pas concernés.
Bahreïn
L’émission mensuelle de bons du Trésor du Bahreïn sursouscrite à plus de 2,5 fois - La Central Bank of Bahrain (CBB) a annoncé que son émission mensuelle de bons du Trésor avait été sursouscrite à hauteur de 253 %, illustrant une demande soutenue des investisseurs pour les titres souverains bahreïniens. Cette forte sursouscription témoigne du maintien de la confiance du marché dans le profil de crédit du Royaume.
Les crédits bancaires atteignent 33,7 Md USD au T3 2025, tirés par les prêts personnels - Selon la CBB, l’encours des crédits bancaires a progressé de 4,8 % en glissement annuel au T3 2025, pour atteindre 12,7 Md BHD (33,7 Md USD). Les prêts personnels représentent 48 % du total, à 6,1 Md BHD (16,2 Md USD), en hausse de 3,9 % sur un an, dont 51,2 % correspondent à des crédits immobiliers. Les crédits au secteur privé s’établissent à 5,2 Md BHD (13,8 Md USD), en léger recul annuel (-0,3 %), tandis que les crédits au secteur public progressent fortement (+34,8 %) à 1,4 Md BHD (3,7 Md USD).