Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené une opération militaire au Venezuela qui s’est soldée par la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et par son transfert aux États-Unis en vue de poursuites pénales. Cette opération n’a pas eu d’effet majeur sur les marchés pétroliers à ce stade. Le 5 janvier 2026 (soit la 1ère date disponible après l’intervention), les prix ont en effet augmenté de +1,6 % pour s’établir à 61,8 $ avant de redescendre sous les 60 $ dès le 7 janvier (cf. Graphique 1).

Cours du baril de Brent

  

Si une période d’incertitude a pu faire augmenter les prix dans un premier temps, les États-Unis se sont rapidement engagés à faciliter le retour du pétrole vénézuélien sur les marchés mondiaux, en mobilisant les acteurs privés américains pour mettre à niveau les infrastructures vénézuéliennes et fournir les diluants nécessaires au raffinage, ainsi qu’à lever certaines sanctions contre le Venezuela afin de permettre l’exportation de leur pétrole. Alors que le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, estimées à 300 millions de barils d’après l’OPEP et la CIA américaine, ces deux engagements pourraient contribuer à fortement augmenter l’offre de pétrole et donc à baisser les prix.

Les volumes de pétrole vénézuélien disponibles à l’exportation restent très restreints à ce jour. En effet, la production pétrolière du Venezuela a fortement baissé depuis la fin des années 2000 et représente aujourd’hui moins de 1 % de l’offre mondiale. Cette diminution est directement liée aux sanctions, en premier lieu, mais aussi aux politiques de nationalisation de nombreux projets pétroliers avec le retrait de la propriété ou du contrôle des actifs des entreprises étrangères sur le sol vénézuélien, entraînant un sous-investissement dans la filière. La qualité du pétrole vénézuélien (souvent lourd et nécessitant des capacités de raffinage spécifiques) ainsi que les besoins élevés en investissement et technologie expliquent également pourquoi les prix n’ont pas davantage baissé après les annonces des États-Unis.

Toutefois, de nombreuses interrogations subsistent quant à l’impact de cette situation sur les marchés pétroliers, notamment sur la question de la réorientation des flux pétroliers. En facilitant un redéploiement des flux de pétrole vénézuélien, les États-Unis pourraient pousser certains acheteurs asiatiques à s’orienter vers d’autres fournisseurs.

Par ailleurs, d’autres événements géopolitiques ont également eu un impact sur les prix pétroliers ces dernières semaines sans qu’il ne soit possible d’isoler précisément les conséquences de chacun. Ainsi, la situation en Iran depuis le 8 janvier et la potentialité d’une intervention américaine ont soutenu les prix du fait des craintes quant à la perturbation de la production pétrolière iranienne. Depuis le début de l’année 2026, les prix pétroliers s’établissent en moyenne à 63,2 $, soit une hausse de +2,5 % par rapport à la moyenne de décembre 2025 (61,6 $).

Cependant, globalement, les prix du pétrole restent soumis à la pression baissière d’une offre mondiale abondante et d’une demande mondiale au ralenti. Le rapport de l’AIE de janvier 2026 prévoit une nouvelle hausse de l'offre mondiale de pétrole en 2026 (+2,5 Mb/j, après +3,0 Mb/j en 2025).

 Evolution de l'offre mondiale du pétrole