Actualités sectorielles du 13 au 23 janvier 2026
ENERGIE
Le réseau électrique indien s’est étendu de plus de 70 % en une décennie, mais demeure insuffisant pour absorber l’essor des énergies renouvelables
Le réseau indien a franchi une nouvelle étape le 14 janvier 2026 avec la mise en service d’une ligne de transport à très haute tension de 628 km reliant Bhadla II à la sous-station de Sikar II. Cette infrastructure vise à faciliter l’évacuation de l’électricité renouvelable issue de la zone d’énergies renouvelables du Rajasthan et permet l’intégration de 1 GW supplémentaires provenant notamment des fermes solaires de Bhadla, Ramgarh et Fatehgarh.
Depuis avril 2014, le réseau de transport électrique s’est accru de 72 %, avec l’ajout d’environ 210 000 kilomètres-circuits (ckm) de lignes. La capacité de transfert interrégional atteint désormais 120 GW. Les projets interétatiques actuellement en cours devraient permettre d’ajouter environ 40 000 km de lignes supplémentaires. En parallèle, les projets intra-étatiques en cours de mise en œuvre devraient contribuer à 27 500 km additionnels de lignes et d’ajout de capacité de transformation.
Malgré cette expansion significative, le développement du réseau peine à suivre le rythme de la croissance des énergies renouvelables, en particulier du solaire, qui s’est accélérée dans l’ouest du pays, notamment au Rajasthan et au Gujarat. Dans ce contexte, les projets renouvelables au Rajasthan font face à d’importantes limitations d’évacuation. Début janvier, il était estimé que plus de 4 GW de capacités subissaient des arrêts quasi complets pendant les heures de production solaire maximale. Cette situation perdure malgré la mise en service récente de la ligne de transport Khetri–Narela dans l’État.
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L’Inde définit son nouveau programme d’exploration géologique priorisant les minéraux critiques et l’innovation technologique
À l’occasion de la 65ème réunion du Central Geological Programming Board (CGPB), tenue le 21 janvier 2026 à New Delhi, le Geological Survey of India (GSI), agence d’Etat chargée des recherches en géologie et placée sous l’autorité du Ministère des Mines, a présenté son programme annuel. Celui-ci comprend 1 068 projets scientifiques, dont environ 55 % consacrés à l’exploration minérale, parmi lesquels 236 projets spécifiquement dédiés aux minéraux critiques et stratégiques. Trente-sept projets sont par ailleurs prévus dans les régions frontalières, dont seize relevant de l’exploration minérale. Le programme inclut également 144 projets portant sur les études de risques naturels, la géoscience d’intérêt public et la recherche fondamentale, ainsi que 58 projets en géoinformatique et analyse de données, mobilisant des outils numériques avancés et des modèles d’intelligence artificielle. Un effort significatif est consacré au renforcement des capacités, avec 160 programmes de formation destinés aux agents du GSI ainsi qu’aux parties prenantes publiques et privées.
La centrale à charbon de Norochcholai au Sri Lanka confrontée à des pertes financières importantes
La centrale de Norochcholai, première et plus grande centrale thermique à charbon du Sri Lanka, fait face à des pertes financières considérables exacerbées par des importations de charbon de qualité inférieure, des stocks inutilisables et des coûts logistiques croissants. Une récente livraison de charbon par la Lanka Coal Company (LCC), contenant 21% de cendre au lieu des 16% autorisés, serait notamment en cause. Mise en service par phases entre 2011 et 2014, la centrale de Norochcholai a été construite par l’entreprise publique China Machinery Engineering Corporation (CMEC) et a bénéficié d’un financement chinois. Le site a connu, depuis son entrée en exploitation, plusieurs pannes et interruptions, nécessitant le recours à des moyens de production alternatifs plus coûteux. Le charbon représente encore un tiers de la production électrique du Sri Lanka.
ENVIRONNEMENT
L’Inde élargit le périmètre de son marché carbone en intégrant quatre nouveaux secteurs et 208 entités industrielles supplémentaires
Le 13 janvier, le Ministère de l’Environnement, des Forêts et du Changement climatique indien a intégré 208 unités industrielles supplémentaires à forte intensité carbone au mécanisme de conformité du Marché indien du carbone (Indian Carbon Market - ICM). Ces dernières sont désormais soumises aux objectifs de réduction obligatoires d’intensité des émissions de gaz à effet de serre ou de contribuer au système d’échange de crédits carbone (Carbon Credit Trading Scheme - CCTS).
Avec cette nouvelle inclusion qui concerne surtout des raffineries, les industries pétrochimiques, textiles et de recyclages d’aluminium, un total 490 entités sont désormais tenues de respecter des objectifs spécifiques de réduction de l’intensité des émissions. Elles n’étaient que 282 entités lors de la phase précédente lancée en octobre 2025 couvrant les secteurs de l’aluminium, du ciment et de la pâte et du papier, notifiée en octobre 2025.
Dans le cadre du mécanisme de conformité, les entités assujetties doivent réduire leurs émissions par rapport à leurs niveaux de référence en matière d’intensité énergétique et carbone. Celles qui dépassent leurs objectifs peuvent obtenir des crédits carbones échangeables, susceptibles d’être vendus aux entités n’ayant pas atteint leurs cibles. Ce mécanisme fondé sur le marché crée des incitations économiques à la décarbonation tout en offrant une flexibilité dans la conformité.
En parallèle, le Gouvernement de Delhi a approuvé un Cadre de monétisation des crédits carbone, visant à convertir les réductions d’émissions obtenues grâce à des projets urbains écologiques sur son territoire tels que les bus électriques, la nature en ville, l’énergie solaire et les systèmes de valorisation énergétique des déchets, en crédits carbone échangeables sur le marché carbone indien mais aussi les marchés internationaux. Il s’inspire des Etats fédéré du Nord-Est du Meghalaya et de l’Arunachal Pradesh ainsi que de la ville d’Indore (Madhya Pradesh)
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TRANSPORTS
L’Inde renforce la connectivité multimodale au Bengale-Occidental et inaugure plusieurs infrastructures fluviales et ferroviaires
L’Inde a renforcé la connectivité multimodale dans l’est du pays avec l’inauguration de plusieurs projets d’infrastructures fluviales et ferroviaires au Bengale-Occidental, pour un montant total d’environ 8,3 Mds INR (environ 100 M USD). Ces investissements visent à positionner l’État comme un hub stratégique reliant l’est de l’Inde au Nord-Est, en s’appuyant sur les voies navigables intérieures, la logistique portuaire et les transports propres de passagers. Un volet majeur du programme concerne des projets portuaires et fluviaux représentant 5,52 Mds INR (environ 66 M USD). Ils incluent l’inauguration du système de porte portuaire étendue (Extended Port Gate System) de Balagarh, situé à environ 72 km en amont de Kolkata. Cette installation comprend un terminal fluvial d’une capacité annuelle de 2,7 millions de tonnes, intégré à la voie navigable nationale Gange–Bhagirathi–Hooghly et connecté aux réseaux routier et ferroviaire, afin de contribuer à la décongestion du système portuaire de Kolkata. Un catamaran hybride électrique de 50 passagers, destiné aux voies navigables intérieures, a également été inauguré à Kolkata. Développé pour un coût de 120 M INR (environ 1,4 M USD), il repose sur une technologie de batteries lithium-titanate, permettant de réduire les émissions et d’améliorer l’efficacité énergétique du transport fluvial urbain. Enfin, des projets d’infrastructures ferroviaires d’une valeur de 2,8 Mds INR (environ 34 M USD) ont été inaugurés. Ils comprennent de nouvelles sections de lignes et des services voyageurs visant à améliorer la connectivité régionale et longue distance. De nouveaux services Amrit Bharat Express ont par ailleurs été lancés, renforçant les corridors nationaux de transport.
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La NHAI et Konkan Railway signent un protocole d’accord pour renforcer le développement intégré des infrastructures en Inde
La National Highways Authority of India (NHAI) et la Konkan Railway Corporation Limited (KRCL)entreprise publique rattachée à Indian Railways ont signé un protocole d’accord (MoU) pour une durée de cinq ans le 21 janvier 2026.
La NHAI et la KRCL identifieront, planifieront et développeront conjointement des domaines d’intérêt commun, en particulier lorsque des solutions intégrées telles que des ponts rail-route, des tunnels, des pôles intermodaux, des parcs logistiques multimodaux et des ouvrages dénivelés. Le partenariat prévoit également le développement de corridors d’utilités communs lorsque cela est possible, afin d’améliorer la connectivité du premier et du dernier kilomètre pour le transport de marchandises et de passagers.
La KRCL mettra à profit son expérience dans l’exécution de projets en terrains difficiles, notamment en matière de revue de conception, d’audits de sécurité, de stabilisation des pentes et présentera des programmes de formation destinés au personnel de la NHAI. L’accord couvre également le partage d’expertise technique, l’adoption de technologies numériques avancées pour le suivi des projets, ainsi que la recherche sur des matériaux et méthodes de construction innovants.
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Le port sri lankais d’Hambantota enregistre une croissance spectaculaire de son trafic de marchandises en 2025
Le Hambantota International Port (HIP) a enregistré une hausse de 175 % de son trafic de marchandises par rapport à 2024. Les volumes traités ont atteint 8,24 millions de tonnes, contre 3 millions de tonnes l’année précédente. Le trafic conteneurisé a progressé de manière spectaculaire, passant de 53 170 TEUs à 428 036 TEUs, tandis que les opérations roll-on/roll-off (unités roulantes) ont concerné 726 153 véhicules. Le trafic de vrac a, pour sa part, augmenté de 32 %. Le gestionnaire du port prévoit la poursuite du développement des infrastructures, avec l’achèvement de la phase II du projet d’extension à l’horizon 2026, visant une capacité annuelle d’environ 2 millions de TEUs. Mis en service en 2010 et financé à 85% par l’Exim Bank chinoise, le port d’Hambantota a été concédé à l’entreprise chinoise CMPort pour 99 ans en 2017, à la suite d’importantes difficultés financières. Il est considéré comme un « éléphant blanc », les projets coûteux et non rentables ayant contribué à la dérive des finances publiques du Sri Lanka, jusqu’au défaut de paiement survenu en 2022.
SANTE
Le Brésil et le Nigeria s’imposent comme des destinations clés pour les exportations pharmaceutiques indiennes
Les exportations pharmaceutiques indiennes connaissent une forte croissance, avec une hausse de 6,5 %, atteignant 20,48 Mds USD sur la période avril-novembre de l’exercice 2025-2026. Le Brésil et le Nigeria sont devenus des marchés importants pour les médicaments indiens, portés par l’amélioration de l’accès aux soins, l’extension des achats publics et la dépendance croissante aux médicaments génériques indiens. Le Nigeria s’est imposé comme l’une des destinations à la croissance la plus rapide, ajoutant 179 M USD d’exportations et contribuant à plus de 14 % de la croissance totale des exportations au cours des huit premiers mois de l’exercice. Sur la même période, le Brésil a enregistré une augmentation d’environ 100 M USD des exportations. Les États-Unis restent toutefois le premier marché, représentant plus de 31 % des exportations, tandis que des pays comme la France, les Pays-Bas et l’Allemagne augmentent également leurs importations.
Le Telangana et le Chhattisgarh misent sur le secteur des sciences de la vie pour stimuler leur croissance
Le gouvernement du Telangana a lancé sa politique de sciences de la vie de nouvelle génération 2026-2030 lors du Forum économique mondial à Davos. Cette politique vise à positionner le Telangana parmi les cinq principaux clusters mondiaux des sciences de la vie d’ici 2030, avec pour objectifs 25 Mds USD d’investissements et la création de 500 000 emplois qualifiés. Elle met l’accent sur la R&D de pointe, la fabrication avancée, la recherche clinique, les services pharmaceutiques, les diagnostics et la médecine de précision. La mise en œuvre sera soutenue par des infrastructures de niveau international telles que la Green Pharma City, les Pharma Villages, l’extension de Genome Valley et le renforcement du parc des dispositifs médicaux. La politique accorde également une priorité au développement des talents, à la simplification réglementaire et à l’amélioration de la facilité de faire des affaires. Un fonds dédié à l’innovation dans les sciences de la vie viendra enfin renforcer l’écosystème de financement en soutenant les start-ups, l’innovation et la montée en puissance des entreprises.
Le Chhattisgarh a également intensifié ses efforts pour attirer des investissements dans les secteurs pharmaceutique et biotechnologique, en proposant des incitations financières, en développant un parc pharmaceutique dédié à Nava Raipur et en renforçant les infrastructures de santé, afin de se positionner comme un pôle manufacturier compétitif en Inde centrale. Dans le cadre de sa politique de développement industriel 2024-2030, les secteurs pharmaceutique et biotechnologique ont été classés comme secteurs prioritaires.
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Le ministère de la Santé lance un programme de formation en ligne sur l’intelligence artificielle dans l’enseignement médical
Le ministère de la Santé a récemment lancé un programme de formation en ligne sur l’intelligence artificielle (IA) dans l’enseignement médical, élaboré par le National Board of Examinations in Medical Sciences (NBEMS), un organisme autonome relevant du ministère de la Santé et du Bien-être familial. Ce programme vise à sensibiliser près de 50 000 médecins à l’intelligence artificielle et à leur fournir une compréhension de base de ses applications pratiques en médecine, en diagnostic, en aide à la décision clinique, en recherche et en enseignement médical. Plus de 42 000 médecins se sont déjà inscrits.
AVIATION CIVILE
Le ministre de l’aviation civile indien réaffirme l’ambition de produire un avion en Inde
A l’occasion du Forum économique de Davos, le ministre de l’Aviation civile Kinjarapu Ram Mohan Naidu a réaffirmé que l’établissement d’une ligne d’assemblage d’un avion civil en Inde est une priorité pour le gouvernement. L’Inde n’a plus produit d’avion de ligne depuis 1988 et souhaite aujourd’hui réintégrer dans son industrie une ligne d’assemblage finale (FAL). Une telle production d’avions moyen-courriers s’intégrerait dans le plan national UDAN (Ude Desh ka Aam Naagrik, Laissez voler les citoyens ordinaires du pays) destiné à accroître la connectivité régionale et à répondre à la demande exponentielle du marché aéronautique indien. Dans son entretien, le ministre de l’Aviation civile a rappelé son soutien aux deux projets d’implantation industrielle de constructeurs aéronautiques en Inde : le partenariat entre l’entreprise publique de l’aéronautique et de la défense Hindustan Aeronautics Limited (HAL) et un consortium industriel russe pour la construction en Inde de l’avion moyen-courrier SJ-100 et le partenariat entre le groupe Adani et Embraer signé en janvier 2026. Il a cependant souligné que l’ambition à terme de l’Inde était de produire son propre appareil national.
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L’Etat invite les compagnies indiennes à combler la réduction de l’activité d’IndiGo
La première compagnie indienne avait subi une grave crise en novembre dernier, la conduisant à annuler plus de 2 500 vols à la suite d’une défaillance dans la planification de l’activité de ses pilotes. IndiGo avait alors eu des difficultés à mettre en œuvre les nouvelles normes de la Direction Générale de l’Aviation civile (DGCA) sur le temps de repos des équipages après un vol de nuit. La compagnie a depuis réduit ses plans de vol de 10%. Pour compenser cette diminution du trafic aérien, la DGCA a annoncé l’établissement d’un comité de redistribution des plages-horaires (slots) d’IndiGo début janvier 2026 et a appelé les compagnies aériennes indiennes à soumettre leur candidature pour combler cette diminution de l’activité d’IndiGo. L’appel d’offre n’a pour l’heure pas reçu de réponse favorable des compagnies, déjà pleinement mobilisées par leurs lignes actuelles.
Le gouvernement sri lankais envisage un nouveau PPP pour la gestion de l’aéroport déficitaire de Mattala
Le Mattala Rajapaksa International Airport (MRIA), aéroport international situé dans le sud du Sri Lanka, a accumulé 39,3 Mds LKR (137 M USD) de pertes nettes au cours des six dernières années, selon un récent audit. Pour l’exercice 2024, l’aéroport a enregistré une perte d’exploitation de 3,4 Mds LKR (11 M USD), les charges étant environ 15 fois supérieures aux revenus. L’aéroport n’a accueilli qu’un total de 321 577 passagers en six ans, bien en deçà de sa capacité théorique d’un million par an. Face à cette situation, le gouvernement a annoncé un changement de stratégie de gestion, abandonnant un projet de transfert de la gestion à un consortium indo-russe au profit d’un nouveau modèle de partenariat public-privé visant à maintenir sous contrôle public les fonctions essentielles telles que la sécurité et le contrôle aérien, tout en ouvrant des segments commerciaux (manutention cargo, maintenance d’avions, hôtellerie) à des investissements privés. Tout comme le port d’Hambantota, l’aéroport de Mattala est considéré comme un « éléphant blanc », critiqué pour son coût élevé et son sous-emploi.