Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.

Venezuela et pétrole : un game changer

L’intervention américaine au Venezuela va se traduire, selon les déclarations de Donald Trump, par la reprise en main de l’industrie pétrolière du pays par les Etats-Unis. L’économie pétrolière vénézuélienne va ainsi être soumises aux décisions de Washington portant notamment sur l’accès aux marchés internationaux via le contrôle des flux d’exportation, le cadre d’autorisations permettant à certaines entreprises de maintenir ou d’étendre leurs activités locales, et un calendrier politique présenté comme devant préserver une continuité minimale de fonctionnement des activités pétrolières afin d’éviter une perturbation du marché mondial.

L’empreinte du Venezuela sur le marché mondial est néanmoins limitée à ce stade, en dépit de l’abondance de réserves prouvées du pays (estimées à plus de 300 Md de barils, soit les premières réserves mondiales avec 17 % du total). Selon Goldman Sachs, la production de brut du pays, un pétrole « lourd », c’est-à-dire très visqueux, n’aurait atteint que 0,8 M bpj sous l’effet de contraintes de stockages et d’arrêts temporaires de production. Pour mémoire, celle-ci était plus de trois fois supérieure il y a 20 ans. Dans un marché mondial de l’ordre de 100mbpj, l’impact agrégé sur la balance mondiale offre/demande d’une éventuelle disruption de production resterait donc limité. A court terme, c’est davantage une prime d’incertitude, non observée pour l’instant, qu’un déséquilibre durable de l’offre qui peut être anticipé. Les prix devraient ainsi rester stables à horizon 2026 selon Goldman Sachs, qui opte pour un scénario de risques, en lien avec la situation au Venezuela, ambigus et modestes, et dépendant principalement de l’évolution du cadre de restrictions et de la vitesse de la normalisation des flux. Selon certains analystes toutefois, une action résolue assortie d’investissements massifs d’entreprises américaines pourrait entraîner une hausse de production plus rapidement qu’escompté.

La détente observée sur le marché physique du brut, c’est-à-dire le marché des échanges de cargaisons avec livraison effective (spot) par opposition aux contrats financiers, suggère que les fondamentaux demeurent, à court terme, plus déterminants pour la trajectoire des prix que les évènements au Venezuela. Emirates NBD estime que ces derniers ne devraient pas modifier matériellement l’équilibre du marché sur le court terme (notamment au T1 2026). La réaction des marchés est de fait restée limitée, avec un Brent autour de 60 USD/b à l’ouverture du 5 janvier (au même niveau que le dernier cours spot), et le WTI à 57 USD/b. Le principal risque porte sur le brut lourd en cas de perturbation importante des flux.

En parallèle, depuis le T3 2025, le marché physique du brut au Moyen-Orient envoie des signaux nettement baissiers suggérant un déséquilibre offre/demande indépendamment des récents évènements géopolitiques. La compression des différentiels spot (primes en baisse, voire décotes sur certains types de pétrole) et la structure de marché suggèrent un environnement d’approvisionnement en excès, avec la courbe du Dubai benchmark qui repasse en contango (les prix des échéances proches deviennent inférieurs à ceux des échéances plus lointaines, un schéma généralement associé à une offre abondante et/ou une demande moins importante). Dans ce contexte, l’intervention américaine au Venezuela apparait surtout comme un facteur potentiel de volatilité via le canal des flux (disruptions logistiques affectant l’écoulement de bruts lourds), plutôt que comme un choc de capacité immédiatement déterminant à l’échelle mondiale.

Cette lecture est cohérente avec la fonction de réaction attendue de l’OPEP+ et l’analyse de l’ampleur de l’excédent d’offre en 2026. L’OPEP+ a maintenu inchangés ses paramètres de production pour le T1 2026, avec des objectifs supérieurs à ceux d’il y a un an (3,41 M bpj pour les EAU, 10,1 M bpj pour l’Arabie saoudite), ce qui prolonge un contexte d’offre abondante, dans un contexte de hausse de production simultanée des pays hors OPEP (Brésil, Guyana, Etats-Unis…). Les scénarios de marché restent toutefois contrastés, avec d’un côté l’OPEP qui suggère un équilibre proche (surplus marginal autour de 60 000 bpj si la production se maintenait au niveau d’octobre), tandis que l’AIE anticipe un excédent beaucoup plus important (environ 3,84 M bpj en 2026). Dans un environnement où la perception de surplus domine, les risques vénézuéliens tendent ainsi à être « absorbés » par le marché, et ne se traduiraient durablement en évolution de prix que s’ils modifiaient de manière persistante les flux, ce qui, à court terme, demeure moins probable qu’un ajustement via les différentiels et les marges.

A plus long terme, JP Morgan estime une augmentation de la production vénézuélienne de l’ordre de 2,5 M bpj sur la prochaine décennie (soit +1,7 M bpj), sous condition d’un environnement opérationnel et contractuel plus favorable. Selon Bloomberg, la remise à niveau des infrastructures et des champs pétroliers nécessiterait un investissement de 100 Md USD sur dix ans. En outre, l’hypothèse d’une désolidarisation de Venezuela de l’OPEP+, dont il est membre fondateur, paraît plausible si le pays venait à s’inscrire durablement dans une stratégie d’offre pilotée par les Etats-Unis, déconnectée de la logique de gestion collective des volumes au sein du cartel.

En dépit de la succession de chocs géopolitiques à laquelle on a assisté ces derniers mois, les cours du Brent restent en tendance orientés à la baisse et se maintiennent autour de 66,3 USD/b, suggérant qu’à ce stade, le facteur géopolitique ne joue que comme un ralentisseur de la baisse des cours liée aux fondamentaux offre-demande.

Hayet AFOU, attachée macroéconomique et financière

 

Pétrole et gaz

Brent 09/01/2026 à 12h00 GST : 62,562 USD/Bbl

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Les cours du pétrole ont entamé 2026 en baisse avant le rebond de ces dernières 24 heures, dans le prolongement des pertes enregistrées l’an dernier. Le Brent comme le WTI ont connu en 2025 leur plus forte chute annuelle depuis 2020, et malgré un contexte géopolitique tendu, les marchés restent focalisés sur des fondamentaux de surabondance de l’offre.

L’intervention des États-Unis au Venezuela – matérialisée par l’arrestation de Nicolás Maduro – s’inscrit dans une réaffirmation des ambitions américaines dans le sud de l’Amérique. Washington revendique son rôle d’architecte dans la transition économique et politique vénézuélienne et souhaite reconfigurer l’ordre pétrolier du pays en facilitant le retour des majors américaines. Cette relecture accroît mécaniquement les frictions avec certains États latino-américains et durcit la rivalité systémique avec la Chine et la Russie, dont les positions acquises dans le secteur vénézuélien (concessions d’environ 4,4 et 2,3 Md de barils) deviennent un objet direct de compétition géoéconomique.

Sur le plan des flux, les États-Unis affichent désormais l’objectif de piloter l’amont et l’aval du pétrole vénézuélien : transfert annoncé de jusqu’à 50 Mb de brut (pour une valeur de 2,8 Md USD) vers les États-Unis, ventes « au prix de marché » avec recettes logées sur des comptes administrés par le Trésor américain, et assouplissement graduel du régime de sanctions pour réactiver l’appareil productif via des acteurs américains (Chevron, ConocoPhillips, ExxonMobil, etc.). L’ampleur des réserves (c.303 Md b, 17 % du total mondial) contraste toutefois avec la contrainte de court terme : une production autour de 0,8 Mb/j, essentiellement en bruts lourds et soufrés, qui ne pèse qu’environ 1 % du marché mondial. Ceci limite l’effet immédiat sur l’équilibre offre/demande et explique l’absence d’impact significatif sur les cours du pétrole.

Faire tourner la production vénézuélienne à plein régime relève davantage du temps long : la remise à niveau des infrastructures très amoindries par le régime chaviste implique un effort d’investissement de c.10 Md USD/an sur une décennie.

En réalité, le signal le plus immédiat s’observe non pas sur les indices globaux, mais sur les différentiels des bruts lourds en Amérique du Nord, révélateurs de la microéconomie de l’approvisionnement des raffineries. Le brut canadien Cold Lake (proche, en caractéristiques, des bruts lourds sud-américains) a vu sa décote s’élargir brutalement à -8,50 USD/b sous le WTI, contre -6,80 USD/b la veille – un niveau record depuis fin 2023. Cette détente des prix relatifs reflète le mécanisme suivant : lorsque des volumes de brut lourd supplémentaires sont anticipés dans le bassin atlantique, la concurrence s’intensifie sur le segment des raffineries capables de traiter des pétroles visqueux et riches en soufre, ce qui comprime d’abord les différentiels des grades « substituables » avant de se transmettre aux marqueurs mondiaux.

Les marchés actions ont réagi en conséquence : plusieurs producteurs majeurs de sables bitumineux ont reculé signalant que l’ajustement attendu passe aussi par les marges des producteurs, et pas uniquement par les prix de référence.

En parallèle, le marché physique du Moyen-Orient – pivot de l’approvisionnement asiatique – envoie des signaux de faiblesse. D’une part, l’écart Brent–Dubai (différentiel entre le pétrole de l’atlantique et l’asiatique) s’est établi à son plus haut niveau depuis août, suggérant un surplus de barils destinés à l’Asie. D’autre part, la courbe du Dubai est repassée en contango, schéma généralement associé à une offre disponible et à une incitation économique au stockage plutôt qu’à l’écoulement immédiat. S’y ajoute la chute des différentiels « spot » : le brut d’Oman – prisé par la Chine – est revenu proche de la parité avec Dubai après une prime proche d’environ 1 USD/b fin décembre, tandis que l’Upper Zakum (Abou Dabi) s’échangeait avec une décote d’environ -0,35 USD/b, au plus bas depuis fin 2023. En pratique, certains types de pétrole se vendent désormais sans supplément de prix, voire moins cher que le prix de référence régional.

Cela montre que l’offre est abondante et que les producteurs doivent baisser leurs prix pour réussir à vendre leurs cargaisons. Le phénomène est également logistique : des cargaisons demeurent sans acheteurs sur des échéances normalement déjà absorbées par le marché. On fait état d’environ 8 M de barils à charger en février dans le Golfe n’ayant pas encore trouvé preneur, ce qui constituerait une anomalie saisonnière et prolongerait une séquence de plusieurs mois où des volumes tardent à s’allouer.

La troisième baisse consécutive des prix de vente saoudiens vers l’Asie confirme cette tendance : face à un excès d’offre, les gros producteurs comme le Royaume privilégient des baisses de prix pour conserver leurs parts de marché, plutôt que de réduire leurs volumes d’exportations.

À court terme, l’équation de prix reste ainsi dominée par la convergence de signaux “surplus” : faiblesse des différentiels physiques, courbes en contango, volumes tardifs, et sur les cours du baril une tendance baissière sur le temps long. Les indicateurs de suivi des stratégies systématiques montrent un basculement très marqué vers des positions vendeuses sur le WTI, ce qui peut amplifier mécaniquement les mouvements si des seuils techniques sont franchis.

En définitive, la séquence actuelle illustre que dans un marché excédentaire, la géopolitique influence d’abord les canaux de réallocation (différentiels de qualité, écarts régionaux, logistique, marges de raffinage, rentabilité amont) avant de provoquer une hausse brutale des prix. Le centre de gravité se situe donc moins sur une « prime de risque » immédiate que dans la manière dont les barils se substituent, se redirigent et se valorisent entre bassins, avec une sensibilité particulière du segment des bruts lourds nord-américains et une détente manifeste du marché physique moyen-oriental.

Émile DEBATS, analyste macroéconomique et financier

 

Arabie saoudite

Macroéconomie & Finance

Marchés financiers : ouverture totale du marché actions aux investisseurs étrangers à compter de février 2026 - L’Autorité des marchés financiers saoudienne (Capital Market Authority) a annoncé l’ouverture, à compter du 1er février 2026, du marché actions saoudien à l’ensemble des investisseurs étrangers, sans exigences de qualification préalable. Cette réforme supprime notamment le régime des investisseurs étrangers qualifiés (QFI) ainsi que le recours aux instruments de type swap pour accéder au marché. L’objectif est d’élargir la base d’investisseurs, de renforcer la liquidité du marché et de soutenir les flux de capitaux internationaux. À fin septembre 2025, les investissements étrangers sur le marché actions saoudien dépassaient 157 Md USD (590 Md SAR), en hausse de 18 % par rapport à fin 2024.

Dette souveraine : le National Debt Management Center réalise sa première émission obligataire internationale en dollar de 2026 - Le NDMC a finalisé la première émission obligataire internationale en dollar de l’année 2026, dans le cadre du programme d’émissions internationales du Royaume. L’opération, d’un montant total de 11,5 Md USD, a suscité une forte demande, avec des souscriptions atteignant près de 31 Md USD, soit un taux de couverture de 2,7 fois. Cette opération s’inscrit dans la stratégie de diversification de la base d’investisseurs et de recours aux marchés internationaux pour le financement des besoins du Royaume.

Dette publique : adoption du plan annuel d’emprunt pour 2026 - Le ministre des Finances a approuvé le plan annuel d’emprunt du Royaume pour l’exercice 2026, élaboré par le NDMC. Les besoins de financement sont estimés à 57,8 Md USD (217 Md SAR), destinés à couvrir le déficit budgétaire prévu de 44,0 Md USD (165 Md SAR) ainsi que les remboursements de dette arrivant à maturité, s’élevant à 13,9 Md USD (52 Md SAR).

Energie, Industrie & Infrastructure

Pétrole : l’OPEP+ décide de maintenir ses niveaux de production - Les pays membres de l’OPEP+ ont décidé de maintenir inchangés leurs niveaux de production de pétrole pour le premier trimestre 2026, dans un contexte marqué par des incertitudes persistantes sur la demande mondiale et l’évolution des prix. Cette décision vise à préserver l’équilibre du marché pétrolier et à soutenir la stabilité des cours.

Infrastructures : Riyad lance un nouveau programme routier de plus de 2 Md USD - La Royal Commission for Riyadh City a annoncé le lancement de six projets routiers à Riyad, pour un montant supérieur à 2,1 Md USD (8 Md SAR), dans le cadre de la troisième phase du programme de développement des axes principaux et rocades de la capitale, afin d’accroître la capacité du réseau routier.

Divertissement : ouverture du parc Six Flags à Qiddiya - La Qiddiya Investment Company a annoncé l’ouverture, le 31 décembre 2025, du parc à thème Six Flags à Qiddiya City, marquant la mise en service du premier actif de divertissement du projet. Le parc, d’une superficie de 320 000 m², propose 28 attractions, dont plusieurs à sensations fortes, et constitue une étape clé dans le déploiement progressif d’environ 70 actifs prévus à Qiddiya.

Expo 2030 : Nesma remporte un contrat d’infrastructures de 267 M USD à Riyad - L’Expo 2030 Riyadh Company a attribué à Nesma & Partners un contrat d’environ 267 M USD (1 Md SAR) portant sur les travaux d’infrastructures initiales du site de l’Expo 2030 à Riyad. Le contrat couvre la réalisation du corridor principal des réseaux, incluant voiries internes et réseaux essentiels (eau, assainissement, électricité, télécommunications et bornes de recharge pour véhicules électriques).

Transport aérien : lancement des travaux de la troisième piste de l’aéroport King Salman à Riyad - La King Salman International Airport Development Company a lancé les travaux de construction de la troisième piste de l’aéroport King Salman à Riyad, confiés au groupe espagnol FCC Construction et au saoudien Almabani. Longue de 4,2 km, cette piste portera la capacité de l’aéroport de 65 à 85 mouvements par heure et s’inscrit dans le développement progressif de l’aéroport, appelé à devenir l’un des principaux hubs aériens régionaux à horizon 2030.

 

Émirats arabes unis

Macroéconomie & Finance

Masdar indique avoir réalisé en 2025 des investissements d’environ 15 Md USD dans des projets d’énergies renouvelables à l’international, dans le cadre de son objectif de 100 GW de capacité renouvelable d’ici 2030 avec 51 GW déjà opérés dans plus de 40 pays. Le groupe, détenu par Taqa, Adnoc et Mubadala, poursuit son expansion au MENA tout en considérant l’Europe et les États-Unis comme prioritaires, illustrée notamment par un projet solaire flottant de 200 MW en Malaisie (> 200 M USD) et le lancement de son premier BESS au Royaume-Uni, dans le cadre d’un engagement total de 1 Md GBP.

Adnoc a finalisé l’investissement du projet Sarb Deep Gas, un projet gazier offshore situé à environ 120 km des côtes d’Abu Dhabi, qui doit livrer 200 millions de pieds cubes standards par jour avant la fin de la décennie, de quoi alimenter plus de 300 000 foyers. Sarb s’inscrit dans la concession Ghasha, pilier de la stratégie gazière intégrée d’Adnoc, qui inclut Hail & Ghasha présentés comme le premier développement gazier visant une exploitation net zéro et dont la production est attendue à près de 1,8 Md de pieds cubes par jour d’ici 2030. Sarb sera opéré à distance depuis l’île d’Arzanah avec des technologies avancées dont l’IA, et est présenté comme un levier de souveraineté gazière et de consolidation du rôle des EAU comme exportateur fiable.

RAKBank a obtenu un accord de principe de la Banque centrale des EAU pour émettre un stablecoin adossé au dirham. Cette annonce s’inscrit dans le cadre du règlement Payment Token Services publié en 2024, qui n’autorise les paiements en crypto pour biens et services qu’avec des stablecoins en dirhams (excluant notamment Bitcoin, Ether et les stablecoins adossés au dollar comme USDT), hors zones franches financières.

L’Emirat d’Abu Dhabi signe un partenariat entre Ethmar International Holding et Guggenheim Brothers Media en vue de lancer un fonds d’investissement de plusieurs millions de dollars destiné aux médias, au divertissement et à l’économie créative numérique. Ce véhicule combinera le capital institutionnel et l’ancrage local d’Ethmar avec l’expertise internationale de Guggenheim Brothers Media dans le financement de sociétés créatives en phase d’amorçage à croissance. Le fonds ciblera des opportunités à fort potentiel, notamment la création de contenus, les outils et infrastructures pour créateurs, la propriété intellectuelle digitale, les technologies du divertissement, les plateformes d’engagement des audiences et les nouveaux formats de storytelling.

Energie, Industrie et Transports 

Etihad Rail a présenté les détails du premier réseau national de trains pleinement intégré des EAU, dont le lancement est prévu en 2026, et qui reliera 11 villes et régions du pays. Après l’annonce début 2025 de quatre premières stations (Abu Dhabi, Dubai, Sharjah, Fujairah), l’entreprise confirme les autres arrêts prévus à Al Sila’, Al Dhannah, Al Mirfa, Madinat Zayed, Mezaira’a, Al Faya et Al Dhaid, avec une mise en service progressive. La phase initiale connectera des zones clés comme Mohammed Bin Zayed City (Abu Dhabi), Jumeirah Golf Estates (Dubai), University City (Sharjah) et Al Hilal (Fujairah), avec une offre pensée pour réduire les temps de trajet et proposer une alternative fiable à la route. Le matériel roulant ( 13 trains, dont 10 déjà arrivés ) pourra transporter jusqu’à 400 passagers par train.

Le ministère émirien de l’Économie et du Tourisme a présenté des amendements majeurs à la Commercial Companies Law, via le Federal Decree-Law n°20 de 2025 modifiant le texte de 2021, avec des changements portant sur 15 articles et l’introduction d’une disposition encadrant le transfert d’immatriculation d’une société tout en préservant son identité juridique. La réforme vise à accroître la flexibilité des entreprises, réduire les coûts de conformité et renforcer l’attractivité du pays pour l’investissement, en facilitant notamment l’accès au financement, les opérations de cession/sortie et la continuité d’activité. Elle élargit les options de structuration du capital en autorisant plusieurs classes de quotas/actions pour les LLC ainsi que pour les sociétés par actions, et permet le transfert de registre entre émirats, zones franches et places financières sans liquidation ni reconstitution, tout en conservant contrats et obligations. Les autorités anticipent une hausse de 10–15% des immatriculations et licences la première année.

Le Fonds d’Abu Dhabi pour le développement (ADFD) a annoncé le lancement de l’« Abu Dhabi Global Water Platform », une initiative destinée à accélérer des projets de développement à impact, attirer de nouveaux investissements et déployer des solutions innovantes dans le secteur de l’eau. La plateforme vise à mobiliser 2 Md USD auprès d’institutions financières locales et internationales, dont une première phase de 1 Md USD engagée par l’ADFD sur 2026–2030, avec un objectif d’environ 10 millions de bénéficiaires dans le monde.

Qatar

Qatar Energy (QE) et le ministère égyptien du Pétrole signent un protocole d’accord visant à renforcer la coopération bilatérale dans le secteur gazier. Selon les termes de l’accord, QE devrait fournir jusqu’à 24 cargaisons de GNL d’ici l’été 2026. Il ouvre également la voie à des fournitures de gaz supplémentaires de long terme pour soutenir la croissance du secteur manufacturier égyptien.

La Qatar Investment Authority (QIA) participe au tour de table en « série E », d’un montant  de 20 Mds USD, de la start-up d’Elon Musk dédié à l’intelligence artificielle, xAI. La QIA y a participé aux côtés de Nvidia Corp. et Valor Equity notamment. Le tour de table vise à financer des infrastructures de l’intelligence artificielle (notamment des centres de données).

Le ministère des Municipalités (MoM) finalise la première phase du projet « Smart City Solutions » à Al Wakrah, centrée sur la gestion intelligente des déchets. Le projet a réduit les émissions de CO₂ de 578 tonnes/mois, le nombre de conteneurs collectés de 42 % et la consommation de carburant de 18 000 litres/mois. En parallèle, 287 services électroniques ont été développés et un système d’inspection numérique unifié a été introduit.

Le Qatar a accueilli 5,1millions de touristes en 2025, avec 9,7millions de nuitées d’hôtel vendues. Les touristes issus des pays du CCG représentent 36 %, suivis de l’Europe (26 %) et de l’Asie/Océanie (22 %). Le secteur touristique avait déjà contribué à hauteur de 55 Mds QAR (15,1 Mds USD) au PIB en 2024 (8 %), confirmant son rôle clé dans la diversification économique de l’Émirat.

En 2025, la Qatar Development Bank (QDB) a augmenté de 5% ses engagements financiers, soutenant plus de 630 entreprises pour un portefeuille total d’une valeur de 7,3Mds de QAR (2 Mds USD), dont 2 Mds QAR (550 M USD) en capital direct (+30 % par rapport à 2024). La banque a également accordé près de 650 M de QAR (178,6 M USD) de financement à court terme à taux zéro à plus de 600 entreprises, et lancé plusieurs initiatives (TAMKEEN, Scale7) visant à renforcer l’écosystème entrepreneurial et de l’innovation au Qatar.

En 2025, le secteur manufacturier qatarien a généré 69,3Mds QAR (19 Mds USD) pour l’économie nationale, soit une croissance de 3,5% en glissement annuel. Le secteur est porté par les produits alimentaires, pharmaceutiques et textiles. Les ventes locales ont augmenté de 75 % et environ 2,75 Mds QAR (75 M USD) d’investissements sont attendus cette année.

VoPay International, plateforme fintech canadienne, inaugure un nouveau bureau au Qatar, faisant du pays son hub principal pour développer l’infrastructure financière numérique à grande échelle dans la région Moyen Orient et Afrique du Nord, Afrique et Asie du Sud-Est, tout en poursuivant ses opérations en Amérique, Europe et Amérique latine.

Oman

Le budget de l'État 2026 du Sultanat d'Oman a été ratifié en vertu d’un décret royal le 1er janvier 2026. Construit avec une hypothèse de prix du baril de pétrole plutôt ambitieuse de 60 USD, il prévoit un déficit de 530 M OMR (1,17 Md EUR), avec des recettes de 11,45 Mds OMR (25,3 Mds EUR) dont 67 % apportées par les hydrocarbures et des dépenses de 11,98 Mds OMR (26,48 Mds EUR), réparties entre dépenses courantes (73 %), investissements publics (11 %) et subventions/allocations sociales (16 %). Le budget prévoit un effort nettement accru en matière de protection sociale et de subventions. Les principales priorités avec le renforcement social sont la diversification économique, la transformation économique et la soutenabilité budgétaire. Il vise à maintenir la croissance, réduire la dépendance au pétrole et consolider la crédibilité financière du Sultanat. Il vient en continuité de l'exercice 2025 qui apparait globalement maitrisé avec un déficit inférieur aux prévisions initiales.

La part des énergies propres à Oman atteint près de 10 % en 2025. L’OETC (Oman Electricity Transmission Company) renforce l’intégration des énergies propres et renouvelables au réseau afin de soutenir l’innovation et la durabilité à long terme. Les énergies renouvelables ont représenté 9,46 % de l’électricité transportée par le réseau national omanais en 2025. Le pays s’engage sur une trajectoire qui nécessitera plus que tripler sa capacité de production d’énergies renouvelables au cours des cinq prochaines années pour atteindre l’objectif de 30 % d’ici 2030. Selon OETC, propriétaire et exploitant unique du réseau national, les sources renouvelables raccordées au réseau ont produit environ 4,26 térawattheures (TWh) d’électricité en 2025, soit 9,46 % de la production totale de l’année. L'électricité renouvelable actuellement injectée sur le réseau provient de quatre projets : Dhofar Wind I (50 MW), Ibri II Solar (500 MW), Manah I Solar (500 MW) et Manah II Solar (500 MW). Ensemble, ces installations représentent une capacité renouvelable installée d'environ 1550 MW. À l'avenir, Oman dispose d'un important portefeuille de projets solaires et éoliens en développement ou en planification, totalisant environ 7300 MW. Ajoutés aux capacités existantes, ces projets devraient porter la capacité renouvelable totale à environ 8,8 GW d'ici 2030. Parmi les projets actuellement en cours de réalisation figurent la centrale solaire photovoltaïque Ibri III de 500 MW dans le gouvernorat d'Al Dhahirah, le parc éolien Dhofar II de 125 MW dans le gouvernorat de Dhofar et le parc éolien indépendant Jaalan Bani Bu Ali de 120 MW dans le gouvernorat d'Al Sharqiyah Sud. Une fois opérationnels d'ici 2027, ces projets ajouteront 745 MW de capacité renouvelable au réseau. Parallèlement, une nouvelle série de projets éoliens fait l'objet d'appels d'offres et devrait être attribuée dans les prochains mois. Il s'agit notamment des parcs éoliens indépendants de Duqm (environ 234 à 270 MW), de Mahoot I (environ 342 à 400 MW) et de Sadah (environ 81 à 99 MW). Conjuguée à une série de projets photovoltaïques de moyenne et grande envergure, dont la mise en service est prévue entre 2029 et 2030 (avec des installations pouvant atteindre 3000 MW), cette stratégie de déploiement permettra à Oman de dépasser largement le seuil des 30 % de production d’énergie renouvelable d’ici la fin de la décennie.

Le Sultanat d'Oman investit dans des projets culturels et historiques d’envergure. Dirigées par le ministère du Patrimoine et du Tourisme, ces initiatives visent à diversifier l'économie nationale et faire du pays une référence régionale en matière de tourisme patrimonial et écotourisme. Au cœur de cette expansion culturelle se trouve le Musée d'Histoire Naturelle de Mascate, situé dans le vaste Jardin botanique d'Oman. Actuellement en phase d'appel d'offres, cette institution phare est conçue pour être une archive vivante de l'évolution géologique et biologique du pays. Le projet du Jardin botanique, récemment confié à la municipalité de Mascate pour la gestion opérationnelle, représente l'une des plus grandes initiatives environnementales de la région.

 

Bahreïn

Conjoncture : la croissance économique réelle atteint 4,0 % au T3 2025 - L’économie bahreïnienne a enregistré une croissance réelle de 4,0 % au troisième trimestre 2025 en glissement annuel. La hausse reflète à la fois une progression marquée de l’activité pétrolière et une dynamique toujours positive des secteurs non pétroliers, notamment l’immobilier, les activités financières et le transport, confirmant la diversification progressive de l’économie.

Finances publiques : le gouvernement adopte plusieurs mesures pour renforcer la soutenabilité budgétaire - Le gouvernement bahreïnien a approuvé un ensemble de mesures visant à maîtriser les dépenses publiques, diversifier les recettes et préserver les soutiens ciblés aux ménages, dans le cadre du Fiscal Balance Program. Les annonces portent notamment sur une réduction de 20 % des dépenses administratives, une augmentation des contributions des entreprises publiques, l’introduction progressive de nouvelles taxes et redevances ainsi que le maintien des tarifs subventionnés de l’électricité et de l’eau pour les résidences principales des citoyens.