Abou Dabi : le capital choisit sa capitale ?
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen.
Abou Dabi : le capital choisit sa capitale ?
Cette semaine à Abou Dabi, plus de 20 000 décideurs financiers du monde entier se sont réunis pour l’Abu Dhabi Finance Week (ADFW) 2025. En ouverture, les autorités aboudabiennes ont rappelé leur volonté de faire d’Abou Dabi la « Capital of Capital », rivalisant avec le dynamisme de Dubaï et la montée en puissance de Riyad. Lors d’une conférence, la NYU(1) a dévoilé un indice de compétitivité financière plaçant Abou Dabi au 1er rang mondial en matière d’innovation réglementaire, consacrant les réformes structurelles engagées par l’émirat. Dans la foulée, le lancement d’un nouveau pôle FinTech, Assurance, Digital & Alternative assets (cluster FIDA) a été annoncé, un écosystème unifié qui apportera 56 Md AED au PIB d’ici 2045 en faisant cohabiter assureurs traditionnels et gestionnaires d’actifs numériques sous une même régulation.
L’ADFW a aussi permis de mesurer le chemin parcouru par la capitale des Émirats sur le terrain financier. L’ADGM(2), district financier de la ville, est installé sur Al Maryah Island et s’impose comme le 1er hub financier de la région MENA en nombre d’entités enregistrées. Fin juin 2025, il totalisait 11 128 licences actives (+47 % sur un an). La dynamique des actifs gérés, elle aussi, s’est envolée : +42 % en un an. Et grâce à plusieurs introductions en Bourse sur l’ADX(3), la capitalisation cumulée des entreprises d’ADGM dépasse désormais 500 Md AED.
Ce dynamisme s’appuie sur une stratégie planifiée, appuyée par l’État. A l’ADFW, Abou Dabi a annoncé un programme massif d’extension du district d’Al Maryah de 60 Md AED pour y ajouter 1,5 M de m² de bureaux, commerces et logements pour ses plus de 40 000 salariés. Les fonds souverains jouent aussi un rôle cardinal. En 2025, ADGM a été le théâtre de plusieurs rapprochements structurants : Mubadala et Fortress, engageant 1 Md USD via un programme de co-investissement ; IHC et BlackRock, annonçant une plateforme de réassurance « IA-native » capitalisée à plus d’1 Md USD et visant 10 Md USD sous gestion. ADGM abrite désormais 154 asset managers et 209 fonds, attirés par le cadre réglementaire, la stabilité institutionnelle solide et une fiscalité à 0 %.
Graphique 1 – Classement des places boursières dans la région Europe, Moyen-Orient et Afrique en 2024
Source : S&P Global Intelligence, SERPA au 11 décembre 2025
La Bourse d’Abou Dabi conclue un bon millésime, mais reste encore en retrait par rapport au voisin saoudien. La hausse de 10 % des volumes moyens quotidiens en 2025 ne suffit pas à attirer les petits émetteurs, avec seulement 3 nouvelles IPOs en 2025, contre 40 sur le Tadawul saoudien. Néanmoins, le marché fait preuve d’une certaine internationalisation, avec désormais 40 % des transactions réalisées par des investisseurs étrangers (+7 % en un an). Au total, ADX et son voisin dubaïote, le DFM(4), se classent comme 2ème et 3ème places les plus actives de la région.
Face à ces avancées, Riyad ne reste pas en retrait et affiche ses propres ambitions financières dans le cadre de Vision 2030. La bourse saoudienne, le Tadawul, reste de loin la plus grande de la région en capitalisation grâce à la cotation record d’Aramco : fin 2025, la capitalisation du marché saoudien atteignait environ 9 040 Md SAR (2 400 Md USD), soit près de trois fois la taille de l’ADX d’Abou Dabi. Le royaume entend capitaliser sur cette profondeur de marché et sur la puissance de son fonds souverain PIF (700 Md USD d’actifs) pour attirer investisseurs et émetteurs internationaux.
L’Arabie saoudite mise sur une stratégie volontariste d’attractivité fiscale et administrative : à partir de janvier 2024, tout groupe souhaitant accéder aux lucratifs contrats publics saoudiens doit établir son quartier général régional à Riyad. Cette mesure s’accompagne d’incitations généreuses, comme un régime de taxation nulle pendant 30 ans pour les sièges régionaux nouvellement installés. L’objectif affiché est d’attirer 480 sièges régionaux de multinationales d’ici 2030, afin de localiser des emplois qualifiés et des dépenses d’entreprises au cœur du royaume (objectif déjà atteint selon les autorités saoudiennes(5)). Dans ce bras de fer feutré pour le leadership économique, Riyad avance donc ses pions en s’appuyant sur le poids de son marché domestique et une politique incitative, même si sa place financière reste pour l’heure moins internationalisée que celles des Émirats (les investisseurs étrangers ne détiennent qu’environ 4,6 % du marché saoudien fin 2025).
Ailleurs dans le Golfe, d’autres centres plus petits jouent la carte de la spécialisation. Manama, pionnier historique de la finance offshore régionale, est aujourd’hui distancé en taille mais s’efforce de demeurer pertinent. La place financière de Bahreïn met l’accent sur les fintechs et les innovations règlementaires : elle a par exemple lancé le hub Bahrain FinTech Bay en 2018 et fut l’un des premiers pays du Golfe à réguler les actifs cryptographiques pour favoriser un écosystème innovant. Bahreïn peut aussi faire valoir des coûts d’implantation très compétitifs pour les entreprises financières.
Si Riyad constitue un rival extérieur, Dubaï est davantage le miroir dans lequel Abou Dabi se réinvente. Le DIFC(6) demeure le plus vaste écosystème du Golfe, avec 7 700 entreprises actives (+25 %) et une densité unique de banques d’investissement, cabinets juridiques et gestionnaires de fortune. Le DIFC héberge plus de 470 sociétés de gestion d’actifs et accueille 85 hedge funds. Dubaï s’est ainsi imposée comme le pôle régional du capital privé international, là où Abou Dabi façonne plutôt un capitalisme d’alliance entre puissance publique et gestionnaires globaux. En somme, les deux modèles se complètent. Dubaï cultive un esprit de cité-monde, où l’initiative privée prime ; Abou Dabi privilégie stabilité politique, profondeur institutionnelle et partenariats stratégiques. La fiscalité fédérale unifiée et la proximité géographique permettent d’ailleurs à nombre d’acteurs (banques, hedge funds, investisseurs institutionnels) d’opérer sur les deux scènes, jouant des avantages spécifiques de chacune.
Emile DEBATS, Analyste macroéconomique et financier
(1) New York University.
(2) Abu Dhabi Global Markets.
(3) Abu Dhabi Securities Exchange, la Bourse d’Abou Dabi.
(4) Dubai Financial Market.
(5) Regional Headquarters (RHQ) Program - Royal Commission for Riyadh City
(6) Dubai International Finance Center
Pétrole et gaz
Brent 12/12/2025 à 12h00 GST : 61,578 USD/Bbl
Les cours du pétrole sont toujours sous pression cette semaine, tirés par la perspective d’un excédent de l’offre et les sanctions américaines sur le brut russe.
Vendredi à la mi-journée les contrats à terme sur le Brent s’échangeaient à 61,58 USD le baril, soit une baisse hebdomadaire de 1,67 USD (-2,64 %). Le WTI évoluait parallèlement à 57,92 USD le baril, contre 59,06 USD une semaine plus tôt (-1,93 %). Le gaz naturel est également en baisse à 4,2 USD/MMBtu (13,20 €/MWh). Les prix européens du gaz sont en hausse à 27,00 €/MWh.
Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié le 11 décembre révise à la baisse, pour la première fois depuis plusieurs mois, ses estimations d’excédent mondial de pétrole pour 2026. L’excédent attendu s’élèverait désormais à 3,815 M bpj, soit une réduction de 231 000 M bpj par rapport aux prévisions du mois dernier, notamment en raison d’un ralentissement de la croissance de l’offre et d’une demande plus importante que prévu.
Les banques d’investissement américaines anticipent également une pression à la baisse sur les cours du pétrole en 2026. Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan Chase et Morgan Stanley projettent un excédent moyen de 2,2 M bpj en 2026, moins pessimiste que celui de l’AIE, tout en reconnaissant que des ajustements de production pourraient en limiter l’ampleur.
Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures énergétiques russes se sont intensifiées cette semaine. Des drones ont ciblé le gisement pétrolier de Filanovsky en mer Caspienne, exploité par Lukoil, entraînant l’arrêt de plus de 20 puits et une perte de production estimée à 120 000 barils/jour (soit 8 % de la production russe de Lukoil). Ces frappes s’ajoutent aux attaques récurrentes sur les terminaux de la mer Noire et les navires de la « flotte fantôme », utilisée pour exporter du pétrole russe sous sanctions.
Par ailleurs, les infrastructures du consortium CPC (Caspian Pipeline Consortium), essentielles pour les exportations kazakhes, ont subi des dommages majeurs fin novembre, réduisant la capacité d’exportation de 270 000 barils/jour. Le Kazakhstan, qui prévoit une production annuelle de 97 millions de tonnes en 2025, a dû activer des routes alternatives (pipelines vers la Chine et la mer Noire) pour limiter l’impact.
Quatre des sept plus grands raffineurs indiens (Indian Oil Corp., Bharat Petroleum Corp., Hindustan Petroleum Corp. et Nayara Energy) ont acquis ces derniers jours près de 10 cargaisons de brut russe non sanctionné, profitant de prix attractifs compris entre 40 et 45 USD/baril. Ces acteurs représentent plus de 60 % des importations pétrolières indiennes en 2025. Les importations indiennes de pétrole brut russe sont toutefois en baisse, passant de 2 millions de barils/jour en juin à 1,3 million en décembre, sous la pression des sanctions de l’administration Trump. Les États-Unis accusent l’Inde de financer indirectement la guerre en Ukraine et retardent la finalisation d’un accord commercial bilatéral. Malgré ces tensions, le brut russe reste compétitif pour les raffineurs indiens, qui continuent de profiter des escomptes profonds pour sécuriser leurs marges.
Le marché pétrolier reste ainsi marqué par une volatilité contenue, où les chocs géopolitiques et les rééquilibrages structurels entre offre et demande s’annulent partiellement. Les prochaines semaines seront déterminantes, avec l’évolution des négociations en Ukraine, la reprise des exportations kazakhes et la réponse des raffineurs asiatiques à l’offre russe.
Hayet AFOU, Attachée macroéconomique et financière
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
L’économie saoudienne croît de 4,8% au T3 2025 - Selon GASTAT, le PIB réel a progressé de 4,8% en glissement annuel au T3 2025. Les activités pétrolières ont augmenté de 8,3%, tandis que les activités non pétrolières ont enregistré une croissance de 4,3%. L’ensemble des secteurs affiche une progression, portée notamment par le raffinage (+11,9 %) et l’extraction de pétrole et de gaz (+7,3%). Par ailleurs, la Banque mondiale a relevé sa prévision de croissance pour 2025 à 3,8%, contre 3,2% précédemment, citant le dynamisme des secteurs pétrolier et non pétrolier.
Les actifs bancaires atteignent un niveau record de 4 940 Md SAR - Les actifs du secteur bancaire ont atteint 4 940 Md SAR (1 317 Md USD) à fin octobre 2025, un plus haut historique selon SAMA, en hausse de 13,2% par rapport à octobre 2024. Cette expansion est principalement portée par la progression des prêts aux entreprises et aux ménages, ainsi que par la hausse des dépôts, reflétant la vigueur de l’activité économique et l’amélioration de la liquidité domestique.
Les échanges internationaux atteignent 144 Md USD au T3 2025 - D’après GASTAT, le commerce extérieur de l’Arabie saoudite a atteint 144 Md USD au troisième trimestre 2025, en hausse de 8,6% sur un an. Les exportations représentent 81 Md USD et les importations 63 Md USD, ce qui se traduit par un excédent commercial de 18 Md USD. L’Asie reste la première destination des exportations saoudiennes (58 Md USD), devant l’Europe (12 Md USD) et l’Afrique (6 Md USD). La Chine demeure le premier client du Royaume, suivie des Émirats arabes unis et de l’Inde.
L’Arabie saoudite et Bahreïn abaissent leurs taux directeurs de 25 points de base - À la suite de la baisse de taux annoncée par la Réserve fédérale américaine, les banques centrales d’Arabie saoudite et de Bahreïn ont ajusté leur politique monétaire en réduisant chacune leurs taux directeurs de 25 points de base. La Banque centrale saoudienne a ramené son taux de repo à 4,25 % et son taux de prise en pension inversée à 3,75 %, tandis que la Banque centrale de Bahreïn a abaissé son taux de dépôt au jour le jour de 4,50 % à 4,25 %, avec effet au 11 décembre 2025.
Energie, Industrie & Infrastructure
Aramco lance la production de gaz sur le gisement de Jafurah - Saudi Aramco a annoncé début décembre le démarrage de la production de gaz sur le gisement de Jafurah, marquant la mise en service d’un complexe de traitement capable de produire 12,7 millions de m³ par jour. Cette mise en production constitue la première phase du programme d’investissement de 100 Md USD dédié au développement de ce gaz non conventionnel. Le champ de Jafurah, situé dans la province orientale et couvrant près de 17 000 km², est le plus grand gisement de gaz de schiste liquide du Moyen-Orient, avec des réserves estimées à 6 490 milliards de m³ de gaz brut et 75 milliards de barils de condensats. Aramco prévoit également d’exporter dès février les premiers volumes de condensats produits par l’usine. Le projet doit progressivement augmenter sa production pour atteindre d’ici 2030 environ 56,6 millions de m³/j de gaz commercialisé, 11,9 millions de m³/j d’éthane et 630 000 b/j de liquides à haute valeur ajoutée, tout en permettant à terme de remplacer l’équivalent de 500 000 b/j de pétrole dans la production d’électricité.
L’Arabie Saoudite et le Qatar signent un accord pour un train à grande vitesse Riyad-Doha – Le 8 décembre, l’Arabie Saoudite et le Qatar ont signé un accord pour la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse reliant Riyad à Doha. L’accord a été signé par le ministre saoudien des Transports et des Services logistiques, Saleh Al-Jasser, et le ministre qatari des Transports, Sheikh Mohammed Bin Abdulla Bin Mohammed Al-Thani. La ligne de 785 km passera par Hofuf et Dammam, tout en reliant l’aéroport King Salman et l’aéroport Hamad. Le train circulera à plus de 300 km/h, réduisant le temps de trajet entre les deux capitales à environ deux heures. Le projet, dont l’achèvement est prévu dans six ans, devrait transporter plus de 10 millions de passagers par an et créer plus de 30 000 emplois directs et indirects. Cette initiative relance le projet initial interrompu par le différend diplomatique entre Riyad et Doha entre 2017 et 2021.
SAR lance un appel d’offres de 1 Md USD pour le doublement d’une ligne ferroviaire de phosphate – Saudi Arabian Railways (SAR) a lancé un appel d’offres d’un montant d'environ 1 Md USD pour ajouter une seconde voie à son réseau ferroviaire existant de phosphate reliant les mines de Waad Al-Shamal à Ras Al-Khair, dans la province de l’Est. Le projet couvre environ 100 km entre la gare AZ1/Nariyah et Ras Al-Khair et comprend le doublement de la voie, des modifications d’alignement, de nouveaux ponts utilitaires, l’élargissement de ponceaux et la construction de structures hydrologiques, ainsi que la transformation du raccordement AZ1 en voie principale. L’appel d’offres, émis fin novembre, prévoit une date limite de soumission des offres le 20 janvier. La société suisse ARX agit comme consultant du projet. La mise en œuvre devrait durer quatre ans et vise à renforcer la capacité de transport de fret et à soutenir le développement industriel le long du réseau.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
Binance a obtenu l’agrément complet de l’ADGM pour opérer sa plateforme mondiale via trois entités régulées (échange, chambre de compensation et broker-dealer). Cette licence permettra à Binance de lancer ses activités régulées dès le 5 janvier, couvrant le trading on-exchange, la compensation, la conservation et les services off-exchange (OTC, conversion). L’implantation de Binance à l’ADGM conforte la stratégie des EAU visant à se positionner comme hub mondial des actifs numériques, appuyée par un cadre réglementaire renforcé et attractif pour les acteurs institutionnels.
Les discussions de libre-échange entre les Émirats arabes unis et l’Union européenne progressent rapidement. La 4ème session se déroule cette semaine à Abou Dabi, la cinquième début 2026. L’UE est le deuxième partenaire commercial des EAU (8,3 % du commerce non pétrolier).
Abou Dabi a lancé un nouveau cluster financier dédié à la FinTech, à l’assurance et aux actifs numériques et alternatifs, afin d’attirer davantage d’investissements et d’accélérer la diversification de son économie hors hydrocarbures. Annoncé lors de l’Abu Dhabi Finance Week, ce cluster devrait contribuer à hauteur de 56 Md AED à l’économie d’ici 2045, attirer 17 Md AED d’investissements et créer plus de 8 000 emplois qualifiés. L’initiative vise à bâtir un écosystème financier intégré reliant régulateurs, innovateurs et investisseurs, tout en développant des infrastructures de pointe pour les actifs numériques, la finance verte et le financement des PME.
Mubadala et Aldar ont annoncé un investissement de plus de 60 Md AED pour l’extension d’Al Maryah Island, afin de renforcer le positionnement d’Abou Dabi comme place financière mondiale autour de l’ADGM. Le projet prévoit 1,5 million de m² de nouveaux espaces mixtes (bureaux, résidentiel, hôtellerie, commerce), dont plus de 450 000 m² de bureaux Grade A, doublant l’offre existante du district financier. Cette expansion vise à accompagner la forte demande liée à l’afflux d’investisseurs et de talents internationaux, tout en intégrant des infrastructures durables et connectées.
Abou Dabi a lancé un nouveau cluster financier dédié à la FinTech, à l’assurance et aux actifs numériques et alternatifs. Annoncée lors de l’Abu Dhabi Finance Week, l’initiative devrait générer 56 Md AED d’ici 2045, attirer 17 Md AED d’investissements et créer plus de 8 000 emplois qualifiés. Le cluster vise à structurer un écosystème financier intégré reliant régulateurs, innovateurs et investisseurs, tout en développant des infrastructures de pointe pour les actifs numériques, la finance verte et le financement des PME.
Aérospatial, Industrie et Transports
Mena Biofuels, filiale du groupe singapourien Mercantile & Maritime, a lancé l’appel d’offres principal pour la construction de la première usine de carburant durable (SAF) des EAU, à Fujairah, pour un investissement total de 300 M USD en deux phases. La phase 1 produira 125 millions de litres/an, couvrant 18 % de l’objectif national 2030, et la phase 2 doublera la capacité. Le projet, qui valorise l’agenda Net Zero 2050 des EAU, a déjà signé plusieurs protocoles d’accord pour l’achat du SAF avec Emarat, Enoc et Adnoc Global Trading.
Le Conseil suprême du GCC a choisi les EAU pour abriter le siège de la future Autorité de l’aviation civile du Golfe. La mesure renforce la position stratégique des EAU dans l’aviation mondiale et soutient le développement du secteur, alors que le pays prévoit que ses aéroports accueillent 155 millions de passagers en 2025 et poursuit ses expansions majeures à Dubaï et Abu Dhabi.
Le fonds souverain Mubadala et le promoteur Aldar créent une coentreprise (40 / 60) pour développer le district financier d’Al Maryah Island, avec un projet de plus de 500 000 m² d'une valeur brute de 16 Mds USD. L’extension comprendra 450 000 m² de bureaux de grade A, 3 000 logements, 40 000 m² de commerces et restaurants, ainsi qu’un aménagement du front de mer. Les travaux préparatoires débuteront en 2026.
Khazna Data Centres a acquis un terrain de 225 000 m² à Dammam pour construire son premier data centre en Arabie saoudite, d’une capacité pouvant atteindre 200 MW et conçu pour les applications d’intelligence artificielle. L’opération s’inscrit dans son plan d’expansion de plus de 1 GW d’ici 2030, dont 400 MW dans le royaume. Le groupe poursuit en parallèle son développement aux Émirats, soutenu par un financement de 2,62 Md USD, avec plusieurs projets en cours à Abu Dhabi, Dubaï et Ajman.
Dubaï a accueilli 15,7 millions de visiteurs entre janvier et octobre 2025 (+5 %), soutenant une hôtellerie en progression (occupation à 79,4 %). Le DET a présenté sa stratégie 2026, centrée sur la diversification des marchés et de nouveaux développements touristiques. Un programme d’incitations remboursera pendant deux ans les taxes locales pour les hôtels dans les zones de croissance.
Oman
Visite à Oman du ministre délégué au commerce extérieur. Le ministre de délégué au commerce extérieur Nicolas Forissier s’est rendu en visite à Oman les 9 et 10 décembre, accompagné d’une délégation d’une quinzaine d’entreprises conduite par Medef international. A cette occasion, il a notamment rencontré le ministre du commerce, de l’industrie et de la promotion des investissements, le ministre de l’énergie et des mines, le ministre des transports et des TIC ainsi que l’OIA ainsi que le président de la chambre de commerce de Mascate lors d’une réunion élargie au conseil d’affaires conjoint (JBC) France Oman. Ces échanges ont permis un rapprochement politique bilatéral et un renforcement du positionnement de nos entreprises sur nos principaux enjeux économiques à Oman, en particulier, la transition verte et les énergies renouvelables, les fonds d’investissements et l’attractivité et le transport.
Oman prévoit trois écosystèmes de captage du carbone. OQ Gas Networks (OQGN) a dévoilé un projet de réseau national de pipelines de CO₂ pour soutenir la décarbonation industrielle et l’objectif de neutralité carbone d’Oman. Plus de 800 km de conduites sont prévus pour relier les sources d’émissions aux sites de stockage ou d’utilisation. Trois écosystèmes CCUS seront développés : au nord, au centre et au sud du pays. Le pôle du Nord ciblera la zone industrielle de Sohar, reliée par un pipeline d’environ 300 km. Le pôle central desservira les émetteurs de Duqm, avec un stockage potentiel dans le bloc pétrolier 6 via une conduite de 200 km. Le pôle Sud appuiera la décarbonation de Salalah grâce à un réseau d’environ 300 km. À Sur, des solutions de stockage local sont jugées plus efficaces. L’initiative fait l’objet d’un appel à manifestation d’intérêt lancé le 4 décembre 2025. OQGN mène ce projet en coordination avec le ministère de l’Énergie et l’ONZC (Oman Zero-Carbon Network). L’ensemble vise à attirer des investissements bas carbone et à accompagner la croissance industrielle du sultanat.
Oman signe 11 accords pour dynamiser l'industrie du plastique. Oman, via le groupe OQ, a signé 11 nouveaux accords d’investissement dans le cadre du programme dédié à l’industrie des plastiques, pour un montant de plus de 27 millions OMR, portant le total cumulé à plus de 85 millions OMR. Ces accords, annoncés lors du 19 ème forum de la GPCA à Bahreïn, visent à renforcer les industries en aval, la transformation des polymères et la diversification économique. L’initiative s’inscrit dans le cadre du programme « Ladayn », piloté par OQ en partenariat avec Madayn (l’établissement public des zones industrielles), l’autorité des zones économiques spéciales et le ministère du Commerce et de l’Investissement. L’objectif est de convertir les polymères locaux (polyéthylène et le polypropylène produits par OQ Polymer à Sohar) en produits à plus forte valeur ajoutée, afin de créer des chaînes de valeur nationales compétitives. Le complexe de Sohar assure un approvisionnement stable et une logistique efficace pour les fabricants en aval. Madayn a signé cinq contrats pour de nouveaux projets dans ses zones industrielles, et la zone franche de Salalah trois accords pour l’implantation d’usines supplémentaires. Le PDG d’OQ, Ashraf al Maamari, a souligné que ces accords traduisent la stratégie d’investissement à long terme du groupe en projets industriels concrets. Le patron de Madayn a noté la croissance rapide du complexe « Ladayn » à Sohar, avec 33,7 M OMR investis depuis le lancement, 181 000 m² loués et 19 projets déjà opérationnels, en construction ou nouvellement attribués.
Koweït
Ardian, la « Gulf connection » … Selon des sources anonymes citées par Bloomberg, le géant européen du capital investissement s’apprêterait à ouvrir un bureau au Koweït après s’être implanté aux Emirats en 2023. Ardian rejoindrait ainsi un nombre croissant de sociétés financières internationales qui s'implantent dans un l’émirat qui cherche à se positionner comme un pôle d'affaires régional. Le bureau, dont l'ouverture serait prévue en 2026, devrait servir de passerelle vers l'Europe pour les investisseurs koweïtiens. Ardian, qui gère environ 196 Mds USD d’avoirs, deviendrait alors le premier grand gestionnaire européen de capital-investissement à s'implanter au Koweït.
Q8, une marque qui monte dans les airs… La branche raffinerie de la holding pétrolière koweïtienne, « Kuwait Petroleum International » (Q8), a pris pied dans 75 aéroports internationaux auxquels elle fournit des services de ravitaillement en carburant pour les aéronefs. La marque détient plus de 4.700 stations-services en Europe (Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark) et cherche à développer son empreinte en distribuant une plus large gamme des carburants (GPL, mais aussi diesel à basse teneur en soufre). Q8 propose également des stations de chargement de véhicules électriques en Belgique.
Le Chine ancre sa présence dans le projet de port de Moubarak el Kebir. Alors qu’elle présidait la 38ème réunion du comité ministériel chargé du suivi des grands projets du Koweït, la ministre des Travaux publics, Noura Al-Mashaan, a annoncé jeudi 11 décembre que le contrat d'exécution pour l'achèvement du port de Mubarak Al-Kebir serait signé ce mois-ci avec une entreprise publique chinoise affiliée au ministère chinois des Communications et des Transports. Participaient à cette réunion le ministre d'État chargé des affaires municipales et ministre d'État chargé des affaires du logement, Abdullatif Al-Meshari, le ministre de l'électricité, de l'eau et des énergies renouvelables et ministre des finances des affaires économiques et de l'investissement par intérim, le Dr Sabeeh Al-Mukhaizeem.
Une recherche potable... L'Institut koweïtien de recherche scientifique (KISR) a annoncé que sa filiale, « Kazma Company », fournira de l'eau potable aux consommateurs début 2026. Cette eau, produite à l'aide d'une technologie avancée de dessalement des puits côtiers, provient d'un réservoir d'eau souterraine « inépuisable » situé sous le fond marin. Cette eau souterraine passe naturellement à travers des couches de sable qui filtrent les impuretés et réduisent la salinité avant de subir un traitement de pointe. L'eau est stérilisée à l'ozone afin de la rendre propre à la consommation publique. Ce projet, au-delà de sa dimension commerciale, pourrait jouer un rôle déterminant dans le système de sécurité hydrique du Koweït en cas d'urgence et de crise, d’autant que la technologie des puits côtiers résisterait à la pollution marine de surface, telle les marées noires.
Bahreïn
Renouvelable : ACWA Power et Bapco Energies annoncent un projet solaire de 2,8 GW en Arabie saoudite pour alimenter Bahreïn – Acwa Power, basé en Arabie saoudite, et Bapco Energies, l’entreprise publique de Bahreïn, ont signé un accord de développement conjoint pour un projet solaire d’une capacité maximale de 2,8 GW dans la province de l’Est de l’Arabie saoudite. Le projet, développé en plusieurs phases, intégrera également un système de stockage par batteries à grande échelle afin de stabiliser l’alimentation. L’électricité produite sera directement fournie au centre de consommation de Bapco Energies à Bahreïn pour répondre à la demande nationale et réduire la dépendance aux centrales à gaz locales. Il s’agit de la première initiative bilatérale de production d’énergie renouvelable destinée à alimenter directement Bahreïn depuis un projet saoudien.