[Japon] La France et le Japon signent un accord de zonage relatif à la peste porcine africaine (PPA) [...] [Corée du Sud] Le déficit commercial agroalimentaire sud-coréen se creuse malgré une année 2025 prometteuse [...].

Lettre AGRO Japon – Corée du Sud

  N° 87 - Novembre 2025

   drapeau Japon

L'IMAGE DU MOIS : validation de l'accord de zonage relatif à la peste porcine africaine à l'occasion de la rencontre entre les chefs de services vétérinaires français et japonais le 29 octobre

Rencontre CVO PPA

Sommaire

 

Japon
  • La France et le Japon signent un accord de zonage relatif à la peste porcine africaine (PPA).
  • La Chine envisage de réinstaurer ses restrictions sur les produits de la mer japonais, en réponse aux déclarations de TAKAICHI sur Taiwan.
  • Le nouveau ministre de l’agriculture envisage de réviser la récente politique d’augmentation de la production rizicole.
  • Forte hausse des importations privées de riz au Japon au premier semestre 2025.
  • Le gouvernement examine le recours au stockage privé pour les réserves publiques de riz.
  • Le Japon identifie la Food Tech comme un secteur clef de sa nouvelle stratégie de croissance.
  • La Première ministre vise un taux d’autosuffisance alimentaire de 100 % et entend tripler les surfaces agricoles actuelles – un pari qui semble pour le moins irréaliste.
  • L’Agence des pêches relève légèrement le quota de capture de calmar en raison de prises supérieures aux prévisions.
  • Internet Initiative Japan Inc. (IIJ) et Sony créent une entreprise commune pour développer l’agriculture intelligente au Japon. 

 

Corée du Sud
  • Le déficit commercial agroalimentaire sud-coréen se creuse malgré une année 2025 prometteuse.
  • La Corée du Sud exclut l’augmentation du quota d’importation de riz américain.
  • Le gouvernement sud-coréen envisage d’ajuster les seuils de déclenchement des achats publics de riz.
  • La Corée du Sud vise le recouvrement de son statut indemne de peste porcine classique (PPC) auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) en 2030.
  • Le gouvernement sud-coréen alloue 30 M € pour réduire le coût des ingrédients du kimchi

Le chiffre à retenir : 7,4 Mds €

Montant des exportations agroalimentaires sud-coréennes au niveau mondial entre janvier et octobre 2025, en hausse de +5 % en g.a

 

Japon

La France et le Japon signent un accord de zonage relatif à la peste porcine africaine (PPA)

Conclu et entrant d’emblée en vigueur le 29 octobre 2025, cet accord de zonage est le fruit de 7 ans de négociations et permet de sécuriser les exportations de viandes et abats porcins français vers le Japon en cas d’apparition de la PPA en France. L’accord prévoit que le Japon reconnaisse les zones réglementées européennes appliquées en France autour des foyers, visant à circonscrire la maladie sur un périmètre délimité, le reste du territoire demeurant « zone indemne ». Les flux commerciaux seront alors maintenus depuis les zones indemnes, moyennant le respect de certaines mesures sanitaires additionnelles. Néanmoins, en cas d’apparition d’un premier foyer de PPA en France, les exportations viande et abats porcins vers le Japon seront tout de même entièrement suspendues pendant plusieurs semaines, le temps de définir et de mettre en place les zones, et que celles-ci soient reconnues par la Commission européenne, puis par une décision administrative japonaise. MAASA

La Chine envisage de réinstaurer ses restrictions sur les produits de la mer japonais, en réponse aux déclarations de TAKAICHI sur Taiwan

La Chine a déclaré examiner des mesures de rétorsion commerciales après les propos de la Première ministre Takaichi sur Taïwan, incluant notamment la possible réintroduction d’une interdiction sur les produits de la mer japonais. En séance parlementaire, celle-ci avait déclaré qu’une intervention militaire de Pékin à Taïwan pourrait constituer pour le Japon une « situation menaçant sa survie », justifiant le recours à la défense collective. Cette mesure intervient alors que Pékin avait progressivement levé, depuis septembre 2024, les restrictions imposées depuis août 2023 à la suite du rejet en mer d’eaux traitées provenant de la centrale de Fukushima. Le rétablissement de ces restrictions, qui affecterait de nouveau un débouché crucial pour la filière japonaise des produits de la mer, constituerait un retour en arrière dans un dossier déjà sensible. JapanTimes

Le nouveau ministre de l’agriculture envisage de réviser la récente politique d’augmentation de la production rizicole

À peine deux mois après sa nomination, le ministre japonais en charge de l’agriculture, Norikazu SUZUKI, a exprimé son intention de revoir la politique d’augmentation de la production rizicole décidée en août par le gouvernement ISHIBA. Alors que la réforme d’août marquait une inflexion mettant fin à une politique de plusieurs décennies visant à la réduction des surfaces rizicoles afin de stabiliser les prix, le ministre a évoqué un risque de surproduction en 2026 et des « inquiétudes profondes » des agriculteurs concernant les prix. Cette déclaration intervient dans un contexte de prix élevés du riz (supérieurs à 4200 ¥/5 kg) et alors que le ministère vient d’annoncer une prévision de production de 7,11 M t pour 2026, légèrement plus faible que celle de 2025 mais jugée suffisante pour satisfaire une demande estimée à 7 M t. Ce changement de politique souligne les tensions persistantes entre les objectifs de stabilité des prix, le pouvoir d’achat des ménages et les attentes des producteurs. Le Ministre Norikazu SUZUKI a également évoqué la possibilité de distribuer des “coupons de riz” pour alléger la charge pesant sur les consommateurs. Japan News, Mainichi

Forte hausse des importations privées de riz au Japon au premier semestre 2025

Selon les données publiées le 30 octobre par le ministère japonais des finances, les importations privées de riz ont atteint 86 523 t au 1er semestre de l’exercice 2025, soit 208 fois plus qu’en 2024 à la même période. Cette envolée est liée à la hausse des prix du riz domestique, qui a stimulé la demande pour le riz importé, meilleur marché. Toutefois, après un pic en juillet (20 397 t), les volumes ont nettement reculé ; en septembre, les importations ont chuté à 6 534 t (-60 % sur un mois), reflétant la prudence des opérateurs dans un contexte d’assouplissement du marché avec la mise en vente des stocks publics de riz et les appels d’offres publics réalisés en juin et juillet. The Japan Agricultural News (31/10/2025).

Le gouvernement examine le recours au stockage privé pour les réserves publiques de riz

Afin de rationaliser les dépenses publiques, le ministère des finances (MOF) japonais étudie la possibilité d’un transfert partiel du stockage des réserves publiques de riz vers le secteur privé (20 %, soit 200 000 t). Il souligne l’écart considérable de coûts entre un stockage public, estimé à plus de 223,8 M € pour ce volume en raison des frais logistiques et des pertes liées à la revente pour l’alimentation animale, et un stockage privé dont la charge pour l’État se limiterait à 8,9 M €. Si le recours au secteur privé apparaît budgétairement attractif, il soulève toutefois des interrogations sur la capacité des acteurs privés à répondre aux situations d’urgence. Pour rappel, le système actuel oblige l’État à acheter, stocker puis renouveler chaque année près de 200 000 t de riz, revendu en grande partie à des usages non alimentaires afin de ne pas perturber l’équilibre du marché domestique. Parallèlement à ces réflexions sur le stockage, le ministère en charge de l’agriculture (MAFF) a annoncé pour 2026 la mise en place de quotas prioritaires permettant à 28 préfectures d'accéder en exclusivité à une partie des appels d’offres public pour l’achat de riz de réserve (180 000 t), afin de soutenir ces régions et de leur garantir un débouché sécurisé. The Japan Agricultural News (08/11/2025) & (13/11/2025)

Le Japon identifie la Food Tech comme un secteur clef de sa nouvelle stratégie de croissance

Le gouvernement japonais a officiellement désigné la Food Tech comme l’un des 17 domaines prioritaires d’investissement dans le cadre de la nouvelle « Stratégie de croissance », dont la première réunion s’est tenue le 4 novembre sous la présidence de la Première ministre TAKAICHI. Cette orientation s’inscrit dans une volonté de renforcer la prévisibilité des investissements public-privé, notamment via l’étude de budgets pluriannuels, et de les articuler plus étroitement avec la stratégie de croissance économique et de renforcement de la sécurité nationale. La Food Tech, entendue comme l’ensemble des technologies et modèles économiques innovants appliqués au secteur alimentaire, est donc identifiée comme stratégique aux côtés d’autres secteurs tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les biotechnologies. Le gouvernement souhaite en faire un pilier du renforcement de la sécurité alimentaire et du déploiement de systèmes de production durables, grâce à l’application à grande échelle de technologies telles que les substituts végétaux, la viande cellulaire, la fermentation ou les solutions robotiques. FoovoBridge, The Japan Agricultural News (05/11/2025)

La Première ministre vise un taux d’autosuffisance alimentaire de 100 % et entend tripler les surfaces agricoles actuelles – un pari qui semble pour le moins irréaliste

Alors que le ministère japonais en charge de l’agriculture annonçait le mois dernier la stagnation du taux d’autosuffisance calorique à 38 % en FY2024 pour la 4ème année consécutive, la Première Ministre TAKAICHI a déclaré vouloir atteindre les 100%. Interrogée lors de son discours de politique générale, elle n’a toutefois pas précisé d’échéance et a reconnu l’existence de nombreux défis à relever pour atteindre cet objectif, qui paraît peu réalisable au regard du vieillissement avancé des agriculteurs et du manque de foncier agricole disponible. La Première Ministre a notamment insisté sur la nécessité de tripler la superficie agricole actuelle ; à cette fin, le MAFF annonçait quelques jours plus tôt la hausse des subventions d’incitation à la création de grandes parcelles agricoles (agrandissement et regroupement de parcelles, drainage etc.). D’après les données statistiques du MAFF, la surface cultivée totale au Japon est passée de 6 M ha en 1956 à 4,2 M ha en 2025. The Japan Agricultural News (03/11/2025 & 07/11/2025), MAFF

L’Agence des pêches relève légèrement le quota de capture de calmar en raison de prises supérieures aux prévisions.

Après avoir baissé drastiquement le quota de capture de calmar pour 2025 à 19 200 tonnes – soit un quart des 79 200 tonnes allouées en 2024, l’Agence des pêches relève légèrement le quota de capture pour la fin de l’année en raison de prises supérieures aux prévisions. Le 6 novembre 2025, l’Agence japonaise des pêches a annoncé une hausse du quota de capture pour le calmar commun japonais (surume-ika) de 25 800 t à 27 600 t (+1 800 t) pour l’exercice 2025-26, principalement en mobilisant une partie de la réserve destinée aux ajustements. Cette augmentation intervient alors que les captures ont dépassé les anticipations, dans un contexte de gestion prudente des stocks après plusieurs années de faibles rendements. Ainsi, le quota pour l’année avait été fixé initialement à 19 200 t (-60 000 t sur un an), avant d’être relevé une première fois à 25 800 t en septembre. Japan Times

Internet Initiative Japan Inc. (IIJ) et Sony créent une entreprise commune pour développer l’agriculture intelligente au Japon.

Le 7 novembre 2025, l’entreprise de télécommunication IIJ (85 % des parts) et Sony Semiconductor Solutions (11 %) ont signé un accord pour fonder une co-entreprise dédiée à la « smart agriculture », dont le lancement commercial est prévu pour avril 2026. Grâce à l’expertise d’IIJ en technologies de communication sans fil (LPWA, IoT) et de celle de Sony en capteurs haute précision et IA, la nouvelle structure développera des capteurs d’humidité des sols et un service de navigation d’irrigation (volumes, minutage etc.). L’objectif est d’accroître le rendement des terres agricoles, d’améliorer la qualité des récoltes et de rendre l’agriculture japonaise plus résiliente face au changement climatique et à la pénurie de main-d’œuvre rurale. IIJ

 

Corée du Sud

Le déficit commercial agroalimentaire sud-coréen se creuse malgré une année 2025 prometteuse

Malgré l’essor mondial des produits K-food ces dernières années, la Corée du Sud fait face à un déficit commercial agroalimentaire cumulé d’environ 170 Mds € entre 2016 et août 2025, selon des données transmises par le ministère sud-coréen en charge de l’agriculture (MAFRA) à la commission parlementaire sud-coréenne en charge de l’agriculture et de l’alimentation. Structurellement déficitaire, la balance commerciale agroalimentaire est particulièrement déséquilibrée avec les Etats-Unis (45,6 Mds €), l’Australie (19,3 Mds €), la Chine (17,25 Mds €) et le Brésil (13,6 Mds €) sur la période. Cette année, les exportations vers les États-Unis ont été pénalisées par les hausses tarifaires : en juillet, elles ont atteint 119 M €, en recul de 6,7 % en g.a, marquant leur première contraction en 26 mois. En revanche, les exportations agroalimentaires sud-coréennes ont progressé au niveau mondial, atteignant 7,4 Mds € entre janvier et octobre 2025 (+5 % en g.a.), soutenues par la demande en Europe et au Moyen-Orient. Le gouvernement coréen espère également que les accords sanitaires conclus en marge du sommet de l’APEC fin octobre avec Singapour (ouverture du marché au bœuf et au porc de l’île de Jeju) et la Chine (exportations de kakis, après 17 années de négociations) participeront à la hausse des exportations agricoles coréennes à l’avenir.
Hankyung, KBS World, Yonhap, TDM

Graph commerce ext Corée

La Corée du Sud exclut l’augmentation du quota d’importation de riz américain

Le 28 octobre 2025, la ministre sud-coréenne de l’Agriculture, Song Mi-ryung, a déclaré que Séoul ne modifierait pas son quota d’importation de riz en provenance des États-Unis, confirmant que le riz et le bœuf restent des « produits non négociables » dans la renégociation de l’accord de libre-échange entre la Corée du Sud et les Etats-Unis. Le régime d’importation du riz est déjà encadré par un contingent tarifaire fixé dans le cadre de l’OMC, dont 136 000 t sont allouées aux États-Unis sur les 408 700 t du quota. La ministre a ainsi réaffirmé que la Corée du Sud respecterait ce cadre multilatéral sans procéder à des élargissements bilatéraux supplémentaires. Chosun

Le gouvernement sud-coréen envisage d’ajuster les seuils de déclenchement des achats publics de riz

Le ministère sud-coréen en charge de l’agriculture (MAFRA) a indiqué qu’il souhaitait réviser les seuils (3%-5%) qui déterminent l’activation de l’intervention publique sur le marché du riz, en prévision de la révision du Grain Management Act prévue en 2026. Actuellement, si la production enregistre un excédent supérieur à 3 % par rapport à une année moyenne et que les prix du riz chutent de 5 % ou davantage, le gouvernement peut acheter le surplus de riz. S’agissant d’une clause discrétionnaire et non d’une obligation légale, des critiques ont émergé, notamment sur l’intervention tardive du gouvernement sur le marché lors de la chute des prix du riz en 2021. Le gouvernement propose de rendre cette intervention obligatoire, les conditions devant être fixées par décret présidentiel, et envisage d’introduire des fourchettes élargies – entre 3 % et 8 % d’excédent et 5 % à 10 % de baisse des prix – afin de permettre un déclenchement plus flexible et préventif. Chosun

La Corée du Sud vise le recouvrement de son statut indemne de peste porcine classique (PPC) auprès de l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) en 2030

Le ministère sud-coréen en charge de l’agriculture (MAFRA) a annoncé la mise en place d’un plan d’action visant en particulier à recouvrer d’ici 2030 son statut indemne de peste porcine classique (PPC), l’un des 6 statuts officiellement reconnus par l’OMSA – travail de longue haleine alors que pour rappel, aucun cas domestique de PPC n’a été recensé en Corée du Sud depuis 2017. Dans ce plan d’action, les autorités sud-coréennes prévoient la mise en place d’un système de gestion de l’historique de vaccination dans les élevages porcins, ainsi qu’un déploiement plus large de technologies d’intelligence artificielle dans les élevages, permettant par exemple d’analyser les mouvements et les bruits respiratoires des animaux et donc de détecter précocement certaines maladies porcines dans les élevages. Au-delà de l’objectif de recouvrement du statut indemne de PPC auprès de l’OMSA, les autorités sud-coréennes visent à réduire le plus possible la survenue d’autres maladies porcines, telles que la diarrhée épidémique porcine (DEP) et le syndrome dysgénésique et respiratoire porcin (SDRP), et ainsi réduire le coût économique associé à ces maladies, estimé à 297,6 M € par an. Chosun

Le gouvernement sud-coréen alloue 30 M € pour réduire le coût des ingrédients du kimchi

Avec l’approche de la saison du kimjang (préparation traditionnelle du kimchi à la fin de l’automne), le gouvernement sud-coréen a annoncé la mobilisation d’une enveloppe de 50 Mds ₩ (environ 30M €) afin de contrer la hausse des prix des ingrédients du kimchi (chou chinois, radis, piments, ail…) qui seront vendus avec des réductions pouvant atteindre 40 %. Pour stabiliser les prix, l’État combine gestion de l’offre (livraisons échelonnées et réserves de légumes) et soutien direct aux consommateurs, afin de limiter l’impact de l’inflation alimentaire sur le budget des ménages. Chosun

 

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Rédaction : Le Pôle Agriculture & Alimentation du Service économique régional de Tokyo, avec la contribution du Service économique de Séoul.

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Illustration : Pôle Agriculture & Alimentation, SER de Tokyo, Novembre 2025.