Brèves économiques de novembre 2025
Quels sont les "vrais" chiffres du tourisme dans la zone ? +++ Autriche : Reprise timide, dégradation du solde public +++ Nouveau pact de stabilité +++ AT&S sur le marché de la défense +++ PAI Partners crée VITREA +++ Slovénie : la croissance à +2,4% en 2026 +++ Endettement en JPY +++ Lancement de la Twingo électrique +++Anjac finalise l'achat de HCG +++ Croatie : Croissance 2025 estimée à 3,1 % +++ Extension du plafonnement des prix +++ Tension entre MOL et JANAF +++ l'immobilier ralentit +++
Quels sont les « vrais » chiffres du tourisme en Autriche, Croatie et Slovénie ?
L’évaluation de l’apport du tourisme à l’économie d’un pays dépend évidemment du périmètre retenu. Si l’on s’en tient à la contribution directe au PIB, le tourisme pèse 4,2 % du PIB en Autriche, 11,3 % en Croatie et 5,2 % en Slovénie. Si l’on observe les flux extérieurs au sens de la balance des paiements, on obtient des résultats légèrement différents : la Croatie enregistre 14,6 Mds EUR de recettes de voyages (20 % du PIB), la Slovénie 3,5 Mds EUR (5,2 % du PIB), et l’Autriche 24,3 Mds EUR (4,7 %). Enfin, les estimations “totales” (incluant effets indirects et induits, selon l’approche retenue par le WTTC) donnent un panorama encore plus large du poids économique du tourisme : environ 6 % du PIB pour l’Autriche, 20 % pour la Croatie, et 7 % à 8 % pour la Slovénie.
Des chiffres différents selon la méthode retenue
Le tourisme est une activité transversale : il combine des composantes issues de l’hébergement, de la restauration, du transport, du commerce, de la culture et des loisirs. C’est pourquoi il existe plusieurs lectures complémentaires selon l’approche choisie. Les deux cadres statistiques internationaux de référence sont, d’une part, le Compte satellite du tourisme (TSA) et, d’autre part, la balance des paiements.
Le TSA (Tourism Satellite Account) est un module des comptes nationaux mis en place par l’ONU, l’OCDE, Eurostat et l’Organisation mondiale du tourisme. Il vise à reconstituer, à partir des statistiques d’offre et de demande, la valeur ajoutée directe créée par les activités touristiques. Le TSA permet ainsi d’estimer la part du PIB et de l’emploi directement attribuable au tourisme. Il ne prend pas en compte les effets indirects (fournisseurs) ou induits (consommation des salariés), contrairement aux études économiques globales ou aux estimations du WTTC (World Travel & Tourism Council).
La balance des paiements, quant à elle, retrace les flux monétaires entre résidents et non-résidents. Le tourisme y apparaît sous le poste “Voyages”, inclus dans la rubrique Services. Ce poste enregistre les dépenses des visiteurs étrangers sur le territoire (recettes de voyages, ou crédits) et les dépenses des résidents à l’étranger (débits). Il mesure donc l’exportation de services touristiques et la contribution du tourisme au compte courant, mais pas sa contribution directe au PIB. En outre, selon les règles du FMI, le poste “voyages” exclut les transports internationaux de passagers, comptabilisés séparément sous “transport”.
Le WTTC, enfin, utilise une approche élargie, fondée sur un modèle économétrique développé avec Oxford Economics. Ses estimations incluent la contribution directe du tourisme (hôtels, restaurants, agences de voyages, loisirs), la contribution indirecte (fournisseurs, construction, énergie, agroalimentaire, etc.), et la contribution induite (consommation des salariés du secteur).
L’Autriche : une économie touristique solide et bien intégrée
En Autriche, les comptes satellites du tourisme (publiés par Statistik Austria) indiquent qu’en 2023, la valeur ajoutée directe du tourisme représentait 4,2 % du PIB. L’emploi directement lié au tourisme s’établissait également à 4,2 % de l’emploi total. La dépense touristique intérieure, incluant les résidents et les non-résidents, a atteint 37 Mds EUR.
L’institut autrichien de recherche économique WIFO, qui, de son côté, modélise les effets indirects et induits à partir du TSA, élargit cette perspective. Il estime que la contribution agrégée du tourisme au PIB est de 6,2 % et représente 311 000 emplois équivalents temps plein, soit 7,6 % de la main-d’œuvre.
Sous l’angle de la balance des paiements, les données de l’Oesterreichische Nationalbank (OeNB, banque centrale autrichienne) montrent que le poste “voyages” a généré en 2024 24,3 Mds EUR de recettes (4,7 % du PIB) contre 15,4 Mds EUR de dépenses des résidents, soit un excédent net de 8,8 Mds EUR.
La Croatie : un modèle fortement dépendant du tourisme
La Croatie est l’un des pays européens où le tourisme pèse le plus fortement dans l’économie. Le compte satellite du tourisme national (méthodologie TSA), publié par l’Institut statistique croate (DZS), indique qu’en 2022, la valeur ajoutée directe du tourisme atteignait 11,3 % du PIB.
Les estimations élargies (WTTC, ministères) évoquent en revanche une part “totale” du tourisme proche de 20 % du PIB et environ 20 % de l’emploi total, ce qui inclut les effets indirects et induits.
Du point de vue de la balance des paiements, la Banque nationale croate (HNB) estime qu’en 2024, les recettes de voyages ont atteint environ 15 Mds EUR, soit 19,6 % du PIB. Ces chiffres expliquent pourquoi le tourisme est souvent présenté comme représentant “un cinquième de l’économie croate” : cette formule se réfère à l’empreinte totale du secteur, tandis que le TSA limite la lecture à la seule valeur ajoutée du tourisme.
La Slovénie : un secteur relativement important
La Slovénie présente une situation intermédiaire entre la spécialisation croate et la diversification autrichienne. Compte tenu de la relative étroitesse du marché, les différentes méthodes de calcul employées convergent pour l’essentiel.
Ainsi selon le Statistical Office of the Republic of Slovenia (SURS), la consommation touristique totale s’est élevée à 6,65 Mds EUR en 2023, tandis que le PIB touristique direct atteignait 3,33 Mds EUR, soit 5,2 % du PIB national. Dans la balance des paiements, la Banka Slovenije enregistre pour 2024 des recettes de voyages de 3,5 Mds EUR (5,2 % du PIB) et un solde positif net. L’OCDE de son côté recense en 2023 environ 69 600 emplois dans les industries touristiques slovènes, soit 7,4 % de la main-d’œuvre.
L’approche élargie, en dernier lieu, permet d’évaluer le poids total du secteur entre 7 % à 8 % du PIB slovène.
AUTRICHE
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Le partenariat social et la Chambre fédérale d’économie WKÖ : A la suite du scandale déclenché par la révélation, dans la presse, de la revalorisation salariale (+4,2 %) accordée aux employés de la chambre fédérale d’économie (organisme faîtier du réseau des CCI autrichiennes) et de l’ajustement des indemnités des élus dirigeant les chambres (jusqu’à +60 %), le Président Harald Mahrer a été contraint de démissionner. Succédant à l’entrepreneur Christoph Leitl (2000-2018), Harald Mahrer, ancien Secrétaire d’Etat puis ministre (conservateur) de l’Economie, était à la tête de la WKÖ depuis mai 2018. Il cumulait trois fonctions (présidence de la WKÖ, présidence du directoire de la banque nationale d’Autriche OeNB et présidence de l’aile économique du parti conservateur) et les rémunérations correspondantes.
Partenaire social incontournable représentant le Patronat, la WKÖ est l’institution représentant toutes les entreprises d’Autriche (de l’entreprise unipersonnelle au groupe international), qui y sont impérativement affiliées par le bais d’une cotisation obligatoire. En amont des négociations salariales d’automne, la Chambre fédérale avait appelé les syndicats à faire preuve de retenue dans leurs revendications afin de préserver les entreprises et l’emploi. La vice-présidente Martha Schultz, assure l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau président.
etc.
SLOVENIE
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La Commission européenne a revu à la baisse ses prévisions pour l'économie slovène. Elle prévoit que le PIB augmentera de 1 % cette année, soit la moitié du taux de croissance prévu au printemps et un niveau inférieur à la moyenne de l'UE et de la zone euro. Le rythme de croissance devrait repartir à la hausse en 2026, pour atteindre 2,4 %.
Cette révision à la baisse s'explique principalement par les mauvaises performances de l'économie slovène au premier trimestre, qui a connu une contraction, tandis que le second semestre a été marqué par une croissance robuste grâce à la consommation privée et publique. Avant la fin de l'année, un soutien supplémentaire à la consommation est attendu grâce à la fois à la reprise attendue des exportations, et à l'introduction de primes de Noël obligatoires pour les salariés.
etc.
CROATIE
Le chiffre du mois à retenir
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Budget 2026 : progression des dépenses et mise en garde des autorités budgétaires
Le gouvernement croate a présenté son projet de budget 2026, qui anticipe 35,7 Mds EUR de recettes (+8,3 % par rapport à 2025) et 39,8 Mds EUR de dépenses (+8,3 % par rapport à 2025), soit un déficit maintenu à 2,9 % du PIB. Le scénario de base table sur une croissance de 2,7 % et une inflation en recul. L’exécutif souligne que cette trajectoire permet de poursuivre les investissements publics tout en préservant les finances publiques. Les priorités demeurent le soutien au pouvoir d’achat des ménages (hausse des retraites et des salaires publics), les politiques démographiques, ainsi que l’investissement dans les infrastructures, l’énergie et surtout la défense, cette dernière étant portée à 2,06 % du PIB.
Toutefois, l’Autorité indépendante pour la politique budgétaire appelle à la prudence. Dans son avis, l’autorité rappelle que la trajectoire budgétaire reste expansionniste après plusieurs années de forte hausse des dépenses et que le ralentissement prévu de l’activité, couplé à une possible diminution des recettes fiscales, accroît les risques de dérapage. Il regrette l’absence de réformes structurelles visant à améliorer l’efficacité de la dépense publique.
etc.
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