Import, export et réexport : les mirages du commerce extérieur des Emirats - Brèves Economiques de la Péninsule Arabique - Semaine du 7 au 13 octobre 2024
Toute l'actualité économique et financière hebdomadaire de l'Arabie Saoudite, du Bahreïn, des Emirats arabes unis, du Koweït, d'Oman, du Qatar et du Yémen....
Import, export et réexport : les mirages du commerce extérieur des Emirats
La valeur du commerce extérieur hors hydrocarbures des Emirats arabes unis a atteint 379 milliards de dollars au premier semestre 2024, en hausse de 11,2 % en glissement annuel, d’après Sheikh Mohammed ben Rashid al-Maktoum, émir de Dubaï et Vice-Président de la Fédération[1]. Si ces chiffres témoignent de la progression du processus de diversification économique et de la place croissance des Emirats arabes unis dans les échanges mondiaux, en particulier avec l’Asie, le commerce extérieur émirien présente encore des déséquilibres et ne tire pas encore la croissance du secteur industriel local.
Les EAU, 11ème exportateur de biens mondial, enregistrent traditionnellement un excédent commercial considérable d’environ 25 % du PIB (+99,7 milliards de dollars en 2023). Les exportations du pays se sont considérablement diversifiées au cours de la dernière décennie : la vente d’hydrocarbures représente ainsi 15 % des exportations totales en 2023, soit moitié moins qu’il y a dix ans[2]. Les Emirats sont le pays du CCEAG avec la plus faible part de produits pétroliers dans ses exportations totales[3]. Alors que le prix du baril connaît de fortes variations, l’augmentation du commerce non-pétrolier constitue en effet une priorité du gouvernement émirien.
De fait, le commerce hors hydrocarbures est bien en forte augmentation : il s’élève aujourd’hui à 737 milliards de dollars, contre 498 milliards de dollars en 2017. Pour autant, cette hausse est avant tout liée à une augmentation marquée des importations : celles-ci croissent en effet de 10 % en moyenne chaque année depuis 2017. Aussi, même si les exportations émiriennes de biens non-pétroliers sont en augmentation rapide (+17 % en 2023), la balance commerciale hors hydrocarbures tend à se détériorer en valeur (le déficit commercial hors pétrole a augmenté de 4,7 % en 2023)[4].
Par ailleurs, les exportations hors hydrocarbures se composent en large partie de réexportations. Les Emirats arabes unis sont en effet une plateforme logistique pour des biens de consommation importés d’Asie orientale (notamment la téléphonie mobile, la machinerie et l’électronique) revendus au Moyen-Orient et en Inde. Dubaï est également une place majeure du commerce du diamant, généralement importé d’Afrique et réexporté sans transformation[5]. Au total, les réexportations représentaient 61 % des exportations hors hydrocarbures en 2023[6]. Elles expliquent aussi en partie l’importance des importations à destination des Emirats.
Les exportations de biens restent quant à elles dominées par le secteur de l’or, importé puis transformé à des degrés divers aux Emirats arabes unis, qui représente 42,1 % des exportations du pays (hors hydrocarbures et réexportations)[7]. La diversification du commerce extérieur émirien repose donc pour l’instant encore davantage sur le positionnement du pays comme hub commercial que sur le développement d’une industrie locale qui parvient à s’exporter.
Le gouvernement émirien a cependant mis en place, depuis 2021, une politique industrielle destinée à développer la production locale de biens ainsi que son exportation vers l’international[8]. Selon la stratégie du Ministère de l’industrie et des technologies avancées, intitulée « Operation 300 billions », l’investissement public, couplé à des facilités de financement, doit permettre de tripler le PIB industriel des EAU d’ici 2030. Les Emirats visent également à conforter leur position de hub mondial grâce à la signature d’accords de partenariats économiques globaux (CEPA), qui se sont multipliés depuis 2021. Les EAU ont ainsi conclu des traités commerciaux avec, entre autres, l’Inde, la Turquie, l’Indonésie ou, plus récemment, la Jordanie.
Enfin, le secteur des services émirien, fer de lance de la diversification économique, est largement excédentaire (+23,2 milliards d’euros), porté par le dynamisme du secteur touristique, en particulier à Dubaï. De quoi combler le déficit commercial, et permettre à la balance des paiements hors hydrocarbures des EAU de rester positive en 2023, dégageant un surplus de 13 milliards d’euros[1] Gouvernement de Dubaï, agence de presse officielle Media Office, 25 août 2024.
[2] Emirates NDB Research, Economic Outlook, septembre 2024.
[3] Les exportations d’hydrocarbures représentent, en valeur, 62 % des exportations totales d’Oman et du Qatar, 67 % de celles de l’Arabie saoudite et jusqu’à 82 % de celles du Koweït. Source : Emirates NDB Research, Economic Outlook, septembre 2024.
[4] Banque Centrale des Emirats Arabes Unis
[5] Les principaux pays d’origine des diamants passés par les EAU sont l’Angola (19,4%), l’Inde (14,4%) la Belgique (13,2%) le Botswana (13,2%), la Russie (9,4%) et l’Afrique du Sud (7,3%). Source : OEC 2023.
Leila Larbi, Adjointe au chef de service et Conseillère financière régionale
Alexis Duloutre, analyste macroéconomique et financier
Pétrole et gaz
Brent 11/10/2024 à 12h00 GST : 78,749 USD/Bbl
Le prix du pétrole a légèrement augmenté cette semaine, enregistrant une hausse d’un dollar le baril par rapport à dimanche dernier, mais cette apparente stagnation masque une semaine très volatile. La hausse est toutefois restée mesurée malgré la détérioration de la situation géopolitique au Moyen-Orient, alors qu’Israël annonce planifier ses représailles contre l’Iran.
Le baril de Brent se négocie vendredi 78,749 dollars le baril, soit une hausse de 1,4% en glissement hebdomadaire. Les prix ont atteint un pic à 81 dollars lundi, puis sont descendus jusqu’à à 75 dollars en milieu de semaine, avant de remonter. Le WTI s’échange pour sa part à 75,415 dollars le baril, 1,8 dollars de plus que la semaine dernière. Le gaz naturel est en revanche redescendu à 2,6843 dollars/MMBtu (8,3784 euros / MWh), après avoir atteint son point le plus haut depuis trois mois à 2,97 dollars/MMBtu (9,27 euros / MWh) la semaine dernière.
La hausse des cours est essentiellement due à l’incertitude qui règne quant à la production du Golfe, alors qu’Israël envisagerait des frappes sur les installations pétrolières iraniennes, ce qui pourrait entraîner en retour des actions iraniennes susceptibles d’impacter la production d’hydrocarbures des pays du CCEAG. Selon Reuters, l’Arabie Saoudite et les EAU font actuellement pression sur Washington pour qu’ils s’efforcent de dissuader Israël d’une telle attaque. Les marchés restent toutefois relativement confiants, et les prix n’ont pas connu d’envolée.
Côté demande, l’annonce de mesures de soutien à l’économie par le gouvernement chinois laisse espérer une reprise de la consommation pétrolière asiatique. L’ampleur de l’action gouvernementale reste cependant incertaine, et pourrait se révéler moins ambitieuse que prévue. Le ministre des finances chinois, Lan Fo’an, doit s’exprimer samedi 12 octobre pour préciser les détails de la politique de relance. Aux Etats-Unis, l’ouragan Milton, qui a ravagé la Floride dans la nuit du 9 au 10 octobre, a désorganisé les réseaux électriques et de distribution de carburant (près d’un quart des stations de Floride sont vides), laissant craindre une baisse ponctuelle de la demande américaine en pétrole.
A moyen-terme, la demande devrait pourtant rester fragile, alors que l’inflation s’est révélée plus élevée que prévu aux Etats-Unis, et que l’OPEC+ conserve des capacités de production additionnelle considérables. Les stocks américains de brut ont par ailleurs augmenté de 5,8 millions de barils cette semaine, marquant la plus forte hausse des inventaires depuis avril et indiquant une demande plus faible que prévue.
Brèves économiques
Arabie saoudite
Macroéconomie & Finance
L’Arabie saoudite augmente le prix de son brut d’Arab Light pour les cargaisons en novembre à destination de l’Asie. Aramco a annoncé l’augmentation du prix du baril de brut d’Arab Light chargé en novembre à destination de l’Asie. Le prix a été fixé à 2,20 USD au-dessus de la moyenne des cotations d’Oman/Dubaï, soit une hausse de 0,50 USD par rapport au baril chargé en octobre. À noter qu'en octobre, Aramco avait baissé le prix de 0,70 USD par rapport au mois de septembre.
Fond souverain : Le PIF prévoirait d’investir 10 Md USD dans l’hydrogène vert et de créer une nouvelle société. Selon Bloomberg, le fonds souverain saoudien aurait créé une nouvelle société dédiée aux investissements dans l’hydrogène vert, dont l'annonce officielle n’a pas encore été faite. Cette société, nommée Energy Solutions Co., devrait investir 10 Md USD dans ce secteur, un montant susceptible d’augmenter en fonction de la demande. L’annonce officielle de la création de cette société pourrait intervenir ce mois-ci.
Bilatéral : L’Arabie saoudite et le Pakistan vont conclure au moins 2 Md USD de contrats. Lors du forum pakistano-saoudien actuellement en cours à Islamabad, le ministre saoudien de l’Investissement a annoncé que le Royaume allait consacrer une part significative de ses contrats annuels (environ 200 Md USD) aux entreprises pakistanaises dans le secteur de la construction. Il a précisé qu’au moins 2 Md USD de contrats devraient être signés durant le forum.
Energie, Industrie & Services
La construction de la Tour de Djeddah reprend après sept ans d’interruption. Kingdom Holding Company, détenue par le prince milliardaire Alwaleed bin Talal, a annoncé que sa filiale Jeddah Economic Co a signé un accord d’1,9 Md USD avec Saudi Binladin Group pour reprendre la construction de la Jeddah Tower. Une fois achevée, la tour rejoindra le groupe exclusif des « méga gratte-ciels », structures de plus de 600 mètres de haut. Actuellement, seules quatre tours détiennent ce titre : le Burj Khalifa à Dubaï, la Merdeka 118 à Kuala Lumpur, la tour de Shanghai et la Clock Tower à la Mecque. Appelée initialement « Kingdom Tower », la Tour de Djeddah s’étend sur 1,3 million de m² et comprendra des bureaux, des zones résidentielles ainsi que des espaces commerciaux. Son design, inspiré par les plantes du désert, est l’œuvre de l’architecte américain Adrian Smith qui avait également conçu le Burj Khalifa. Le chantier avait été abandonné depuis sept ans suite à de nombreuses contraintes et complications financières. Il est désormais prévu que la construction s’étende sur 42 mois, 63 des 157 étages prévus.
FCC Construction et Nesma remportent le contrat de construction pour le stade de Qiddiya. Qiddiya Investment Company (QIC), société en charge du gigaprojet de divertissement, a attribué le contrat de construction du stade Prince Mohammed bin Salman, pour un montant d’1 Md USD, à une joint-venture composée de l’espagnol FCC Construction et du saoudien Nesma. Il s’agit d’un stade polyvalent, situé au sommet de la falaise de Tuwaiq (200 mètres), d’une capacité de 45 000 spectateurs et qui sera recouvert d’un mur LED. Une fois achevé, ce stade accueillera les clubs de football d’Al-Nassr et d’Al-Hilal. Il a également été présenté par l’Arabie saoudite en juillet dernier lors de sa candidature pour l’organisation de la Coupe du monde de la FIFA 2034. Le royaume a proposé 15 stades au total, dont 8 situés dans la capitale, quatre à Djeddah, un à Khobar, un à Abha et le dernier à NEOM, à l’intérieur de The Line. Depuis, les contrats de construction des stades attirent de nombreux entrepreneurs car soumis à des délais stricts pour l’organisation d’évènements internationaux majeurs, ce qui signifie que le temps constitue davantage une priorité que les coûts pour le pays hôte. Toutefois, des risques demeurent liés à ce type d’infrastructures à la conception complexe qui nécessitent une ingénierie et des sous-traitants spécialisés. Cette complexité, combinée à des délais serrés, engendre quasi systématiquement des dépassements du budget. Il s’agit donc d’un véritable défi à relever pour l’Arabie saoudite qui devrait annoncer de nouvelles attributions dans les prochaines semaines.
Industrie : NEOM annonce un projet d’usine de béton de 187 M USD pour soutenir le projet The Line. Le projet de ville futuriste The Line, s’inscrivant plus largement dans le gigaprojet NEOM dans le Nord-Ouest du pays, devrait bénéficier de l’ouverture d’une nouvelle usine de béton d’une valeur de 187 M USD. NEOM s’est associé à l’entreprise saoudienne Asas Al Mohileb pour développer et exploiter cette installation qui sera en mesure de produire 20 000 mètres cubes de béton par jour. Les activités de l’usine devraient débuter en novembre pour atteindre sa capacité de production maximale d’ici 2025. Le projet The Line, avait été présenté en 2017 comme une ville intelligente linéaire de 200 mètres de large s’étendant sur 170 km et recouverte par une structure en miroir qui s’élève à 500 mètres au-dessus du niveau de la mer. Néanmoins, en mai dernier, NEOM a déclaré revoir ses ambitions à la baisse pour ce projet avec l’achèvement de 3 modules, soit 2,4 km d’ici 2030, pouvant accueillir 300 000 habitants, contre 1,5 million prévu initialement. L’ouverture de cette usine montre toutefois des signaux positifs quant à l’avancement du projet qui avait été vivement critiqué sur la scène internationale ces derniers mois.
Energie : ACWA Power conclut un accord de 150 M USD pour le financement de projets éoliens en Ouzbékistan. Le géant énergétique saoudien ACWA Power a signé une lettre d’intention avec Asian Infrastructure Investment Bank afin de fournir 150 M USD pour la construction de trois projets éoliens en Ouzbékistan. Le financement couvre trois centrales d’une capacité de 500 MW chacune. L’Ouzbékistan est l’un des principaux marchés étrangers pour ACWA Power qui s’est fortement impliqué dans le développement des énergies renouvelables en Asie centrale. Son portefeuille actuel en Ouzbékistan comprend 11,6 GW d’électricité dont 10,1 GW d’énergie renouvelable ainsi que le premier projet d’hydrogène vert du pays, d’une capacité de production de 3 000 T par an. L’entreprise développe largement son activité à l’international en accompagnant désormais plus d’une quinzaine de pays dans le développement de solutions de production d’énergie propre parmi lesquels l’Afrique du Sud, l’Egypte, le Maroc et le Sénégal.
Aérien : L’Arabie saoudite a ajouté 60 liaisons directes depuis le lancement de son Air Connectivity Program. L'Arabie saoudite a introduit 60 nouvelles routes aériennes directes depuis le lancement de son Air Connectivity Program (APC), selon Majid Khan, PDG de l'initiative. Lancé en 2021, le programme a joué un rôle crucial dans le développement du tourisme en multipliant les liaisons aériennes du Royaume avec des destinations mondiales. L’Arabie saoudite souhaite en effet s’imposer en tant que hub d’envergure internationale car stratégiquement positionnée entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Depuis le début de l’année 2024, 12 nouvelles compagnies aériennes étrangères ont établi des liaisons directes avec l'Arabie saoudite, contre deux à quatre nouvelles liaisons en moyenne par pays. D’ici 2030, le pays souhaite établir des liaisons directes vers plus de 250 destinations et attirer plus de 150 millions de touristes, contre 100 millions actuellement dont 25 % d’internationaux.
Agriculture : Le Ministère saoudien de l’Environnement, de l’Eau et de l’Agriculture délivre la première licence de culture aéroponique au Moyen-Orient. Le MEWA a délivré la première licence opérationnelle au Moyen-Orient pour un projet agricole commercial utilisant l'aéroponie. Le projet vise à contribuer aux besoins agricoles du marché local par le biais d'une production durable, objectif central de la Vision 2030 du pays. L'aéroponie est une méthode de culture des plantes sans terre réputée pour son efficacité, car permettant de réduire la consommation d'eau de 95 % par rapport aux techniques agricoles traditionnelles ainsi qu’une productivité tout au long de l'année. L’Arabie souhaite ainsi se positionner comme leader régional sur les solutions agricoles durables en prévision notamment de l’organisation de la COP 16 sur la lutte contre la désertification des sols, du 2 au 13 décembre prochain.
Émirats arabes unis
Macroéconomie & Finance
CEPA : Les EAU signent des accords de partenariat économiques globaux (CEPA) avec la Jordanie et avec la Serbie. Alors que les EAU multiplient les accords de ce type, il s’agit de la première fois qu’un CEPA est signé avec un pays du monde arabe. Le traité devrait renforcer les relations commerciales entre Amman et Abu Dhabi, qui s’élevaient en 2023 à 4,2 Mds USD hors hydrocarbures. Les EAU sont par ailleurs le premier investisseur étranger en Jordanie. L’accord avec la Serbie est quant à lui le premier signé avec un pays non membre de l’Organisation Mondiale du Commerce. Les échanges entre la Serbie et les EAU, plus modestes, se sont élevés à 122,9M USD en 2023.
Startups : Les startups de Dubaï, Jeddah, Riyad et Abu Dhabi ont représenté 85 % des levées de fonds au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en septembre, récoltant 328,3M USD, selon Rasmal, un site d'information consacré aux startups. Les EAU attirent les entrepreneurs grâce à des programmes d'accélération et à des allègements fiscaux, tandis que l'Arabie saoudite tire son épingle du jeu grâce à d'importants investissements dans l'infrastructure numérique, en particulier à Riyad et à Djeddah
Dubaï devrait être classée première destination au monde pour les IDE destinés à de nouveaux projets (IDE « greenfields ») au premier semestre 2024. Avec 508 nouveaux projets, Dubai devance ainsi Londres, Singapour et New York et représente à elle seule 6,2% (en nombre) des projets lancés dans le monde.
Le Cabinet des EAU approuve une hausse de 12,5% du budget fédéral pour 2025. Les dépenses atteindront 71,5 Mds AED (17,72 Mds EUR), ce qui devrait déboucher sur un solde budgétaire à l’équilibre pour la Fédération, alors qu’elle enregistrait jusqu’ici un excédent important. 40% de ce budget sera alloué aux dépenses sociales, et en particulier à l’éducation et à la santé.
AML/CFT : La banque centrale des Emirats arabes unis (CBUAE) ouvre le sommet national de lutte contre le crime financier à Abu Dhabi. Des experts du GAFI et de l’Union Européenne - dans le cadre du programme global européen de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme - ainsi que plusieurs organismes nationaux et régionaux seront présents durant ces deux jours de discussions, qui visent à élaborer un système de lutte contre le crime financier cohérent au Moyen-Orient et en Afrique.
Energie, Industrie & Services
Wynn Resorts a désormais l'autorisation de construire le premier casino du Golfe à Ras al-Khaïmah. Après trois ans de discussion, le promoteur américain a reçu une licence pour exploiter un « établissement de jeux » aux EAU après avoir investi 514M USD jusqu’à présent dans ce projet. Selon Bloomberg, les revenus issus des jeux pourraient atteindre 6,6 Mds USD soit 1,3% du PIB des EAU.
ADQ, a nommé le promoteur émirien Modon Holding comme maître d'œuvre pour son projet de Ras El-Hekma, une nouvelle ville prévue sur la côte méditerranéenne de l'Égypte. Début septembre, Modon Holding a signé plusieurs MoU avec des entreprises locales et internationales pour participer au projet. ADQ a acquis les droits de développement du projet pour 24 Mds USD et, dans le cadre de l'accord, investit 11 Mds USD supplémentaires dans d'autres projets en Égypte pour soutenir la croissance économique et le développement du pays.
La société d'ingénierie américaine, Aecom, a été confirmée comme consultant pour le projet ferroviaire Hafeet qui reliera les EAU et Oman, dont la construction a débuté en mai dernier. Le contrat de conception et de construction, estimé à 5,5 Mds AED (1,5 Md USD), a été attribué à un consortium comprenant National Projects Construction (NPC), National Infrastructure Construction Company, Tristar Engineering & Construction et Galfar Engineering & Contracting d'Oman. Annoncés à l’occasion du Global Rail, plusieurs accords de financement ont été signés avec des banques locales et internationales pour ce projet.
Core42 / Nvidia : Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, conseiller à la sécurité nationale, a rencontré Jensen Huang, fondateur et PDG de NVIDIA. Core42 a également annoncé l'expansion de son offre de cloud IA de nouvelle génération en déployant des GPU NVIDIA H100 Tensor Core aux EAU permettant des gains de performance significatifs.
Le gouvernement de Dubaï serait en cours de réexamen du plafond autorisé pour la capacité des installations solaires sur toits dans l’émirat. Un plafond a été introduit en 2020, limitant la capacité à 2 MW avant d’être réduit à 1 MW en 2022. Selon Dewa, ces plafonds ont été introduits pour garantir la stabilité du réseau électrique de l'émirat.
Dubai Holding envisagerait de créer un fonds d'investissement immobilier (REIT) pour tirer parti du marché immobilier en plein essor de l'émirat. Citygroup Inc, HSBC Holdings PLC et Emirates NBD Capital seraient retenus pour la fiducie.
Le Fonds d'Abu Dhabi pour le développement (ADFD) a annoncé un investissement de 370M AED (101M USD) pour soutenir la transformation numérique du ministère de la Santé jordanien. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de la subvention de 1,47 Md AED des EAU visant à mettre en œuvre les projets inscrits dans la Vision de modernisation économique de la Jordanie 2023-2025.
Damac Properties, a annoncé le lancement de son projet Sun City. Situé dans la région de Madinat Hind, il comprendra environ 554 unités. La construction devrait débuter au début de l'année prochaine, et le projet devrait être achevé d'ici 2027. Selon les prévisions de GlobalData, le secteur résidentiel devrait croitre de 4,5% en valeur en 2024 avant d’enregistrer une croissance moyenne annuelle de 2,6% entre 2025 et 2028.
Aldar, développeur immobilier basé à Abu Dhabi, a signé un accord de partenariat avec Expo City Dubaï pour développer un projet à usage mixte. Aldar et Expo City Dubaï ont établi une coentreprise à parts égales pour réaliser et posséder le complexe, qui aura une surface combinée de 103 000 m2. Le développement sera situé à côté du Dubai Exhibition Centre, dont le plan directeur a été approuvé le mois dernier. GlobalData prévoit que le secteur de la construction commerciale s'étendra de 5,6 % en valeur en 2024, avant d'enregistrer un taux de croissance moyen annuel de 5,6 % entre 2025 et 2028.
Etihad Rail s'est associé à Emerge, une coentreprise entre Masdar et EDF, pour installer un système photovoltaïque solaire à grande échelle (600 kWp) et un système de stockage d'énergie par batterie (2,56 MWh) à son terminal de fret de Ghuweifat. Ce système permettra de produire environ 85% des besoins en électricité du terminal.
La société d'ingénierie française Systra a été désignée pour fournir les services de conseil en administration et en ingénierie pour le projet de réseau ferroviaire EAU-Oman.
Les entreprises ont désormais jusqu’au 31 octobre pour soumettre à Etihad Rail les formulaires de préqualification pour le contrat de conception et de génie civil de la ligne grande vitesse reliant Abu Dhabi et Dubaï.
Qatar
Le Conseil des ministres a annoncé une série de décisions et d’initiatives clés affectant plusieurs secteurs de l’économie. Il a ainsi approuvé la publication des décrets relatifs à la protection des dessins et modèles industriels, renforçant ainsi le cadre de la propriété intellectuelle ; une loi rectificative relative à l’expropriation immobilière, dans le but d’accélérer les procédures de résolution des litiges ; enfin une décision importante à noter celle (i) de l’annulation des dettes générées par des prêts contractés par les entreprises qatariennes ayant bénéficié du Programme de garantie nationale de réponse à la pandémie de Covid-19 (NRGP) et (ii) de l’octroi d’une facilitation de financements à court terme, afin de soutenir le fonds de roulement de ces entreprises.
QatarEnergy signe un accord historique avec Shell Trading Singapour pour la livraison de 18 millions de tonnes par an de naphta sur 20 ans.
Ooredoo lève avec succès 500 M USD grâce à une émission obligataire sursouscrite 3,6 fois. L'obligation à 10 ans, émise par sa filiale Ooredoo International Finance Limited, offre un taux d’intérêt de 4,625% - soit seulement 88 points de base supérieur à celui des obligations du Trésor américain à même maturité. Le produit de l'émission servira à financer les besoins de l'entreprise, y compris le refinancement de sa dette.
La banque islamique qatarienne Lesha Bank finalise, ce 8 octobre, l’acquisition à 100% de Bereke Bank, basée au Kazakhstan, pour un montant de 135 M USD. Bereke Bank dispose d'un réseau de 18 agences au Kazakhstan et d'une notation financière BB stable.
Golden Gate Ventures promet d’allouer 10 % de ses investissements à des entreprises qatariennes via son fonds « Mena I » avant son départ anticipé du Qatar, début 2025. Le fonds « Mena I » de Golden Gate Ventures (basé à Singapour), a été le premier fonds de capital-risque international à s’établir au Qatar en mai 2024. « Mena I » doté d’une enveloppe de 100 M USD dont 20 M USD issus d’investisseurs qatariens, se concentre sur les startups dans des secteurs tels que l'énergie, les technologies vertes, l'intelligence artificielle et la technologie énergétique.
Qatar Tourism a présenté ce 7 octobre une feuille de route ambitieuse pour développer le secteur du tourisme au Qatar lors d’un évènement en présence du Premier ministre cheikh Mohammed bin Abdulrahman Al-Thani, de membres du gouvernements, d’ambassadeurs et de PDG qatariens et internationaux. Le calendrier des événements du Qatar comprend plus de 600 activités, incluant des festivals, des concerts et des événements sportifs. Pour rappel, la stratégie nationale du Qatar à horizon 2030 vise l’attraction de 6 millions de visiteurs par an d’ici la fin de la décennie.
Le commerce bilatéral entre le Qatar et la Corée du Sud a atteint environ 16 Mds USD en 2023, et la coopération entre les deux pays s’accélère. La Corée serait le deuxième plus grand importateur de GNL qatarien, représentant 19,5 % de sa consommation annuelle. Pour rappel, les entreprises coréennes sont mobilisées sur plusieurs projets stratégiques dans le secteur de l’énergie et des infrastructures : Samsung C&T construit actuellement la seconde centrale solaire de l’émirat, tandis qu'Hyundai Heavy Industries participe à la troisième phase du développement du champ pétrolier Al Shaheen. Par ailleurs, des dizaines de méthaniers qatariens sont en construction dans les chantiers navals sud-coréens pour accompagner l'expansion de la flotte navale de QatarEnergy. Enfin, en 2023, la Corée a signé un accord de libre-échange avec les pays membres du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe (CCEAG).
Koweït
Appel d’offre pour le développement d’un réseau de téléphone fixe. L’Instance de partenariat public-privé (KAPP), en coopération avec le ministère des Télécommunications a appelé les quatre entreprises qualifiées (Bahrain Telecom Company (Batelco), la société émiratie etisalat&, le canadien Brookfield Corp et le groupe italien TIM) à soumettre leurs offres pour un projet de développement des réseaux de télécommunication fixe au Koweït, ajoutant que le contrat de partenariat - et de concession - porterait sur une durée de 50 ans.
Les fonds du Golfe mènent les investissements mondiaux des SWFs et s’intéressent de plus en plus à la Chine. Au cours des trois premiers trimestres 2024 les fonds souverains du Conseil de Coopération du Golfe ont investi 55 Mds USD à travers 126 transactions, soit 40% des actifs investis dans le monde par des fonds souverains. La très grande majorité des capitaux mobilisés provient des « Oil Five » avec en tête les Emirats (2.200 Mds USD - ADIA, ADQ et Mubadala) suivis de très près par l’Arabie saoudite (PIF) et le Qatar (QIA) pour un total d’actifs évalué à 4.900 Mds USD. Les experts estiment que la capitalisation cumulée de ces fonds atteindra 5.000 Mds USD en 2025 et 7.300 Mds USD d’ici 2030. La Chine, attirant de plus en plus l’intérêt des investisseurs du golfe, a accueilli 9,5 des 55 Mds USD investis au cours des neuf premiers mois de 2024. En forte progression, la réallocation vers l’Asie d’actifs jusqu’alors placés aux Etats-Unis se confirme.
Discussions entre le FMI et le Koweït à Doha. En marge de la 122ème réunion du Comité de coopération financière et économique des pays du CCEAG, la ministre koweitienne de l’Economie et des Finances, Noura Al-Fassam, a discuté avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, du renforcement de la coopération entre le Koweït et le FMI. Selon un communiqué, les deux parties ont exploré les moyens de renforcer la coopération et de tirer parti de l’expertise du fonds pour relever les défis financiers et mettre en œuvre des réformes économiques au Koweït.
Le groupe koweïtien NI Group envisage d'acquérir 100 % des parts du capital de la société de métallurgie bahreïnie Foulath Holding BSC Closed, qui produit annuellement plus de 12 MT de boulettes de minerai de fer (« pellets ») de haute qualité et plus d’1 MT d’d'acier de construction. Le conseil d'administration de NI Group, qui fabrique des matériaux de construction, se réunira dimanche pour discuter d'un accord non contraignant portant sur l'acquisition des parts de capital de Foulath, actuellement détenu par Bahrain Steel.
Le GAFI pointe les faiblesses du cadre juridique du Koweït dans la lutte contre le blanchiment. Faisant état de manquements sérieux, le GAFI a déclaré mardi que le Koweït disposait d'un cadre juridique et de surveillance « adéquat » pour lutter contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, tout en ajoutant qu'il présentait « de sérieuses lacunes pour obtenir des résultats efficaces ». A l'occasion de la publication de son rapport d'avancement sur le Koweït, l'organisme de surveillance a évoqués des lacunes dans la lutte contre le financement du terrorisme. « Les banques et les grandes institutions financières ont une bonne compréhension de leurs risques et de leurs obligations, mais les autorités de surveillance des secteurs financier et non financier doivent se concentrer davantage sur la propriété effective ».
Oman
Porté par « Future Fund Oman », le fonds souverain omanais a annoncé une première série de projets d’investissements. 832 M OMR (2,2 Md USD), vont être investis dont 220 M OMR directement par l’OIA, et plus de 1 600 emplois directs qui devraient être créés. D’autres projets d’investissements devraient être annoncés d’ici la fin de l’année pour atteindre l’objectif de 400 M OMR d’engagements annuels du portefeuille. Différents projets ont été sélectionnés notamment dans les énergies renouvelables (United Solar pour une usine de 100 ktpa de polysilicium) ou encore les TIC (ewpartners, Nashid, Serb, Monak, etc.). Pour rappel, ce portefeuille, lancé en janvier 2024, sera doté de 2 Md OMR sur 5 ans (2024-2028). Ce « fonds » sera destiné à financer le développement des secteurs clés de la diversification économique, mais il aura aussi pour mission de soutenir les petites et moyennes entreprises et pourra intervenir dans des capital-risqueurs omanais (10% de la dotation allouée via quatre partenaires : Omantel, Cyfr Capital, Tanmia et ITHCA).
Le Sultanat d'Oman a enregistré un excédent budgétaire de 447 M OMR (1,2 Md USD) sur les huit premiers mois de 2024 selon le ministère des Finances, contre un excédent de 773 M OMR (2 Md USD) sur la même période en 2023, soit une baisse de -42,2% sur un an. La baisse de l’excédent en g.a. s’explique en partie par la hausse des dépenses (+7%) notamment de développement (+28%) et des montants de subventions en forte croissance (+58%). Pour rappel, l’agence de notation Standard and Poor’s vient de revoir à la hausse la note souveraine du Sultanat à BBB- qui repasse donc en catégorie investissement.