Publication du Service économique régional d’Abuja, réalisée avec les contributions des SE de Lagos et d’Accra.

Faits saillants:

- Nigéria : la Ministre des Finances déclare que le Nigéria connaît une période difficile ; le sucre pourrait rejoindre la liste des produits ayant un accès restreint aux devises étrangères ; les revenus de la banque électronique stagnent en 2020 ; lancement des travaux de la Red Line du métro de Lagos. 

- Ghana : la croissance atteint 0,4% en 2020 ; l’inflation se situe à 10,3% en mars.

 Le chiffre à retenir :

80%

C’est le taux de réalisation de la raffinerie de pétrole du groupe Dangote, qui devrait être achevée d’ici la fin de l’année.

 

Nigéria

La Ministre des Finances déclare que le Nigéria traverse une période difficile.

La Ministre des Finances, Zainab Ahmed, a déclaré cette semaine que l’Etat nigérian faisait face à d’importantes difficultés en matière de recettes publiques mais ne ferait pas appel à l’aide de la Banque centrale pour les combler. La Ministre a plutôt préconisé une réduction des dépenses publiques et a appelé à une meilleure mobilisation des recettes intérieures, notamment des Etats fédérés. Elle a reconnu les difficultés de l’exécutif à soutenir l’activité économique, faute de ressources, dans un contexte marqué par la crise de la Covid-19.Cette même semaine, le Bureau national des statistiques a annoncé que les recettes générées par les Etats fédérés ont reculé de 1,93% en 2020. En effet, les revenus générés par les 36 États fédérés et le territoire fédéral de la capitale ont atteint 3,45 Mds USD en 2020 contre 3,51 en 2019. L’État de Lagos arrive largement en tête en 2020 avec 1,11 Mds USD (soit 32,08% du total) de revenus générés suivi par l’État de Rivers (309 M USD, soit 8,97%) et le territoire fédéral de la capitale (242 M USD, soit 7,05%).

Le sucre pourrait rejoindre la liste des produits ayant un accès restreint aux devises étrangères.

Dans un récent communiqué, la Banque Centrale du Nigéria (CBN) indique souhaiter bloquer l’accès aux devises étrangères pour les importations de sucre. Cette annonce s’inscrit dans la stratégie nationale visant à réduire les importations étrangères, en particulier des produits agricoles, afin de stimuler la production et l’emploi agricoles locaux tout en permettant une meilleure gestion des réserves par la CBN. En juillet dernier, le maïs avait déjà été ajouté à la liste des quelque 40 produits dont l’importation était limitée par un accès restreint aux devises. Le Gouvernement souhaite ainsi économiser les réserves de change et limiter le déficit de la balance commerciale. Une telle restriction des devises pourrait par ailleurs accélérer l’inflation des denrées alimentaires, qui atteignait 22,95% en mars 2021. Les investissements dans la production locale de sucre se multiplient alors. Par exemple, le groupe Dangote via sa filiale Dangote Sugar Refinery, principal producteur de sucre du pays, et par ailleurs détenteur de 55% des quotas d’importation de sucre au Nigeria, a annoncé cette semaine investir 700 M USD pour une raffinerie de sucre et les infrastructures alentours (notamment routières)  dans l’Etat de Nasawara. En parallèle, le groupe BUA investit 300 M USD pour sa raffinerie de sucre à Kwara. Enfin, Flour Mills a acquis cette semaine 5 200 hectares de terres dans l’Etat du Niger pour développer sa production de cannes à sucre. A noter que les importations de blé seraient également touchées par cette mesure de restriction d’accès aux devises étrangères. Le pays n’en produit par ailleurs que 60 000 tonnes par an contre une consommation de plus de 4 millions de tonnes en moyenne.

Les revenus de la banque électronique stagnent en 2020.

Les revenus des services en ligne des douze principales banques nigérianes ont totalisé 571,3 M USD en 2020. Cela représente un léger recul de 0,24% par rapport à 2019 lorsque ce même chiffre avait atteint 572,6 M USD. Cette stagnation s’explique notamment par le ralentissement de l’activité économique suite à la pandémie de la Covid-19. Toutefois, Access Bank arrive en tête, alors qu’il était quatrième en 2019, avec 147,8 Mds USD de revenus, soit une progression de 55,64%. Viennent ensuite First Bank avec 128,4 M USD (+1,35%) et le groupe UBA avec 116,8 M USD (+14,14%). A noter que les services bancaires en ligne sont largement répandus au Nigéria et notamment les transferts bancaires  à travers les applications mobiles. La valeur totale de ces transferts électroniques a progressé de 50% entre 2019 et 2020 pour atteindre 416 Mds USD. Quant au volume des transactions électroniques il s’est établi à 2 milliards, en hausse de 77% par rapport à 2019.

Lancement des travaux de la Red Line du métro de Lagos.

Le gouverneur de Lagos, Babajide Sanwo-Olu, a inauguré le chantier de la Red Line, seconde ligne du métro de Lagos. Prévue pour être longue de 37kms et desservir 8 stations entre Agbado et Marina (du Nord au Sud de la mégalopole), cette ligne devrait transporter 500 000 voyageurs quotidiennement pour la première phase de sa mise en service fin 2022 puis 1 million de voyageurs quotidiens à terme. Ce projet fait partie du STMP : Strategic Transport Master Plan, prévu pour transformer la mobilité à Lagos à l’horizon 2032 et développé par LAMATA, Lagos Metropolitan Area Transport Authority. Le financement est assuré par la Banque Centrale du Nigéria. Pour rappel, la première ligne du métro lagotien baptisée « Blue Line », dont les travaux mené par la China Civil Engineering Construction Corporation avaient commencé en 2008, n’est complétée qu’à 78%. Les autorités espèrent que l’inauguration du métro fin 2022 comprendra les deux lignes. 

Ghana

La croissance atteint 0,4% en 2020.

D’après le Ghana Statistical Service, le PIB ghanéen a connu une croissance de 3,3% au quatrième trimestre 2020 en glissement annuel. Le Ghana retrouve ainsi la croissance après deux trimestres consécutifs de recul de l’activité économique (-5,9% au deuxième puis -3,2% au troisième) qui avaient plongé le pays en récession, une première depuis 1983. Le moteur de cette reprise au quatrième trimestre a été le secteur agricole qui a enregistré une croissance de 8,2%. Les services ont également progressé (+4,6 %) alors que l’industrie a encore reculé (-0,4%). Ainsi, sur l’ensemble de l’année 2020, l’économie ghanéenne aura connu une croissance de 0,4%. Hors service pétrolier, la croissance atteint 1,3%. Alors que le secteur industriel a reculé de 3,6%, l’agriculture et les services ont progressé de 7,4% et 1,5% respectivement en 2020. Les services ont représenté 44,6% de la création de valeur ajoutée alors que l’industrie et l’agriculture ont contribué à hauteur de 36,3% et 19,1% respectivement. Pour rappel, la croissance avait atteint 6,5% sur l’année 2019 et d’après les prévisions du FMI elle serait de 4,6% en 2021.

L’inflation se situe à 10,3% en mars.

L’indice des prix à la consommation a augmenté de 10,3% au mois de mars en glissement annuel. Le taux d’inflation reste ainsi au même niveau qu’au mois de février et légèrement au-dessus de son niveau de janvier lorsqu’il avait atteint 9,9%. L’inflation demeure donc au-dessus de la cible de la Banque du Ghana, qui se situe entre 6 et 10%. Pour rappel l’inflation s’était établie à 10,4% en 2020. L’inflation alimentaire a atteint 10,8% en mars alors que les prix des produits non-alimentaires ont connu une hausse de 10%. La hausse des prix de l’alimentation constitue 46,3% de l'inflation totale, soit le plus faible niveau depuis février 2020. Les biens produits localement ont vu leur prix augmenter plus rapidement que les biens importés, avec des progressions respectives de 11,7% et 6,8%.

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