En 2019, les exportations françaises vers le Ghana sont en hausse de 9,2% et les importations depuis le Ghana en baisse de 4,3%, permettant ainsi une résorption de 16,5% du déficit commercial, soit -198,0 M €. Avec 664,6 M € d'échanges en 2019, le Ghana est le 10ème partenaire commercial de la France en Afrique subsaharienne.

En 2019, les exportations françaises vers le Ghana sont en hausse de 9,2% et les importations depuis le Ghana en baisse de 4,3%, permettant ainsi une résorption de 16,5% du déficit commercial, soit -198,0 M €. Les exportations françaises vers le Ghana s’élèvent à 233,3 M € : elles sont portées par la hausse des exportations de produits agricoles, pharmaceutiques, métallurgiques chimiques et informatiques. La baisse des cours du pétrole entraine une diminution du total des importations depuis le Ghana, qui atteignent 431,3 M € en 2019. Ces dernières sont essentiellement constituées de pétrole et de produits agricoles ou issus de l’industrie agroalimentaire. Le déficit commercial avec le Ghana atteint ainsi -198,0 M € en 2019, contre -237,1 M€ en 2018. Outre les importations d’hydrocarbures, le déficit commercial pâtit aussi de la faible performance des exportations industrielles françaises vers le Ghana.

 

1. Les exportations françaises vers le Ghana, en baisse depuis 2012, augmentent de 9,2% en 2019.

Les exportations françaises vers le Ghana atteignent 233,3 M € en 2019, en hausse de 19,7 M € (+9,2%). Cette amélioration s’est faite majoritairement au cours du second semestre, avec une hausse de 15,5 M € grâce aux exportations de produits agricoles, pharmaceutiques, métalurgiques et chimiques. Les exportations des produits agricoles explosent, passant de 1,3 M € en 2018 à 19,3 M € en 2019. Les principaux secteurs en hausses sont ceux des produits pharmaceutiques (+74,2% à 26,8 M €), métallurgiques (+51,1% à 22,3 M €), chimiques (+28,1% à 36,1 M€) et informatiques (+19,9% à 34,2 M €). A contrario, les exportations des machines industrielles et agricoles sont en baisse de 42,2% à 26,0 M €. Les exportations d’équipements électriques et ménagers diminuent de 46,4% à 6,0 M € en 2019.

Cette performance marque un arrêt dans la baisse des exportations françaises vers le Ghana depuis 2012. Depuis cette date, les exportations françaises n’ont connu de hausse qu’en 2015 où l’ouverture du champ pétrolier de TEN avait nécessité l’installation d’infrastructures pour son exploitation et permis la vente de produits métallurgiques et de biens d’équipement français. Les exportations ont alors atteint 468,7 M €. En 10 ans, nos exportations sont passées de 351,8 M € en 2009 à 213,6 M € en 2018, soit une baisse de 39,3%. La part de marché française (2,4% en 2018) est la 14ème au Ghana, soit la 5ème des pays européens après la Belgique (5,9%), la Grande Bretagne (5,1%), l’Allemagne (2,6%) et l’Italie (2,6%). Elle reste loin derrière la Chine (19,0%) et les Etats-Unis (8,1%).

Le Ghana est le 5ème marché des pays non-francophones d’Afrique subsaharienne pour la France en valeur, après l’Afrique du Sud, l’Ethiopie, le Nigeria et l’Angola mais devant le Kenya. En Afrique subsaharienne, le Ghana est la 14ème destination des exportations françaises. Premier poste d’exportations depuis 10 ans, les équipements mécaniques, électriques et informatiques (28,4%) sont portés par les commandes des secteurs de la construction et de l’extraction, en fonction des grands contrats. Les produits des industries agroalimentaires, 18,2% des exportations françaises vers le Ghana, sont favorisés par la demande des distributeurs libanais, présents à Accra, pour des produits français.

 

2. Les importations depuis le Ghana, dépendantes du prix du pétrole, diminuent de 10,1%.

Les importations en provenance du Ghana, à 431,3 M € en 2019, ont diminué de 4,3% par rapport à l’année 2018 : Les importations d’hydrocarbures et de produits des industries extractives s’élèvent à 165,8 M € en 2019 (-10,1%) et représentent 38% des importations. Les importations de produits agricoles sont de 150,8 M € (+1,7%), soit 35% des importations, et les importations de produits issus des industries agro-alimentaires sont de 111,2 M € (-3,0%) et comptent pour 26% des importations. Ces trois postes composent 99% des importations françaises depuis le Ghana.

La baisse du cours du pétrole (-4,5% sur un an) contribue à la diminution du montant des importations depuis le Ghana. Les fluctuations du cours du pétrole en euros participent à la volatilité du montant des importations depuis le Ghana. Si l’on exclut les importations d’hydrocarbures, les importations depuis le Ghana restent relativement stables depuis 2010, entre 210,7 M€ et 304,7 M€, Avec les hydrocarbures, celles-ci évoluent entre 242,7 M€ et 1 342,9 M€ depuis les premières exportations de pétrole ghanéen fin 2010 (cf. annexes). La baisse des cours du pétrole, de 60,2 € par baril de Brent en 2018 à 57,5 € en 2019 (-4,5%), explique en partie la diminution de ce poste d’importation depuis le Ghana.

Sur la dernière décennie les importations de produits des industries agroalimentaires ont doublé, portées par les entreprises françaises du secteur implantées au Ghana (+124%). Cette évolution traduit l’accroissement des activités de filiales françaises dans ce secteur, notamment Touton pour le cacao et ses transformations, Thai Union pour les préparations à base de poisson et Golden Exotics, filiale de la Compagnie fruitière, pour les fruits et produits tropicaux. 

 

3. Le déficit commercial de la France avec le Ghana souffre du déclin de ses exportations industrielles.

Le déficit commercial avec le Ghana atteint -198,0 M€ en 2019, contre -237,1 M€ en 2018. Sur la période, le déficit diminue de 39,1 M €, (-16,5%), grâce à la hausse des exportations de 19,7 M € et à la baisse des importations de 19,4 M €. La France est en déficit commercial avec le Ghana depuis 2011, date de début de la production pétrolière. Hors pétrole, le déficit s’établit tout de même à -32,6 M € en diminution par rapport à l’année 2018 où il atteignait -53,2 M €.

La baisse progressive depuis 10 ans des exportations industrielles participe au déficit commercial avec le Ghana. Le solde commercial des produits de l’industrie est en baisse de 66,3% depuis 10 ans de 292,6 M € en 2010 à 98,7 M € en 2019. Les exportations de produits industriels sont à la baisse depuis 2010 où elles s’élevaient à 360,7 M € pour atteindre 213,3 M € en 2019, soit une baisse de 40,9%. A ceci s’ajoute l’augmentation des importations manufacturières ghanéennes, de 68,1 M € en 2010 à 114,6 M € en 2019, en augmentation de 68,3%.