France - JaponCette étude propose un état des lieux des réseaux de chaleur et de froid au Japon, couplée à une analyse de leur actuelle trajectoire de développement, ainsi que quelques points de comparaison avec la France.

Elle s'appuie sur l’analyse de documents officiels et non officiels disponibles sur internet, concernant les réseaux de chaleur et de froid au Japon et en France. Cette analyse documentaire a été complétée par un entretien avec l’association japonaise du chauffage urbain.

Résumé

Rendement énergétique amélioré, réduction de la pollution atmosphérique et sonore, libération des espaces autrement occupés par les tours de refroidissement ou encore recours facilité aux énergies renouvelables : les avantages des réseaux de chaleur et de froid sur les systèmes individuels sont indéniables, et ils font assurément partie intégrante des solutions pour la transition énergétique.

La morphologie des villes nippones – organisées autour de pôles urbains très concentrés et faisant face à une forte demande en climatisation – fait du Japon un territoire a priori propice à leur déploiement. Des années 1970 aux années 2000, les réseaux de chaleur et de froid – utilisés essentiellement pour la climatisation des bâtiments, à la différence de la France – se sont multipliés à travers le Japon ; on en comptait ainsi plus de 150 en 2004. Depuis lors, leur nombre a pourtant eu tendance à diminuer : en 2018, on n’en comptait plus que 134, gérés par 76 opérateurs et concentrés notamment dans la région du Kanto.

Comparativement à d’autres pays développés, notamment la France, les parts de demande nationale en chauffage et en climatisation satisfaites au Japon par ce type de réseaux sont aujourd’hui faibles  – respectivement de 0,4% et de 4%  – tout comme l’est celle de l’utilisation des énergies renouvelables par ces mêmes réseaux.

De fait, malgré les nombreux atouts du chauffage et du froid urbain, les politiques publiques japonaises n’encouragent pas suffisamment le développement de ces réseaux : réglementation contraignante, avantage fiscal récemment supprimé, manque d’incitation et de valorisation en faveur des opérateurs, etc. Si certaines collectivités japonaises font preuve d’initiative pour encourager le développement du chauffage et du froid urbain sur leur territoire, le soutien qu’elle pourrait recevoir du gouvernement reste toutefois limité.

Dans un contexte de développement encore difficile de la production électrique renouvelable sur le sol japonais, une politique plus active en matière de renouvelables thermiques pourrait pourtant contribuer à l’atteinte des objectifs nationaux d’indépendance énergétique et de lutte contre le changement climatique.