En 2017, nos échanges commerciaux avec Singapour ont progressé de 7,5% par rapport à 2016. Cette évolution s’explique par la bonne performance de nos exportations (+10,1%), nos importations (+0,2%) en provenance de la cité-Etat demeurant stables. Le dynamisme de nos exportations s’explique principalement par la bonne tenue des principaux postes de la France : parfums (+26%), livraisons aéronautiques (+16%), maroquinerie (+12%) et produits des industries agroalimentaires (+8%). La concentration de nos exportations sur ces quatre secteurs est de plus en plus importante, et atteint 73% du total en 2017, contre 51% en 2008. Sur l’année, notre excédent commercial avec Singapour augmente de 15,4% en g.a., à 4,6 Mds EUR, soit le 2ème excédent au monde par le montant, lié notamment à l’importance des réexportations.

Nos échanges commerciaux avec Singapour se sont élevés à 8,9 Mds EUR en 2017, un montant en hausse par rapport à la même période en 2016 (+7,5%)[1]. Ce résultat s’explique par la nette progression de nos exportations vers la cité-Etat (+10,1% en g.a.), à 6,8 Mds EUR, tandis que nos importations restent stables (+0,2% en g.a.), à 2,1 Mds EUR[2]. Singapour constitue ainsi le deuxième excédent bilatéral français en 2017 à 4,6 Mds EUR (+15,4% en g.a.), après Hong Kong (5,6 Mds EUR) mais devant le Royaume-Uni (4,1 Mds EUR).

1. Des exportations en progression sensible : +10,1%

Partenaire privilégié de la France en Asie du Sud-Est, Singapour se place au 11ème rang de nos clients (1,5% des ventes françaises sur l’année). En 2017, nos ventes à destination de Singapour enregistrent une nette hausse de 10,1% en g.a, une performance qui contraste avec celle de nos exportations à destination de l’ASEAN (hors Singapour) sur la même période (-0,8%). Toutefois ces données sont à nuancer en raison du rôle de plateforme de Singapour. En effet, tant les statistiques d’ensemble de la cité-Etat que les informations provenant des logisticiens indiquent que les réexportations vers l’Asie tirent aujourd’hui notre commerce vers la cité-Etat. La taille relativement modeste du marché domestique singapourien (5,6 millions d’habitants) et le fait que 40% environ des exportateurs français en ASEAN ont des clients dans au moins deux des dix marchés de la région justifient d’interpréter le solde commercial bilatéral dans ce contexte régional.

Nos exportations vers la cité-Etat ont été principalement tirées par des secteurs traditionnels d’exportations françaises : les livraisons aéronautiques et les produits de luxe (annexe 3).

Les ventes de matériels de transports enregistrent ainsi une hausse de 16,2% en g.a. pour atteindre 1,7 Md EUR (soit 25,8% de nos exportations totales). Si nos exportations de navires chutent fortement de 98,4% à 670 000 EUR, celles d’aéronefs et de locomotives ont augmenté respectivement de 18,9% et 21,0% en g.a. (à 1,7 Md EUR et 6,9 M EUR). Enfin les ventes de bateaux de plaisance ont enregistrés une progression importante (+67,9%) à 6,3 M EUR.

Les ventes du poste des produits manufacturés ont enregistré une croissance de 12,4% en g.a. (à 2,8 Mds EUR, soit 40,7% de nos exportations totales). Les sous-catégories composant ce poste présentent des performances contrastées : les ventes de produits chimiques, parfums et cosmétiques (45% du total de ce poste) et de textiles et maroquinerie (37%) ont progressé respectivement de 26,5% et 11,8% en g.a. en 2017. A l’inverse, les exportations de produits pharmaceutiques se contractent de 14,6%.

Nos ventes de produits des industries agroalimentaires progressent et enregistrent une hausse de 8,6% en g.a., à 966 M EUR. Au sein de ce poste d’exportation (le 4ème poste à Singapour, 14,3% de nos exportations totales), les ventes de la sous-catégorie des produits de l’industrie alimentaire augmentent de 13,3% à 106 M EUR tandis que celles liées à l’activité de fabrication de boissons ont enregistré une progression de 8,0% à 860 M EUR (en grande partie tributaire de la croissance des ventes d’alcool et de vin, +8,1%).

2. Des importations stables depuis Singapour : +0,2%

Le montant de nos importations depuis Singapour a atteint 2,1 Mds EUR en 2017 en très légère hausse de 0,2%, faisant de la cité-Etat le 43ème fournisseur mondial de la France (0,4% des achats) et le 3ème fournisseur « ASEAN » (13% des achats) derrière le Vietnam et la Thaïlande.

Le premier poste d’importation reste les produits pharmaceutiques – 31,6% du total – et ce malgré une baisse de 14,3% en g.a. à 679,9 M EUR. Les importations de préparations pharmaceutiques ont reculé de 13,1% à 394,5 M EUR. Celles de produits pharmaceutiques de base ont chuté de 16,0% à 285,5 M EUR.

Le second poste d’importations demeure les produits informatiques, électroniques et optiques avec 649,2 M EUR d’achats (30% du total), en augmentation (+12,2%). Les sous-catégories de produits de ce poste présentent cependant des dynamiques différentes : nos achats d’ordinateurs et équipements périphériques (qui représentent 41,3% des achats de ce poste) augmentent de 9,9% en g.a. avec les instruments et appareils de mesure (+30,9%) alors que les composants électroniques (-4,2%) diminuent.

Nos achats de produits pétroliers raffinés représentent quant à eux 16,2% de nos importations : ils atteignent 348,4 M EUR, soit une hausse de 22,1%.

Le secteur des matériels de transport ne compte que pour 5,8% des importations totales, à 125,4 M EUR, en baisse de 3,6% par rapport à 2016 (annexe 4). Les produits chimiques, parfums et cosmétiques (3,3% du total des achats) ont progressé de 15,4% pour atteindre un montant total de 71,9 M EUR.

3. Un excédent commercial vis-à-vis de Singapour en nette hausse : +15,4%

Grâce au regain de dynamisme de nos exportations, notre excédent commercial a doublé en quatre ans pour atteindre 4,6 Mds EUR en 2017 contre 2,3 Mds EUR en 2014. Cela confirme la consolidation de notre solde commercial avec la cité-Etat, déjà observée avec la tendance à la baisse de nos importations entre 2012 et 2015 pour partie liée à la contraction des achats de produits pharmaceutiques (annexes 1, 2 et 4). Cette tendance pourrait se poursuivre compte tenu des singularités de notre commerce bilatéral et du dynamisme de la région dont la croissance économique est supérieure de 5% cette année.

Annexes
Une concentration de nos exportations sur les produits de luxe et l’aéronautique de plus en plus importante
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Nos exportations vers Singapour se concentrent de plus en plus sur quatre secteurs, qui représentent désormais 73% du total (contre 51% en 2008) (graphique 1). Sur les dix dernières années, la progression des exportations est essentiellement due à la hausse de la demande pour les produits de luxe (parfums, maroquinerie et boissons alcoolisées pour l’essentiel), dont les ventes ont augmenté de +156% (graphique 2), et de l’aéronautique, à +55%. Le poids de ces secteurs traditionnels français dans les exportations vers Singapour témoigne d’une spécialisation accrue de nos exportations vers Singapour et, plus généralement, l’Asie (compte tenu de l’importance des réexportations, notamment vers la Chine).

 
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[1] A noter, les chiffres publiés par l’International Enterprise Singapore sont sensiblement différents de ceux des Douanes françaises. Les échanges commerciaux avec la France sont ainsi estimés à 10,9 Mds EUR fin 2017, en hausse de 4,0% par rapport à 2016. Les importations françaises depuis Singapour auraient atteint 2,9 Mds EUR (en hausse de 9,0%) et nos exportations vers la cité-Etat se chiffreraient à 7,9 Mds EUR (en hausse de 2,2%).

[2] Cette évolution est d’autant plus intéressante qu’elle n’est pas liée aux effets de change compte tenu de la dépréciation de 5,5% du dollar singapourien face à l’euro entre début 2016 (1 EUR = 1,524 SGD) et fin 2017 (1 EUR = 1,607 SGD) qui aurait dû pénaliser nos exportations.