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Nigeria

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Avec un PIB de 493 Mds EUR en 2015, le Nigéria était la première puissance économique d’Afrique devant l’Afrique du Sud. En 2016, le pays est cependant entré en récession. Le PIB a reculé de 1,5% en glissement annuel, première contraction enregistrée depuis 1991, une baisse non anticipée même si la croissance avait marqué le pas en 2015 (+2,7%). La contraction de la production pétrolière, tombée autour de 1,8 M b/j en 2016, est la cause principale mais non exclusive des difficultés actuelles du Nigéria.

Le Nigéria reste cependant un des pôles de croissance parmi les plus prometteurs d’Afrique. Comptant plus de 180 millions d’habitants, il est la première puissance démographique du continent devant l’Égypte et pourrait détrôner les États-Unis au troisième rang mondial d’ici 2050, avec près de 400 millions d’habitants. Entre 2003 et 2013, le taux moyen de croissance de 6% par an, bien que largement fondée sur le pétrole, a permis d’engager une modification structurelle de son économie : aujourd’hui, de source nigériane, le secteur des hydrocarbures représente 8,4% du PIB, les services représentent 53,6% du PIB porté notamment par les services financiers et les télécommunications, l’agriculture constitue près du quart du PIB. Le pays connait par ailleurs un développement du secteur manufacturier (près de 9,3% du PIB), notamment dans les secteurs du ciment (1er producteur africain), de l’agro-industrie et de l’équipement électrique et pétrolier.

Avec 22 milliardaires et 34 000 millionnaires en USD recensés, ce pays à fort potentiel, n’en est pas moins un des plus inégalitaires au monde, classé 152ème sur 187 pays pour son niveau de développement humain (avec un IDH de 0,527 qui une fois ajusté aux inégalités, tombe à 0,328) ; les autorités estiment à 61% la part de la population vivant avec moins d’un dollar par jour. Le climat socio-économique précaire et les déséquilibres géographiques internes au pays contribuent à la dégradation du climat sécuritaire dans les zones les plus défavorisées à l’image du conflit armé avec la secte Boko Haram qui bien que militairement maîtrisée, reste une menace dans le Nord-Est du pays.

Le Nigéria continue de connaitre les effets du contre-choc pétrolier depuis le début 2014 au premier rang desquels la baisse des recettes d’exportations (constituées à 90% de pétrole brut) et des revenus budgétaires (75% des revenus procèdent des industries des hydrocarbures) qui témoignent d’une dépendance pétrolière encore forte. Elu en mars 2015, date saluée comme marquant la première alternance démocratique sans heurts de ce grand pays, le Président Buhari qui avait fait de la lutte contre Boko Haram et la corruption sa priorité politique s’est trouvé confronté à deux autres dossiers pressants, la crise économique et l’extension des actions de sabotage des installations pétrolières dans le Delta du Niger. Le gouvernement a publié début 2017 un Plan de redressement et de croissance économique (ERGP) qui expose sa politique de court et moyen terme pour sortir de la crise et construire une croissance plus durable et inclusive.

Sur le plan de nos relations bilatérales, le Nigéria est notre premier partenaire commercial en Afrique subsaharienne avec un volume d’échanges de 4,2 Mds EUR en 2015 et 3,3 Mds EUR en 2016. Avec un stock d’IDE de 9,6 Mds EUR en 2015, la France est l’un des principaux investisseurs au Nigéria, 1er récipiendaire de nos investissements en Afrique devant le Maroc (9,3 Mds EUR). Ces investissements sont nombreux dans le domaine pétrolier mais ne sont pas limités à ce secteur (BTP, électricité, etc.). Si l’environnement des affaires reste difficile (le pays se classe au 169ème rang du classement Doing Business 2017), marqué par une corruption endémique (136ème  pays sur 175 pour l’indice de perception de la corruption du Transparency International), et un fort déficit d’infrastructures de transport et énergétiques, les débouchés pour les entreprises françaises sont très nombreux : importantes réserves de gaz et de pétrole, autres ressources minérales, développement du secteur agricole, réactivation d’une industrie manufacturière locale, construction et réhabilitation des infrastructures du pays (électricité, transport, assainissement, etc.), croissance de la demande de services (financiers, télécommunications, etc.) et de biens finis.

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