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République centrafricaine

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Avril 2017

 CENTRAFRIQUE

 

 Président de la République : M. Faustin Archange Touadera 

Premier ministre : M. Simplice Sarandji

Ministre des Finances et du Budget : M. Henri Marie Dondra

Ministre de l’Economie, du Plan, de l’Economie  et de la Coopération: M. Felix Moloua

Ministre du Commerce et de l’Industrie : M. Come Hassane

 

1.      Situation politique

Après trois années de guerre civile, des élections présidentielles ont été organisées en février 2016 en RCA. Faustin Archange TOUADERA, premier ministre du Général BOZIZE pendant cinq ans, a été élu Président dans des conditions jugées satisfaisantes par la Communauté internationale. A l’issue des élections législatives, un nouveau gouvernement a été nommé en avril 2016. Le défi du nouveau pouvoir est celui du rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire, préalable indispensable à une reprise progressive de l’activité économique. Le retour à une situation quasiment normalisée à Bangui masque difficilement la réalité d’un territoire encore sous contrôle de milices armées dans les régions diamantifères de l’Est et l’instabilité sécuritaire chronique dans les grands pôles d’activité du pays (Bambari, Bria, etc.)

2. Situation économique et financière

2.1. Eléments structurels sur l’économie

La Centrafrique est un PMA, profondément affecté par trois années de guerre civile après vingt ans de dégradation des conditions de vie. Son indice de développement humain est passé du 159e rang mondial en 2013 au 187e rang et avant dernier rang avant le Niger en 2015. Son PIB/hab s’élève à 335 USD en 2015. L’agriculture (vivriers, café, coton, palmier à huile)  et la sylviculture  contribuent à 58% du PIB centrafricain en 2014. L’industrie -industries extractives (or et diamants), et industries de transformation (boissons, sucre, cigarettes, tôles.)- contribue  à 12% du PIB. Dans le secteur minier, les espoirs placés dans l’accélération de l’investissement pour le projet aurifère d’Axmin/Aurafrique et dans la mine d’uranium de Bakouma racheté à Uramin par Areva, ne sont plus de mise. Il en est de même des perspectives d’investissements pétroliers et gaziers, un temps attendus de la Chine. Les services (banques, commerce, hôtellerie, télécommunications), représentent 29,8% du PIB.

2.2 Eléments conjoncturels

Après 1% de croissance en 2014 et 4,8% en 2015, la croissance du PIB a atteint 4,5% en 2016 et se stabiliserait à 5% en 2017 selon le FMI. Bien que plus soutenue que dans le reste de la sous-région, l’activité en RCA demeure insuffisante pour amorcer une réelle phase de rattrapage et permettre de renouer avec les niveaux de PIB enregistrés avant la crise de 2013 qui avait entraîné une forte contraction du PIB à -36,7%.

La porosité des frontières, y compris dans les zones dont l’Etat centrafricain a repris le contrôle (zones frontalières avec le Cameroun et Congo-Brazzaville), ne permet pas d’endiguer les importations frauduleuses de marchandises et ne favorise pas une reprise de l’activité susceptible de générer un recul significatif de la pauvreté.

Selon les données de la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC), la production a fortement progressé dans l’ensemble des secteurs en 2016. Néanmoins, il convient de noter que l’importance des taux de croissance observés par secteur témoigne moins du dynamisme des filières que de la sévérité de la contraction de l’activité lors de la crise de 2013.

-        Secteur primaire

La production vivrière a atteint 1092,9 KT en 2016 contre 1055,9 KT lors de la campagne précédente (+3,5%). La production des cultures de rente a redémarré progressivement en lien avec l’amélioration ponctuelle des conditions sécuritaires dans certaines zones d’exploitation. Fin 2016, la production de café a atteint 4804,1 T contre 2292,8 T un an auparavant (+109,5%). La culture du café demeure néanmoins encore bridée par le vieillissement du verger, des phytopathologies et un déficit pluviométrique dans la préfecture de Basse-Kotto. La production de coton graine est passée de 1161 T à 2073 T (+78,6%) tandis que la production de coton fibre a régressé de 443 T à 221 T (-50,1%) en raison des difficultés d’acheminement vers l’usine d’égrenage de Bossangoa. Outre la persistance des problèmes sécuritaires, la filière éprouve des difficultés à obtenir les crédits nécessaires aux campagnes. L’Etat avait par ailleurs accumulé des arriérés vis-à-vis des cotonculteurs dont le solde a été apuré en février 2017. La taille du cheptel a augmenté de 4% à 8179 milliers de têtes et le nombre d’animaux abattus en 2016 a progressé de 192,1% à 44 777. Le secteur demeure affecté par la persistance d’abattages clandestins et la disparition des marchés à bétail de Bouboui et Ngola après la crise de 2013. La production de grumes a progressé de 31,5% à 414 203 m3 avec l’entrée en activité de trois nouveaux permis d’exploitation et d’aménagement octroyés en 2014 et le retour à une sécurité relative dans certaines zones de production. La filière bois devrait confirmer sa reprise en 2017 avec l’exploitation des permis attribués à Centra-Bois et Rougier en 2015. La filière forestière reste confrontée à l’exploitation clandestine de certaines zones de production et à l’insécurité persistance sur l’axe d’acheminement des grumes vers le port de Douala.

-        Secteur secondaire

L’activité déclarée des industries extractives a été tirée par la levée partielle de l’embargo sur les exportations de diamant en 2016 et la reprise de la production aurifère. Selon le Bureau d'évaluation et de contrôle de diamants et or (BECDOR), les exportations de diamants bruts ont représenté 12 644,1 carats tirées par l’activité de SODIAM. Environ, 90 000 carats seraient encore stockés par les bureaux d’achat, en attente de la levée totale de l’embargo pour exportation. Les autorités espèrent augmenter les exportations à 150 000 carats en 2017. L’exportation de diamants représentait 371 000 carats en 2012 (20% des recettes budgétaires). Les exportations d’or ont quant à elle atteint 32 933,9 grammes en 2016 (+306,5% par rapport à 2015). La production de bois scié a progressé de 10,3% à 36 552 m3 mais son potentiel demeure bridé par la destruction d’une partie de l’outil productif et le non-respect du code forestier qui prévoit un taux de transformation des grumes de 70%. Dans le secteur agro-alimentaire, la CENTRAPALM a repris ses activités en 2016 avec une production à 180 T malgré la vétusté des installations et des tensions de trésorerie importantes. La SUCAF aurait connu un regain d’activité avec une production à 7 538 T (+46,5%) mais ce niveau serait encore insuffisant pour couvrir la demande interne supérieure de 4 479 T. La production d’électricité s’est stabilisée à 136 GWh et la production d’eau a progressé de 6,8% à 12,66 Mm3.

-        Secteur tertiaire

Le secteur tertiaire a également bénéficié d’une reprise de l’activité en 2016 : ventes de véhicules neufs (+7,7%), distribution de produits pétroliers (+17,4%), trafic aérien (+4,8% en nombre de passagers). Le secteur des télécommunications a vu son chiffre d’affaire progresser de 7,6% à 35 Mds FCFA et celui de l’hôtellerie a bénéficié d’une augmentation de 18% à 8,4 Mds FCFA en lien avec la progression du taux d’occupation moyen de 58,8% à 62,2%.

Cette reprise de l’activité s’est accompagnée d’une inflation modérée à 2,7% en dépit d’une offre locale encore insuffisante pour satisfaire la demande interne et d’importantes difficultés d’approvisionnement récurrentes.

Le solde de la balance des transactions courantes s’est établi à -9,5% du PIB en 2016, grevé par une balance commerciale toujours déficitaire mais en légère amélioration (de -154,1 Mds FCFA en 2015 à -140,6 Mds FCFA en 2016) et un recul des transferts courants.

 

2.2 Finances publiques

Une loi de finances rectificative (LFR) a été adoptée en octobre 2016 afin de prendre en compte la contraction des financements extérieurs (-44%) par rapport à la loi de finances initiale et en conséquence de diminuer les dépenses d’investissement (-42,6%).

Fin 2016, le tableau des opérations financière de l’Etat présente un total des recettes et dons à 137,7 Mds FCFA soit un taux de réalisation de 83,9%, par rapport à la LFR, lié à une collecte des recettes fiscales moins importantes qu’initialement programmée, en particulier sur les recettes douanières. Les dépenses totales atteignent 124,1 Mds FCFA soit un taux de réalisation de 60,4% en raison de la faible mise en œuvre des dépenses en capital qui s’établissent à 25,0 Mds FCFA contre 64,6 Mds FCFA programmés en LFR. Les dépenses courantes atteignent 99,1 Mds FCFA soit un taux de réalisation de 83,6% : les dépenses de salaires sont entièrement réalisées à 55,9 Mds FCFA, les dépenses de biens et services sont de 19,8 Mds FCFA (72,5% réalisés), les transferts courants 17,6 Mds FCFA (58,1% réalisés) et le service de la dette 5,8 Mds FCFA.

Le solde primaire atteint -11,6 Mds FCFA et le solde global, base engagement, 13,6 Mds FCFA grâce aux dons (53,2 Mds FCFA), à l’émission de bons du Trésor (19 Mds FCFA), aux décaissements de la facilité élargie de crédit du FMI (9,3 Mds FCFA) et aux tirages sur prêts projets (4,1 Mds FCFA). Le solde global, base caisse, demeure positif à 4,2% avec une  baisse du stock total des arriérés (en particulier sur la dette fournisseurs et la dette sociale) mais une accumulation d’ impayés sur les intérêts de la dette intérieure et extérieure.

3. Relations avec la communauté financière internationale

3.1. FMI

La RCA est engagée depuis juillet 2016 dans un programme appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC) du FMI pour un montant de 83,6 M DTS (75% de la quote-part). En 2016, deux décaissements sont intervenus pour un montant de 25 M DTS en dépit du non-respect par la RCA du critère de non-accumulation d’arriérés, en particulier sur la dette extérieure, constaté lors de la première revue de la FEC. Le non-respect de ce critère a fait l’objet d’une dérogation en Conseil d’administration du FMI. Des réformes doivent notamment permettre une meilleure mobilisation des ressources fiscales (pression fiscale de 4-5% en 2013 à 7-8% en 2017  / déficit primaire de 3,3% en 2016 à 1,9% en 2017), la résorption des arriérés accumulés et le développement du secteur privé. Une deuxième revue de la FEC est intervenue du 25 mars au 4 avril 2017. Les critères de réalisation à fin décembre ayant été réalisés, à l’exception de  la non-accumulation d’arriérés sur la dette extérieure, un  décaissement de 11,70 M DTS devrait avoir lieu. Le gouvernement va demander une augmentation de la quote-part de financement.

3.2. Banque mondiale

En 2016, l’aide budgétaire de la Banque mondiale représente 12 Mds FCFA et les appuis-projets ont atteint 14,6 Mds FCFA dont 6,7 Mds sous forme de dons pour la restauration des services publics (3,3 Mds FCFA), la réhabilitation des infrastructures et services urbains - PURISU (1,7 Md FCFA), la création d’emplois - LONDO (4,1 Mds FCFA) et l’appui au système de santé (2,7 Mds FCFA). Lors de la Conférence des bailleurs à Bruxelles en novembre 2016, la Banque mondiale a annoncé un objectif d’engagements de 500 M USD en RCA sur la période 2017-2019. Une aide budgétaire de 9 Mds FCFA sera décaissée au T3 2017.

3.3. Banque africaine de développement 

L’appui de la BAD à la RCA en 2016 s’est inscrit dans le cadre des projets dans le domaine de la gouvernance, du social et des infrastructures (énergie, eau et assainissement) pour un montant d’environ 10,55 M UC. Un Programme d’appui aux réformes économiques et financières (PAREF) a été négocié en 2016 et devrait être soumis à l’approbation du Conseil d’administration, pour un coût estimé de 12,28 M UC. Une nouvelle stratégie pays est en cours d’élaboration. L’aide budgétaire pour 2017 devrait atteindre 10 Mds FCFA.

3.4. Union européenne

L’appui budgétaire de l’Union européenne s’est établi à 14,2 Mds FCFA en 2016 et les aides aux projets ont porté sur 16,1 Mds FCFA pour le Programme d’appui au commerce et à l’intégration économique (3,9 Mds FCFA), le Programme d’appui au développement urbain (3,8 Mds FCFA), le Programme d’appui à la première phase des Pôles de développement (2,4 Mds FCFA), le Projet d’appui au secteur de l’entretien routier et au transport par voie d’eau (2,7 Mds FCFA), le rétablissement des services sociaux de base (1 Md FCFA), le Programme de facilité de coopération technique IV (0,7 Md FCFA), le Programme de réforme des secteurs de la justice et de la police (0,6 Md FCFA), l’appui au Programme global des réformes des finances publiques (0,5 Md FCFA), le Programme microréalisations II (0,3 Md FCFA), le Programme écosystèmes fauniques du Nord-Est (0,1 Md FCFA) et le Projet d’appui à l’ordonnateur national du FED (0,1 Md FCFA). Des négociations sont en cours pour fixer les modalités d’octroi des aides budgétaires de l’UE sur la période 2017-2019 dont le montant global atteindrait 69 M EUR avec des décaissements annuels de 20 M EUR et un appui complémentaire de 9 M EUR.

4. Situation de la dette publique, extérieure et intérieure

Fin décembre 2016, la dette publique de la RCA (hors arriérés) atteint 302,1 Mds FCFA selon le ministère des Finances centrafricain, en hausse de 7,1% par rapport à fin 2015. Cet encours est composé à 49% par de la dette extérieure, détenue principalement par des créanciers bilatéraux : Chine (35 Mds FCFA), Inde (21 Mds FCFA) et Congo (18 Mds FCFA). La Banque mondiale est le principal créancier multilatéral avec un encours de 35 Mds FCFA. La dette intérieure (154,1 Mds FCFA) est composée des créances des banques commerciales sur l’Etat, des avances et des crédits consolidés de la BEAC (78,9 Mds FCFA) et des bons du Trésor émis sur le marché régional. Au cours de l’année 2016, le service de la dette publique s’est élevé à 50,5 Mds FCFA soit une hausse de 10,0% par rapport à 2015. Les règlements effectués par le Trésor n’ont porté que sur 32,6 Mds FCFA : bons du Trésor (17,1 Mds FCFA), FMI (11,5 Mds FCFA), Congo (2,3 Mds FCFA), Banque mondiale (0,5 Md FCFA) et autres créanciers (1,2 Md FCFA).

Le stock des arriérés de paiement du principal et des intérêts de la dette publique atteint 203,2 Mds FCFA dont 163,9 Mds FCFA (80,7%) pour la dette extérieure soit une hausse de 6,8% par rapport à 2015. Les arriérés sur la dette bilatérale représentent 96,2% des défauts de paiement sur dette extérieure : Taiwan (68,8 Mds FCFA), Serbie-Monténégro (22,8 Mds FCFA) et Argentine (19,4 Mds FCFA). Les arriérés intérieurs s’établissent à 39,3 Mds FCFA, en hausse de 26,4% en raison de l’accumulation des défauts de paiement des intérêts sur les avances statutaires et les crédits consolidés à la BEAC. Les autres arriérés intérieurs représentent 89,1 Mds FCFA dont 14,2 Mds FCFA de dettes commerciales (fournisseurs) et 72,3 Mds FCFA de dettes sociales (pensions, bourses étudiants, etc.). Un audit des agences parapubliques pourrait encore accroître ces montants.

Le stock global de la dette publique (y compris les arriérés) s’établit à 594,4 Mds FCFA à fin 2016 soit 46,6% du PIB.

5. L'aide bilatérale française

Une aide budgétaire de 8 M EUR a été versée par la France en 2016 dont une partie a permis le paiement des salaires des fonctionnaires et des agents de l’Etat. En 2017, les aides projets versées par l’AFD porte sur la facilité vulnérabilité (8 MEUR), l’appui au secteur de l’agriculture à Bambari et Berberati (3,5 M EUR), la clôture de l’aéroport (complément de 5 M EUR), le projet Thimo IV (complément 1,5 M EUR), la contribution au fonds Bekou (5 M EUR) et l’appui à la microfinance (2,5  M EUR). L’aide budgétaire 2017 atteindra 10 M EUR. Les montants octroyés les deux années suivantes pourraient être du même ordre de grandeur.

6. Relations économiques extérieures

6.1. Commerce extérieur

Les exportations françaises vers la RCA sont passées de 44,7 M€ à 37,9 M€ entre 2015 et 2016. Les premiers postes sont les produits des industries agroalimentaires (28,6%), les produits chimiques et pharmaceutiques (25,7%), et les machines industrielles et agricoles (16,9%).

Les importations sont passées de 5,9 M€ à 5,6 M€, elles sont pour l’essentiel composées de produits sylvicoles. Le solde positif de notre commerce extérieur a atteint 32,4 M€ (-16,5%).

6.2. IDE et présence française

En dépit des crises successives les entreprises françaises traditionnellement présentes ont maintenu des implantations en RCA (Bolloré –logistique et transport fluvial-, Castel –boissons –, Vilgrain – sucre–, Total –distribution des produits pétroliers –, Air France). L’année 2007 avait marqué un retour des investisseurs français avec l’arrivée d’Orange dans la téléphonie mobile (et son désengagement en parallèle de l’opérateur national de téléphonie fixe SOCATEL). Le stock des IDE s’établit à 126 M€ en 2014 (dernières données disponibles), en baisse de 68 M€ par rapport à 2013.

La politique d’assurance-crédit 2017 de la France pour la RCA est ouverte sous condition de neutralisation du risque pays.

Ressources

  • Echanges bilatéraux franco-centrafricains en 2016 - 11/05/2017

    En 2016, nos exportations et nos importations vers et en provenance de la Centrafrique se contractent de 15,1% et de 5,9% sous l’effet de la baisse de nos ventes de produits industriels et de la baisse de nos achats de grumes. Notre solde commerci...

  • Lettre d'Afrique Centrale n°7 - 04/05/2017

    Ce numéro de la LAC est axé sur les résultats des  échanges 2016 de la France avec l’Afrique centrale.   Nos exportations avaient baissé de 2% en 2015. Sans surprise, la détérioration de la conjoncture se traduit par une nouvelle baisse de nos exp...