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Madagascar

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Avec un PIB par habitant de 391 USD pour 2016 (FMI, WEO 2017), Madagascar se classe parmi les dix pays les plus pauvres du monde. Si la « Grande île » dispose d’un vaste territoire (587 000 km²) et d’une population conséquente (24 millions), son PIB par habitant la situe loin derrière ses voisines de l’Océan Indien, en particulier La Réunion (26 276 USD, IEDOM 2015), Maurice (9424 USD), et même les Comores (753 USD). La faiblesse de l’économie se retrouve dans de nombreux indicateurs : l’IDH (158e), Doing Business (167e), l’enquête de perception de la corruption de Transparency International (145e). De fait, la Banque mondiale comme la Banque africaine de développement classent Madagascar parmi les Etats fragiles. Cette situation dégradée résulte d’une trajectoire de croissance particulièrement erratique depuis l’indépendance en 1960. En effet, chaque cycle d’accélération du développement a été rapidement neutralisé par une crise politique induisant systématiquement une régression du revenu par habitant. Selon la Banque mondiale, 91% des Malgaches vivent avec moins de 2 USD par jour. Les moins de 35 ans représentent 76% de la population et 400 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail.

La dernière crise politique (2009-2013), consécutive à l’éviction de l’ancien Président Ravalomanana, a eu un impact très négatif sur l’économie. L’arrivée au pouvoir d’un régime non élu et non reconnu par la communauté internationale – la Haute Autorité de Transition dirigée par Andry Rajoelina – a eu pour conséquence un isolement diplomatique de la Grande île, un retrait quasi-total des bailleurs de fonds et plus généralement une déliquescence de l’Etat. Pendant les années de « Transition », le pays a certes évité une crise financière, le service de la dette ayant été honoré, sans dérapage de la masse monétaire, sans recours excessif à l’emprunt ni déficit budgétaire conséquent jusqu’en 2013. Néanmoins, les budgets sociaux se sont effondrés, tout comme l’investissement public et privé. Le taux de croissance annuel moyen du PIB est estimé à 0,6% sur 2009-2013, ce qui a entraîné un appauvrissement de la population (taux de croissance démographique de 2,8%/an).

Si la situation économique s’est améliorée depuis 2014, l’économie malgache reste bridée par des handicaps majeurs. En premier lieu, cette dernière affiche une faible diversification. Le secteur « agriculture, pêche, élevage et environnement » représente 85% des emplois mais ne pèse que 25% du PIB. La population, vivant à 70% en zone rurale, continue de dépendre d’une agriculture de subsistance. Par ailleurs, l’économie souffre d’un déficit important en matière d’infrastructures de transport. Le réseau routier a perdu des milliers de kilomètres depuis l’indépendance, faute d’investissements et d’entretien, avec pour conséquence l’enclavement de certaines régions (Diégo Suarez au nord, Fort-Dauphin au sud). Les infrastructures portuaires et aéroportuaires sont souvent vétustes, même si les projets de la JICA (port de Tamatave) et du consortium français Ravinala (aéroports de Tananarive et Nosy Be) devraient permettre de moderniser les installations les plus importantes. En outre, la corruption sape la confiance des Malgaches dans leurs institutions, notamment la justice, et dissuade les investissements, nationaux ou étrangers. Enfin, la capacité financière de l’Etat – et donc sa capacité à mener des politiques publiques – est très limitée (le ratio de recettes fiscales sur PIB devrait dépasser 11% en 2017, mais était sous les 10% durant la Transition).

L’année 2016 a toutefois offert un environnement plus favorable au développement de Madagascar, tant au niveau des indicateurs macroéconomiques qu’au plan des différents événements qui l’ont rythmée. En juillet 2016, les autorités ont conclu un accord avec le FMI sur la mise en place d’un programme de réformes sur 40 mois, adossé à une Facilité Élargie de Crédit (FEC) d’un montant initial de 305 MUSD. Celle-ci est décaissable par tranche de 43 MUSD tous les 6 mois après revue par les services du Fonds et approbation du versement par le Conseil d’administration. Ce dernier a approuvé la 1ère revue de la FEC le 28 juin 2017, ainsi que le versement d’une 2e tranche exceptionnelle de 86 MUSD, incluant une augmentation du niveau d’accès de 42,4 MUSD. Le FMI a salué les résultats « solides » enregistrés par Madagascar dans le cadre de son programme économique. La croissance s’est hissée à 4,2 % en 2016, son niveau le plus élevé depuis 2008, et la prévision est de 4,3% pour 2017, un rythme supérieur aux années précédentes (3,3% en 2014, 3,1% en 2015). L’inflation a atteint 6,7% en moyenne annuelle en 2016, tandis que le niveau des réserves de change a évolué positivement pour atteindre 1,1 Md USD à fin mars 2017 (3,8 mois d’importations de biens et services). Les flux d’IDE entrants ont aussi progressé de près de 10% au T1 2017, selon la Banque centrale. Par ailleurs, la mise en place du programme FMI a permis l’organisation d’une Conférence des Bailleurs et des Investisseurs au profit de Madagascar, au siège de l’Unesco à Paris les 1er et 2 décembre 2016. Cette CBI a souligné la montée en puissance de l’appui des bailleurs de fonds, lesquels ont annoncé 3,4 Mds USD d’engagements financiers, dont 1,3 Md USD de la Banque mondiale d’ici 2020, 1 Md USD de la BAD d’ici 2021, 900 M€ de l’UE d’ici 2020 et 100 M€ de l’AFD sur 3 ans.

Ressources

  • Note sur le commerce bilatéral France - Comores en 2016 - 06/09/2017

    En 2016, nos échanges bilatéraux ont atteint 49 MEUR (source douanes françaises), soit une hausse de +24,6% par rapport à l’année précédente. L’excédent commercial en faveur de la France s’élève à 32 MEUR, et tant nos exportations que nos importat...