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Brésil

Brèves économiques et financières

Semaine du 24 au 30 novembre 2017

Résumé :

  • La légère reprise se confirme au T3 : le PIB croît de +1,4% en g.a. et de +0,1% en g.t. au T3 2017.
  • Les résultats budgétaires d’octobre restent mitigés et le déficit primaire atteint 3,1% du PIB.
  • Le taux de chômage poursuit sur une bonne dynamique et atteint 12,2%, tiré par l’informalité.
  • L’OCDE rehausse les prévisions de croissance du Brésil pour 2017 (+0,7%) et 2018 (+1,9%).
  • Les rapports de l’OIT et de l’IBGE pointent les carences du système social brésilien.
  • « The killer chart » La chute du crédit corporate illustrée.
  • Evolution des marchés du 24 au 30 novembre 2017.

La légère reprise se confirme : le PIB croît de +1,4% en g.a. et de +0,1% en g.t. au T3 2017, stimulée par les composantes internes.

Le PIB du Brésil augmenteen variation annuellede +1,4% au T3 2017 comparé au T3 2016, selon l’IBGE, l’Institut national des statistiques. Cette statistique est conforme aux attentes et permet de confirmer la sortie de récession. Du côté de l’offre, toutes les composantes augmentent, une première depuis 2015. La construction (-4,6%) reste dans le rouge, tandis que le secteur primaire et le commerce continuent de porter la reprise (+9,1% et +3,8% respectivement).

Du côté de la demande, cette évolution est nettement tirée par la consommation des ménages (+2,2%), tandis que l’investissement réduit sa contraction (-0,5%), alors que les dépenses des administrations publiques s’aggravent (-0,6%). Du côté de la demande externe, les exportations (+7,6%) augmentent plus rapidement que les importations (+5,7%).

 

Ces données d’une reprise plus généralisé sont confirmées en variation trimestrielle (+0,1%), qui confirment toutefois la fragilité de la croissance. La variation enregistrée déçoit les marchés. Du côté de l’offre, contrecoup des récoltes agricoles abondantes, le secteur primaire baisse (-3%) tandis que l’industrie (+0,8%) et les services (+0,6%) confirment leur reprise modérée. La FBCF, après 13 trimestres consécutifs de baisse, enregistre une nette hausse de +1,6%, tout comme la consommation des ménages (+1,2%).

A noter que cette faible évolution est aussi due à la nette correction à la hausse des données du T2 (de +0,2% à +0,7%).

Pour 2017, le résultat attendu reste une hausse du PIB autour de +0,7%. Par ailleurs, signe d’une reprise tout de même fragile et de la gravité de la crise, la variation reste négative en considérant le PIB des quatre derniers trimestres (-0,2%).

 

Les résultats budgétaires d’octobre restent mitigés et le déficit primaire atteint 3,1% du PIB

Selon le Tesouro, le solde primaire du gouvernement central (BCB, régime des retraites et le Tesouro) est passé dans le vert en octobre et enregistre ainsi un excédent primaire de 5,2 Mds BRL. Le mois d’octobre est structurellement positif, en raison de la récolte de l’impôt sur les sociétés.

Depuis le début de l’année, le déficit cumulé atteint tout de même un record de 103 Mds R$, pire résultat jamais enregistré, et un niveau bien supérieur à 2016. Ce résultat reste d’autant plus préoccupant qu’il est essentiellement porté par les retraites qui ont connu un déficit de plus de 110 Mds R$ depuis le début de l’année. Le Tesouro prévoit même pour 2017 un déficit des retraites autour de 186 Mds R$.

Sur 12 mois cumulés, le gouvernement central connaît sonpire déficit primaire, à savoir -207 Mds R$ (ou 3,1% du PIB). Ces résultats confirment la dynamique particulièrement défavorable des recettes, qui baissent de -1,5% en termes réels depuis le début de l’année tandis que les dépenses confirment leur stabilisation. Les dépenses constitutionnalisées (personnel, retraites…) demeurent en hausse, et sont donc compensés par de fortes coupes concernant les investissements fédéraux, qui fléchissent de -34%.

S’agissant de la fin d’année, le déficit primaire devrait atteindre la cible primaire (159 Mds R$) en raison de recettes exceptionnelles attendues, autour de 25 Mds R$, provenant des concessions et privatisations. Celles-ci devraient combler le plan de régularisations d’actifs qui avait eu l’année dernière le même rôle de stabilisateur du déficit.

Le secteur public consolidé (comportant les collectivités locales et entreprises publiques) atteint un déficit primaire sur 12 mois de2,9% du PIB. En outre, la charge de la dette élevée porte le déficit public à 9,3% du PIB : la dette publique atteint désormais 74,4% du PIB fin octobre, un record supplémentaire.

 

Le taux de chômage poursuit sur une bonne dynamique et atteint 12,2%, tiré par l’informalité

Selon l’Institut brésilien des statistiques, l’IBGE, le taux de chômage atteint en octobre 12,2% au Brésil. Il s’agit d’un résultat attendu et de la septième baisse consécutive mensuelle. 12,7 M de Brésiliens restent en recherche d’emploi, un niveau supérieur à octobre 2016 de 500 mille personnes. Pour rappel, le pic, en registré en mars 2017, était de 13,7%.

Ainsi les chiffres confirment la reprise de l’emploi avec, notamment, la confirmation du nombre d’embauches (près de 900 mille embauches uniquement sur les trois derniers mois, en légère baisse toutefois).

Cette évolution s’explique principalement par la progression de l’informalité qui continue d’absorber près de 70% des nouveaux emplois créés, dont 50% pour l’emploi du secteur privé sans « carteira » -ou sans protection sociale. L’IBGE s’est même montrée inquiète quant à l’ampleur que prend l’informalité, véritable moteur de l’emploi au Brésil. Le taux d’informalité se rapproche des 47% selon l’IBGE, un résultat en constante progression depuis le début de la crise.

Pour ce qui est des embauches, les secteurs concernés sont désormais variés et confirment une reprise généralisée. Ainsi, la construction et les services se rajoutent désormais à l’industrie et au commerce dans les secteurs d’emplois.

La progression de l’informalité, enfin, limite la hausse des salaires et du pouvoir d’achat liée à la baisse de l’inflation. Les revenus réels, de 2127 BRL (soit environ 550 EUR ou 640 USD par mois), restent sur une trajectoire erratique depuis le mois de mars (2129 BRL) et n’ont toujours pas récupéré le niveau d’avant crise (de 2150 BRL) malgré l’inflation au plus bas.

 

L’OCDE rehausse les prévisions de croissance du Brésil pour 2017 (+0,7%) et 2018 (+1,9%).

L’OCDE a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour le Brésil. Le Brésil devrait croître selon l’organisation de +0,7% en 2017 et +1,9% en 2018. Pour 2018, cette prévision reste bien en-deçà de la prévision du marché qui table sur +2,6% l’année prochaine. En effet, l’OCDE demeure encore prudente concernant la reprise brésilienne.

Si l’institution prend acte de la fin de la récession, les incertitudes politiques demeurent encore nombreuses, à l’aube d’élections générales en 2018 qui s’annoncent assez ouvertes. L’OCDE appelle par ailleurs à une consolidation budgétaire, dans un contexte d’inflation et de taux bas, dont la tendance pourrait s’inverser. L’institution montre en effet que le comportement de l’inflation reste favorable en raison de deux facteurs conjoncturels : une collecte agricole record et une atonie de la demande.

L’OCDE souligne toutefois l’inefficacité de certaines politiques publiques brésiliennes, notamment dans l’industrie, et recommande une forte réduction dudit « Coût Brésil ».

De manière plus globale, l’OCDE a rehaussé ses prévisions concernant l’ensemble des pays, et le envisage une croissance mondiale à son plus haut niveau depuis 2010 (+3,6%). Les incertitudes globales restent cependant grandes, notamment du fait du fort endettement des agents économiques en Chine.

Les rapports de l’OIT et de l’IBGE pointent les carences du système social brésilien.

L’OIT a publié son rapport mondial sur les protections sociales, dont le principal reste un manque global de protection sociale : plus de 55% des travailleurs n’en ont simplement aucune. En conséquence, les objectifs de développement durable liés à la protection sociale demanderont encore beaucoup de progrès afin d’être tenus.

Concernant le Brésil, l’OIT montre qu’il s’agit du pays qui dépense le plus en protection sociale, mais que cette dépense reste extrêmement concentrée pour les retraites : les actifs demeurent par conséquent au Brésil relativement peu protégés.

L’institution appelle en outre à une lutte plus efficace contre le travail des mineurs et le travail informel.  L’IBGE a justement souligné les carences en ce sens des politiques publiques brésiliennes, avec plus de 1 million de travailleurs mineurs répertoriés au Brésil, dont presque 200 mille de moins de 13 ans.

Enfin, ces deux rapports reprennent les tendances de l’augmentation des inégalités comme source d’inquiétude pour le développement. En effet, selon l’IBGE, la concentration des richesses grandit, et désormais 1% des brésiliens gagnent 36 fois plus que la moitié de la population la plus modeste du Brésil : l’indice de GINI serait passé au Brésil de 0,51 à 0,55 entre 2015 et 2016.

 

« The killer chart » La chute du crédit corporate illustrée en pointillés.

Evolution de la part du crédit par type d’emprunteur au Brésil :

                

 

 

Evolution des marchés du 24 au 30 novembre 2017

Indicateurs[1]

Variation

Semaine

Variation

Cumulée sur l’année

Niveau

Bourse (Ibovespa)

-2,5%

+20,6%

72 155

Risque-pays (EMBI+ Br)

-7pt

-88pt

240

Taux de change R$/$

+1,8%

+1,0%

3,28

Taux de change R$/€

+2,2%

+13,8%

3,90

Clause de non-responsabilité - Le Service Economique Régional s’efforce de diffuser des informations exactes et à jour, et corrigera, dans la mesure du possible, les erreurs qui lui seront signalées. Toutefois, il ne peut en aucun cas être tenu responsable de l’utilisation et de l’interprétation de l’information contenue dans cette publication. Rédacteurs : Stéphane GODARD-Conseiller Financier ; Jonathan THEBAULT- Adjoint Financier.

 



[1] Données du jeudi à 12h localement. Sources : Ipeadata, Bloomberg.

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