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Séminaire Fourgeaud "Impact de la politique monétaire de l’Eurosystème" – 5 avril 2016

Le séminaire Fourgeaud du 5 avril 2016, deuxième séminaire de l’année 2016, a porté sur le thème “Impact de la politique monétaire de l’Eurosystème”.

Intervenants au séminaire Fourgeaud du 5 avril 2016.Tout d’abord, Jean-Cyprien Heam et Bertrand Marc (Insee) ont présenté une étude réalisée avec Raphaël Lee et Mathilde Pak (Insee) intitulée “L’assouplissement quantitatif de la BCE a fait baisser les taux d’intérêt et contribue à la reprise de la zone euro”.

Ensuite, François Koulischer (Banque de France) a exposé les enseignements d’une étude réalisée avec Ralph Koijen (London  Business School), Benoît Nguyen (Banque de France et Université de Paris 1) et Motohiro Yogo (Princeton University) intitulée “Quantitative easing et rebalancement de portefeuille : une quantification à partir des données de détention d’actifs dans la zone euro”.

Antonin Aviat, discutant au séminaire Fourgeaud du 5 avril 2016.La discussion a été introduite par Antonin Aviat (direction générale du Trésor).

Photo en haut à gauche : Jean-Cyprien Heam, Bertrand Marc, Raphaël Lee, François Koulischer, Antonin Aviat, Benoît Nguyen et Hélène Erkel-Rousse (organisatrice).
Photo de droite : Antonin Aviat.
Crédit photo : © Patrick Vedrune, Secrétariat général des ministères économiques et financiers, droits réservés.


Les documents relatifs à ce séminaire peuvent être téléchargés à partir de la page des archives des séminaires 2016-2017

Voici un bref résumé des deux études :


“L’assouplissement quantitatif de la BCE a fait baisser les taux d’intérêt et contribue à la reprise de la zone euro”, par Jean-Cyprien Heam, Bertrand Marc, Raphaël Lee et Mathilde Pak

Bertrand Marc, Jean-Cyprien Heam et Raphaël Lee, trois des auteurs du premier papier présenté au séminaire Fourgeaud du 5 avril 2016.Début 2015, la Banque centrale européenne a décidé d’un programme d’achats d’actifs s’étendant aux dettes publiques. Cet assouplissement quantitatif joue principalement par deux canaux : la baisse des taux d’intérêt et la dépréciation de l’euro. Selon l’étude, entre l’impact direct et l’effet indirect via les pays voisins, la baisse des taux d’intérêt imputable à cette politique non conventionnelle aurait contribué pour environ +0,2 point à la croissance française en 2015. À cela s’ajoute la forte dépréciation de l’euro, en grande partie imputable à ce choix de politique économique. Au total, la baisse des taux combinée à la dépréciation de l’euro constatée aurait soutenu l’activité à hauteur de +0,4 point en 2015. Ce programme bénéficie en France principalement aux administrations publiques et aux sociétés non financières, au détriment des sociétés financières et des non-résidents. Pour les ménages, en 2015, l’impact positif pour les emprunteurs serait inférieur aux pertes des épargnants.

Photo : Bertrand Marc, Jean-Cyprien Heam et Raphaël Lee. 
Crédit photo : © Patrick Vedrune, Secrétariat général des ministères économiques et financiers, droits réservés.

 
“Quantitative easing et rebalancement de portefeuille : une quantification à partir des données de détention d’actifs dans la zone euro”, par  Ralph Koijen, François Koulischer, Benoît Nguyen et Motohiro Yogo

Benoît Nguyen et François Koulischer, deux des auteurs du second papier présenté au séminaire Fourgeaud du 5 avril 2016.Les auteurs utilisent les données de détention d’actifs des investisseurs institutionnels dans la zone euro pour mesurer le canal du rebalancement (rééquilibrage) de portefeuille, lié au programme d’achat de titres (Asset Purchase Programme, APP) de l’Eurosystème. Un cadre comptable est développé, dans lequel est cartographiée l’exposition avant l’APP des investisseurs au risque de taux, au risque de crédit corporate et souverain, ainsi qu’au marché action. Les auteurs montrent ensuite comment cette exposition a changé pendant l’APP. Ils proposent une variable instrumentale pour identifier les achats d’obligations souveraines par l’Eurosystème et en estiment l’effet en termes de rebalancement de portefeuille ainsi qu’en termes d’impact sur les taux. Les non-résidents et le secteur bancaire européen sont les principaux vendeurs nets des actifs achetés par l’Eurosystème. La réallocation du risque en zone euro a permis aux banques européennes de réduire leur détention de risque. À l’inverse, celle-ci a légèrement augmenté chez les assureurs et fonds de pension.

Photo : Benoît Nguyen et François Koulischer.
Crédit photo : © Patrick Vedrune, Secrétariat général des ministères économiques et financiers, droits réservés.


Publié le 05/04/2016