URUGUAY
Relations bilatérales
ÉVOLUTION DU COMMERCE BILATÉRAL ENTRE LA FRANCE ET L’URUGUAY
Les échanges commerciaux entre la France et l’Uruguay ont reculé en 2025, à 364 M EUR, après le pic atteint en 2024. Les échanges de biens demeurent néanmoins excédentaires pour la France, mais l’excédent se contracte à 148 M EUR contre 178 M EUR en 2024.
Les exportations ont reculé de 10,7 % sur un an, à 256 M EUR, après leur point haut de 2024. Ce repli est généralisé à l’ensemble des secteurs et s’explique par un effet combiné de ralentissement macroéconomique et de concurrence accrue sur les principaux segments d’importation. La structure des ventes reste toutefois dominée par des postes à contenu industriel et de marque : les parfums, cosmétiques et produits d’entretien constituent le 1er poste d’exportation avec 56 M EUR (22,0 % du total ; −8,7 %), suivis des équipements pour automobiles avec 38,1 M EUR (14,9 % ; −22,4 %), des produits de la construction automobile avec 37 M EUR (14,4 % ; −14,2 %), des produits pharmaceutiques avec 26 M EUR (10,5 % ; −24,8 %) et des machines et équipements d’usage général avec 16 M EUR (6,2 % ; −19,9 %).
Les importations sont en revanche restées quasi stables en 2025, en léger recul de 0,9 %, à 108 M EUR. Le panier d’importation demeure concentré sur les spécialisations historiques de l’Uruguay : pâte à papier, papier et carton avec 45,8 M EUR (42,4 % des importations ; −14,7 %), suivis de la viande et des produits à base de viande avec 23,6 M EUR (21,8 % ; +25,3 %), des minerais métalliques avec 9,4 M EUR (8,7 % ; +36,3 %) et du bois et articles en bois avec 5,5 M EUR (5,1 % ; +10,6 %).
Le solde commercial reste en faveur de la France, à 148,2 M EUR, en recul de 16,7 % par rapport au pic de 2024, mais il demeure élevé. La relation commerciale bilatérale reste néanmoins modeste à l’échelle du commerce extérieur uruguayen : la France n’a représenté que 29,9 M USD des exportations uruguayennes de biens en 2025. Elle ne constituait ainsi que le 21e client du pays et le 7e au sein de l’Union européenne, loin derrière les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Allemagne et la Belgique. Elle n’était également que le 12e fournisseur de l’Uruguay, avec 194,9 M USD d’exportations, soit le 4e rang parmi les pays de l’Union européenne, derrière l’Allemagne (351,6 M USD), l’Italie (263,5 M USD) et l’Espagne (246,8 M USD).
Investissements directs et présence française
S’agissant des investissements directs, l’année 2024 marque un net retournement après le niveau élevé de 2023. En 2024, les flux d’IDE français vers l’Uruguay atteignent 23 M USD, un niveau modeste au regard des principaux pays européens figurant dans le tableau : la France reste derrière l’Espagne (362 M USD) et le Royaume-Uni (105 M USD), ainsi que la Belgique (40 M USD). Elle se situe en revanche au-dessus du Danemark (15,4 M USD) et du Luxembourg (9,0 M USD), tandis que plusieurs pays européens ont enregistré des flux nets négatifs, comme les Pays-Bas (−928,7 M USD), l’Italie (−265,5 M USD) ou encore l’Allemagne (−1,9 M USD).
La structure du stock d’IDE demeure concentrée autour de quelques grands pays d’origine : en 2024, l’Espagne représentait 17 % du stock, devant la Finlande (12 %), l’Argentine (11 %), le Brésil (10 %), puis les États-Unis, les Pays-Bas et les autres pays d’Amérique du Sud (7 % chacun). Le stock d’investissements directs français en Uruguay s’élevait à 533 M EUR fin 2024 Par secteur, les apports et réinvestissements enregistrés en 2024 se sont principalement concentrés dans la finance et les assurances (872 M USD, soit 35 % du total), les activités professionnelles, scientifiques et techniques (847 M USD, 34 %), les industries manufacturières (398 M USD, 16 %) et l’agro (249 M USD, 10 %).
La présence française en Uruguay couvre des secteurs variés et stratégiques. Dans les infrastructures NGE a inauguré en avril 2024 le Ferrocarril Central, ligne de 264 km reliant Paso de los Toros à Montevideo — le plus grand projet jamais réalisé dans le pays — et a renforcé sa présence dans le pays à travers l’acquisition en 2025 du btpiste uruguayen Saceem. Dans l’industrie, Saint-Gobain est pour sa part implanté via Urumix (fabrique de mortiers et matériaux de construction) et Air Liquide développe des gammes de gaz spécifiques destinés à l’industrie et la santé. Veolia opère dans les services environnementaux (gestion des déchets, de l'eau et de l'énergie) et les énergies renouvelables sont représentées par Akuo Energy à travers plusieurs parcs éoliens (142 MW, 3 % de la puissance installée) et par Air Liquide qui est actif dans la production et l’utilisation d’hydrogène vert. Dans l'agroalimentaire, Lactalis a récemment renforcé sa présence dans le pays à travers l’acquisition de l’entreprise uruguayenne Granja Pocha en février 2025.