Indicateurs et Conjoncture

Indicateurs

La Tunisie est un pays en profonde mutation politique et économique.

Sur le plan politique, cette transformation a débuté à la suite de la Révolution de Jasmin début 2011. Après une phase de transition démocratique de 2011 à 2014, une Constitution a été adoptée en 2014 puis un Gouvernement d’union nationale s’est formé en 2016. Ce processus démocratique s’est ensuite ancré au niveau local, à la suite de l’organisation des premières élections municipales le 6 mai 2018. Enfin, des élections présidentielles et législatives ont eu lieu en Tunisie en septembre/octobre 2019.

Sur le plan économique, la Tunisie a mis en œuvre un certain nombre de réformes structurelles visant à libéraliser l’économie et à développer son potentiel de croissance. Ces réformes concernent notamment le marché des biens (dans le sens d’un décloisonnement), le secteur public (dont la réforme des entreprises publiques), le commerce extérieur (réduction des obstacles aux échanges), l’investissement (diminution des barrières à l’investissement), ou encore la protection sociale (réforme des retraites par exemple).

Les réformes gouvernementales entreprises n’ont pas eu les effets escomptés. En effet, la plupart des indicateurs macroéconomiques demeurent dégradés.

  • Après une reprise très progressive de l’activité économique à partir de début 2016, le taux de croissance du PIB en volume ralentit fortement depuis le 3ème trimestre 2018. Il était limité à +0,95% au 3ème trimestre 2019 en glissement annuel. Parmi les facteurs explicatifs, l’économie tunisienne est caractérisée à la fois par un taux d’épargne brute (10,1% du PIB en 2018) et un taux d’investissement global (21,2% du PIB en 2018 selon le FMI, contre 25,6% du PIB en 2010) faibles. Le secteur industriel est peu dynamique (production industrielle en baisse de -3,6% au 1er semestre 2019 en glissement annuel). En outre, la croissance économique tunisienne est portée pour l’essentiel par les secteurs agricole et touristique, qui s’avèrent fortement cycliques (selon l’état des récoltes pour l’un, et l’évolution du climat sécuritaire pour l’autre). Enfin, l'économie tunisienne est insuffisamment compétitive, du fait entre autres de la perte de capital humain (fuite des cerveaux, détérioration du système éducatif) et des nombreux freins à l’investissement (blocages administratifs, économie de rente, corruption, dysfonctionnements institutionnels, instabilité politique, etc.).
  • La Tunisie subit un chômage structurel, autour de 15% de la population active. Il touche principalement les jeunes, les femmes et les diplômés de l’enseignement supérieur.
  • Le taux d’inflation est orienté à la baisse depuis juin 2018 (+7,7% ce mois en glissement annuel) mais il reste élevé à +6,3% en novembre 2019 sur un an.
  • Le déficit courant est largement déficitaire. Il est supérieur à 10% du PIB, en raison principalement du déficit commercial (environ 15% du PIB). Ce dernier s’explique sur le plan sectoriel par le déficit énergétique notamment (38,4% du déficit commercial total sur les 6 premiers mois de l’année 2019) et sur le plan bilatéral par la concurrence des économies émergentes essentiellement (Chine, Russie, Turquie, etc.), malgré le fait que la Tunisie échange des biens surtout avec l’Union européenne (près de 3/4 des exportations tunisiennes et plus de la moitié des importations tunisiennes en 2018).
  • Les tensions sur les finances publiques restent élevées. La Tunisie s’est engagée dans un processus de consolidation budgétaire, qui a permis de réduire le déficit budgétaire (déficit de -5,9% du PIB en 2017 puis -4,6% du PIB en 2018 et enfin -3,5% du PIB en 2019 selon les prévisions du ministère des finances de la Tunisie). Néanmoins, la dette publique demeure importante (77% du PIB en 2018, contre 39,2% du PIB fin 2010) et repartirait à la hausse en 2020 selon les prévisions du FMI. Le dérapage des finances publiques depuis la Révolution s’explique principalement par la hausse des dépenses de fonctionnement (qui représentent plus de 60% des dépenses publiques), notamment de la masse salariale dans la fonction publique (14,1% du PIB prévu en 2018). En outre, les subventions énergétiques (certes en baisse) et le paiement des intérêts sur la dette grèvent le budget de l'Etat, tandis que l’investissement public est particulièrement faible (5,6% du PIB en 2019). Enfin, la dépréciation du dinar tunisien jusqu’à fin février 2019 a contribué à la hausse de la dette publique tunisienne, celle-ci étant principalement libellée en devises étrangères. Le dinar tunisien est stable octobre 2019.
  • La Tunisie est parvenue à reconstituer son stock de réserves extérieures (en lien avec la baisse du déficit courant au 1er semestre 2019 sur un an, une levée de fonds sur les marchés internationaux, ou encore l’arrêt des interventions de la Banque centrale de Tunisie sur le marché des changes pour soutenir la monnaie nationale). A 106 jours d’importation le 6 décembre 2019, le stock de réserves extérieures se situait de nouveau au-dessus du ratio d’adéquation du FMI (90 jours). Par ailleurs, la Tunisie bénéficie d’entrées nettes de capitaux (5,3 Mds TND au 1er semestre 2019 en glissement annuel). Cependant, le besoin de financement de la Tunisie est particulièrement important. Il atteindrait 10,3 Mds TND en 2019, contre seulement 1,9 Mds TND en 2010. La Tunisie comble ce besoin de financement par de l’appui budgétaire notamment (le reste étant surtout des levées de fonds sur les marchés financiers et des emprunts intérieurs). Ainsi, l’économie tunisienne apparaît toujours plus dépendante des interventions des bailleurs de fonds, les plus présents en Tunisie étant l’Union européenne, le Fonds Monétaire International (un programme du FMI est en cours en Tunisie, prenant la forme d’un mécanisme élargi de crédit), la Banque Mondiale, la Banque Africaine de Développement, la Banque Européenne de Reconstruction et de Développement, la Banque Européenne d’Investissement et l’Agence France Développement.

 

                                       Données générales Tunisie

·         Superficie : 163 610 km²

·         Population : 11,55 millions d'habitants selon l’INS (juillet 2018) 

·         Régime politique : République parlementaire 

·         Président de la République : M. Kaïs Saïed (depuis le 23 octobre 2019)

·         Premier ministre : M. Youssef CHAED (depuis le 3 août 2016)

·         Ministre des Finances : M. Ridha Chalghoum (depuis le 6 septembre 2017)

·         PIB : 38,7 Mds USD en 2019 (source FMI)   

·         PIB / habitant : 3 287 USD (2019, source FMI) 

                                    Données conjoncturelles Tunisie

·         Monnaie : dinar tunisien (TND)  

Au 5 décembre 2019 (données de la Banque centrale de Tunisie) : 

1 USD / 2,86 TND

1 EUR / 3,17 TND

 Exportations commerciales tunisiennes totales en 2018 : 41 Mds TND (13,1 Mds EUR) – source INS

 Importations commerciales tunisiennes totales en 2018 : 60 Mds TND (19,2 Mds EUR) – source INS

·         Variation de l’indice des prix à la consommation (inflation) : +6,3% en glissement annuel (novembre 2019) – source INS

·         Dette publique : 74,4% du PIB en 2019 (source FMI) 

·         Déficit du compte courant : -10,4% du PIB en 2019 (source FMI)

·         Taux de chômage (3ème trimestre 2019, source INS) :

15,1% pour le chiffre global.

12,2% pour les hommes ; 22,0% pour les femmes.

28,6% pour les diplômés de l’enseignement supérieur.

34,7% pour les jeunes (15-24 ans).

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