Relations économiques bilatérales France-Togo

Commerce bilatéral

Les échanges commerciaux franco-togolais, qui dégagent un solde commercial[1] variable mais structurellement  positif en faveur de la France,  se caractérisent par :

  • un faible niveau d’importations françaises

Les achats français au Togo restent faibles (29,5 M EUR en 2019[2]) et ne représentent qu’une infime part des importations françaises (0,0052%). Ils sont toutefois en progression constante puisqu’ils ne se montaient qu’à 9,4 M EUR en 2015 et plus récemment 15,8 M EUR en 2017 et 19,7 M EUR en 2018, soit une hausse de 50% en un an. Les derniers chiffres disponibles pour 2020[3] indiquent toutefois un tassement, voire un recul  probable sur l’exercice en cours, certainement imputable à la pandémie de COVID, mais sans modification de la structure de l’échange qui reste très concentrée sur un petit nombre de produits, essentiellement agricoles[4].

La tendance haussière constatée résulte essentiellement du double impact :

- premièrement, de l’émergence d’une filière soja exportatrice vers la France (5,5 M EUR en 2017, 8,7 M EUR en 2018, 17,1 M EUR en 2019)

- deuxièmement, de productions issues de de la zone franche de Lomé, quasi exclusivement les mèches de cheveux synthétiques (0,8 M EUR en 2017, 0,6 M EUR en 2018 et 1,8 M EUR en 2019) mais aussi de l’arrivée de jus d’ananas suite à l’achèvement d’une unité de transformation qui devrait exporter en année pleine de l’ordre de 2 M EUR.

Les flux de marchandises togolaises vers la France sont donc aujourd’hui largement dépendantes des livraisons de soja (58% du total). Si on y ajoute, les 6 autres grandes catégories de produits[5] on atteint 88% des ventes togolaises  la France.

  • des exportations françaises volatiles et soumises aux aléas des approvisionnements en produits pétroliers raffinés.

Les exportations françaises à destinations du Togo fluctuent traditionnellement au gré des achats  de carburants à des raffineries françaises par les traders qui approvisionnent ce pays, achats qui se sont taris en 2019, tendance qui semble se confirmer au vu des résultats des 10 premiers mois de 2020. Ainsi, nos exportations vers le Togo étaient de 304 M EUR en 2017 dont 185  M EUR hors pétrole, 239 M EUR en 2018 dont 180 M EUR hors pétrole et 169 M EUR, quasiment intégralement sans produits pétroliers.

Les chiffres des dix premiers mois de 2020 (149 M EUR) permettent d’anticiper un résultat sur l’exercice en cours d’un niveau équivalent, voire légèrement supérieur à celui de l’an passé. La pandémie de la COVID 19 n’aura donc pas impacté notre relation commerciale avec le Togo.

On constate que, hors fluctuation des livraisons pétrolières, nos ventes au Togo semblent devoir se stabiliser aux alentours de 170 M EUR. Le médicament reste notre premier produit d’exportation vers cette destination avec 30 M EUR, soit 19% du total.  L’ensemble des produits qui composent l’approvisionnement d’un supermarché (produits alimentaires, cosmétiques, articles ménagers,..) représentent un peu plus du quart de nos échanges avec le Togo. Le solde est éclaté l’équipement électrique (10%), les véhicules (6%), les matières premières pour l’industrie agroalimentaire dont le blé (6%), les véhicules (6%)…

Sur la base des statistiques togolaises, la France détient une part de marché de 7,6%, derrière la Chine (20,5%) mais loin devant les concurrents européens (Pays-Bas 4,4%, Allemagne 2,8%, Belgique 1,8%,…).

Investissements et présence française

Les flux d’IDE internationaux entrant au Togo sont à nouveau positifs, s’élevant à 88 M USD en 2017 et 102 M USD pour 2018, après des IDE négatifs en 2016 (-46 M USD). Les flux d’IDE français sont affichés en hausse de +5,8 M EUR pour s’établir à 6,5 M EUR (source Banque de France). Le stock d’IDE entrant s’établit quant à lui à 1,8 Mds USD (Unctad), dont seulement 61,9 M EUR seraient imputables aux investissements français (Banque de France).

Le nombre d’implantations françaises au Togo –établi sur la base d’un recensement local- reste stable sur le moyen-terme, avec une présence d’environ 50 structures qui totalisent un CA de l’ordre de 500 MEUR et qui emploient directement entre 3000 et 3500 collaborateurs. Nos entreprises sont essentiellement présentes dans l’agroalimentaire avec les boissons (Castel pour la bière, boissons gazeuses et sucrées ; Jus Délice/Moringa pour le jus d’ananas), la farine (Somdiaa/Castel), les produits laitiers (Danone/Fan Milk), la logistique et le transport avec Bolloré Transport & Logistics, CMA-CGM, Air France, le BTP avec Sogea Satom, Eiffage, la distribution (CFAO pour l’automobile et le médicament), les hydrocarbures (Total distribution et Eres/Rubis), la communication et l’internet  (Canal+/GVA) et plus marginalement la banque (Société Générale). Le Togo attire également les centres d’appels (ADKontakt, Vippinterstis).

Aide publique au développement

L’AFD intervient au Togo sous forme de prêts souverains et de subventions. Une partie de ses moyens d’action provient également de délégations de fonds européens. Les principaux secteurs d’intervention sont l’énergie électrique, l’assainissement et l’eau portable, l’éducation et  l’agriculture. Les 21 projets pilotés par l’AFD dans le cadre des différents mécanismes décrits ci avant mobilisent en 2019 près de 200 M EUR d’engagements. L’AFD a par ailleurs contribué en 2020 à hauteur de 3 M EUR au financement du programme NOVISSI, programme de transferts monétaires à l’attention des personnes vulnérables mis en place par le gouvernement togolais pour soutenir les populations fragiles affectées par l’impact économique de la pandémie.


[1] 57,2 MEUR en 2019 mais 139 M EUR si l’on soustrait es importations françaises le montant de 82 M EUR correspondant aux produits pétroliers ayant transité par le Togo.

[2] après déduction, à hauteur de 82 M EUR des flux de produits pétroliers n’ayant fait que transiter par le Togo

[3] 21,2 M EUR de janvier à octobre 2020

[4] Soja, ananas, arachide, coton fibre, et plus marginalement, maïs, café, cacao.

[5] Chiffres 2019 pour les fruits frais –ananas et mangues – (2 M EUR), l’arachide (1,8 M EUR), les cheveux synthétiques (1,8 M EUR), le coton fibre (1,7 M EUR), le café/cacao (0,9+0,7 M EUR).

 

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