Relations économiques bilatérales France-Togo

Commerce bilatéral

  • Les échanges commerciaux franco-togolais se caractérisent par un faible niveau d’importations françaises qui s’inscrivent néanmoins en hausse continue depuis plus de trois ans. En 2018, nos achats au Togo se sont chiffrés à 19,7 M EUR, soit +25,1% en un an ; ils n’étaient que de 9,4 M EUR en 2015.  Cette performance n’est pas due à une diversification de nos importations mais au succès de l’organisations de la filière soja puisque cette croissance résulte en totalité des expéditions de « céréales, légumineuses et oléagineux) passées de 6,5 M EUR en 2017 à 9,9 M EUR en 2018 et à 17,3 MEUR sur les 10 premiers mois de 2019. Les autres exportations togolaises restent globalement inchangées et se concentrent sur 4 produits agricoles non transformés, à savoir les fruits tropicaux –ananas- (2,6 M EUR, -6%), le café et le cacao (1,9 MEUR, +20%), des légumes et tubercules (1,3 MEUR), du coton fibre (1 M EUR, +108%).
  • Les exportations françaises sont volatiles, en baisse de -21,5% en 2018 à 239,3 M EUR, étant soumises aux aléas des approvisionnements en produits pétroliers raffinés des traders qui livrent au port de Lomé (59,9 M EUR en 2018 soit -50% en un an). Elles ne représentent que 0,042% du total des ventes françaises à l’étranger. Hors carburants, les exportations ont globalement mieux résisté passant de 184,7 MEUR à 179,4 M EUR, soit -4,5%. Le médicament – seconde vente au Togo – a toutefois connu une chute considérable passant de 49,9 M EUR en 2017 à 29,5 M EUR, soit une baisse de 41%. Les bons résultats des biens d’équipement et des matériels de transport (68,4 M EUR, +22,3%) et des produits agroalimentaires (39,8 M EUR, +13,7%) viennent compenser partiellement ces contreperformances.
  • Les ventes françaises au Togo représentent 15% des importations de ce pays en 2018 en prenant comme source, respectivement, les douanes françaises et le chiffre global des importations togolaises reprises dans le rapport du FMI. Les dernières statistiques détaillées pour le Togo datant de 2017 et les données miroir incluant en réalité les montants des marchandises en transit ou en transbordement sur le terminal LCT (MSC/China Marchants), il n’est pas possible d’avoir une image des positions respectives des différents partenaires commerciaux du pays et ni de leurs évolutions.
  • Les chiffres des dix premiers mois de 2019 montrent que la performance globale de nos ventes au Togo dépendra sans surprise des livraisons de produits pétroliers raffinés qui ont d’ailleurs quasiment disparues sur les 10 premiers mois de 2019. Aucune évolution significative ne devrait être anticipée sur le ou les deux prochains exercices en ce qui concerne nos ventes hors carburants qui plafonnent autour de 180 M EUR. 

 Tableau échanges France-Togo

 

Investissements Directs Etrangers (IDE) et présence française

  • Les flux d’IDE internationaux entrant au Togo sont à nouveau positifs, s’élevant à 88 M USD en 2017 et 102 M USD pour 2018) après des IDE négatifs en 2016 (-46 M USD). Les flux d’IDE français sont affichés en hausse de +6,6 M EUR pour s’établir à 7,5 M EUR (source Banque de France). Le stock d’IDE entrant s’établit quant à lui à 1,8 Mds USD (Unctad), dont seulement 61,9 M EUR seraient imputables aux investissements français (Banque de France).
  • Le nombre d’implantations françaises au Togo reste stable sur le moyen-terme, avec une présence de 35 à 40 structures qui totalisent un CA de l’ordre de 450 à 500 M EUR et qui emploient directement entre 3 000 et 3 500 collaborateurs. Nos entreprises sont essentiellement présentes dans l’agroalimentaire avec les boissons (Castel pour la bière, boissons gazeuses et sucrées ; Bonabio pour le jus d’ananas), la farine (Somdiaa/Castel), la logistique et le transport avec Bolloré Transport & Logistics, CMA-CGM, Air France, le BTP avec Sogea Satom, Eiffage, la distribution (CFAO pour l’automobile et le médicament), la communication et le numérique (Canal+ et GVA) et plus marginalement la banque (Société Générale).

Aide publique bilatérale

  • L’AFD intervient au Togo sous forme de prêts souverains et de subventions. Une partie de ses moyens d’action provient également de délégations de fonds européens. Les principaux secteurs d’intervention sont l’électricité, l’assainissement et l’eau portable, l’éducation et l’appui à l’agriculture. Les 21 projets pilotés par l’AFD dans le cadre des différents mécanismes décrits ci avant mobilisent en 2019 près de 200 M EUR d’engagements.
  • Sur la base des décaissements, la France a été le deuxième bailleur de fonds bilatéral au Togo en 2018, avec 24.5 M USD, derrière l’Allemagne (25,9 M USD). Le trio de tête est complété par le Japon (16,7 MUSD), en raison de la construction du nouveau port de pêche financé par le JICA. Selon les mêmes statistiques du comité d’aide au développement de l’OCDE, le Togo a bénéficié d’un total d’APD bilatéral de 85,2 M USD en 2018, en hausse de 6,5 M USD (+8.3%) par rapport à 2017.
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