Conjoncture

Le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest (56 790 km2 pour 7,8 millions d’habitants) situé entre le Ghana et le Bénin. Il forme un couloir vers les pays de l’hinterland, Burkina Faso en premier lieu, mais aussi vers le Niger et le Mali qui sont avant tout desservis respectivement par le Bénin et la Côte d’Ivoire.

Entre 1991 et 2007, la situation économique du Togo a pâti de la grave crise sociopolitique, commencée en 1991, qui a entrainé une suspension de l'aide publique au développement, tant au niveau des bailleurs multilatéraux que bilatéraux. Cette aide a été relancée à partir de 2007, année de normalisation des relations diplomatiques du Togo avec l'extérieur, ce qui a notamment permis de remettre à niveau et densifier les infrasturctures publiques qui s'étaient jusque lors nettement dégradées.

En lien avec la stabilisation de la situation politique et le retour des bailleurs de fonds internationaux, une nouvelle trajectoire de croissance économique s'est enclenchée : entre 2009 et 2015, la croissance du PIB s'élevait en moyenne à 5%. Plus récemment, après une croissance de 4,4% en 2017 et un taux estimé à 4,7% pour 2018, les services du FMI projettent 5% à l'horizon 2019, sous l'impulsion d'une production agricole en hausse, de l'intensification des activités de services liés au commerce international et d'un plus fort taux d'investissement privé. La croissance devrait se maintenir autour de 5 à 6 % dans les prochaines années.

Avec un revenu par habitant estimé à 668 USD en 2017, le Togo appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA). En termes d’IDH, il se situe au 164ème rang sur 189 selon le rapport 2018 du PNUD. En termes de climat des affaires, le Togo a enregistré un gain important de 19 places au classement Doing Business 2019 de la Banque Mondiale, grâce notamment à des réformes menées dans le secteur foncier (amélioration des procédures pour le transfert de propriété et l'obtention d'un permis de construire).

La répartition du PIB togolais renseigne sur son faible degré de diversification. Le secteur primaire représenterait 25% du PIB en 2017 tout en employant plus de 70% de la population active. Des projets d'agropoles, censés décupler les productions et rendements puis favoriser la transformation locale de certaines matières premières, sont en cours de préparation. Un fonds d'assurance agricole, nommé MIFA, a récemment été mis en place pour proposer des garanties à des prêts agricoles qui ne représentent pour l'heure que 0,3% de l'encours des crédits alloués à l'économie.

Le secteur secondaire (15 % du PIB), longtemps affecté par une dégradation de la situation des industries extractives, enregistre une legère reprise des investissements. La volonté politique du pays en la matière fut de favoriser l'émergence d'une industrie tournée vers l'exportation, en proposant une zone franche sur toute l'étendue du territoire, qui comptabilise dorénavant plus d'une soixantaine d'entreprises. De nouveaux projets de parcs industriels sont en cours d'examination, pour tenter d'accroitre la contribution de ce secteur au PIB.

L'essentiel du PIB togolais est alimenté par le secteur tertiaire, qui représenterait 60% du PIB en 2017, et sans doute davantage si l’on tient compte de l’économie informelle liée au commerce international. Une importante activité de services s’est notamment développée autour du Port de Lomé. La mise en service en octobre 2014 du troisième quai de Bolloré et de la nouvelle darse de Lomé Container Terminal (joint venture entre l'armateur MSC et China Merchant Holding International), font de ce port naturel en eaux profondes une plateforme de transbordement de premier plan en Afrique de l'Ouest.

La situation des finances publiques s'est récemment consolidée, en lien avec l'adoption en mai 2017 d'un programme FMI (245 MUSD ; 2017-2019) visant à réduire le déficit budgétaire pour garantir la soutenabilité de la dette publique de long-terme et des équilibres extérieurs, à remettre l'accent sur la croissance durable et inclusive et à remédier aux faiblesses existantes dans le secteru financier (sous-capitalisation et fort ratio de créances douteuses). Bien que le recouvrement des recettes internes peine à véritablement décoller, en raison notamment d'un secteur informel toujours aussi prégnant, les autorités ont déployé d'importants efforts pour contenir sinon maitriser leurs dépenses budgétaires. Après un déficit budgétaire global (base engagement) de -9,6% du PIB en 2016, ce dernier s'est transformé en un excédent en 2017 (+0,3% du PIB) et devrait se situer aux alentours de -3% du PIB sur l'exercice 2018. Le budget 2019 prévoit quant à lui un déficit maitrisé de -1,5% du PIB. 

Concernant la dette publique, le point d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint fin 2010. Il en a résulté, quasi-immédiatement, un allègement global de dette de l'ordre de 1,8 Mds USD, représentant 82 % de l'encours nominal de la dette extérieure. Rapporté au PIB, la dette extérieure est passée de 81,4% en 2007 à 17,2% en 2010. Ceci étant, le Togo s’est rapidement remis sur une trajectoire soutenue d'endettement, notamment au cours des années 2011-2015, pour réaliser ses grands chantiers d’infrastructures, tant sur financements extérieurs qu'intérieurs. Le ratio dette publique/PIB, estimé à 58,4% fin 2014 par le FMI, atteignait ainsi 81,1% du PIB fin 2016, le plus fort taux d'endettement dans la zone UEMOA, pour repartir ensuite  sur une pente descendante suite aux efforts de consolidation budgétaire déployés par l'Etat (75,6% du PIB fin 2017, estimation de 74,1% fin 2018 et projection de 69,9% fin 2019).

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