Conjoncture

Le Togo est un petit pays d’Afrique de l’Ouest (56.785 km2 pour 7,4 millions d’habitants) situé entre le Ghana et le Bénin. Il forme un couloir vers les pays de l’hinterland, Burkina Faso en premier lieu, mais aussi vers le Niger et le Mali qui sont avant tout desservis respectivement par le Bénin et la Côte d’Ivoire.

Il est situé dans la zone tropicale humide offrant toutefois des savanes arborées plus sèches à l’extrême nord.

La situation économique du Togo a pâti de la grave crise sociopolitique qui a commencé en 1991 et a entrainé une suspension de l’aide de nombreux partenaires multilatéraux et bilatéraux. Cette aide a repris progressivement à partir de 2007, ce qui a permis notamment de commencer à remettre en état des infrastructures qui s’étaient beaucoup dégradées.

La stabilisation de la situation politique et le retour des bailleurs de fonds internationaux à partir de 2007 a permis la relance de la croissance du PIB, avec une moyenne de 6% entre 2009 et 2015. Le taux de croissance, de 5,1 % en 2016, devrait s'établir à 4,4% en 2017. Les services du FMI prévoient 4,7% de croissance en 2018, sous l’impulsion de la production agricole, des services de transport liés au commerce international et de l’impact positif de l’amélioration de l’infrastructure des transports sur l’activité économique privée. La croissance devrait se maintenir autour de 5 à 6 % dans les prochaines années.

Avec un revenu estimé à 590 USD par habitant en 2017, le Togo fait partie des pays les moins avancés (PMA). En termes d’IDH, il se situe au 166ème rang sur 188 du rapport 2016 du PNUD. En termes de climat des affaires, le Togo est classé 156ème sur 189 dans le rapport Doing Business 2018.

Selon les statistiques nationales, le secteur primaire représenterait 41% du PIB en 2017,  et emploierait plus de 70% de la population active. La production de coton se rétablit lentement après une longue crise (116 000 T de coton graine sur la campagne 2017/2018 contre 108 000 T en 2016/2017 et 81 000 T en 2015/2016). Un vaste projet d'agropoles, censé favoriser la transformation locale des matières premières togolaises, est en cours de préparation. Il débutera par le projet pilote de la Kara, requérant un premier investissement de 100 MEUR. 

Le secteur secondaire (17 % du PIB), longtemps affecté par une dégradation de la situation des industries extractives, enregistre une reprise des investissements. Le début de l’exploitation du phosphate Togolais en 1961 en avait fait le moteur de l’économie. La production atteignait environ 3 millions de tonnes dans les années 1990 (40 % des recettes du pays) ; elle a ensuite progressivement chuté jusqu’à environ 800 000 tonnes en 2008, mais se redresse depuis, en s’établissant au-dessus de la barre du million de tonnes à partir de 2014. Un appel d’offre international pour l’exploitation d’un important gisement de phosphates carbonatés et la construction d’une unité de production d’acide phosphorique a été remporté en septembre 2015 par un consortium sino-israélien, l’investissement devrait représenter 1,4 Md USD mais n'est pas encore effectif.

Le secteur tertiaire représente officiellement 42% du PIB en 2017 et sans doute davantage si l’on tient compte de l’économie informelle liée au commerce international. Une activité de services s’est développée autour du Port de Lomé. La mise en service en octobre 2014 du troisième quai de Bolloré et de la nouvelle darse de Lomé Container Terminal, issue du groupement entre le second armateur mondial MSC et China Merchant Holding International, font du port de Lomé une plateforme de transbordement de premier plan. En raison d’une conjoncture régionale peu favorable, l’activité du port hors transbordement est cependant orientée à la baisse depuis 2013, les volumes étant passés de 7,73 millions de tonnes en 2013 à 7,573 MT en 2014 et 7,311 MT en 2015, soit une baisse cumulée de 5,4% entre 2013 et 2015. L’année 2016 s’afficherait à nouveau en baisse de 15,6%, avec une activité hors transbordement de 6,1 MT (13,6 MT en ajoutant les 7,4 MT transbordées). Les perspectives 2017 s’améliorent toutefois : à fin octobre 2017, le trafic cumulé hors transbordement s’élève à 5,9 MT tandis que l’activité transbordement prend de l’ampleur (11,1 MT), et représente désormais 65% du trafic global.

La situation des finances publiques demeure fragile malgré l’amélioration de la collecte des recettes et les efforts des autorités pour maîtriser les dépenses courantes. Le budget 2018 est orienté à la hausse (+7,7%), avec un besoin de financement global (budgétaire et trésorier) qui augmente de 53 Mds FCFA, principalement imputable aux opérations budgétaires (opération d’apurement des arriérés actée pour 65 Mds et remboursement soutenu du capital de la dette intérieure, de +62% par rapport à 2017).

Concernant la dette publique, le point d’achèvement de l’initiative PPTE a été atteint fin 2010. En a résulté quasi-immédiatement un allègement global de 1,8 Mds USD, représentant 82 % de la dette extérieure en nominal. En termes de ratio par rapport au PIB, la dette extérieure est passée de 81,4% en 2007 à 17,2% en 2010.

Le Togo s’est rapidement ré-endetté, notamment au cours des années 2011-2015, pour réaliser ses grands chantiers d’infrastructures, tant auprès de bailleurs et créanciers internationaux qu’avec des banques locales et sur le marché régional. Le ratio dette publique/PIB, estimé à 58,4% fin 2014 par le FMI, atteindrait fin 2017 79% selon les services du FMI, un niveau très supérieur à la moyenne des pays à faible revenu d’Afrique Subsaharienne.

Le Togo n’avait plus d’accord avec le Fonds Monétaire depuis fin 2011. Un accord au niveau des services a finalement été trouvé en janvier 2017 ; il a été adopté par le Conseil d’Administration du FMI en mai 2017. La Facilité Élargie de Crédit (FEC) donne accès au Togo à 120 % de sa quote-part (soit 241 MUSD) sur les trois ans 2017-2019. Le programme vise à réduire le déficit budgétaire pour assurer la soutenabilité de la dette de long-terme et des équilibres extérieurs, à remettre l’accent sur la croissance durable et inclusive, et à remédier aux faiblesses existantes dans le secteur financier, caractérisé par une sous-capitalisation et un ratio de Prêts Non Productifs (PNP) proche des 20%.

Dans le cadre de la FEC, le Togo a respecté ses engagements budgétaires en 2017, davantage via une sous-exécution des dépenses budgétaires que d'un meilleur recouvrement des recettes fiscales, en retard de mobilisation de 50 Mds FCFA. Les réformes structurelles ont également été mises en œuvre, exception faite du projet de restructuration bancaire des deux banques publiques sous-capitalisées (BTCI et UTB), qui tarde à se concrétiser, et dont le coût supporté par l’Etat s’établirait entre 2 à 4% du PIB.

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