Indicateurs et conjoncture

Chiffres clés du Togo

 Retrouvez ici les chiffres clés macroéconomiques du Togo et ici les indicateurs de développement (démographie, inégalités, santé, sécurité alimentaire, infrastructures etc.).

Structure de l'économie et croissance économique
 Éléments structurels de l'économie togolaise

Avec un PIB nominal estimé à 5 926 Mds FCFA (9,7 Mds USD) en 2024 pour une population estimée à 9,3 M d’habitants (soit un PIB/hab de l’ordre de 1 052 USD) qui croit au rythme de 2,3 % par an, le Togo appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA).

Outre les investissements publics dans les infrastructures, le secteur tertiaire (commerce, activités portuaire, aéroportuaire et financière) constitue le principal moteur (57 % du PIB) d’une économie peu diversifiée. Grâce au choix de la compagnie maritime MSC qui, en 2014, a fait du port de Lomé sa plateforme de transbordement, ce dernier s’impose comme le 4ème port de conteneurs d’Afrique et le 1er sur la côte ouest d’Afrique subsaharienne. Le secteur primaire (principalement l’agriculture) contribue au PIB à hauteur de 20 %, tandis que le secteur secondaire, qui repose en grande partie sur l’agroalimentaire et la construction, représente 23 % du PIB.

Le secteur agricole et agroalimentaire togolais se trouve dans une situation paradoxale, occupant une place économique et sociale centrale (65 % des emplois) sans toutefois parvenir à assurer l’autosuffisance alimentaire du pays.

Les phosphates, les huiles de pétrole ou de minéraux bitumineux et les articles plastiques sont les trois principaux produits d’exportation. Les exportations de fèves de soja qui avaient bondi en 2019 sous l’émergence d’une filière soja biologique à destination notamment de l’Union Européenne, ont reculé en 2024. Néanmoins, la transformation s’est développée et une filière d’exportation de tourteaux de soja a émergé en 2023.

La feuille de route gouvernementale « Togo 2025 » vise un potentiel de croissance de 7 % et s’articule autour de trois axes stratégiques : (i) faire du Togo un hub logistique ; (ii) industrialiser l’économie et créer des chaînes de valeur en accélérant la transformation des phosphates (production d’engrais) et des matières premières locales agricoles et forestières (coton, soja, bois, etc.), notamment sur la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) ; (iii) améliorer l’inclusion sociale. A ces priorités stratégiques s’ajoute le Programme d’urgence pour la région des Savanes (Nord).

La balance commerciale du Togo est structurellement déficitaire, en raison de la faible industrialisation du pays et de sa forte dépendance extérieure pour ses approvisionnements (en produits alimentaires et en hydrocarbures notamment). En 2024, le déficit commercial s’élève à 1,71 Md EUR (1 125 Mds FCFA), en hausse (+16 %) par rapport à 2023.

 

 

Conjoncture économique

La croissance économique est restée dynamique en 2024 (5,3 % du PIB), tirée par la poursuite de la croissance démographique (+ 2,3 % par an), les grands projets publics d’infrastructures, et la bonne orientation de l’activité du Port de Lomé. D’après les prévisions du FMI, la croissance togolaise devrait se stabiliser à ce niveau de 5,3 % en 2025, puis accélérer à 5,5 % en 2026. Des facteurs de risque menacent cependant cette dynamique économique, tels que la dépendance aux investissements publics, la faiblesse de l’investissement privé (notamment dans l’industrie), la situation sécuritaire au Nord (intensification des attaques terroristes) qui engendre des dépenses supplémentaires et des déplacements importants de populations, le contexte de pénurie d’énergie à l’échelle de la sous-région, ainsi que le réchauffement climatique et ses conséquences socio-économiques.

 

 

Finances publiques
Situation budgétaire

Le déficit budgétaire (qui était encore de 6,7 % du PIB en 2023) est resté stable (il s’est établi à 6,4 % du PIB en 2024) : ce déficit est tiré par les dépenses que l’Etat continue d’engager pour répondre au double choc inflationniste et terroriste (effort de réarmement de l’armée togolaise jusqu’à un pic de 4,2 % du PIB en 2023). Le FMI prévoit que ce déficit se résorbera à 3 % du PIB dès 2026. Ce déficit est accentué par un « désajustement stock-flux » (SFA) d’environ 1 point de PIB.

L’inflation poursuit son reflux en 2024, à 2,9 %, contre 5,3 % en 2023, après un pic à 7,6 % en 2022, son plus haut niveau depuis trois décennies. Elle atteignait 2,0 % au T1 2025.

Situation de la dette publique

Le niveau d’endettement reste élevé et se creuse ces dernières années, passant de 62,2 % du PIB en 2020 à 72,1 % en 2024. Une légère inflexion de l’endettement est prévue entre 2024 et 2025, à 70,2 %.

La dette togolaise est en effet majoritairement (58 %) « intérieure » (contre 62 % en 2023), constituée de titres d’Etat émis en Francs CFA sur le marché régional, caractérisés par des conditions de financement difficiles (taux d'intérêt élevés, maturités très courtes).

Le profil global de risque de l'endettement du Togo a été revu de « élevé » à « modéré » par les services du FMI en juillet 2025.

 

Publié le