Situation économique et financière du TOGO

Structure de l’économie réelle et croissance économique
Eléments structurels

Avec un PIB 2019 de 4231 Mds XOF[1] soit 7,2 Mds USD pour une population estimée à 8,1 millions d’habitants qui croit au rythme de 2,4 % par an, le Togo appartient à la catégorie des pays les moins avancés (PMA) avec un PIB/hab de l’ordre de 890 USD.

En termes de ventilation sectorielle, le secteur primaire contribue au PIB à hauteur de 19,7% ; le secteur secondaire, qui repose en particulier sur l’industrie du ciment, l’extraction des phosphates et les boissons représente 13,9% du PIB, tandis que les services centrés autour du commerce, de l’activité portuaire, aéroportuaire et bancaire contribuent à la moitié du PIB (49,9%), le solde (16,5%) étant constitué des impôts et taxes. Le secteur informel reste largement prépondérant en contribuant à plus de 50% à la valeur ajoutée des différents secteurs de l’économie. Le clinker (environ 13% des recettes d’exportation), les phosphates (10%) et le coton fibre sont les trois principaux produits d’exportation. La mise en service, en octobre 2014, de nouveaux quais pour la manutention conteneurisée (troisième quai de Bolloré et nouvelle darse de LCT-filiale à parité commune entre MSC et China Merchant Holding International) font du port de Lomé une plateforme de transbordement de premier plan dans la sous-région. Le Togo mise à court et moyen terme sur de nouveaux investissements dans le secteur cimentier, dans le développement d’un pôle « phosphates », dans la création d’une zone économique spéciale avec Olam et dans un développement agricole centré sur des agropoles.

Le développement humain, tel qu’enregistré par le rapport 2019 du PNUD, est faible, le pays étant classé au 167ème rang mondial sur 189 avec une note de 0,513. Le climat des affaires togolais, mesuré par le Doing Business 2020, s’est nettement amélioré avec un gain de 40 places. Il s’agit de la plus importante progression comptabilisée au niveau du continent africain sur l’année, ce qui a permis au pays de se hisser à la 97ème place mondiale sur 190.

Conjoncture économique

La croissance togolaise reste en deçà de la moyenne des pays de l’UEMOA (6,1% en 2019), notamment en raison de la forte contraction de l’investissement public avec l’arrêt des préfinancements mais elle a toutefois été supérieure à celle de l’Afrique subsaharienne (3,1% en 2019). Après l’impact de l’agitation sociale de 2017 avec un taux tombé à 4,4%, l’activité s’est progressivement redressée (+4,9% en 2018) pour atteindre 5,3% en 2019, taux très proche du niveau de 2016 (+5,6%). L’objectif de 2020, initialement fixé à +5,4%, a dû être revu à la baisse en raison de la crise sanitaire mondiale et s’établit désormais à 0%. Le tourisme avec l’hôtellerie et la restauration, les transports terrestres et aériens, l’industrie des boissons, entre autres, sont très durement impactés ainsi que l’informel. En revanche, l’activité portuaire, après un mois d’avril en fort recul, retrouve un niveau normal et l’industrie du ciment améliore ses volumes de production. L’activité économique est donc globalement en retrait par rapport à 2019 mais avec de forts contrastes selon les secteurs.

L’indice national harmonisé des prix à la consommation -INHPC-  a enregistré, en moyenne annuelle, une faible hausse de 0,7 % en 2019. L’année 2020 sera marquée une accélération de l’inflation qui, si l’on tient compte du résultat de novembre 2019 (+1,5% en moyenne annuelle) devrait toutefois restée en deçà de la projection initiale de +2%.

Politique budgétaire / équilibre financiers internes
Solde budgétaire

Depuis 2016, les autorités togolaises ont conduit une politique constante de réduction du déficit public (base engagements, dons inclus) qui est ainsi passé de 9,5% du PIB en 2016 à 2,9% en 2019 et à une prévision initiale de 1,9% pour 2020. L’impact du COVID tant au niveau des dépenses additionnelles (soutien aux populations fragiles avec le programme NOVISSI, subventions aux tarifs de l’eau et de l’électricité, soutien aux produits de base –farine-, report de charge des entreprises) que de la baisse des revenus de l’Etat a conduit le gouvernement à présenter une loi de finances rectificative avec un déficit de 7,1% du PIB. L’objectif est de revenir aux 3% du PIB à l’horizon 2024-2025.

Situation de la dette

La dette publique du Togo s’est élevée à fin décembre 2019 à 2 266,6 Mds XOF (53.6% du PIB après rebasage) et se décompose en 66,4% de dette interne (encours de 1 508 Mds XOF) et 33,4% de dette externe (750 Mds XOF). Le service de la dette interne (intérêts et amortissement du principal) est particulièrement lourd puisqu’avec 558,3 Mds XOF prévus pour l’exercice 2020, il représente 92,3 % des charges de trésorerie de la dette publique. Le Togo a ainsi engagé un processus de reprofilage de sa dette publique en contractant en décembre 2019 puis en juin 2020, des emprunts en devises respectivement de 103,6 MEUR et 150 MEUR auprès de banques étrangères, emprunts moins onéreux (entre 4,5 et 5%) et de maturité plus longues (10 ans) que les crédits intérieurs auxquels ils se substituent. Le Togo a également adhéré à l’initiative G20 de suspension des échéances du service de la dette publique bilatérale.

 


[1] Le Togo a procédé à une rebasage de son PIB en septembre 2020 conduisant à une revalorisation de 36,5% de ce dernier en prenant 2016 comme année de référence.

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