Situation économique et financière

Après une longue période de déséquilibres économiques et financiers, les perspectives de l’économie santoméenne sont favorables pour les années à venir, des progrès importants ayant été réalisés afin de renforcer la stabilité macro-économique. Le pays présente toutefois un risque élevé de surendettement, en raison de la faiblesse de ses exportations et d’une base de production limitée. La croissance, qui a été revue à la baisse en 2017 (3,9% contre 5% initialement), demeure également insuffisante et encore trop peu inclusive pour réduire la pauvreté. Le pays bénéficie de l’attention des bailleurs de fonds et, depuis plusieurs années, d’une Facilité élargie de crédit du FMI.

Une économie insulaire fragile et peu diversifiée

Largement tributaire des financements extérieurs, Sao Tomé et Principe puise l’essentiel de son programme d’investissement public dans l’aide internationale. Le PIB / hab. de ce petit pays (moins de 200 000 hab.) atteint 1 873 USD en 2017 (e). L’économie santoméenne est dominée par les secteurs de l’agriculture et de la pêche qui fournissent la majorité des emplois. Ces secteurs (cacao, café, poivre), héritiers de la colonisation portugaise, sont globalement peu performants et le cacao est le principal produit exporté. Il représente moins de 3% du PIB. STP reste, par ailleurs, très sensible aux chocs externes parmi lesquels la variation des changes, le ralentissement de la demande européenne, du tourisme et des flux d’IDE.

Les autres secteurs porteurs de l’économie sont liés au développement des infrastructures de l’île, d’une part, le secteur de l’énergie dynamisé par une politique volontariste d’installation de capacité de production thermique afin de satisfaire rapidement les besoins, et d’autre part, le secteur du BTP qui a bénéficié dans le passé des programmes d’investissements publics en infrastructures routières ou urbaines, principalement sur financements extérieurs. Le tourisme, qui se développe progressivement grâce à des investissements essentiellement portugais (groupe Pestana) et Sud-Africains concentrés sur l’île de Principe (groupe HBD), est aussi aujourd’hui un des moteurs de développement de l’archipel qui dispose de réels atouts.

Sao Tome et Principe, dont la situation maritime au centre du Golfe de Guinée est stratégique, avait suscité un fort intérêt de la communauté internationale dans les années 2000 en raison de son potentiel pétrolier. Cet engouement s’est essoufflé depuis en l’absence de découverte majeure. Dans la zone exclusive, où plusieurs sociétés sont en phase d’exploration depuis 2011, aucune production n’est attendue avant 8 à 10 ans et la production n’a pas non plus débuté dans la zone conjointe avec le Nigeria.

L'archipel fait partie de la « Comunidade dos Paises de Lingua Portuguesa » (CPLP), est membre de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) et a signé en décembre 2004 un accord de libre-échange avec la CEMAC. Il met en œuvre un arrimage de sa monnaie, le dobra, à l’euro (plutôt qu’une intégration dans la zone franc). Cette décision est liée en particulier à la forte dépendance du pays envers le Portugal (son principal partenaire), les échanges avec les pays de la CEMAC restant marginaux.

Une croissance encore insuffisante et trop peu inclusive

Après une longue période de déséquilibres économiques et financiers, des progrès ont été réalisés ces dernières années. Avec une moyenne supérieure à 4% par an depuis 2012, la croissance demeure néanmoins insuffisante et trop peu inclusive pour améliorer les perspectives économiques et réduire la pauvreté, qui touche plus des deux tiers de la population.

L’estimation de la croissance à 3,9% en 2017 est en-deçà des projections initiales du FMI qui l’anticipent à 4% en 2018 puis à 5,5% à moyen terme grâce aux développements en cours des secteurs du tourisme, de l’agriculture et d’une progression attendue des investissements extérieurs. Ce léger ralentissement de la croissance ces deux dernières années trouve son origine dans une faible réalisation des dépenses en capital sur financement extérieur des institutions multilatérales, d’une part, et de la faible croissance du crédit, d’autre part, malgré une situation sur-liquide des banques en Dobras. L’inflation a atteint 6 % à fin 2017, en hausse par rapport à 2016 de près d’un point, en raison de l’augmentation du prix des denrées agricoles produites localement, impactées par de fortes pluies. Malgré ce ralentissement, les performances du cacao et du tourisme ont été satisfaisantes.

Des efforts ont été faits pour améliorer le climat des affaires : élaboration d’un code des investissements et mise en place d’un guichet unique pour l’enregistrement des sociétés, baisse de l’impôt sur les sociétés, aucune restriction sur le rapatriement des bénéfices etc. Malgré ces progrès, l’archipel reste à la même position, cette année encore, au classement « Doing Business » de la Banque mondiale (169ème rang sur 190).

L’économie santoméenne est pénalisée par la fragilité du secteur bancaire qui pâtit de la hausse des prêts non performants. On compte sept banques à Sao-Tome, attirées par les perspectives pétrolières du pays. Le gouvernement, sur financement Banque mondiale, met en œuvre une stratégie de développement du secteur financier qui devrait s’achever courant 2018.

Commerce extérieur

Les exportations de Sao Tome et Principe se sont élevées à près de 11 MUSD en 2017 (+4,3% par rapport à 2016). Elles sont composées essentiellement de cacao (près de 80% du total). Le Portugal assure 56% des importations du pays qui ont atteints 128 MUSD en 2017 (+7%), portées par l’augmentation des achats de biens d’équipements et de produits pétroliers qui restent les principaux postes d’importation. L’Angola représente 25% des achats à l’extérieur de Sao-Tomé et Principe. Le solde de la balance commerciale de Sao Tomé & Principe reste déficitaire, en augmentation de +7,5%.

Situation de la dette

São Tomé-et-Principe, qui a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en mars 2007, ce qui lui a permis d’annuler 91% de sa dette publique extérieure auprès des bailleurs multilatéraux (FMI et Banque mondiale), présente toujours un risque élevé de surendettement. Le pays se trouve en situation d’arriérés vis-à-vis d’un certain nombre de ses créanciers bilatéraux avec qui il recherche des accords de rééchelonnement (Brésil, Angola, Guinée Equatoriale). La dette publique s’élevait à 59% du PIB à juin 2017 (225,4 MUSD), inclus les arriérés domestiques (48,9 MUSD), dus pour l’essentiel à l’entreprise pétrolière ENCO par EMAE. Le niveau de la dette externe a baissé, passant de 52,5% du PIB en 2016 à 45,7% du PIB en 2017, avec un taux de change euro-dollar renforcé et des nouveaux emprunts limités.

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