Situation économique et financière

Après une longue période de déséquilibres économiques et financiers, les performances économiques récentes de Sao-Tomé sont plus favorables (croissance moyenne supérieure à 4% par an depuis 2012). Le pays reste toutefois considéré comme présentant un risque élevé de surendettement, en raison de la faiblesse de ses exportations et d’une base de production limitée. La croissance, qui a été revue à la baisse en 2016 (4% contre 5% initialement), demeure également insuffisante et encore trop peu inclusive pour réduire la pauvreté. La bonne tenue de l’élection présidentielle de juillet 2016 augure toutefois de la stabilité nécessaire à la poursuite des réformes engagées. Le pays bénéficie de l’attention des bailleurs de fonds et, depuis plusieurs années, d’une Facilité élargie de crédit du FMI.

Une économie insulaire fragile et peu diversifiée

Largement tributaire des financements extérieurs, Sao Tomé et Principe puise l’essentiel de son programme d’investissement public dans l’aide internationale. Le PIB annuel par habitant de ce petit pays peuplé de moins de 200 000 habitants atteint 1 681 USD en 2016 (e) et l’indice de développement humain dressé par le PNUD classe le pays parmi les derniers. L’économie santoméenne reste dominée par les secteurs de l’agriculture et de la pêche qui fournissent la majorité des emplois. Ces secteurs (cacao, café, poivre), héritiers de la colonisation portugaise, restent globalement peu performants et le cacao est le principal produit exporté. Il représente moins de 3% du PIB.

Les autres secteurs porteurs de l’économie son liés au développement des infrastructures de l’ile, d’une part le secteur de l’énergie dynamisé par une politique volontariste d’installation de capacité de production thermique afin de satisfaire rapidement les besoins, et d’autre part le secteur du BTP qui bénéficie des programmes d’investissements publics en infrastructures routières ou urbaines, principalement sur financements extérieurs. Le tourisme, qui se développe progressivement grâce à des investissements essentiellement portugais (groupe Pestana) et Sud-Africains concentrés sur l’ile de Principe (groupe HBD), est aussi aujourd’hui un des moteurs de l’archipel. Sao Tome et Principe, dont la situation maritime au centre du Golfe de Guinée est stratégique, a suscité un fort intérêt de la communauté internationale dans les années 2000 en raison de son potentiel pétrolier. Cet engouement s’est essoufflé depuis en l’absence de découverte majeure. Sur la zone exclusive, où plusieurs sociétés sont en phase d’exploration depuis 2011, aucune production n’est attendue avant 8 à 10 ans.

L'archipel appartient à la « Comunidade dos Paises de Lingua Portuguesa » (CPLP). Il est membre de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) et a signé en décembre 2004 un accord de libre-échange avec la CEMAC. Il met en œuvre un arrimage de sa monnaie, le dobra, à l’euro (plutôt qu’une intégration dans la zone franc). Cette décision est liée en particulier à la forte dépendance du pays envers le Portugal (son principal partenaire), les échanges avec les pays de la CEMAC restant marginaux.

Une croissance encore insuffisante et trop peu inclusive

Après une longue période de déséquilibres économiques et financiers chroniques, des progrès notables ont été réalisés ces dernières années. Avec une moyenne supérieure à 4% par an depuis 2012, la croissance demeure insuffisante et trop peu inclusive pour améliorer sensiblement les perspectives économiques et réduire la pauvreté, qui touche 66% de la population. La croissance économique a également été revue à la baisse en 2016, à 4% contre 5% initialement, suite non seulement à une plus faible matérialisation des dépenses en capital sur financement extérieur mais aussi une faible croissance du crédit. Le décaissement des aides budgétaires de la Banque mondiale et de l’Union européenne n’est attendu, par ailleurs, qu’en fin d’année. Un objectif de 2% du déficit primaire a été fixé pour 2016. Ce manque de financement extérieur a créé, en cours d’année, des problèmes momentanés d’accès aux devises conduisant à une résurgence de l’inflation qui, combinée avec le changement du panier de référence utilisé pour le calcul de la hausse des prix, est désormais estimée à plus de 5% en 2016, contre 4% en décembre 2015. Le solde de la balance courante devrait enregistrer une amélioration (déficit de 8,9% du PIB contre une prévision initiale de 12,2%) du fait de moindres importations.

Malgré le ralentissement de la croissance en 2016, le cacao et le tourisme ont bien performé et l’élection présidentielle du Président en août 2016 permet d’envisager une période de stabilité propice à la poursuite des réformes. Celles-ci, menées afin de restructurer l’économie ces dernières années, ont globalement eu un impact positif, facilitant l’investissement, mais ce dernier demeure toutefois à un faible niveau. Des progrès importants ont aussi été faits pour améliorer le climat des affaires : élaboration d’un code des investissements et mise en place d’un guichet unique pour l’enregistrement des sociétés, baisse de l’impôt sur les sociétés, aucune restriction sur le rapatriement des bénéfices  etc.

Mais l’économie santoméenne reste actuellement confrontée à de nombreux défis internes parmi la fragilité du secteur bancaire qui accumule les déficits (hausse des prêts non performants) ainsi que l’endettement des ménages et des entreprises qui handicapent la poursuite de la croissance du secteur privé. On compte un total de 7 banques à Sao-Tome, attirés par les perspectives pétrolières du pays au début des années 2000. Le gouvernement a négocié avec la Banque mondiale une stratégie de développement du secteur financier sur 3 ans axée sur la modernisation du système. Ce projet a été lancé en septembre dernier.

Commerce extérieur

Les exportations de Sao Tome et Principe se sont élevées à 9 M$ en 2015 (-11,8% par rapport à 2014). Elles sont composées essentiellement de cacao. Le Portugal assure 56% des importations du pays qui ont atteints 127,5 M$ en 2015. L’Angola représente 25% des achats à l’extérieur de Sao-Tomé et Principe. Les principaux postes à l’importation sont les produits alimentaires pour un tiers environ, les carburants (21%), et les biens d’équipements (13%). Le solde de la balance commerciale de Sao Tomé & Principe reste déficitaire (118,5 M$ en 2015).

Situation de la dette

Le pays reste considéré comme présentant un risque élevé de surendettement, en raison de la faiblesse de ses exportations et d’une base de production limitée. São Tomé-et-Principe a atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en mars 2007, ce qui lui a permis d’annuler 91% de sa dette publique extérieure auprès des bailleurs multilatéraux (FMI et Banque mondiale).

Mais l’archipel voit aujourd’hui son endettement extérieur augmenter fortement atteignant 40% du PIB en valeur actuelle nette en 2015, contre 30,7% en 2014. Les estimations pour 2016 sont inférieures, mais la dette externe devrait remonter en 2017-2018. São Tomé et Principe cumule encore des arriérés vis-à-vis de l’Angola et de la Chine, non membres du Club de Paris. Ces arriérés, antérieurs à 2007, s’élèvent à 53 MUSD fin 2015. Sao Tome bénéficie depuis plusieurs années d’une Facilité élargie de crédit du FMI ayant fait l’objet d’un troisième décaissement en fin d’année 2016.

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