Situation économique

 

L’économie santoméenne, fragile et peu diversifiée, souffre de déséquilibres économiques et financiers importants malgré des progrès importants réalisés ces dernières années. Le pays, largement dépendant des financements des bailleurs internationaux, a été classé en « pays surendetté » par le FMI en 2018. L’examen d’un nouvel accord avec le FMI est en cours d’instruction (les deux précédents programmes avaient été mis en oeuvre entre 2012 et 2018). La croissance, ralentie en 2018 à 2,7%, demeure insuffisante et encore trop peu inclusive pour réduire la pauvreté.

 

Une économie insulaire fragile et peu diversifiée.

Largement tributaire des financements extérieurs et classé en « pays surendetté » depuis 2018, Sao Tomé et Principe puise l’essentiel de son programme d’investissement public dans l’aide internationale. Le PIB / hab. de ce petit pays (moins de 200 000 hab.) atteint 2 063 USD en 2018. L’économie santoméenne est dominée par les secteurs de l’agriculture et de la pêche qui fournissent la majorité des emplois. Ces secteurs (cacao, café, poivre), héritiers de la colonisation portugaise, sont globalement peu performants et le cacao est le principal produit exporté. Il ne représente que 2,4% du PIB en 2018. STP reste, par ailleurs, très sensible aux chocs externes parmi lesquels la variation des changes, le ralentissement de la demande européenne, du tourisme et des flux d’IDE.

Les autres secteurs porteurs de l’économie sont liés au développement des infrastructures de l’île, d’une part, le secteur de l’énergie dynamisé par une politique volontariste d’installation de capacité de production thermique afin de satisfaire rapidement les besoins, et d’autre part, le secteur du BTP qui a bénéficié dans le passé des programmes d’investissements publics en infrastructures routières ou urbaines, principalement sur financements extérieurs. Le tourisme, qui se développe progressivement grâce à des investissements essentiellement portugais (groupe Pestana) et Sud-Africains concentrés sur l’île de Principe (groupe HBD), est aussi aujourd’hui un des moteurs de développement de l’archipel qui dispose de réels atouts.

Sao Tome et Principe, dont la situation maritime au centre du Golfe de Guinée est stratégique, avait suscité un fort intérêt de la communauté internationale dans les années 2000 en raison de son potentiel pétrolier. Cet engouement s’est essoufflé depuis en l’absence de découverte majeure. Dans la zone exclusive, où plusieurs sociétés sont en phase d’exploration depuis 2011, aucune production n’est attendue avant 8 à 10 ans et la production n’a pas non plus débuté dans la zone conjointe avec le Nigeria. Néanmoins, la compagnie Total est de retour sur l’archipel avec la signature d’un accord de partage de production (d’une durée de 28 ans, dont 8 ans consacrés à l’exploration) avec la société angolaise Sonangol début 2019, pour l’exploration dans le bloc 1 de la zone économique exclusive de Sao Tomé & Principe. Dans le même temps, Total a signé un contrat de partage de production pour l’exploration sur trois blocs situés dans la zone conjointe STP-Nigeria. La société française sera la première à réaliser des études sismiques 3D dans cette zone.

L'archipel fait partie de la « Comunidade dos Paises de Lingua Portuguesa » (CPLP), est membre de la CEEAC (Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale) et a signé en décembre 2004 un accord de libre-échange avec la CEMAC. Il met en œuvre un arrimage de sa monnaie, le dobra, à l’euro (plutôt qu’une intégration dans la zone franc). Cette décision est liée en particulier à la forte dépendance du pays envers le Portugal (son principal partenaire), les échanges avec les pays de la CEMAC restant marginaux.

L'archipel fait face à de lourds défis dans un contexte de croissance trop peu dynamique.

Malgré des progrès importants réalisés ces dernières années, Sao Tomé & Principe souffre de déséquilibres économiques chroniques. Avec une moyenne supérieure à 4% par an depuis 2012, la croissance s’est affaiblie en 2018, à 2,7% (prévision à 4% en 2019). Elle demeure insuffisante et trop peu inclusive pour améliorer les perspectives économiques et réduire la pauvreté, qui touche plus de 2/3 de la population. Ce ralentissement de la croissance, dans un contexte électoral propice aux dérapages budgétaires (élections législatives d’octobre 2018) trouve son origine dans une faible réalisation des dépenses en capital sur financement extérieur des institutions multilatérales ainsi que la faible croissance du crédit, malgré une situation sur-liquide des banques en Dobras. En 2018 particulièrement, la croissance a été affectée par les difficultés considérables du secteur de l’énergie. L’EMAE, société publique de production d’eau et d’électricité, a en effet accumulé des pertes et arriérés importants, de l’ordre de 10% du PIB entre 2015 et 2018.

L'inflation s'est accélérée pour atteindre 9% à fin 2018 (augmentation du prix du pétrole et des denrées agricoles produites localement, impacté par de fortes pluies et, certainement, de l’effet de la réforme des billets de banque mise en œuvre depuis janvier 2018), la dette publique reste à un niveau élevé (79%). Le solde primaire s'est dégradé (-4,1%) plus rapidement qu'escompté en raison de dépenses non-budgétées. La réduction mesurée de déficit courant (11,5% contre 13,7% en 2017) n'a pas contenu l'érosion des réserves du pays (2,8 mois d'importations).

L’archipel perd, cette année encore, une place au classement « Doing Business » de la Banque mondiale (170ème rang).

L’économie santoméenne est pénalisée par la fragilité du secteur bancaire qui pâtit de la hausse des prêts non performants. On compte un total de 7 banques à Sao-Tome, attirées par les perspectives pétrolières du pays. Le gouvernement, sur financement Banque mondiale, met en œuvre une stratégie de développement du secteur financier pour la période 2017-2019, avec l’objectif de renforcer la surveillance du secteur financier pour améliorer la stabilité du système, accroitre l’inclusion financière et la mise à niveau de l’infrastructure financière de base, notamment sur les systèmes de paiement.

Situation de la dette

São Tomé-et-Principe avait atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en mars 2007, annulant 91% de sa dette publique extérieure auprès des bailleurs multilatéraux (FMI et Banque mondiale), mais présentait depuis 2009 toujours un risque élevé de surendettement. En 2018, le FMI a classé le pays en « pays surendetté ». Sao Tomé aurait accumulé une dette extérieure de plus de 300 M$, soit 66,7% du PIB en 2018.

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