Les investissements directs étrangers en Slovaquie en 2017

En 2017, le flux d’IDE entrant a atteint 2 Md €, en hausse de 177,5 % par rapport à 2016 et le stock s’est établi à 46,6 Md €, en augmentation de 3,1 % par rapport à 2016. Le stock d’IDE représente 54,9 % du PIB.

Le Royaume-Uni, avec son investissement dans la nouvelle usine de Jaguar Land Rover, arrive en tête du classement en termes du flux, mais la première place en termes du stock reste attribuée aux Pays-Bas (25,6 % du total). La France quant à elle recule dans le classement, elle est désormais le treizième investisseur dans le pays.

1. Croissance du stock et du flux d’IDE en 2017

Après des flux négatifs en 2013 (-455 M €) et en 2014 (-386 M €), la Slovaquie a retrouvé une croissance des flux entrants d’IDE. En 2017, elle a enregistré un montant de 2 020 M €, en hausse de 177,5 % par rapport à 2016, soit le meilleur résultat des cinq dernières années. Le flux d’IDE entrants a ainsi représenté 2,4 % du PIB en 2017. Les opérations en capital et les bénéfices réinvestis ont atteint 1,4 Md € tandis que les instruments de dette, c’est-à-dire principalement le remboursement ou l’octroi de prêts par les maisons mères à leurs filiales slovaques, se sont établies à 603 M €.

Après une période de stagnation de 2011 (40 173 M €) à 2014 (40 969 M €), le stock d’IDE est reparti à la hausse pour atteindre 46 559 M € en 2017, soit +3,1 % par rapport à 2016. Le stock d’IDE représentait 54,9 % du PIB en 2017, en baisse de 0,7 point par rapport à la part enregistrée en 2016.

En comparaison avec ses voisins, cette part était de 165,9 % du PIB en Hongrie, de 65,1 % en République tchèque mais seulement de 42,9 % en Pologne. Exprimé en € par hab. le stock d’IDE était de 8 556 € / hab. en Slovaquie. Et, la Hongrie confirme sa première position parmi les V4 (21 009,3 € / hab.), suivi par la Tchéquie (11 787,7 € / hab.), la Slovaquie et la Pologne (5 258,7 € / hab.).

En 2016, le stock d’IDE a été dominé avant tout par les services (58,3 %) dont principalement les services financiers et d’assurance (23,2 % du stock total), le commerce de gros et de détail (9,1 %), les services administratifs (6,6 %) et les activités dans l’immobilier (6,3 %). En deuxième position on retrouve la production industrielle (32,3 % du stock) dont principalement la production métallurgique et des produits électrotechniques (10,2 % du stock total), suivie par la production pétrochimique et pharmaceutique (7,5 %) et la production des véhicules (7,1 %).

Géographiquement, les investissements étrangers se concentrent dans la région de Bratislava (68,9 % du stock total), suivie par la région de Zilina (6,8 %) et la région de Trencin (6 %).

2. Le Royaume-Uni en tête du classement du flux d’IDE, la première position des Pays-Bas demeurant incontestée en termes du stock

En termes du flux, le Royaume-Uni arrive en tête du classement avec un montant de 618 M € en 2017. La position du Royaume-Uni, encore 23ème investisseur en termes du flux en 2016, reflète l’investissement dans l’usine de JLR à Nitra (au total, l’investissement une fois terminé devrait atteindre 1,4 Md €). Arrivent ensuite la Suède (616 M €), l’Allemagne (566 M €), les Etats-Unis (292 M €) et l’Italie (282 M €). Les Pays-Bas, premiers investisseurs en termes du flux en 2016, se sont retrouvés en bas du classement en 2017 avec un flux négatif à hauteur de -372 M €, précédés par la France (- 359 M €) et Jersey (-283 M €).

Concernant le stock, les Pays-Bas confirment de loin leur première position avec un stock en 2017 de 11,9 Md € (en baisse de 5,2 % par rapport à 2016). Ils représentaient 25,6 % du stock total, en baisse de 2,2 points par rapport à 2016. On note que le stock d’IDE néerlandais s’est considérablement renforcé en 2016 en passant de 19,7 % en 2014-15 à 27,8 % du stock total d’IDE. Se positionnent ensuite l’Autriche dont le stock représentait 6,1 Md € (en baisse de 6,6 %), soit 13,1 % du total, la Tchéquie avec un stock de 5 Md € en baisse de 2,7 % (10,7 % du total), le Luxembourg avec 3,4 Md en hausse de 9,5 % (part de 7,4 %) et l’Allemagne  avec 3 Md € en hausse de 17,6 % (part de 6,4 %). Par rapport à l’année 2010, l’Allemagne, alors troisième investisseur étranger, a perdu 5,7 points. On note également la baisse de la part de l’Italie de 3,9 points par rapport à 2010 (ou même de 5,2 points par rapport à 2013), correspondant à la vente par le groupe ENEL de ses actions au sein de Slovenske elektrarne (le principal électricien du pays) tandis que le renforcement de la République tchèque de 4,0 points résulte du rachat des parts des énergéticiens Enel, Engie, EDF, E.On Ruhrgaz par le groupe tchèque EPH.

3. Recul de la France dans le classement des investisseurs étrangers se poursuit

Les investisseurs français se sont s’intéressés à la Slovaquie au début des années 2000 avec notamment l’arrivée de GDF et  EDF en 2002 mais aussi de PSA en 2003 dont l’investissement dans sa nouvelle usine à Trnava (à 50 km de la capitale) a entrainé l’implantation de plusieurs équipementiers français. Toutefois, depuis 2012, on observe un certain désinvestissement français (GDF, EDF, Suez Environnement, etc...).

D’après les statistiques slovaques, après avoir connu un flux négatif de -68,8 M € en 2016, celui-ci est resté négatif en 2017 pour s’établir à -372,5 M €. Malgré ce flux négatif, le stock s’est apprécié de 9,3 % pour atteindre 914,5 M € en 2017. Après avoir occupée la place du onzième investisseur dans le pays, la France a reculé de deux places en 2017 pour devenir le treizième (Pour mémoire lors des années 2007-2008, la France était le sixième investisseur étranger en Slovaquie selon les statistiques de la Banque centrale).

Selon les statistiques de la Banque de France, le stock des investissements français en Slovaquie s’est élevé à 415,9 M € en 2017, soit une stagnation par rapport à 2016 (il était de 1 782,2 M € en 2003 selon la Banque de France).

4. Un nombre de filiales françaises qui stagne malgré de nouveaux investissements qui n’ont pas compensé certains départs récents[1]

D’après l’enquête sur les filiales étrangères des entreprises françaises (l’enquête OFATS de l’INSEE), en 2015, on comptait 234 filiales détenues à plus de 50 % par un groupe français en Slovaquie, soit 4 entreprises de plus par rapport à 2014. Ces groupes ont réalisé un CA de 10,2 Md € et employé 21 549 personnes. Elles étaient en 2012 plus de 275 et employaient 26 901 de personnes. D’après l’étude sur les firmes françaises implantées à l’étranger – EFFIE – filiales recensées par la base de données ORBIS, il y avait 439 filiales françaises en Slovaquie selon l’édition mise à jour en janvier 2019.

A titre d’exemple, on peut citer l’enseigne française de distribution d’articles de sport, Decathlon, qui continue son développement avec l’ouverture de son dixième magasin dans le pays (et un objectif final d’une vingtaine). Depuis le début des ventes en 2015, son CA ne cesse de croître en passant de 6,4 M € en 2015 à 25,5 M € en 2017.

En espace de quelques mois, Veolia a réalisé deux investissements majeurs. Tout d’abord, le 16 juillet 2018, l’Autorité de la concurrence a approuvé l’achat de PPC Investments par le groupe français Veolia Energia Slovensko.

Présent déjà à proximité de l’usine de PSA à Trnava, on note en outre l’ouverture à l’automne 2018 d’un nouveau parc logistique du groupe Gefco dans le parc industriel à Nitra (site de production de JLR). Ce parc logistique est doté d’une superficie de 12 000 m² et servira essentiellement aux clients de l’industrie automobile.

5. La Slovaquie n’arrive pas à rattraper ses voisins tchèque et polonais en termes d’indice de compétitivité mais poursuit une politique d’aide publique à l’investissement afin d’attirer des investissements à haute valeur ajoutée

Concernant l’indice de compétitivité globale du Forum économique mondial, la Slovaquie se place en 41ème position en 2018 en reculant de deux crans. La Tchéquie (29ème) et la Pologne (37ème) ont devancé la Slovaquie, la Hongrie (48ème) demeure derrière. D’après le Forum économique mondial, la Slovaquie a notamment des difficultés en termes de marché des produits (78ème), de taille du marché (60ème) mais aussi de marché du travail (58ème), de la santé (57ème) et de qualité des institutions (55ème).

La Slovaquie recourt à l’aide à l’investissement. En 2018, le ministère de l’Economie a accordé un montant total d’aides publiques de 226 M €. En 2018[2], le ministère de l’Economie a soutenu 20 projets contre 15 en 2017 (aide à hauteur de 83,9 M €, investissements à hauteur de 367,1 M €).

Au premier trimestre 2018, les députés ont amendé la loi sur l’aide à l’investissement régional afin de la moderniser et de l’adapter aux nouveaux défis (R&D, hautes technologies, investissements à haute valeur ajoutée). Une nouvelle loi est ainsi entrée en vigueur le 1er avril 2018, visant trois objectifs : l’élimination des disparités régionales, la croissance des salaires et la modernisation de l’économie slovaque et l’amélioration de sa compétitivité.



[1] en mars 2018, la société Air Liquide a annoncé la fermeture de son usine à Nitra. En avril 2018, le groupe Czech Media Invest, a annoncé l’acquisition des radios en Tchéquie, en Pologne, en Roumanie et en Slovaquie du groupe français Lagardère (en Slovaquie, il s’agit de la radio Europa 2).

[2] 2018 se classe en première position en termes d’investissements étrangers, suivie par l’année 2004 (1,7 Md €) et 2006 (1,4 Md €), la moyenne 2002-2018 étant de 602,9 M €. En ce qui concerne le niveau d’aide, l’année 2018 a été devancée par 2006 (358,3 M €) et 2004 (313,4 M €).

 

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