Indicateurs et conjoncture

En 2018, la croissance de l’économie slovaque devrait être supérieure à 4%. A l’instar des autres pays du V4, une relative incertitude pèse sur la capacité de l’économie à mobiliser de manière accélérée les fonds européens de la campagne 2014-2020. La trajectoire des finances publiques apparaît maîtrisée avec un retour à l’équilibre prévu en 2020. Le gouvernement doit d’ores et déjà se préparer à des défis de taille, tels que le vieillissement démographique et le fléchissement des gains de productivité, qui auront des implications budgétaires.

 

Une croissance économique robuste.

Après 3,3% en 2017, la croissance de l’économie slovaque devrait être proche ou légèrement supérieure à 4% en 2018 grâce aux exportations nettes, à la dynamique de la consommation des ménages, des investissements et au lancement de nouvelles productions dans le secteur automobile (VW, JLR). La dynamique se poursuivra également en 2019 (+4,4 %) et en 2020 (+3,9 %).

Du côté de la demande, la consommation des ménages, qui était restée atone jusqu’en 2013, a fortement  progressé ces dernières années : cette évolution est liée à des effets de rattrapage, à la hausse du revenu disponible réel et à l’amélioration de la confiance des consommateurs, imputable en partie à la baisse régulière du taux de chômage depuis fin 2013 (8,1% en 2017). La consommation publique en berne en 2016, en raison de la faible mobilisation des fonds européens au titre de la campagne 2014-2020, est restée faible en 2017. La croissance des investissements repose donc principalement sur le secteur privé.

A l’instar de la plupart des pays de la zone euro, la Slovaquie, a fait l’objet depuis 2013 de pressions déflationnistes. L’indice est redevenu positif en novembre 2016. L’inflation a atteint 1,3% en 2017. L’IPCH en Slovaquie convergera vers un niveau inférieur à mais proche de 2% à moyen terme.
   
La Slovaquie n’a réussi à absorber que 10% (fin 2017) de l’enveloppe de fonds UE qui lui est allouée (15,3 Mds €) à mi-parcours de la campagne budgétaire actuelle (2014-2020). Au cours de la période précédente, la Slovaquie a bénéficié d’un prolongement de la campagne de financement, ce qui lui avait permis de dépenser la quasi-totalité de ses fonds communautaires dont ¼ en une seule année en 2015.
 
Les bonnes performances de l’économie slovaque masquent cependant des faiblesses structurelles : dans l’ensemble, le pays conduit en effet peu de réformes structurelles d’ampleur. La convergence de l’économie slovaque avec le reste de l’UE stagne ainsi depuis 2014 (77% de la moyenne UE) malgré une croissance robuste.

 

Des évolutions budgétaires maîtrisées.

Dans un contexte macroéconomique favorable, la Slovaquie maintient une trajectoire des finances publiques ayant pour principal souci la réduction des déficits et de la dette publics même si elle réduit progressivement son effort structurel. Les évolutions budgétaires à l’horizon 2017-2018 ne font guère apparaître de risque à court terme.

Pour 2018, le budget prévoit un déficit des administrations publiques de 0,83 % et le retour à l’équilibre en 2020. La dette publique devrait passer sous le seuil de 50 % en 2018.

Le Conseil de responsabilité budgétaire, en charge de l’évaluation ex-ante de la politique budgétaire, considère que cette dernière reste trop pro-cyclique et que le gouvernement devrait, dans l’actuel contexte conjoncturel favorable, accélérer le retour à l’équilibre et procéder à la constitution de réserves en cas de retournement du cycle .


La baisse des gains de productivité.

La Slovaquie devra relever le défi, à l’instar d’autres pays de V4, du net ralentissement des gains de productivité,  qui ont été réduits de moitié depuis la crise de 2008, après avoir été le principal facteur de la convergence rapide de la Slovaquie au sein de l’UE et de son adhésion à la zone euro en 2009. Avec le vieillissement rapide de la population au cours du prochain quart de siècle, la Slovaquie deviendra en 2050 le pays de l’UE où le ratio de dépendance des personnes de plus de 65 ans rapporté à la population de 15-64 ans sera le plus élevé (54,2%). En outre, les succès de la Slovaquie ont probablement accru les hétérogénéités et les déséquilibres régionaux, en favorisant la Slovaquie occidentale au détriment de la Slovaquie centrale et orientale, qui ont pâti d’un moindre développement des infrastructures, de la faible qualité de la scolarité et de la faible mobilité de la main-d’œuvre. En est résulte un niveau de chômage de long terme élevé qui affecte avant tout ces régions. Enfin, à moyen et long termes, l’éducation et la formation professionnelles devront être renforcées afin d’assurer une meilleure adéquation des compétences des nouveaux entrants sur le marché du travail.

 

 

 

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