SLOVAQUIE
Situation macroéconomique de la Slovaquie en 2025
I. Un net ralentissement de la performance économique en 2025
En 2025, le PIB n’a crû que de 0,8 %, après 1,9 % en 2024 et 2,1 % en 2023. La croissance de la valeur ajoutée (94,4 Md€) a été atone, avec +0,3 % en g.a. L’industrie, premier secteur économique de la Slovaquie (20 Md€, soit 21,2 % de la VA en 2025), a progressé de 1,6 %. L’industrie a été particulièrement tirée par la métallurgie (4 %), la fabrication de caoutchouc (2 %) et de textile (6,8 %), ainsi que de machines (1,5 %).
A contrario, le principal secteur industriel, la production automobile directe (4,6 Md€ soit 23,2 % de la VA industrielle), n’a progressé que de 0,4 % (avec même une chute de 7,2 % au T4).
Deuxième secteur économique (19,9 Md€, 21 % de la VA 2025) - le commerce, les transports et les services d’hébergement et de restauration - a connu une croissance de 0,7 % avec un léger recul au T2 (-0,2 %) ; tandis que les activités financières (2,7% de la VA 2025) ont progressé de 1,9 % et celles de l’administration publique (16 Md€, 17 % de la VA 2025) de 0,6 %. Quatre secteurs économiques ont même connu un recul de la valeur ajoutée : activités immobilières (9 Md€ ; - 2,6 %), construction (7 Md€ ; -0,9 %), arts/loisirs (2,2 Md€ ; -0,4 %) et agriculture (1,4 Md€ ; - 0,7 %), illustrant le ralentissement économique.
Sur le front de la demande intérieure, la consommation finale (79,7 Md€) en faible hausse de 0,5 % en 2025, a connu des évolutions trimestrielles contrastées : après +0,4 % au T1, +1,8% au T2 et +0,6% au T3, elle est passée en terrain négatif avec -0,8% au T4. La consommation des ménages (58 Md€), principale composante de la consommation finale, a été atone en 2025 avec +0,4 % et a même reculé au T4 (-1,2%). Seule la croissance de la demande de l’administration (20,7 Md€, +1,1%) a permis de compenser partiellement la mauvaise performance de celle des ménages.
La formation brute de capital (FBC, 21,1 Md€) a augmenté de 1,1 % en 2025, principalement tirée par les investissements (22,1 Md€). Ces derniers ont crû de 2,2 % en 2025. Les investissements ont surtout été tirés par les ressources du Plan national de relance et de résilience.
La demande intérieure, regroupant la consommation finale et la FBC, a ainsi augmenté de 0,6 % en 2025, surtout grâce à sa performance au T1 (+2,9 %), avant d’osciller autour de zéro (-0,4 % au T2, -0,1 % au T3 et 0,2 % au T4).
Sur le front de la demande extérieure, les exportations de biens et de services ont augmenté de 4 % contre 3,7 % pour les importations. Les exportations nettes ont ainsi légèrement contribué à la croissance du pays.
II. Un marché du travail slovaque qui commence à se dégrader
En 2025, le nombre de chômeurs s’est établi à 149 500 personnes, en hausse de 1,2 %. Le plus grand nombre de chômeurs a auparavant travaillé dans le secteur de l’industrie (23 200, +3,1%), suivie par le commerce (14 400, +7,9%) et la construction (9 800, +21,7%). A noter que 46 600 chômeurs n’ont jamais travaillé auparavant (soit ~1/3). Le taux de chômage s’est établi à 5,4 % en 2025, (+0,1 pt) en progression trimestrielle continue (5,3 % au T1 et au T2 ; 5,5 % au T3 et 5,6% au T4). Sans surprise, le taux de chômage le plus bas est observé dans la région de Bratislava (2,5 %) et le plus élevé dans celle de Presov (10,1 %).
En 2025, la Slovaquie a compté 2 610 700 travailleurs (-0,4 %), mais, comme en 2024, le taux d’emploi s’est établi à 78,1% en 2025. Le plus élevé concerne la région de Bratislava (84,3 %) et le plus bas celles de Presov (72,4 %) et de Kosice (72,6 %). La stabilité du taux d’emploi s’explique pour partie par le vieillissement de la population qui réduit arithmétiquement la population en âge de travailler, dans un contexte de fuite des cerveaux.
III. La dynamique des salaires ralentit
En 2025, le salaire moyen mensuel brut slovaque a atteint 1 620 €, en hausse de 6,3 %, soit la croissance la moins dynamique depuis 2020. Vu le niveau d’inflation, le salaire réel a progressé de 2,2 %. Les salariés les mieux payés travaillent dans les activités financières et d’assurance (2 828 €), la livraison d’électricité, de gaz et de vapeur (2 752 €) et les TIC (2 689 €). L’hébergement/restauration est le seul secteur où les salaires ne dépassent pas 1 000 € (969 €). Bratislava est la seule région en Slovaquie avec un salaire supérieur à la moyenne nationale, soit 1 949€, les salaires les plus bas se trouvant dans la région de Presov (1 285€).
Evolution du PIB de la Slovaquie entre 2024 et 2025